SOMMAIRE


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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RAFF Joaquim (1822-1882)


ORCHESTRE

Symphonie n°5 Lenore op 177 1873    (***/***/*/*)

Datant de 1873, la Symphonie n°5 de Raff témoigne d'un langage symphonique d'une grande maturité voisinant avec des particularités plus archaï;ques, notamment une certaine épaisseur préjudiciable des tutti de cordes associés aux cuivres. Sur l'ensemble dominent les effets les plus aboutis dans les deux premiers mouvements tandis que les deux derniers réfère à une écriture plus traditionaliste. Le style induit une atmosphère très pathétique. Une grande concentration se dégage du premier mouvement alternant des passages figés en pianissimo presque impressionnistes à des crescendos d'une texture instrumentale étonnante, très modernes. L'œuvre ne semble refléter aucun style caractérisé de l'époque, sinon un pseudo-wagnérisme très flou. Peu expansive, d'un lyrisme intériorisé, elle pourrait paraître ardue au premier abord, mais elle révèle à mon sens, dans ses deux premiers mouvements, une richesse insoupetccedil;onnée, que de nombreuses auditions ne parviennent à épuiser. Les passages fondus dans le pianissimo me paraissent atteindre une intensité et un mystère bouleversants.

Symphonie n°6 op 189 1873    (*/-/***/-)

Hors son troisième mouvement, cette symphonie ne me semble pas présenter la densité thématique des symphonies 7 ou 8. Elle s'apparente plutôt au style post-viennois sans surprise, débarrassé en partie de son aspect compact et massif. L'atmosphère, cependant, femeure empreinte d'une certaine solennité et d'un certain pathétisme. L'ensemble ne présente guère de couleur instrumentale ni de diversité thématique, mais affirme, par les cuivres et les percussions, une puissance parfois admirable. Seul le 3ème mouvement me paraît animé d'une richesses thématique qui l'élève nettement au-dessus des autres. On en retiendra les passages fortissimo des cuivres où l'effet de puissance lyrique est irrésistible. Ce mouvement, à mon avis, remarquable, constitue une amplification épurée du style de la marche funèbre, ne versant nullement dans le simplicisme outrancier parfois associé à ce genre. Le dernier mouvement me laisse plutôt l'impression d'un facile déploiement orchestral.

Suite n°2 In Ungarisher Weise op 194 1874    (-/-/-/*)

Plus que la Symphonie n°6, cette suite tend, me semble-t-il, au simplicisme thématique et symphonique, et parfois même aux effets bruyants. On exceptera la longue mélodie en tutti qui débute le dernier mouvement, une méditation profonde et douloureuse, malheureusement pulvérisée par un fatras d'effets superficiels jusqu'à la fin du mouvement.

Symphonie n°7 In den Alpen 1875    (***/***/*/*)

Œuvre au style bucolique évident, c'est la Pastorale de Raff, et l'on y sent parfois (dans les thèmes du premier mouvement) l'influence de celle de Beethoven. Révélant un traitement orchestral plus léger que dans la Symphonie n°6, cette symphonie se caractérise par une grande richesse thématique, parfois amoindrie par la répétition des motifs. Le premier mouvement, très long, en est l'illustration. On y admirera particulièrement le début, d'une puissante originalité dans l'utilisation des timbales, et dont le style, préfigure parfois Sibelius. Le mouvement suivant exploite une même scansion rythmique très prenante entretenue jusqu'à la coda malgré l'utilisation de plusieurs cellules motiviques. Au centre, un motif en style de valse fait diversion. Quant au dernier mouvement, comme souvent chez Raff, il me paraît un déploiement orchestral un peu artificiel et convenu.

Symphonie n°8    (***/****/**/*)

Cette symphonie s'affirme, à l'instar de la 7, par la richesse thématique de ses deux premiers mouvements. Le premier, notamment, expose une suite de motifs éblouissants se succédant selon une logique qui lui communique une puissance indicible. Il est dommage sans doute que le dernier thème, de style légèrement fugué, d'intérêt un peu moindre à mon avis, contribue à allonger ce mouvement démesurément. L'ouverture, comme souvent chez Raff, demeure le moment le plus fascinant, le plus pathétique. Le langage y évoque certains aspects du symphonisme brucknérien. Le second mouvement, sublime lui aussi, impose une thème d'une grande fluidité aux cordes dans le style hongrois (ou nordique?). Il est traversé de puissants contrastes, grâce notamment à un motif au trombone après une introduction grave. Il me paraît difficile de résister à la puissance et à l'attrait percutant des thèmes exposés par ce mouvement, visiblement écrit avec un sens de la grandeur et du lyrisme admirables.

Symphonie n°9    (-/*/**/-)

D'une structure originale, cette symphonie semble rompre avec la recherche du grand lyrisme et de la grandeur dont témoignaient les symphonies antérieures du maître suisse. Raff exploite les instruments en courtes séquences de soli, notamment les bois. Le ton de l'œuvre est assez léger, dépourvu de gravité. Seul le troisième mouvement me paraît d'un certain intérêt thématique, notamment par les interventions du cor anglais sur un fond vaporeux de cordes.

Symphonie n°10    (**/*/*/**)

D'un certaine gravité et sérénité, cette symphonie me paraît dans l'ensemble assez monocorde, relativement pauvre thématiquement. Le premier mouvement utilise des motifs simples, souvent trop répétés. Le dernier mouvement superposent de nombreux pupitres dans une structure complexe, mais cependant sans aucune confusion.

Symphonie n°11    (-/-/-/-)

Peut-être la plus décevante des symphonie de Raff, cette œuvre semble abandonner toute prétention au lyrisme symphonique pour adopter une structure légère, dépourvue de gravité. Il s'agit essentiellement de l'exploitation des bois en soli dialoguant entre eux ou avec l'orchestre. Thématiquement, Raff semble avoir abandonné toute recherche d'effets impressionnistes pour s'abandonner au mélodisme. L'œuvre est cependant très originale sur le plan de la structure symphonique, sans atteindre à mon avis l'efficience.

Abends Rhapsodie op 163    (-)

PIANO ORCHESTRE

Le Concerto, écrit dans un style pianistique assez rude et heurté à mon avis, rappelle ceux de Gœtz, Bronsart, Dreyschock. L'Ode au printemps, bien qu'elle soit antérieure, témoigne d'un style beaucoup plus souple, mais elle reste, me semble-t-il, thématiquement insuffisante.

Concerto 1873    (*/-/**)

Ode to spring 1857    (*)



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