SOMMAIRE


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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TAKTAKISHVILI Otar (1924-)


DUO FLÛTE PIANO

Sonate C major icone   (***/**/****) icone

Grande œuvre que cette sonate où Taktakichvili, par-delà l'expressionnisme, revient aux fondamentaux de la musique. Œuvre purement classique où la marque des harmonies nouvelles reste discrète, néanmoins on en retrouvera des échos essentiellement dans le 2ème mouvement lent. C'est sans doute dans le 3ème mouvement que le compositeur affirme toute sa verve en recourant sans complexe à une virtuosité rappelant les grandes heures du romantisme. Le thème central, où s'exprime la fibre rhapsodique, est certainement le meilleur de toute l'œuvre et vaut que j'accorde à ce mouvement la valeur exceptionnelle de 4 étoiles, ce qui compense l'appréciation de 2 étoiles, un peu sévère peut-être, pour le 2ème mouvement.

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1 1950  icone   (***/***/***/***)

Ni post-classique, ni moderne, ce concerto indéfinissable se rapprocherait cependant des œuvres expressionnistes russes comme celle de Kabalevski, Galynine, et plus encore de Novak, dont il possède l'ampleur, la densité, une expression pathétique diffuse. Ces effets sont obtenus par un pianisme d'une grande densité. Le troisième mouvement, lent, est une mélodie dépouillée, très troublante à mon avis.

Concerto 3 Youth 1974  icone   (**) icone

Plutôt fantaisie ou concertino que concerto, cette œuvre permet néanmoins de retrouver le style du Concerto n°1: écriture pianistique formant souvent un continuum très rapide, récitatif plus que mélodique. Pour se référer à une œuvre connue, on pourrait citer le Concerto de Ravel, mais transparaît aussi un aspect scarlattien. L'orchestre, très réduit, appuie les effets de la partie pianistique, pas toujours de manière bien intégrée à mon avis. On peut noter une très légère coloration rhapsodique, voire expressionniste. Le tissu thématique apparaît très inventif, mais l'on peut déplorer une insistance rythmique trop prononcée dans la partie centrale qui devient hachée, répétitive. Belle œuvre au total, mais qui semble plutôt une scorie d'importance mineure par rapport aux œuvres les plus réussies du compositeur (Concerto n°1 pour piano et orchestre, et surtout le Concerto n°1 pour violon et orchestre.

Concerto 4 icone   (***/***/*) icone

Impressionnant concerto, essentiellement par son 1er mouvement très inspiré. La partie pianistique dominante, très virtuose, présente un caractère volontariste, farouche dont la contrepartie est un manque de nuance parfois préjudiciable. Une certaine brutalité du style à mon avis nuit malheureusement à cette œuvre, notamment dans les 2ème et 3ème mouvement. L'orchestration, dans le même style parfois sommaire, n'ajoute guère d'intérêt à l'ensemble, surtout dans la partie centrale du dernier mouvement. C'est essentiellement le premier mouvement qui emporte l'adhésion, notamment par un remarquable thème principal. Le 2ème mouvement est un scherzo un peu rude, mais très original dans ses sonorités suraiguës presque grinçantes et hachées. Le 3ème mouvement, à mon avis d'intérêt plus faible, relève en partie du style expressionniste tel qu'on peut le rencontrer dans le Concerto de Khatchaturian. Malgré des passages exceptionnels, cette œuvre ne me semble pas atteindre le suprême raffinement caractéristique du Concerto de Pavel Constantinescu dans le même genre.

Concerto 2 Mountain Tunes 1975  icone   (**) icone

Ce concerto, apparemment écrit en un seul mouvement, doit son intérêt sans doute à sa coloration parfois légèrement expressionniste et quelques développements pianistiques virtuoses très dynamiques dans le style propre au compositeur. On remarquera, notamment au début et au centre, l'intervention de la clarinette basse si caractéristique (cf le mouvement lent du Concerto de Khatchaturian). La teinte rhapsodique, sur des motifs à mon goût assez édulcorés, annoncée dans le titre, ne m'apparaît pas convaincante. L'œuvre s'apparente plutôt à une suite de scories musicales sans lien qu'à un ensemble organisé. La partie pianistique, dominante, parvient parfois à relever l'intérêt de l'ensemble. Enfin, la finale, très volubile, termine positivement l'œuvre

VIOLON ORCHESTRE

Concertino 1957    (*)

Ce concertino assez monocorde à mon avis m'apparaît d'un style nettement plus classique, surtout plus mélodique que le second concerto. Le jeu violonistique dans la tessiture aiguë demeure peu varié, sans virtuosité. L'orchestration est parcimonieuse. Seule la partie lente centrale à mon avis préfigure par ses sonorités le superbe second concerto.

Concerto n°1 1976  icone   (***/****/***/****)

Le Concerto n°1 de Taktakichvili représente sans doute une des meilleures œuvres du répertoire. Œuvre dans le style expressionniste russe, elle se rapproche peut-être plus parfois du style de Holst et parfois de celui de Messiaen, très précisément les deux mouvements lents du Quatuor pour la fin du temps. Dans un dépouillement extrême, Taktakichvili atteint à mon avis un sentiment profond de sérénité, une angoisse existentielle qui est peut-être celle de l'Homme devant l'Infini. Le premier mouvement présente une mélodie qui se déroule sur un fond d'échos déstructurés, de bribes de motifs: harpe, pizzicati de cordes, basson, flûte... Le second mouvement, rappelant le célèbre Ballet des poussins dans leur coquille des Tableaux d'une exposition de Moussorgski, me paraît une hallucinante partie composée de glissandi, de pizzicati, de doubles cordes dans un extrême-aigu strident et sur un rythme haché auquel participe le piccolo. Le troisième mouvement reprend la même structure que le premier sur un fond plus fondu, plus indistinct. Le quatrième mouvement, le plus varié, présente notamment une cadence centrale du soliste très virtuose avant la reprise à mon avis magistrale du thème principal à l'orchestre sur fond de mélismes dessinés par le soliste. Un accelerando final auquel participent orchestre et soliste termine cette œuvre, à mon avis, une des plus magistrales qui aient été écrites.

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