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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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MARQUES Miguel (1843 - 1918)


ORCHESTRE

Symphony 5 1880  icone   (***/***/***/***) icone

Une grande symphonie à mon avis cette 5ème de Miguel Marquès, qui impressionne par sa densité thématique, un intérêt soutenu de la première à la dernière note , évitant toute transition plus faible. On sent chez ce compositeur un sens de l’effet musical très sûr, cependant sans qu’il s’aventure vers des formules musicales inusitées pour son époque. Une orchestration vive, souple, colorée, d’une extraordinaire légèreté, en grande partie développée dans le registre aigu et extrême-aigu. Une utilisation des cuivres et percussions limitée souvent à des interjections alors qu’une grande importance est accordée aux tuttis de violon ou aux bois. L’intervention de la harpe dans le 2ème mouvement confirme le choix de cette esthétique instrumentale. Loin des effets symphoniques révolutionnaires, Marquès utilise la palette du symphonisme propre à son époque en dégageant toutefois son originalité. On y discerne assez nettement l’influence de Berlioz - quelques réminiscences de la “scène au champ” apparaissent dans le 2ème mouvement - mais aussi des effets symphoniques qui pourraient rappeler Paganini, Rossini, et aussi, curieusement des formules assez caractéristiques de l’époque baroque. La netteté, la clarté particulière des timbres atteignant parfois dans certains passages suraigus une étonnante originalité rejoint les effets équivalents de cristallinité recherchés par certains romantiques ou post-romantiques Moussorgsky, Liapounov, Glazounov, Arensky jusqu’à Taktakichvili. Il a pu également influencer Rodrigo dans cette palette d’effets instrumentaux sporadiques et limpides. Enfin, signalons une timide marque rhapsodique dans le 1er mouvement, notamment le thème principal, loin des affirmations rhapsodiques apparaissant à cette époque dans de nombreux pays en Europe. Le rhapsodisme espagnol, qui sera pourtant très prégnant à la fin du grand siècle, semble apparaître tardivement.

Symphonie 1 The history of a Day 1869  icone   (**/****/***/***) icone

Belle réussite à mon avis cette première symphonie de Miguel Marques, une œuvre qui se caractérise par son classicisme, mais elle comporte aussi des avancées plus conformes à son temps. Marquès, jusqu'à sa dernière symphonie, ne se départira jamais de sa tendance à la ritournelle qui renvoie au début du grand siècle, voire plonge même jusqu'au 18e siècle, mais l'on trouve aussi dans cette lignée des compositeurs comme Bizet. Les influences les plus perceptibles semblent référer à Beethoven. Rossini et Berlioz. Le 2ème mouvement, le meilleur, me semble-t-il,représente une fusion entre ces éléments classiques et des effets plus modernes, parfois très originaux. Il comporte vraiment des passages exceptionnels. Le 3ème mouvement est un scherzo assez court, harmoniquement assez riche. Le dernier mouvement revient plutôt à la ritournelle classique. C'est à mon avis la richesse thématique de cette œuvre qui lui communique son intérêt malgré parfois son archaïsme affiché qui peut irriter parfois. Terminons en constatant qu'aucune évolution ne semble perceptible entre cette 1ère symphonie et la dernière, la 5ème, du compositeur.

Symphonie 4 E major 1878  icone   (**/***/***/**) icone

Moins convaincante sans doute que la 5 ou même la 1, cette symphonie présente d'excellents mouvements, dont le scherzo (3ème), mais surtout le 2ème lent, très accompli. Marquès ne se départit pas du style romantico-classique,loin de la tendance wagnérienne. Par ailleurs, l'on y discerne guère de marque rhapsodique, sinon parfois très légère. Il excelle toujours dans une utilisation très variée et très rapide des registres instrumentaux, procurant de très rares moments statiques et ennuyeux. On remarquera l'utilisation volubile et légère des cordes en tutti. Les finales, notamment du mouvement 1 et du 4, insistent parfois trop sur les cuivres. En définitif, c'est le 3ème mouvement lent qui plonge dans un romantisme plus affirmé, plus pathétique. On retiendra les accents plaintifs du violon dans une magnifique mélodie, vaguement alla zingarese.

Symphonie 3 B minor 1876  icone   (*/**/*/*) icone

Symphonie bien limitée, me semble-t-il, par sa thématique uniforme par rapport aux superbes symphonies de ce compositeur, telles la 4, la 5, et surtout la 1 qui atteint le sublime. Dans cette symphonie 2, le romantisme très tempéré de Marques s'épanche assez peu au profit de développements dans une structure rythmique quelque peu lassante. L'on retiendra néanmoins sur l'ensemble l'utilisation très variée des registres instrumentaux et une grande légèreté de la palette orchestrale alliée à un certains lyrisme (les variations à la trompette du thème principal dans le 3e mouvement par exemple ou l'amplification finale du dernier mouvement). C'est cependant le 2ème mouvement lent qui me paraît s'imposer, brisant l'uniformité rythmique des autres mouvements.

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