NOUVEAUTÉS - 01/01/2006
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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
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ANGLEBERT Jean-Henry d'(1635-1691) CLAVECIN Peu différentes des pièces d'Arauxo par exemple, les pièces de d'Anglebert se caractérisent par une empreinte tonale très diffuse. Certaines paraissent plus mélodiques, notamment dans les dernières suites (comme par exemple la "Gavotte" de la "Troisième suite" ou la "Deuxième Courante" de la "Quatrième suite", ou encore la "Sarabande Mézangeot", qui est peut-être la plus mélodique. Le "Prélude" de la "Troisième suite" est un véritable prélude comme cette forme apparaît au XVIIIème siècle. Ces différences concernant la marque tonale représentent peut-être une évolution au cours de la vie du compositeur. Sur le plan stylistique, ces œuvres me semblent largement dépréciées par les agréments incessants de la mélodie. Première suite Prélude (-) Allemande (-) Courante (-) Double de la Courante (-) Deuxième Courante (-) Troisième Courante (-) Sarabande (-) Gigue (-) Deuxième gigue (-) Gaillarde (-) Chaconne rondeau (-) Gavotte (-) Menuet (-) Deuxième suite Prélude (-) Allemande (-) Courante (-) Deuxième Courante (-) Sarabande (-) Gigue (-) Gaillarde (-) Troisième suite Prélude (-) Allemande (-) Courante (-) Deuxième Courante (-) Sarabande (-) Gigue (-) Gavotte (-) Menuet (-) Quatrième suite Allemande (-) Deuxième Courante (-) Sarabande (-) Gigue (-) Chaconne Rondeau (-) Tombeau de M. de Chambonières (-) Prélude Allemande du Vieux Gautier (La Vestemponade) (-) Courante du Vieux Gautier 2 (-) Courante du vieux Gautier 3 (-) Sarabande Mérangeot (-) Chaconne du Vieux Gautier (-) Gigue du Vieux Gautier (-) ORGUE Pièces d'orgue Quatuor pour le kyrie (-) Fugue grave pour l'orgue (-) Deuxième fugue sur le même sujet (-) Troisième fugue sur le même sujet (-) Quatrième fugue sur le même sujet (-) Cinquième fugue sur le même sujet (-) ANONYME FLÛTE HARPE Greensleeves 1600 env (**) Cet air anglais célèbre montre peut-être à lui seul que toute la musique savante de l'époque (la musique religieuse des 15e, 16e et 17e) n'est qu'une exploitation intellectuelle du phénomène sonore dénuée de toute intention artistique musicale. La vraie musique de ces périodes, celle d'ailleurs qui incarna la tonalité, me paraît être la musique des cours ainsi que la musique populaire. Le "Greenseelves", s'il est authentique, témoigne pour l'époque d'une virtuosité déjà accomplie ainsi qu'un sens de la fantaisie et de la variation étonnants. Sa thématique apparaît très caractéristique de celle des cours médiévales et renaissantes. ANTHEIL George PIANO La majorité des oeuvres pour piano d'Antheil considérées ci-dessous se caractérisent par un style aride, froid rapellant Ravel. Un rythme parfois jazzé atténue cette sécheresse (comme par exemple dans "Little Shimmy"). En cela, ces pièces, au-delà de la référence ravélienne, reflètent le climat musical de l'époque. Antheil cependant, n'est pas voué uniquement à cette désolation inhumaine, c'est la virtuosité qui lui permet d'y échapper et d'atteindre un lyrisme dans une écriture éblouissante, notamment par des extrême-graves farouches et des extrême-aigus cinglants. Il en est ainsi dans le 1er mouvement de la Sonata Sauvage (A la nègre) et dans le 16e mouvement de "La Femme 100 Têtes after Max Ernst". Quasiment toutes ces pièces sont d'une grande brièveté.Les "Venlentine walzes", en contraste, ne s'évadent pas d'un discours d'un tonalisme, voire d'un simplicisme désarmants. Antheil retrouve ici la veine mélodique, mais pour nous asséner ce qui m'apparaît comme des truismes musicaux extrêmement banals. L'exploration des terres au frange de la tonalité s'accompagne parfois chez les mêmes auteurs de retours vers un tonalisme étroit. Airplane sonata (1921) As fast as possible (**) Andante (-) Sonata Sauvage (1922) A la nègre (***) Snakes (-) Ivory prestissimo (-) La Femme 100 Têtes after Max Ernst (-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/***/-/-/-/**/-/-/**) (1933) Little Shimmy (**) (1923) Tango from the opera Transatlantic (1930) (-) Sonata n°4 (1948) (*/-/-) Valentine Waltzes (1949) (*/-/-/-/-/-/*/-/-/-/-) ARAUXO Francisco CORREA DE (-1663) ORGUE Toute thématique semble absente de ces compositions à la tonalité encore imprécise. Libro de tientos (1626) Tiento et discurso de segundo tono II (-) Premier tiento (-) Second tiento de medio registro (*) Second tiento de secundo tono (-) Tiento a cinco de registro entero (-) Tiento de medio registro de los triples (-) Discurso de medio registro (-) Tiento de medio registro de triple (*) Tiento tercero de sexto tono (-) ARENSKI Anton (1861-1906) ORCHESTRE Les oeuvres orchestrales d'Arenski, d'un caractère très raffiné et très élaboré, présentent un aspect très disparate. Elles affirment rarement une dimension pathétique, mais plutôt expriment des moments d'une poésie rêveuse, légère. Le style de ballet est omniprésent, notamment dans la "Suite n°3". La "Symphonie n°2" est sans doute la page la moins intense tandis que l'Introduction ""Nal and Damayanti" représente à mon avis la réussite la plus accomplie: oeuvre mêlant mélodisme et effets orchestraux d'une grande complexité, notamment dans la partie centrale. Le "9e mouvement" de la "Suite n°3" appartient plutôt au genre pour piano et orchestre: une belle intégration de ces deux éléments est réalisée dans cette partie particulièrement séduisante. La "Symphonie n°1" rappelle beaucoup plus le style tchaïkovskien (en particulier le dernier mouvement, proche de la "Pathétique") que tous les autres ouvrages symphoniques considérés ci-dessous. Il est très dommage que le thème principal, qui me paraît insuffisant, diminue l'intérêt du premier mouvement, lequel contient de très beaux motifs lyriques. Ouverture "un songe sur la Volga" op 16 (1891) (*) Introduction de "Nal and Damayanti" (1904) (***) Suite n°3 variations op 33 (-/-/-/-/-/-/-/**/***/-) Intermezzo op 13 (1882) (-) Symphonie n°2 op 22 (1889) (-/-/-/-) Symphonie n° 1 (**/*/*/*) PIANO L'ensemble de ces pièces témoignent d'un style très chromatique, d'une grande fluidité, d'un grand raffinement. Une virtuosité qui constitue souvent un arrière-plan mouvant sous-tendu par des thèmes mélodiques souvent simples. Ainsi en est-il particulièrement de la pièce "n°15" des "Pièces caractéristiques" "Le ruisseau dans la forêt", pièce d'un pseudo-impressionnisme prérachmaninien," l'Etude n°13" de la même suite ou encore la première des "Quatre etudes". L'ensemble de ces pièces me paraît assez inconsistant sur le plan thématique, et parfois même certaines m'ont paru extrêmement pâles comme par exemple la première des "Six esquisses". La meilleure de ces pièces pourrait être le "Nocturne n°3" des "Pièces caractéristiques", s'appuyant sur une thématique plus substantielle. Six caprices op 43 n°1 (-) n°2 (-) n°3 (-) n°4 (-) n°5 (**) n°6 (-) Six pièces op 53 (1901) 1 Prélude (-) 2 Scherzo (-) 3 Elégie (*) 4 Mazurka (-) 5 Romance (*) 6 Etude (-) 24 pièces caractéristiques op 36 (1894) 3 Nocturne (**) 15 Le ruisseau dans la forêt (*) 20 Mazurka (*) 13 Etude (-) 16 Elégie (-) Près de la mer: six esquisses op 52 4 G b M (-) 5 E b m (-) Quatre morceaux op 25 1 Impromptu (-) 2 Rêverie (-) 3 Etude (*) 4 Scherzino (-) Quatre études op 41 (1896) 1 E b (-) 2 F d (-) 3 E b m (-) 4 A m (-) La coquette (2 PIANOS) (***) Le savant (2 PIANOS) (*) Silhouette (2 PIANOS) (-) PIANO ORCHESTRE Concerto 1883 (***/***/**) Cet excellent concerto témoigne de l'influence de Chopin et Liszt. Beaucoup plus moderne, l'orchestration est dynamique, puissante. On retiendra notamment le mouvement lent où l'orchestre, très diffus, accompagne une mélodie dans l'extrême-aigu. L'œuvre me séduit par ses sonorités cristallines et son rhapsodisme. TRIO Trio D m op 32 (1894) [PIANO VIOLON VIOLONCELLE] (***/***/***/***) Evoquant une atmosphère de rêve et de volupté, très mélodique, ce trio, d'une remarquable homogénéïté, se trouve dominé par les cordes, le piano constituant souvent un fond diffus, notamment dans les premier et troisième mouvements. En revanche, les second et quatrième mouvements révèlent une dimension virtuose du piano rappelant la "Fantaisie sur des thèmes de Rhyabinine", une virtuosité toujours très nuancée où domine le chromatisme. Arenski affectionne les timbres extrême-aigus, les fondus qui expriment un affect d'apaisement et de bonheur. L'oeuvre, malgré certaines tendances au pseudo-impressionnisme, demeure soutenue par le solide mélodisme imposé par les cordes jouant souvent en alternance, ce qui met particulièrement en valeur leur différence de timbre, au bénéfice notamment du violoncelle, dont la tessiture dans le grave me paraît bien exploitée par le compositeur. Dans l'Adagio", le violon atteint également des sonorités graves parfois hallucinantes, prêtant à ce mouvement un pathétisme très intense. A l'homogénéité de style de cette oeuvre répond l'homogénéité (à mon avis) de la qualité sur l'ensemble des mouvements, ne laissant nulle place à des égarements ou inconsistances thématiques. Une grande réussite d'Arenski. VIOLON ORCHESTRE Concerto (-) Mis à part le thème principal qui est une mélodie de style russe, assez caractéristique, l'ensemble ne me paraît guère affirmer de motifs intéressants. Le style est pourtant varié, l'orchestration très aérée. Le soliste se cantonne à de longs développement en legato, sans aucun passage de virtuosité. Assez belle reprise, à mon goût, du thème principal à la fin de l'œuvre après une brève cadence du soliste. ARENSKI/RHYABININE PIANO ORCHESTRE Fantaisie sur des thèmes de Rhyabinine op 48 1900 (****) Cette fantaisie me paraît se caractériser par une grande pureté de style et une éblouissante perfection. Elle se développe selon le principe de la variation. Le thème principal subit une multitude de métamorphoses qui me semblent aussi géniales les unes que les autres (reprise lente aux cordes, reprise avec les cors, motif dérivé d'une grande plasticité dans l'extrême-aigu...), jouant beaucoup sur les contrastes rythmiques. Une oeuvre qu'il me paraît impossible d'ignorer. ARRIAGA Juan Crisostomo (1806-1826) QUATUOR La manière d'Arriaga, peu spectaculaire au premier abord, s'apparente encore pour l'essentiel des ces quatuors au style galant de la fin du 18e siècle, notamment en ce qui concerne les résolutions mélodiques. Il introduit cependant des accents plus pathétiques par l'entremise des basses, notamment la contrebasse, à mon avis admirablement utilisée, pourtant sans exploitation virtuose ni exploration de la tessiture extrême grave. Outre la densité thématique à mon avis exceptionnelle de ces oeuvres et l'expressivité frémissante qui s'en dégage, on ne peut qu'admirer le métier accompli de ce jeune compositeur, notamment une utilisation très allégée des instruments individualisant de courts motifs en solo et une intégration toujours harmonieuse des parties. Arriaga manifeste une conformation à l'esprit du genre parfaite. Si ce style caractérise la majeure partie de ces oeuvres, le 2e mouvement du quatuor nous plonge subitement au coeur du romantisme. Je n'hésiterais pas à affirmer que ces quatuors, notamment le premier et le troisième, représentent des oeuvres majeures de la musique de chambre. Quatuor n°1 (***/****/***/***) Quatuor n°2 (****/*/*/***) Quatuor n°3 (***/***/***/***) ASENCIO Vicente (1809-1979) GUITARE Ces trios pièces, de style très mélodique, ne fournissent à mon avis aucun motif susceptible d'accaparer l'intérêt de l'auditeur. Le Tango me paraît particulièrement triste à mourir, s'évanouissant dans l'inconsistance et l'insignifiance. Les hommages à Falla ou Scarlatti, à mon sens, n'évoquent guère les compositeurs concernés. Trois hommages Tango de la Casada Infiel (Hommage à Garcia Lorca) (-) Elegia (Hommage à Falla) (-) Sonatina (Hommage à Scarlatti) (-) AUBER Esprit (1782-1871) ORCHESTRE L'ouverture "Marco Spada" semble typiquement refléter le style rossinien, avec moins de puissance lyrique toutefois. Il est probable qu'il s'agit du style de l'ouverture d'opéra au début du XIXème siècle, mais il me semble que le miracle de cette très belle ouverture ne se renouvelle pas avec les autres ouvertures du maître. Les diamants de la couronne Ouverture (**) Le domino noir Ouverture (*) Marco Spada Ouverture (***) La Muette de Portici Ouverture (*) AUBERT Jacques (1689-1753) QUATUOR Concerto (4 VIOLONS) (**/*/***) Ce concerto présente une thématique et un rythme typiquement vivaldiens. Le mimétisme avec le style vivaldien est étonnant, certains passages sont même très probablement empruntés au maître vénitien. Ni Tartini, ni Locatelli ne sont parvenus, me semble-t-il, à un même degré dans l'exploitation de la virtuosité propre à la première moitié du XVIIIème siècle, comme nous le montre ce concerto, notamment dans le troisième mouvement, sinon Vivaldi lui-même. AUBERT Louis (1877-1968) PIANO ORCHESTRE Fantaisie op 8 (*) Style assez tonal, mais athématique. Le piano est volubile, exubérant, peu mélodique. AULIN Tor (1866-1914) VIOLON ORCHESTRE Les oeuvres concertantes pour violon de Tor Aulin reflètent l'élaboration stylistique et la virtuosité de la fin du 19e siècle. Elles sont également imprégnés d'un impressionnisme discret, sans oublier le parfum, discret lui aussi, de musique nordique, propre à réhausser encore le charme de ces oeuvres. Une structure libre qui s'apparente plutôt à la fantaisie qu'au concert, une prédominance accordée à de nombreux motifs d'une grande plasticité et fluidité au détriments des thèmes principaux. Malgré cette particularité, Tor Aulin me paraît captiver l'attention et envoûter l'auditeur. Sans recherche de virtuosité au sens démonstratif du terme, le compositeur utilise néanmoins toutes les ressources de la haute virtuosité à la manière de Paganini ou Wieniawskyi avec une maestria incomparable. On retrouve la succession des motifs una corda, dubbia corda dans le 1er mouvement du Konsert op 11. Aulin affectionne également les longs passages à nu du violon principal à la manière d'une cadence, comme dans le 2e mouvement du Konsertstycke op 7, également dans le premier mouvement du Concerto n°3 où le soliste évolue souvent par solos séparés par des épisodes orchestraux d'une intensité, d'une originalité rappelant l'instrumentation de Sibelius par l'utilisation très allégée des bois. On remarquera la tessiture aiguë et parfois l'exploitation des timbres graves en des écarts parfois impressionnants. L'orchestre intervient généralement par petites touches discrètes ou grandes péroraisons lyriques, sans rutilance excessive, mais toujours avec un art consommé des demi-teintes. Ces concertos me paraissent plutôt proches, dans leur esprit, des fantaisies pour piano de Liapounov et Arensky. C'est le 2ème mouvement du "Konsert op 11", mélodique et lent, qui me paraît recéler la dimension nordique la plus nette et qui évoque un sentiment de nostalgie le plus profond et le plus fascinant. Concerto n°3 C m op 14 (1896) (***/-/-) Konsertstycke op 7 (1891) (***/***) Konsert 2 a-moll op 11 (1893) (***/***/***) ORCHESTRE Deux oeuvres d'un style relativement convenu à mon avis et dont le rhapsodisme nordique, assez léger, ne parvient pas toujours à réhausser l'intérêt. Style parfois même facile, enjoué. On remarquera l'utilisation curieuse des marches d'harmonie dans le 3ème mouvement de la "Gotländska danser op 28". |