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LETTRE MÉLOMANE 2013-05


Frédéric Alfred d’Erlanger (1868-1943) Concerto op 17 (1902) Philippe Graffin; David Lloyd-Jones: BBC National Orchestra Of Wales, un des concerto proposés dans la collection Hypérion. De la matière musicale dans ce concerto très fin de siècle (19ème) à mon avis, mais auquel il manque peut-être parfois une affirmation plus évidente du soliste. De la volubilité, du charme, du mélodisme... sur des thèmes d’un réel intérêt, mais qui ne s’imposent pas comme ils devraient, comme ils pourraient. Dans le premier mouvement, le plus réussi sans doute,, un thème pseudo-rhapsodique lent, mélodique alterne avec des thèmes vifs fondus à l’orchestre. C’est donc la mise en relief, l’individualisation du soliste - qualité si intimement liée au genre concertant - qui manque à cette œuvre, par ailleurs inspirée. Ceci malgré une cadence solistique très bienvenue au centre du mouvement, néanmoins à la virtuosité relativement limitée. On remarquera cependant une agréable reprise du thème principal avant la coda. L’affect du mouvement se caractérise par une recherche de volupté sonore où l’orchestre cependant ne manifeste pas d’épanchements lyriques remarquables. Les autres mouvements souffrent à mon avis des mêmes insuffisances, sans manifester les mêmes qualités au même degré. Dans le 3ème mouvement, le soliste se perd souvent dans des digressions quelque peu inconsistantes, qui brisent la dynamique de l’ensemble. Tout de même, j’accorde l’excellence au premier mouvement de cette œuvre car le compositeur, refusant toute facilité, s’exprime toujours dans un registre subtil.

Hubay Suite violon et orchestre op 5 Hagai Shaham Martyn Brabbins BBC Symphony Orchestra. Hubay sauvé in extremis dans le dernier mouvement de cette Suite, digne de son Concerto n°3. Nous retrouvons là le grand compositeur-violoniste après une série d’œuvres que je considère personnellement comme une suite d’échecs total: les concertos 1, 2, 4. Une réussite, pour ce dernier mouvement de la Suite op 5, dans un violonisme rapide, staccato, hautement virtuose auquel participe magnifiquement l’orchestre. Hubay qui affirme une grande maestria symphonique. Il utilise particulièrement la puissance lyrique de l’orchestre et la variété des registres pour créer des effets très originaux. De ce point de vue, il faut souligner, une fois de plus, la capacité des compositeurs-virtuoses à exploiter les possibilités de l’orchestre, sans doute autant que les symphonistes consacrés. On pourrait rappeler l’exemple significatif de Vieuxtemps. Et ne sont-ce pas les compositeurs-virtuoses qui ont initié au 18e siècle le symphonisme, notamment avec Vivaldi. En revanche, les 3 premiers mouvements de cette Suite op 5 de Jeno Hubay me paraissent vraiment rudimentaires, voire primaires, en particulier le premier nous assénant un rythme haché, lourd, sans imagination. À peine, le 3ème mouvement est-il sauvé par le rhapsodisme, cette dimension rhapsodique dont relèvent les œuvres les plus réussies du maître hongrois. Citons notamment le duo violon piano Scène de la czarda op 34 n°6. Reste les Variations nommées bizarrement Variations sur un thème hongrois op 72 alors qu’il s’agit de variations sur la Follia: rien de transcendant à mon avis si ce n’est l’attrait du thème lui-même, bien connu, inusable.

ERLANGER Prédéric d' (1868-1943)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto op 17 (***/**/**)   1icone   2icone   3icone

HUBAY Jeno (1858-1937)

VIOLON ORCHESTRE

Variations sur un thème hongrois op 72 (**)

Suite op 5 (*/*/**/***)   1icone   2icone   3icone   4icone



Prochaines œuvres considérées le mois suivant:

MOSCHELES Ignace
Anticipations of Scotland piano orchestre

LINBLAD Adolf
symphonie 1 et 2

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À bientôt
Claude Fernandez


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