RÉPERTOIRE CRITIQUE- BRU
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait
BRUCH Max (1838-1920)
PIANO ORCHESTRE
Concerto op 88a (-/-/-) (2 PIANOS)
Cette oeuvre me paraît monotone, peu imaginative, ultratonale. Le début fait songer à une fugue de Bach. L'orchestration me semble très rudimentaire. Cette oeuvre présente un pianisme dense, uniforme, peu contrasté. L'orchestration, peu colorée, demeure très classique.
VIOLON ORCHESTRE
Concerto n°1 (-/-/*)
L'orchestration de cette oeuvre, à mon avis très guindée, manque nettement de souplesse. Le premier mouvement me paraît constitué de longs développements monotones, le dernier, malgré un thème principal qui me semble fort beau, présente une structure systématique avec alternance de tutti et soli. Le violon affirme une certaine virtuosité, mais sur une thématique qui me semble assez pauvre.
Fantaisie écossaise (*/*/**)
A mon avis nettement plus variée, plus lyrique que les concertos, cette oeuvre montre également un violon plus souple, plus libre et plus virtuose. La troisième partie, rhapsodique, se distingue des mouvements précédents. Les thèmes orchestraux demeurent un peu trop scandés, mais le violon, très volubile, développe des motifs qui me paraissent parfois sublimes.
Concerto n°3 (*/-/-)
Plus encore que le "Concerto n°1", cette oeuvre m'apparaît rudimentaire, sans personnalité. Dans une orchestration plutôt de style paganinien, Bruch utilise des effets de masse orchestrale qui me paraissent sans souplesse (ouverture du premier mouvement). La simplicité de la partie solistique me semble proche du simplicisme.
Adagio appassionato op. 57 (-)
Cet adagio appassionato ne me semble avoir de passionné que le nom. L'oeuvre est relativement animée, mais à mon avis l'on n'y discerne pas le moindre motif intéressant.
Romance op 42 (-)
Le soliste me paraît se complaire dans un étalement de banalités. Le tempo est très lent.
Sérénade op 75 (*/***/*/**)
Dans cette oeuvre, d'un caractère intime et gracieux, Bruch a su, me semble-t-il, éviter la rigidité trop accusée de son style habituel. L'œuvre est originale par son mélodisme charmeur, malgré une utilisation du violon qui demeure très classique. Le second mouvement, le plus réussi à mon avis, offre un beau contraste entre le thème principal primesautier et un motif lent du soliste d'une suavité irrésistible. Le dernier mouvement, en finale, reprend le thème du premier.
In memoriam op 65 (*)
Comme de nombreuses oeuvres du genre funèbre, cet "In memoriam" n'échappe pas, me semble-t-il, à une certaine uniformité. Néanmoins, aucune lourdeur à mon avis ne surcharge les harmonies, et le violon dans l'aigu conserve une certaine volubilité. L'orchestration me paraît uniforme.
VIOLONCELLE ORCHESTRE
Kol nedrei (-)
BRUCKNER Anton (1824-1896)
ORCHESTRE
les symphonies de Bruckner représentent une métamorphose du symphonisme viennois hérité de Dittersdorf et Beethoven vers la nouvelle conception "nordique", s'appuyant sur l'arythmie et la sensualité sonore qui s'est opérée dans le sillage de Wagner. Sans doute Bruckner apporte-t-il (avec quelle richesse) la densité thématique souvent décevante dans les épisodes symphoniques wagnériens, si l'on excepte quelques réussites historiques. Une densité, chez Bruckner, jointe à la puissance du lyrisme qui atteint une rare monumentalité, apogée du genre symphonique avant sa substitution par le poème symphonique. Si un indéniable idéalisme traverse ces oeuvres, il ne voile et n'amoindrit jamais la préeminence du souci artistique. Après la symphonie n°1 au caractère massif, monolithique si accusé, la symhonie n°2 nous gratifie au contraire d'un style imaginatif, multipliant les effets très raffinés, très aboutis de la tradition viennoise (notamment dans le troisième mouvement). Le dernier mouvement perpétue le lyrisme échevelé, exalté si beethovénien. Bruckner illustre également la conception très rossinienne de l'oeuvre orchestrale comme suite de crescendos, ceux-ci constituant en eux--mêmes leur propre finalité, conception que reprendra Gernsheim plus tard. La "n°4 Romantische" révèle un Bruckner inspiré par Berlioz, mais qui outrepasse largement son modèle sur le plan stylistique. L'utilisation des vents, omniprésents sans jamais être bruyants, témoigne d'une puissance lyrique rarement égalée, notamment dans le quatrième mouvement. Bruckner réalise une véritable rupture avec le mélodisme romantique en utilisant des possibilités insoupçonnées de la couleur instrumentale (par les cuivres notamment) de manière magistrale. Bruckner possède l'art de maintenir des sons figés, de les enfler sans brusquer la dynamique, de nous subjuguer par la puissance sonore elle-même. La symphonie n°7, d'une facture proche de la deuxième, se caractérise, outre son premier mouvement lui aussi d'une remarquable densité thématique, par un deuxième mouvement lent de coloration très "sibélienne" ou "nordique". L'illumination du génie éclaire ce mouvement, qui se complexifie progressivement jusqu'à la résolution finale en multiples surcouches orchestrales interpénétrées traduisant une progression lyrique remarquable. Un rare sentiment d'élévation, d'ineffable magie se dégage du thème principal lors de sa première exposition notamment. En revanche, le dernier mouvement, à mon sens, représente une dérive anecdotique sans intérêt majeur. La symphonie n°9 (inachevée) ne semble pas accuser de faiblesse par rapport aux oeuvres majeures du maître si l'on considère les 2 premiers mouvements, une symphonie très cuivrée, mais aussi très variée dans ses effets instrumentaux notamment par l'exploitation poussée des pizzicatis (notamment au début du 2e mouvement), ce qui n'exclut pas de larges passages mélodiques confiés aux cordes dans la partie centrale du premier mouvement. Le 3e, très long (une symphonie à lui seul) me paraît un essai artificiel vers un style plus moderne. Une expérimentattion parfois à la limite du tonalisme, à mon sens peu convaincante.
Symphonie n°1 (***/-/***/**)
Symphonie n°2 (***/**/***/**)
Symphonie n°3 (***/**/***/***)
Symphonie n°4 Romantische (***/**/***/****)
Symphonie n°5 1878 (*/*/-/-)
Symphonie n°6 (**/-/**/*)
Symphonie n°7 (***/****/***/*)
Symphonie n°8 (-/-/-/-)
Symphonie n°9 (***/***/-)
BRULL Ignace (1846-1907)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°2 (*/-/-)
Ce concerto me paraît terne, peu personnalisé, dépourvu de toute originalité. Le piano n'est pas totalement sans dynamique, mais il n'accuse aucun contraste. Un seul motif se détache dans le premier mouvement, ce qui résume à mon avis le contenu thématique de l'oeuvre.
BULL Ole (1810-1880)
VIOLON ORCHESTRE
Le dimanche de la bouvière (*)
Mélodie lente avec accompagnement diffus de l'orchestre à cordes, peu marquante à mon avis.
Adagio (transcription d'après Concerto pour violon) 1841 (-)
BURKHARD Willy (1900-1955)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto (-)
Oeuvre très tonale, relativement lyrique, très solistique. Le violon s'exprime dans une tessiture très aiguë. Le contenu thématique me paraît très pauvre.
BRUSA Elisabetta (1954-)
ORCHESTRE
Les oeuvres orchestrales ci-après d'Elisabetta Brusa témoignent d'un tonalisme certain, cependant marqué d'une teinte acidulée qui engendre à mon avis un sentiment d'étrangeté assez rebutant. Pour le reste, il est incontestable que le discours thématique est souvent cohérent, parfois même très cohérent, par exemple dans "Florestan". Cette dernière pièce, et d'autres, témoignent également d'une maîtrise de l'orchestre assez étonnante, un sens naturel de la couleur, des progressions, des transitions. Le spectre instrumental est tout de même parfois très cuivré. S'il évite les stridences, l'orchestre s'abandonne parfois aux cacophonies vulgaires, comme dans "The Real Nightingale and the mechanical one" ou "The Ant and the Grasshopper" de la "Favole". Aucune évolution stylistique n'apparaît particulièrement dans l'ensemble. Les pièces les plus classique sont "l'Andante" de la "Suite grotesque", le "Firelights", le "Weeding song", les plus modernes sont certaines pièces de la "Favole" comme "The philosophical Fly" ou "The ugly Ducking".
Florestan (*)
Messidor (-)
La Triade (-)
Nittemero Symphony (-/-/-/-)
Firelights (-)
Adagio (-)
Wedding song (-)
Requiescat (-)
Suite grotesque (-/-/-/-)
Favole (-/-/-/-/-/-/-)
BRUSTAD Bjarne (1895-1978)
ORCHESTRE
Je suis allé me coucher si tard (Jeg lagde mig sa silde) (transcription d'après folklore) (*)
Cette oeuvre très impressionniste par sa facture ne me semble pas exprimer pleinement l'expression qu'on en attendrait. On remarquera des effets de cordes divisées.
BUSONI Ferruccio (1866-1924)
ORCHESTRE
Lutspiel Ouverture (*)
PIANO
Improvisation sur un choral de Bach (2 PIANOS) (-)
Fantaisie sur une valse de Mozart (2 PIANOS) (-)
Duettino concertante (2 PIANOS) (-)
PIANO ORCHESTRE
Le "Concerto pour piano, choeurs d'hommes et orchestre op 39 (1904)" (texte du poète Oehlenschlèger), monumental par sa longueur sinon par son contenu, atteint avec ses cinq mouvements 70 min. et représente un des plus longs concertos jamais écrits (avec celui de Wilhelm Furtwaengler). L'intérêt thématique de cette oeuvre, dans un style légèrement moderne sans atonalisme cependant, me paraît assez pauvre (il faut excepter le troisième mouvement nettement plus riche). Le contenu de l'œuvre ne me semble pas à la mesure de sa dimension comme en ce qui concerne la "Fantaisie chromatique" pour piano seul. Quoique d'une virtuosité moins impressionnante, le "Konzertstück", encore très lisztien dans son inspiration, me paraît nettement supérieur au concerto. C'est en fait à mon avis la "Fantaisie indienne" qui nous révèle Busoni dans la plénitude de son génie et témoigne de l'originalité de ce compositeur. Cette oeuvre s'inscrit dans la lignée des fantaisies de Liapounov et Arenski en manifestant une prodigieuse émancipation du pianisme. Les motifs, à peine esquissés, se succèdent comme en une fascinante improvisation. Après un passage assez impressionniste, l'œuvre semble perdre de sa qualité en raison de motifs imprécis se diluant dans une suite d'effets gratuits. Mais rapidement, on retrouve le rythme de la fantaisie agrémentée de thèmes entraînants déployés avec grand brio. Les interventions orchestrales, bien qu'écrasées par la prestation du soliste, proposent à mon avis d'excellents motifs imprégnés de folklore américain. On remarquera, en conclusion, que cette œuvre, qui est postérieure au "Konzertstück" et au "Concerto", apparaît nettement plus classique et très marquée par l'influence lisztienne dont Busoni ne s'est finalement jamais départi. Son originalité n'est cependant pas à mettre en doute, nul mieux que Busoni ne me semble pouvoir atteindre une telle facilité apparente de la composition où rien ne paraît prémédité.
Konzertstück 1890 (**)
Fantaisie indienne 1913 (***)
Concerto op 39 1904 (PIANO CHOEURS ORCHESTRE) (-/-/**/-/-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto (*/-/***)
Ce concerto d'une grande originalité apparaît moderne dans le bon sens du terme par sa rythmique, ses audaces thématiques, classique par son tonalisme. C'est dans le troisième mouvement, d'une remarquable densité à mon avis, qu'éclate tout le génie de Busoni en courtes cellules très contrastées, se succédant rapidement. On retrouve assez curieusement les sonorités confinées, sourdes de l'orchestre tchaïkovskien. Après une mélodie courte qui survient dans la partie centrale annoncée par une ponctuation du cor, la subtilité rythmique atteint, semble-t-il, son maximum.
BUTTING Max (1888-1976)
PIANO ORCHESTRE
Concerto op 110 (-/-/*)
Oeuvre moderne animée d'une dynamique perpétuelle. Soliste et orchestre très intriqués forment un ensemble homogène qui me paraît inconsistant.
BUXTEHUDE Dietrich (1637-1707)
TRIO [VIOLON VIOLE BASSE CONTINUE]
Ces oeuvres de Buxtehude ne se départissent pas d'un archaïsme caractéristique de l'époque. Néanmoins, Le compositeur manifeste un sens inné de l'effet musical. On sent dans ces compositions une vitalité, une sensualité, même parfois une chaleur, un sens du mélodisme, voire du pathétisme. Buxtehude certainement proche du standard de la musique italienne de son époque qui remet en cause le carcan de la musique renaissante.
Sonate op 1 n°4 (-)
Sonate op 1 n°3 (-)
Sonate op 2 n°3 (-)
Sonate op 2 n°6 (-)
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