SOMMAIRE


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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GLAZOUNOV Alexandre (1865-1936)


ORCHESTRE

Les ballets de Glazounov si situent dans la lignée des ballets tchaïkovskiens au style symphonique si spécifique. Les éléments en sont les suivants: courtes sections rythmiques très contrastées, instrumentation colorée (clarinette, xylophone, harpe, triangle...) évoquant une atmosphère féerique, mélodisme chantant des thèmes, base rythmique sous-jacente, utilisation de folklores divers: russe, espagnol, chinois, oriental, valses... Glazounov, malgré une thématique parfois simple, échappe, me semble-t-il, toujours à la facilité. Et quelle science de l’orchestration. Les saisons représentent sans doute un des meilleurs ballets jamais écrit. Les autres partitions orchestrales de Glazounov, plus inégales à mon avis, montrent un style aussi subtil, aussi raffiné et coloré, mais elles n'atteignent pas, me semble-t-il, un degré d'originalité comparable aux ballets. L'empreinte rhapsodique y est généralement moins forte.

Ouverture de fête D dur op 73    (**)

L’automne    (*)

Scène dansante 1894    (***)

Œuvre à mon avis d’un très grand raffinement orchestral se situant dans la lignée des fantaisies d’Arenski et Liapounov. Elle se caractérise par l’exploitation des extrême-aigus, l’utilisation de la harpe évoquant une atmosphère aérienne, subtile, pure.

À la mémoire de Gogol   

Le prologue évoque irrésistiblement une atmosphère de volupté supérieure, contrastant curieusement avec l'évocation supposée du personnage de Gogol. Le carnaval, bien que varié, vivant, conformément au style très policé de Glazounov, n'évoque pas, me semble-t-il, la truculence qu'on pourrait attendre d'une telle évocation.

Prologue symphonique op 87 (***)

Carnaval op 45 (**)

Scène de ballet op 52 1894    (***/*/*/*/**/**/***/***)

La partie la plus marquante est à mon avis le Préambule: une ouverture en fanfare extraordinairement complexe suivie par un thème mélodique hispanisant dont l’effet me paraît saisissant. Pas d’action est une mélodie voluptueuse au violoncelle sur un fond d’arpèges à la harpe. La Valse et la Polonaise terminant la scène me paraissent particulièrement séduisantes.

Les saisons    (***/***/*/*/*/*/-/***/*/***/**/****/***/**/**)

L’Hiver Introduction, à l'orchestration complexe, comporte quelques échos des Planètes de Holst. Les parties les plus marquantes sont à mon avis le Premier tableau, le Troisième tableau: l’été comprenant la Barcarolle, et surtout la magistrale Coda, le Quatrième tableau: l’automne. Les saisons représentent sans doute un des plus beaux ballets jamais écrit dans le sillage de Casse-noisette.

Deux préludes   

Ces 2 préludes, écrits dans un style quelque peu funèbre, à mon avis, sombrent vite dans la monotonie.

A la mémoire de Stassov (-)

A la mémoire de Rimski-Korsakov (-)

Sketches finaux   

n°1 Sur le Kalevala (*)

n°2 Procession (*)

Raymonda op 57   

Quelques grands passages, à mon avis, émergent, noyés dans les trop nombreux épisodes de ce trop long ballet. On retrouve l’atmosphère féerique des ballets tchaïkovskiens, l’utilisation particulière des percussions, la présence des thèmes folkloriques variés… dans une orchestration en même temps raffinée, colorée. On retiendra le thème nostalgique de la Scène mimique repris dans l’« Entracte » au premier acte, la belle mélodie lente du Grand adagio dans ce même acte rappelant quelque peu Le cygne de Saint-Saëns, le « Grand pas espagnol » dans le second acte repris quelque peu dans la Bacchanale, la Danse orientale, la Variation IV de l’Acte III, très orientalisante, au piano, superbement intégré. La meilleure partie est peut-être la Coda de l’Acte I, à l’allure de musique de cirque, très entraînante.

Acte I (-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/*/-/*/-/-/-/-/**/-/**/-/-/**/-/-/-/-/***/-/-/-/-/-)

Acte II (-/-/-/-/-/-/-/-/*/-/-/*/*/**/**/*/-/-/-)

Acte III (-/-/-/-/-/-/-/-/**/*/*/-)

Fantaisie la Mer op 28 1889    (*)

Synthèse des styles débusséen, rimskien et wagnérien, cette œuvre, bien que subtilement orchestré, n'offre guère, à mon avis, d'assise thématique suffisamment marquante. On remarquera au centre un grand passage en nuance forte très mouvementé. Seuls, quelques effets typiques de musique russe, notamment l'utilisation des flûtes piccolo dans l'extrême aigu communiquent, me semble-t-il, quelqu'intérêt à cette œuvre.

Rhapsodie orientale op 29 1889    (*/**/*/*/**)

Cette œuvre de style orientalisant comprend des épisodes variés rappelant Rimski (Shéhérazade) ou parfois Sibelius (notamment le premier mouvement (Soir, la ville dort, l'appel des veilleurs). On remarquera l'utilisation originale des bois, notamment les flûtes piccolo, dans un jeu chromatique de glissandi dans l'extrême aigu. L'œuvre se termine par un passage lyrique très appuyé par les cuivres et percussions, sans doute la meilleure partie (Célébration des guerriers, Apparition du jeune chanteur, Orgie débridée).

Ballade op 78 1902    (-)

Cortège solennel op 91 1910    (-)

Symphonie 5 op 55 1895    (*/***/**/***) icone

De l’ampleur, du style, de la subtilité, de la nuance, de la puissance dans cette symphonie 5 d’Alexander Glazounov (1865-1936). Il ne semble rien y manquer, bien qu’elle ne me paraisse pas une oeuvre maîtresse du compositeur en raison de sa densité thématique très variable - selon les mouvements. Ainsi, le 1er mouvement, qui me paraît outrancièrement développer un même thème. En revanche, le scherzo est un bijou dans le genre, utilisant les registres de l’orchestre dans l’extrême-aigu avec une grande virtuosité. Rien ne dépasse sans doute la légèreté aérienne de ce mouvement. Par ailleurs, Il manquerait assez peu au 3ème mouvement lent pour attendre l’excellence, on y remarquera notamment de belles séquences dévoléues aux cordes. Dans le dernier mouvement, Glazounov pourrait certainement donner bien des leçons aux compositeurs qui, au cours du 20e siècle, nous abreuvent d’une orchestration cuivrée cacophonique et qui pensent avoir atteint en cela le Grall d’autant plus que ces démonstrations cuivriques sont bruyantes et désagréables. Naturellement, je me garderai bien de citer le moindre nom. Sous la forme d’une danse cosaque, Glazounov surenchérit dans l’explosion cuivrique, mais selon une telle subtilité, une telle finesse que l’excès n’apparaît jamais négatif. Quelle richesse de timbre!. Et le rhapsodisme n’est sans doute pas étranger à une telle réussite. Rien à redire, rien à renier dans ce mouvement où pas la moindre note n’amoindrit la tension musicale. Un exploit pour un traitement instrumental très délicat où le moindre faux pas eût été fatal. Sur un plan plus général, Glazounov, comme Liapounov, Arenski appartient à cette génération de compositeurs russes pour lesquels je voue une très grande admiration Chez eux, un sens quasi aristocratique qui élève la musique, et toujours en approfondissant l’enracinement rhapsodique, rare convergence chez de nombreux compositeurs qui ont souvent abandonné le rhapsodisme dans les hypersubtilités de l’impressionnisme musical. Néanmoins, si je devais dresser un bilan critique des oeuvres de Glazounov que j’ai considérées jusque là, je serai sans doute moins élogieux qu’à l’égard d’Arenski ou Liapounov. De sporadiques réussites comme certaines parties des Scènes de ballet, des Saisons, le Prologue symphonique... mais aussi de cruels échecs à mon avis comme par exemple les 2 concertos pour piano... Reste la série des symphonies qui modifierait sans doute cet éclairage partiel.

Symphonie 1 1881  icone   ((*/*/-/**)) icone

C'est a mon avis une symphonie très fade que signe là Glazounov. Une thèmatique, assez rhapsodique, mais sans saveur, me semble-t-il, convenue. et surtout répétitive, sans grande variation. Des épisodes cuivriques plus saisissants parfois, amorçant quelque velléité de lyrisme évitent cependant à cette symphonie de tomber dans la torpeur, sauf pour le 3ème mouvement, lent, qui me paraît vraiment interminable. c'est le 4ème mouvement qui rehausse tout de même l'intérêt à mon avis grâce à des contrastes plus accusés et une plus grande originalité dans l'utilisation des timbres. Dans l'ensemble une orchestration limpide, légère. une légèreté accusée parfois par l'utilisation bienvenue du triangle.

Symphonie 2 1889  icone   (***/***/***/***) icone

Quel contraste entre cette symphonie empreinte à mon avis d'un pathétisme puissant, et la symphonie n°1 qui, à mon sens, en était si dépourvue. Glazounov entretient un ton de gravité remarquable malgré le spectre instrumental très aigu qui le caractérise. Si les thèmes en eux-mêmes ne sont pas fulgurants, c'est leur traitement, qui les rehausse , notamment les motifs et ostinati rythmiques de la basse qui les transfigure. L'orchestration reste très classique dans ses effets, d'un colorisme assez limité, mais légère, usant souvent de fanfares au trombone d'un effet saisissant, ou encore l'effet attendu, mais très lyrique, des roulements de timbales. Le meilleur mouvement, est peut-être le premier. On peut signaler l'omniprésence de la flûte dans le mouvement lent. Sur l'ensemble: un exemple où l'irradiation lyrique transcende l'œuvre. Et on interprétera dans ce sens la surenchère cuivrique de certains passages.

Symphonie 3 1890  icone   (-/*/-/*) icone

Une symphonie qui me paraît terriblement lassante et répétitive, notamment en ce qui concerne le 1er et le 3ème mouvement. Le 2ème mouvement et le dernier introduisent au moins un minimum de tonicité, mais à mon avis sans augmenter beuacoup l'intérêt musical. Il semble que Glazounov n'ait manifesté quasiment aucune inspiration dans cette symphonie, par opposition à la précédente.

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1    (-/-)

Œuvre à mon avis assez confuse, comparativement au Concerto n°2. La virtuosité m'apparaît totalement gratuite, le style est plutôt exubérant ou parfois sans dynamique. Aucune thématique précise, me semble-t-il, ne ressort de l'ensemble.

Concerto n°2    (-)

A part une bribe de motif provenant du Concerto pour piano de Rimski et une autre provenant du Concerto n°2 de Macdowell (à moins qu'il s'agisse d'un emprunt à une œuvre commune) l'œuvre, à mon avis, ne recèle guère de thèmes marquants. Le pianisme, assez monotone, est plus proche d'un pianisme d'accompagnement, bien que l'orchestre demeure réservé dans l'ensemble. Ce concerto est très classique pour son époque.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto    (**/***)

Dans cette œuvre courte à mouvements non séparés, deux parties sont apparentes: une partie de tempo relativement lent et une partie rapide. La première partie est construite sur un thème d'allure tzigane, lent, très expressif à mon avis; malheureusement, hors quelques passages plus rapides, le reste, me semble-t-il, se perd en développements de faible intérêt. La seconde partie présente des variations assez étonnantes sur un thème qui me paraît pourtant d'intérêt limité. On notera l'emploi judicieux des pizzicati et une virtuosité toujours justifiée par les nécessités de la thématique.

Méditation op 32    (-)

Cette œuvre très courte est une mélodie assez animée soutenue par un fond orchestral intermittent, de style vaguement impressionniste (harpe). L'ensemble me paraît monotone.

Mazurka-oberek ré majeur 1917    (-)

Cette mazurka, écrite dans le registre aigu, malgré une certaine volubilité, n’impose à mon avis aucun thème digne d’intérêt

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