SOMMAIRE


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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PAGANINI Nicolo (1782-1840)


ALTO

Sonata per la gran viola    (**)

Cette œuvre à mon avis n'atteint pas le lyrisme des œuvres pour violon du grand Génois. Pour cet instrument, en fait peu compatible avec son inspiration, Paganini parvient cependant à trouver une thématique qui me paraît digne d'intérêt.

DUO VIOLON GUITARE

Centone di sonate op 64 n°1    (**/**/***)

Assez peu virtuose, cette œuvre n'en est pas moins caractéristique de la thématique paganinienne. Le premier mouvement n'est qu'une introduction très courte, assez pathétique. Le troisième mouvement « Rondoncino », présentant un soliste nettement plus volubile, avec notamment une partie centrale en pizzicatti, reprend de nombreux effets d'après les concertos, sans accuser cependant de redites. La guitare joue strictement un rôle d'accompagnement.

Sonata n°6 en mi mineur op 3    (***) icone

Cette sonate débute par une admirable mélodie, à mon avis, d'une intensité bouleversante, à laquelle suit un motif en double cordes très enlevé. L'écoute de cette œuvre permet aisément de comprendre que Paganini ait été particulièrement admiré à son époque pour ses adagios. Dans ce chant très expressif, le chromatisme si particulier du compositeur génois fait merveille.

Sonata concertata en la majeur    (-/*/*)

Cette sonate présente la particularité de confier à la guitare des thèmes propres concurremment à ceux du violon. La diversité de l'ensemble, à mon avis, ne parvient pas à cacher la faiblesse thématique de cette œuvre dans laquelle on reconnaît peu la marque paganinienne, habituellement si caractéristique.

Cantabile D major    (**) icone

Allegro vivace a movimento perpetuo op 11    (-) icone

QUATUOR

Sans doute ces quatuors à 2 violons, alto, violoncelle n'atteignent-ils pas le paroxysme lyrique des concertos et du Quatuor en E major du maître génois, mais la richesse thématique, mélodique et harmonique, la teinte romantique parfois marquée hausse à mon avis ces œuvres à un niveau de qualité musicale élevé, voire excellent. Le style apparaît en parfaite adéquation avec le genre et on remarquera la participation équilibrée de tous les registres instrumentaux, quoique le violon principal s'épanche parfois en traits virtuoses plus affirmés, sans cependant monopoliser outrancièrement l'attention. Les mouvements lents comprennent souvent un passage très symphonique aux sonorités figées, exprimant une mélancolie prenante.

Quatuor 7 in E major [ALTO 2 VIOLONS BASSE] 1800    (****/**/***/****)

Bien que le genre du quatuor ne permette pas d'atteindre cette tension lyrique si spécifique à l'art paganinien, le compositeur me paraît avoir atteint le sublime par une expressivité supérieure, atteignat même parfois un caractère émouvant. Le violon principal, brillant, volubile, tempère quelque peu sa virtuosité, mais ne tarit pas de thèmes et motifs en une succession étourdissante. Les autres instruments sont généralement limités à un rôle d'accompagnement, cependant parfaitement efficace pour renforcer les effets des solistes. La thématique utilise de nombreux effets dérivés des concertos, notamment du Concerto n°2, auxquels s'adjoignent effectivement des thèmes propres. Si Paganini n'a pas exploité le pouvoir émotionnel si caractéristique du violoncelle et de la contrebasse dans ce genre, il exprime à mon avis dans la partie de violon un pathétisme souvent troublant. On peut regretter le motif assez pauvre, me semble-t-il, des cordes en pizzicati qui déprécie le second mouvement, par ailleurs d'une grande richesse expressive et thématique pour ce qui est de ses autres parties.

Quartetto primo 1815    (***/**/**/***)

Quartetto secundo 1815    (*/**/**/***)

Quartetto terzo 1815    (***/***/*/*)

VIOLON

Caprices   

Ces caprices dédiés Agli artisti sont en partie des études qui n'entrent pas dans le cadre d'une analyse critique. C'est le cas, me semble-t-il, des premiers caprices essentiellement (les Caprices 1 à 8, 10 à 12) dont la vocation pédagogique se traduit souvent par une structure systématique et répétitive. On peut également émettre l'hypothèse selon laquelle les premiers caprices traduiraient la première période encore tâtonnante de l'art paganinien, dont les premiers concertos, perdus, ne peuvent témoigner. Les autres caprices: le 9, le 13, du 15ème au 24ème, peuvent être considérés comme des œuvres musicales à part entière. Un léitmotiv conducteur traverse le 9 (la Chasse), le 15, puis se trouve développé plus amplement dans le 24. Ces caprices alternent généralement des passages mélodiques lents dans le médium particulièrement émouvants à mon avis et des passages véhéments d'une puissance lyrique insoutenable, d'une ampleur moindre, mais d'une expression plus âpre que les concertos. Le célébrissime Caprice n°24 compte sans doute parmi les grands chefs-d'œuvre de la musique, il utilise toutes les ressources de la virtuosité: doubles-cordes staccato et legato, glissandi, pizzicatti... et surtout, me semble-t-il, exprime tous les mouvements de l'âme romantique.

n° 1 (-)

n° 2 (-)

n° 3 (*)

n° 4 (*)

n° 5 (-)

n° 6 (-)

n° 7 (*)

n° 8 (-)

n° 9 La chasse (***)

n° 10 (*)

n° 11 (-)

n° 12 (-)

n° 13 (***)

n° 14 (**)

n° 15 (****)

n° 16 (**)

n° 17 (***)

n° 18 (***)

n° 19 (***)

n° 20 (***)

n° 21 (**)

n° 22 (***)

n° 23 (***)

n° 24 (****)

VIOLON ORCHESTRE

Les concertos de Paganini possèdent une homogénéité de style et de structure à mon avis remarquable, l'on doit cependant noter que le n°6 (le premier écrit) révèle une structure et un violonisme moins élaborée. Le concerto n°5 (inachevé) témoigne au contraire d'une maturité exceptionnelle, me semble-t-il, sur le plan du violonisme. Cette série d'œuvre, (auxquelles il faut adjoindre les fantaisies) à l'instar des symphonies de Beethoven représentent certainement un des sommets de l'art musical et une révolution par rapport au style violonistique de l'époque, mais surtout sur le plan de la pensée et sur le plan thématique. Si la littérature violonistique continua d'évoluer en empruntant diverses colorations (école franco-belge, école polonaise, russe...), il me semble que Paganini, instigateur de toutes ces écoles, ne fut jamais dépassé ni sur le plan de la virtuosité, ni sur le plan purement musical. Les concertos de Paganini obéissent à une structure originale nettement caractérisée. Peu d'œuvres à mon avis sont charpentées de manière aussi rigoureuse malgré l'inspiration très lyrique. On distingue notamment dans le premier mouvement un thème moderato una corda legato, un thème staccato dubbia corda staccato, un motif central lent très pathétique, une grande cadence centrale d'une intensité lyrique maximale comprenant un immense crescendo en double cordes. Le troisième mouvement fait alterner à l'inverse du premier mouvement un thème lent dubbia corda legato et un thème vivace una corda staccato. Ce qui caractérise Paganini, à mon avis, c'est la puissance lyrique, mais l'on retrouve dans ses mouvements et motifs lents des accents envoûtants à la manière de Berlioz, Chopin et Vieuxtemps où l'âme donne l'impression de l'apitoyer sur elle-même. De ce point de vue, le motif lent du premier mouvement du Concerto n°5 est saisissant. Dans les passages les plus virtuoses, qui sont souvent les plus inspirés, n'a-t-on pas l'impression que la musique atteint une sorte d'expression impressionniste indéfinissable en dehors de toute norme. Paganini, me semble-t-il, atteint les hauteurs du génie les plus vertigineuses. Le parallèle avec Beethoven à mon avis s'impose. Aucune référence musicale ne peut permettre de comprendre cet art dont on ne sait d'où il est sorti. Paganini reste une énigme, même si le violonisme de Giuliani témoigne d'une partie du chemin accomplie depuis les œuvres baroques de Locatelli. Comme le fut Chopin, Paganini est l'artiste au sens le plus élevé du terme. Son œuvre, indépendante de toute rhétorique, de toute théorisation, demeure irréductible à toute analyse. L'orchestration, surtout composée de tutti aux cordes, n'est pas un élément négligeable dans les œuvres pour violon et orchestre de Paganini, bien qu'elle ne témoigne pas d'une élaboration aussi poussée que celle, berliozienne, des concertos de Vieuxtemps. L'originalité symphonique de Paganini, à mon avis, ne fait cependant aucun doute sur le plan thématique, et elle se distingue nettement de l'orchestration rossinienne. Il semble que l'orchestre romantique doit beaucoup à Paganini car de nombreux procédés violonistiques du soliste ont été appliqués à l'orchestre, notamment par Berlioz. Il est difficile de mettre en exergue tel ou tel mouvement dans une intégrale aussi parfaite. Le concerto où l'inspiration apparaît la plus soutenue de la première à la dernière note est peut-être le premier, notamment par son mouvement lent exceptionnel. Le Concerto n°2 se caractérise par son célèbre troisième mouvement (la Campanella) qui contient un des crescendo en pizzicati sans doute les plus étonnants. Moins connu, le Concerto n°3 est peut-être le plus riche thématiquement. On retiendra l'accompagnement en pizzicati à l'orchestre dans le premier mouvement. Si le Concerto n°4 me paraît moins inspiré, le Concerto n°5 , moins brillant, plus sombre, plus sévère, m'envoûte par son mélodisme complexe. sa recherche de romantisme dans une teinte plus nostalgique. Il faut y ajouter le dernier mouvement Alla zingareza qui accentue cette coloration. On retiendra un magnifique passage à mon avis, fort peu courant chez Paganini, où le violon solo se contente d'accompagner par des figurations un thème exposé à l'orchestre. Comme les concertos, les fantaisies à mon avis débordent d'idées et témoignent d'une richesse d'inspiration inconcevable. La Primavera me paraît une grande composition libre et émouvante, d'un lyrisme inouï, qui atteint un impressionnisme spécial, rompant parfois avec la netteté de la thématique paganinienne habituelle. Moins impressionnant, Le Stregghe se contente d'une succession de thèmes avec un certain décousu, mais comme toujours, me semble-t-il, le style paganinien fait merveille. Dans Introduction e variazioni sul tema Non piu mesta, le génie de Paganini me paraît tel qu'il transforme littéralement le thème initial en introduisant une richesse thématique inépuisable et un pathétique poignant. Il y a peut-être dans cette œuvre comme dans la Primavera matière à écrire plusieurs concertos. Les variations sur Di tanti palpiti contiennent des passages d'une virtuosité fulgurante et témoignent à mon avis d'une utilisation de l'orchestre très sûre. Les Variations sur Nel cor piu et la Maestosa sonata sentimentale marquent, me semble-t-il, quelques faiblesses. Le croirait-on, c'est à mon avis la partie orchestrale qui relève cette dernière œuvre où le soliste se perd quelquefois en longueurs un peu fastidieuses. Curieusement, le soliste demeure dans la tessiture grave, habitude peu paganinienne que l'on retrouvera dans l'école franco-belge. Cette page, composé en hommage au public viennois, doit sans doute être considérée comme une œuvre de circonstance.

Concerto n°1    (****/****/***) icone

Concerto n°2 1824    (****/***/****)

Concerto n°3    (****/***/****)

Concerto n°4    (***/*/*)

Concerto n°5 1830    (***/*/****)

Concerto n°6    (***/-/**)

Maestosa sonata sentimentale    (*)

La primavera    (***)



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