SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE - CAA



LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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CAMBINI Giovanni (1746-1825)

PIANO ORCHESTRE

Concerto en sol majeur (-/-/-)

Œuvre assez typiquement dans le style de la seconde moitié du XVIIIème siècle, peu variée à mon avis, mais dynamique.

QUINTETTE

Quintette n°3 fa majeur [FLÛTE HAUTBOIS CLARINETTE BASSON COR] (-/*/-)

Seul le second mouvement, présentant un affect d'un certain pathétisme, permet de relever cette œuvre à mon goût assez terne

CANNABICH Christian (1731-1798)

ORCHESTRE

Ces symphonies se caractérisent avant-tout par une utilisation très parcimonieuse des vents qui demeurent fondus dans la masse du tutti des violons. Les effets orchestraux apparaissent donc très limités. En revanche, le style est tonique, exploitant des crescendos d'une relative ampleur, des batteries avec parfois un certain lyrisme. Assez peu symphoniques, donc, ces œuvres contiennent cependant des prébeethovénismes et préfigurent peut-être mieux que les symphonies de Mozart le style de Beethoven. Si certains tours, à mon avis, ne s'élèvent guère au-dessus de la musique de brasserie, d'autres témoignent d'une élaboration plus affirmée et révèlent une certaine profondeur nostalgique (par exemple l'Andante de la Symphonie n°48). On comprend mieux également en écoutant ces symphonies la genèse des rhapsodies de Brahms dans leur version orchestrale, se référant probablement à des caractéristiques communes de la musique viennoise. Le premier et le dernier mouvement de la Symphonie n°50, pourraient revêtir une légère coloration rhapsodique hongroise.

Symphonie n°47 (-/*/-)

Symphonie n°48 (-/*/-)

Symphonie n°49 (*/-/-)

Symphonie n°50 (**/*/**)

Symphonie n°51 (-/-/-)

Symphonie n°52 (-/-/*)

CAPLET André (1878-1925)

HARPE

Deux divertissements pour harpe

A la française (-)

A l'espagnol (-)

HARPE ORCHESTRE

Conte fantastique HARPE QUATUOR À CORDES (-)

Cette œuvre semble au premier abord s'apparenter à une œuvre classico-romantique, notamment par sa structure thématique très élaborée. Les motifs sont variés, bien caractérisés, développés à mon avis avec subtilité. Le soliste affirme une grande virtuosité. Cette structure remarquable, cependant, ne me paraît guère susceptible d'engendrer des effets musicaux en raison d'un tonalisme très peu affirmé. L'œuvre n'exprime à mon avis qu'un sentiment d'angoisse vague, commun à toutes les œuvres atonales.

CARDOSO Jorge

GUITARE

Milonga (***)

CARRENO Teresa (1853-1917)

PIANO

Les pièces de Teresa Carreno considérées ici appartiennent à deux styles : Valse Corbeille de fleurs op 9, Ballade op 15, Barcarolle vénitienne op 33 sont d'une veine brillante, très virtuose sur une thématique typiquement romantique, en revanche la plupart des autres pièces (notamment Mazurka de salon op 30, Florence op 33, Hightland op 38), témoignent d'un style plus intimiste, voire d'une grande simplicité, évoquant parfois Schumann (notamment Le sommeil de l'enfant, Berceuse op 35). On remarquera que Teresa Carreno, même dans ses pièces les plus virtuoses, en raison de son écriture assez peu chromatique, n'atteint jamais la fluidité si particulière des post-romantiques comme Saint-Saëns ou Liapounov. D'autre part, son style, plus sombrement romantique (notamment dans Un rêve en mer), et malgré des pointes vers l'aigu (Corbeille de fleur, Petite valse Teresina), recherche plutôt la densité harmonique et la tessiture grave, les effets de puissance plutôt que la grâce ou le chant cantabile (Hightland op 38). Elle n'atteint jamais l'éblouissance d'un Liszt ou la fulgurance d'un Gottschalk. Ajoutons que le style de Teresa Carreno réfère typiquement à la musique romantique allemande du milieu, voire du début, du dix-neuvième siècle. Aucune trace de style impressionnisme n'apparaît et la marque rhapsodique américaine y est totalement absente. Les meilleures pièces me paraissent appartenir à la série des plus brillantes, notamment la Barcarolle vénitienne, la Corbeille de fleurs, œuvres à la thématique très complexe, sans oublier la Plainte, première élégie op 17, pièce lente bien représentative du style romantique de la compositrice.

Corbeille de fleurs Valse op 9 (***)

Ballade op 15 (**)

Plainte, première élégie op 17 (***)

Partie, deuxième élégie op 18 (-)

Un rêve en mer, méditation op 28 (*)

Mazurka de salon op 30 (*)

Barcarolle vénitienne (***)

Florence (*)

Intermezzo scherzoso op 34 (**)

Le sommeil de l'enfant op 35 (-)

Highland souvenir de l'Ecosse op 38 (*)

La fausse note, fantaisie-valse op 39 (*)

Petite valse Teresina (*)

CARULLI Fernandino (1770-1841)

DUO ALTO GUITARE

Duetto in do maggiore (***/***)

Duetto in la minore (***/**)

Duetto in sol maggiore (***/**)

Due duetti op 137

Duetto in sol maggiore (***/**)

Duetto in do maggiore (**/-/-)

DUO GUITARE PIANO

Les œuvres ci-dessous, dans leur ensemble, se caractérisent essentiellement par l'utilisation du style galant le plus élémentaire, un simplicisme mélodique qui, s'il est rarement ennuyeux, me paraît très limité. Cependant, certaines pièces, d'une inspiration très élevée, paraissent sans rapport avec ce standard compositionnel de l'époque galante finissante. Les Deux duos op 131 comptent certainement parmi les grands chefs-d'œuvre du genre et un chef-d'œuvre dans l'absolu. On ne peut qu'admirer dans cet opus la richesse et la diversité thématiques de ces longues pièces cumulant au moins 4 thèmes principaux et leurs thèmes dérivés. Le Second Duo, précisément l'introduction, impose un pathétisme rare pour ce genre instrumental. La guitare y est exploitée, sinon dans sa dimension virtuose, dans sa couleur instrumentale propre, particularité sans doute remarquable très éloignée de l'utilisation instrumentale des solistes, même du violon au début du 19e siècle. Carulli possède l'art du moderato, de ces thèmes ni lents ni rapides qui semblent affranchis de toute rythmique et retiennent le temps, une structure temporelle bien éloignée du rythme facile dans lequel tombe quelquefois (et même souvent) le style galant. Certaines pièces ne m'apparaissent pas dénuées de qualité, notamment les Trois Sonatines op 196b. On notera une grande délicatesse et une certaine exploitation de la sonorité guitaristique dans le Larghetto espressivo des Trois Sonatines op 196b. Malheureusement l'op 11, l'op 127, l'opus 45 ne me paraissent pas se distinguer du style convenu, autosatisfait de l'époque galante tardive. Toutefois Carulli montre à l'occasion ses possibilités d'élaboration vers un style musical beaucoup plus lyrique, notamment par quelques thèmes disséminés dans l'ensemble, malheureusement isolés, par exemple les accents beethovéniens du Moderato 1er mouvement du Gran Duo op 70. A l'opposé, la mélodie lente, simple mais très prenante, du Largo 2ème mouvement du Gran Duo op 86 montre les capacités de Carulli pour hausser le style galant lui-même vers une expressivité plus élevée.

Gran Duo E mineur op 86 (**/**/*)

Trois petits duos op 92

n°1 C majeur (*/*)

n°2 G majeur (-/-)

n°3 D majeur (*/-)

Gran duo D majeur op 70 (**/-/-)

Trois Valzer op 32

n° G majeur (**)

n°2 D majeur (-)

n°3 A majeur (-)

Deux Nocturnes op 131

1er nocturne (***)

2ème Nocturne (****)

Duo D majeur op 37 (*/*/**/**)

Trois Sonatines op 196 b

Sonatine 1 (**/**)

Sonatine 2 (-/**)

Sonatine 3 (-/**)

Duo C majeur op 11 (-/*/*)

Variations de Beethoven F majeur op 169 (-)

Nocturnes G majeur op 127 (*/-/*)

Gran Duo A majeur op 45 (*/-/-)

Duo F majeur op 134 (***/**)

Duo C majeur op 135 (*/**/**)

Duo C majeur op 130 (***/**)

Duo G majeur op 151 (***/*)

Duo A majeur op 189 n°1 (***/-)

Duo G majeur op 189 n°2 (-/-)

Duo D mineur op 189 n°3 (**)

Duo A mineur op 65 (***/**/-)

Notturno A majeur op 208 (**/*)

Grand duo in A majeur op 63 (*/-/*/-)

Cet ensemble de duos présente à mon avis de magnifiques thèmes, souvent malheureusement dépréciés par d'autres motifs d'intérêt plus limité. Toutefois, certains de ces duos comme le larghetto (1er mouvement) du Duo en C M op 130 où Carulli manifeste toujours sa prédilection du tempo lent et sa capacité à transcender des motifs sans pulsion rythmique manifeste, échappent à cette critique. Un ensemble assez remarquable évitant les excès de facilité du style galant, mais n'atteignant pas à mon avis les pièces les plus inspirées du maître.

TRIO

Trio op 9 [FLUTE VIOLON GUITARE]

n°2 ré majeur (***/***/*)

n°3 mi minore* (**/**/***)

Nocturne op 119 n°29 [FLUTE VIOLON GUITARE] (-/*/*)

CARULLI Fernandino/ROSSINI Gioacchino

DUO GUITARE PIANO

Deux duos sur des thèmes de Rossini op 233

Duo 1 D majeur (**/*)

Duo 2 A majeur (***/***)

CASADESUS Robert (1899-1972)

PIANO ORCHESTRE

Concerto en mi mineur (-/-/-)

Œuvre qui me paraît monotone, sans thématique précise.

Concerto (*/-/-)

Concerto moderne, exubérant, à mon avis très monotone.

CASELLA Alfredo (1883-1947)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto en la mineur (-/-/-)

Malgré un style extérieurement brillant, cette œuvre, plutôt atonale, me paraît audible, mais sans plus.

CASTELNUOVO-TEDESCO Mario (1895-1968)

GUITARE

Evoquant un style qui pourrait être vaguement debussyste, ces pièces me paraissent morne, sans vie, n'imposant aucun thème caractéristique. Ainsi en est-il particulièrement de La Arulladora. Le Capriccio diabolico (Hommage à Paganini) échappe quelque peu à ce style morose en exploitant avec une bravoure magistrale un motif très mélodique. Qu'on est loin cependant du virtuose-compositeur que cette œuvre voudrait évoquer. Pas la moindre intention de bravoure instrumentale.

Platero y yo

La Primavera (-)

La Arulladora (-)

El canario vuela (-)

Melancolia (-)

Platero en el cielo Moguer (-)

Capriccio Diabolico Hommage à Niccolo Paganini (***)

GUITARE ORCHESTRE

Concerto en ré op 99 (**/***/***)

Sans emphase, ni contrastes agressifs, Castelnuovo-Tedesco parvient à imposer son style intimiste qui me paraît plein de charme, de grâce et de douceur et où les cuivres sont quasiment bannis. L'orchestre procède souvent par courtes ponctuations, à la clarinette et à la flûte, alternant avec la guitare. C'est dans le second mouvement, avec un soliste très mélodique et expressif, que le compositeur, à mon avis, atteint l'apogée de son œuvre. Les interventions de l'orchestre par des tutti de cordes pianissimo au centre me semblent remarquables. Castelnuovo-Tedesco rejoint Fauré (Ballade pour piano et orchestre) dans cet art consommé de la demi-teinte.

PIANO

Ces œuvres pour piano de Castelnuovo-Tedesco évoluent bizarrement entre l'impressionnisme ravélien et la simplicité schumanienne. Ce sont sans doute les œuvres de Severac qui évoquent le mieux ces pièces. Le Cipressi op 17 se caractérise par un minimalisme atteignant presque les Quatre ogives de Satie ou certaines compositions de Mompou. La plupart des pièces ne se départissent pas d'un style morne, notamment la très longue I naviganti op 13. La Alphe op 12, bénéficiant d'une certaine animation, est peut-être la pièce la plus avenante, avec le début de Crinoline, la plus impressionniste. Rien ne rappelle en ces pièces le délicat compositeur du Concerto n°1 pour guitare et orchestre.

Crinoline (-)

Cipressi op 17 (-)

Alphe op 12 (-)

Italba e biancospino, fiaba silvana op 21 (-)

Epigrafe op 25 (-)

I naviganti op 13 (-)

CASTILLON Alexis de (1838-1873)

PIANO ORCHESTRE

Concerto en ré majeur op 12 (*/*/*)

Le pianisme et l'orchestration de cette œuvre me paraissent rudimentaires. On doit cependant noter des effets de cordes: trilles au violon en tutti à l'orchestre très typiquement masséniens. Le concerto de ce maître date de 1903, la Ballade de Fauré où l'on trouve ces effets date de 1881, toutes œuvres postérieures à celle-ci. Je noterais une belle mélodie très chantante (de style fauréen) dans le premier mouvement.




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