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LETTRE MÉLOMANE 91 - 08/2008 Lemba, Tubin, Sumera, concertos estoniens CD Finlandia, Lauri Vaïnmaa piano, Estonian National Symphony Orchestra Arvo Volmer. Oeuvres concertantes pour piano et orchestre. Lemba (Concerto datant de 1910), à mon avis, seule oeuvre du lot qui émerge. La seule aussi qui affirme réellement un rhapsodisme nordique (ou pseudo-nordique comme on voudra), quoique peu sensible, mais une marque qui induit un sentiment de nostalgie et de mystère indicibles. J'avoue être plus séduit par l'exploitation symphonique des thèmes en longues mélodies développées que par le traitement pianistique. Mais savourons tout de même un tel concerto - surtout si nous comparons aux oeuvres suivantes. Tubin (Concertino de 1945). Pas le meilleur Tubin, loin de là, je dirais même du mauvais Tubin - car il en existe à mon avis du bon - notamment avec sa Valse triste pour orchestre et son Concerto pour contrebasse, dans une moindre mesure. Tubin écartelé entre un expressinnisme qui pourrait rappeler Kabalevsky (son bon génie, dirais-je) et une incursion dans le style primaire rythmique genre Chostakovitch (son mauvais génie). Je dirais que le Concertino est plutot l'expresison de son mauvais génie. Rien là-dedans à mon avis. Deux analyses de ce Concertino à plus d'une dizaine d'années d'intervalle, la première à la page des nouveautés (lien ci-dessous), la seconde que j'ai laissée à la page du répertoire critique correspondant à Tubin. Le constat est le même. Pas mieux avec Sumera, dans un autre style. Du pseudo-moderne très dissonant, mais arythmique, où, me semble-t-il, la bizarrerie gratuite remplace l'originalité. Mieux que tout cela, oui, Huber, Concerto pour piano n°1, ce compositeur exploite le potentiel du style post-romantique et du pré-impressionnisme naissant. Une impression de plénitude et de volupté. Particularité remarquable pour cette oeuvre, la dominance quasi-totale des motifs plutôt que des thèmes réexposés, ce qui est bien significatif de la déconstruction thématique introduite à cette époque, déjà en remontant plus antérieurement dans certaines oeuvres de Liszt come l'étonnante Fantaisie sur Lélio . L'oeuvre ne sombre cependant pas vers des effets trop spradiques. Et c'est ce concerto que je conseillerais en premier lieu pour ce mois-ci. Il est accompagné du Concerto n°3, à mon avis beaucoup moins inspiré. Dan Franklin Smith piano et Stuttgarter Philarmoniker Mickaël Jurowski. Evaluation minutée pour le 1er mouvement de ce concerto. Particulièrement intéressante en raison de la grande inégalité d'intérêt (à mon avis) de ce mouvement. Rappelons, pour les nouveaux inscrits à "lettre d'un mélomane", l'intérêt spécifique de l'évaluation minutée. Elle doit permettre au mélomane de mieux prendre conscience de son appréciation topiquement pour chaque partie, chaque motif. En second lieu, elle peut mettre en évidence une possible distorsion entre l'appréciation générale fournie pour une oeuvre et la sommation des appréciations par minute. Une sorte d'intropspection, d'auto-analyse de sa propre approche critique de la musique. Ainsi, elle peut permettre plus finement une comparaison d'appréciation entre différents mélomanes, révéler des similitudes ou différences. Ci-dessous, les minutes et l'évaluation correspondante: 1 ** 2 ** 3 *** 4 *** 5 ** 6 * 7 *** 8 *** 9 ** 10 ** http://www.critique-musicale.com/2008-08.htm A bientôt Claude Fernandez |