SOMMAIRE


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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RODE Pierre (1774-1830)


VIOLON

24 Caprices. En premier lieu, Rode, paradoxalement, paraît en retrait par rapport à Locatelli sur le plan de la virtuosité pure, et encore plus par rapport à Paganini (on est pourtant presqu’un siècle plus tard). Il cultive le legato beaucoup plus que son prédécesseur italien, et cependant n’aborde jamais les ritournelles doubles cordes legato rapides, grande spécialité paganinienne, mais reprise par Vieuxtemps, Lipinski... Les doubles cordes de Rode sont presque toujours statiques (comme dans le 19ème caprice). En revanche, comme ses prédécesseurs (et contrairement à Vieuxtemps), Rode affectionne le registre extrême-aigu. Il cultive aussi les effets d’irridiation sonore si chers à Vivaldi (comme dans le 8ème caprice). Ainsi,Rode, élève de Viotti, est plus proche des modèles italiens que de l’école franco-belge (dont il fait pourtant partie). Malgré cet abord décevant, et malgré même un contenu thématique moins affirmé que chez Locatelli ou Paganini, Rode emporte l’adhésion (du moins selon mon jugement propre) en raison du lyrisme et de l’expressivité dont ses motifs sont empreints. Ses caprices sont des démonstrations musicales avant d’être des démonstration de virtuosité. Du reste, c’est sans doute le point commun entre ces compositeurs. Seuls les contempteurs de la virtuosité s’imaginent que celle-ci, chez les compositeurs-virtuoses, peut se concevoir sans la musicalité. Genre ingrat, ardu, difficile exigeant autant pour le compositeur que pour l’auditeur s’il en est, le genre pour violon solo nécessite sans doute un contenu musical très affirmée pour séduire ou des effets virtuoses très élaborés. Un choix parmi les 24 Caprices de Rode: le 16 est peut-être le plus varié sur le plan thématique et le plus virtuose, le 13 est bâti sur une excellente mélodie très expressive... S’il ne représente pas une date historique comme l’opus 3 de Locatelli , l’arte del violino (1727) ou les 24 caprices de Paganini (1817), les caprices de Rode représentent à mon avis une réussite musicale que l’on ne devrait pas ignorer. Comme quasiment tous les compositeurs-virtuoses, Rode a été laminé au profit de compositeurs qui, dans le domaine violonistique, me paraissent largement inférieurs (malgré quelques ouvres estimables). Des noms: je ne me priverai pas de les citer (en rappelant toutefois pour être honnête que ceci repose, naturellement, sur mon jugement personnel): Joachim, Bruch, Spohr... sans compter les "classiques" comme Mendelssohn, Beethoven, Brahms... dont je reconnais la réussite sur le plan des compositions symphoniques, mais beaucoup moins dans le domaine spécifique des œuvres violonistiques.

Vingt-quatre caprices

1 (**)   1icone

2 (**)   1icone

3 (-)   1icone

4 (*)   1icone

5 (***)   1icone

6 (***)   1icone

7 (***)   1icone

8 (***)   1icone

9 (**)   1icone

10 (-)   1icone

11 (**)   1icone

12 (-)   1icone

13 (***)   1icone

14 (-)   1icone

15 (***)   1icone

16 (***)   1icone

17 (*)   1icone

18 (-)   1icone

19 (**)   1icone

20 (***)   1icone

21 (**)   1icone

22 (-)   1icone

23 (-)   1icone

24 (***)   1icone

VIOLON ORCHESTRE

Une thématique violonistique franchement plus paganiniennne dans les concertos que dans les Caprices. il reste à déterminer si les tours thématiques constatés doivent être strictement rapportés à Paganini (objectivables au moins dans son Concerto n°1). En l’absence de date précise, impossible de répondre à cette question. Et impossible de savoir si cette thématique imprègne toutes les œuvres de cette époque aux alentour de 1800. Un Rode éblouissant dans ce Concerto n°3 pour ce qui concerne la partie violonistique, même si elle est limitée sur le plan technique, en particulier par l’emploi restrictif des doubles cordes. C’est encore dans le jeu legato rapide que Rode réussit ses meilleurs effets. En revanche, ce concerto pâtit d’une orchestration largement plus rudimentaire - qui est celle de l’époque. L’orchestration romantique appliquée aux œuvres concertantes ne prendra réellement son essor qu’avec l’introduction des effets berlioziens par Vieuxtemps. Chez Rode, une distorsion entre les différents registres du concerto qui rend quasiment impossible tout jugement global sur l’œuvre. Le Concerto n°4 apparaît paradoxalement plus en retrait, et là encore c’est l’orchestration qui ruine l’intérêt de l’œuvre: style poussif, sans envergure difficilement rattrapé par la volubilité de la partie soliste. Sur l’ensemble, on pourrait reprocher - contrairement à ce qu’il en est de Paganini - à Rode de ne pas appuyer ses œuvres sur des thèmes principaux très caractérisés ou si c’est le cas - les 3eme mouvements par exemple, ces thèmes ne présentent pas à mon avis un intérêt supérieur. Les concertos 6 et 7 semblent témoigner de la part de Rode la tendance vers une pente dangereusement déclinante. Une orchestration à mon avis vraiment rudimentaire et qui n’est pas compensée par la bravoure violonistique. Au final, le Concerto n°3 reste à mon sens un grand concerto romantique, le Concerto n°4 un bon concerto sans plus, sinon un assez bon concerto et les concertos 6 et 7 des œuvres d’intérêt relativement mineur. Il semble que Rode ait atteint le maximum de ses possibilités, dans quelques-uns de ses 24 caprices. D’une manière plus générale, le déphasage constaté entre un soliste très délié d’une part et une orchestration nettement moins évoluée n’est pas propre à Rode, elle caractérise toute l’histoire musicale des œuvres pour soliste et orchestre (violon et piano notamment) pendant le 18e siècle et le début du 19e siècle.

Concerto 3 (***/**/**)   1icone   2icone   3icone

Concerto 6 (**/*/**)   1icone   2icone   3icone

Concerto 7 op 9 (**/**/*)   1icone   2icone   3icone

Concerto 4 (**/**/**)   1icone   2icone   3icone



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