RÉPERTOIRE CRITIQUE - CHA
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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CHABRIER Emmanuel (1841-1894)
ORCHESTRE
Pétulantes, dynamiques, mais aussi parfois subtiles, telles sont les caractéristiques des œuvres orchestrales de Chabrier. La joie domine naturellement dans Joyeuse marche. La Fête polonaise, la Danse slave sont des pièces mélodiques simples utilisant le folklore. Espana exploite à mon avis magnifiquement le caractère très prenant de la thématique ibérique auquel s'ajoutent des effets de couleur orchestrale qui me paraissent très originaux. C'est l'ouverture Gwendoline qui s'affirme selon moi comme l'œuvre orchestrale maîtresse de Chabrier, joignant certains effets wagnériens totalement remodelés dans une dynamique inconnue du maître de Bayreuth. Chabrier atteint à mon avis une grande subtilité en condensant de très nombreux thèmes tronqués ou à peine ébauchés. Habanera me paraît une honnête pièce rhapsodique et la Suite pastorale, bien qu'excellemment orchestrée, n'évoque pas, à mon avis, le charme des Pièces pittoresques dont elle est la transcription.
Espana (***)
Gwendoline Ouverture (****)
Fête polonaise (**)
Danse slave du Roi malgré lui (**)
Joyeuse marche (***)
Fête polonaise du Roi malgré lui (***)
Habenera (**)
Idylle (**)
Danse villageoise (**)
Sous-bois (**)
Scherzo-valse (**)
PIANO
Le style pianistique de Chabrier cumule et marie l'art des clavecinistes du XVIIIème siècle avec le style pré-impressionniste, notamment celui d'Albeniz dont Chabrier est le plus proche par son tempérament. Sens de la couleur, du rythme, des contrastes puissants, des effets originaux caractérisent ce pianisme tonique. La dimension romantique n'y est pas exclue, notamment dans les Trois valses romantiques. Sous-bois me paraît la pièce la plus impressionniste tandis que Ronde champêtre et Danse villageoise sont les plus baroques. Le baroquisme étonnant de Chabrier communique à ses pièces un caractère vieillot et rustique très reconnaissable.
Pièces pittoresques
Paysage (***)
Mélancolie (***)
Tourbillon (***)
Sous-bois (***)
Mauresque (***)
Idylle (**)
Danse villageoise (***)
Improvisation (-)
Menuet pompeux (***)
Scherzo-valse (***)
5 morceaux pour piano
Aubade (***)
Ballabile (***)
Caprice (***)
Feuillet d'automne (***)
Ronde champêtre (****)
Impromptu (***)
3 valses romantiques
n°1 (**)
n°2 (***)
n°3 (*)
Bourrée fantasque 2 PIANOS (***)
Somme des effets pianistiques de l'art chabriéresque, cette Bourée fantasque se caractérise par de puissants contrastes entre le thème principal et la partie lente presque figée. La couleur instrumentale obtenue me paraît très surprenante.
CHALLAN René (1910-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto pastoral (-/-/-)
Ce concerto à tendance moderniste, selon moi, présente des sonorités criardes et dissonantes, dans un continuum rythmique ennuyeux.
CHAMINADE Cécile (1857-1944)
FLÛTE ORCHESTRE
Concertino (***)
Cette magnifique œuvre, à mon avis, exploite particulièrement la sensualité propre à l'instrument en même temps qu'elle exprime un mélodisme rêveur, évanescent, subtil rappelant le célèbre Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy.
PIANO
Il semble que Chaminade ait considéré la pièce pour piano comme un dérivatif superficiel par rapport au genre concertant: son fameux “Konzerstück pour piano et orchestre” ou son non moins fameux “Concertino pour flûte et orchestre”, pièces magistrales animées d'un lyrisme intense et d'une sensualité exacerbée. Dans son répertoire pour piano, où abondent des pièces aux noms évocateurs de la haute époque baroque comme Rigaudon, Prélude, Gavotte, Passacaille... s'affirme une volonté d'esprit rétro à moins qu’il ne s’agisse de pièces passablement salonnardes propres au 19e siècle (valses). Des pièces compassées à souhait, peu saillantes, des pièces qui semblent avoir été écrites sans grande inspiration et même sans volonté d'exprimer une pensée inspirée. Concernant les pièces classico-baroques, c’est le même esprit rétro qu'avait exprimé Chabrier dans ses “Pièces pittoresques” (en fusionnant les apports de l'impressionnisme et les effets scarlattiens), mais en y insufflant une grande originalité. Chaminade au contraire semble plutôt se restreindre à un renoncement de la virtuosité qui ne trouve aucune compensation. Elle abandonne la pièce romantique lyrique et virtuose à laquelle sacrifiaient encore Saint-Saëns et Massenet en ce début de 20e siècle (après les grands pianistes-compositeurs du 19e siècle) sans s'introduire dans l'esthétique nouvelle, esthétique impressionniste qu'elle a pourtant si magistralement illustrée dans ses œuvres concertantes. Seule pièce qui m'a paru se hisser au-dessus de cet ensemble monochrome - sans atteindre toutefois l’exceptionalité - justement dans l'esprit de l'impressionnisme et dans un style proche du Konzertstück ou du Concertiono: “Les Sylvains”, une pièce bucolique où Chaminade renoue avec la sensualité après avoir si bien tué cette sensualité dans ses pièces à l'imitation de l'ancien style baroque. L'envoûtante Lisongera à la thématique hispanisante ainsi que l'Idylle me paraissent heureusement faire exception à l'uniformité de cet ensemble. Il faut ajouter Les Sylvains. Dans cette pièce, la compositrice, par le motif central extrême-aigu nous communique l'ivresse des sommets éthérés en même temps qu’elle nous évoque par le thème principal dans le médium les retraites ombreuses des sous-bois...
Prélude en D minor n°3 op 84 (*)
Rigaudon op 55 n°6 (*)
Les Sylvains op 60 (***)
Valse-ballet op 112 (-)
Inquiétude op 87 n°3 (-)
Arabesque op 61 (**)
Troisième valse brillante op 165 (-)
Sonate do mineur op 21 (*/-/*)
Album des enfants
Idylle op 76 n°3 (-)
Idylle op 76 n°3 (-)
Gavotte la mineur op 9 n°2 (-)
Rondeau op 123 n°4 (-)
Orientale op 123 n°9 (-)
Aubade op126 n°2 (-)
Patrouille op 126 n°9 (-)
Villanelle op 126 n°10 (-)
Tarentelle op 123 n°10 (-)
Le passé op 127 n°3 (-)
Sérénade espagnole op 150 (-)
Quatrième valse op 91 (-)
Cortège frangment op 143 (-)
Arlequine op 53 (-)
Pièce romantique op 7 n°1 (-)
Chanson bretonne op 76 n°5 (-)
Divertissement op 105 (-)
Pièce humoristique Consolation op 87 n°5 (-)
Passacaille op 130 (-)
Nocturne op 165 (-)
Scherzo-valse op 148 (-)
Pièce humoristique Sous-bois op 87 n°2 (*)
Étude symphonique op 28 (-)
Feuillet d'album Élégie op 98 (-)
Gigue op 43 (-)
Au pays dévasté op 55 (-)
Pastorale op 114 (-)
Libellules op 24 (-)
Valse tendre op 119 (-)
Tristesse op 104 (-)
Pièce de concert Impromptu op 35 n°5 (-)
Etude de concert Tarentelle op 35 n°6 (-)
Pas des écharpes (**)
Sérénade en ré majeur op 29 (*)
La lisongera sol bémol majeur (***)
Pierette sol bémol majeur op 41 (*)
Valse-caprice ré bémol majeur op 33 (*)
Impromptu op 35 n°5 (-)
Automne op 35 n°2 (-)
Tarentelle op 35 n°6 (*)
Pièce dans le style ancien op 74 (**)
Scherzo op 35 n°1 (*)
Idylle op 76 n°3 (***)
Fileuse op 35 n°3 (*)
PIANO ORCHESTRE
Konzertstuck (****)
Cette œuvre à mon avis magistrale, typiquement impressionniste, s'inscrit dans la lignée du Concerto d'Arenski et de la Fantaisie de Liapounov. La thématique est très représentative de la fusion slavo-ibérique des tonalités, devenue une pratique courante à cette époque (concertos n°3 et n°5 de Saint-Saëns). Le pianisme est particulièrement souple et vaporeux. On retiendra un thème rythmique de type flamenco, un autre rappelle Rimski-Korsakov. La partie centrale à la flûte, pianissimo, purement impressionniste, atteint à mon avis une rare subtilité.
CHARPENTIER Gustave (1860-1956)
ORCHESTRE
Impressions d'Italie (*/-/**/*/*)
Ces impressions ne s'évadent pas à mon avis d'un romantisme banal, auquel fait exception le troisième mouvement. Le style est suave, presque timide, peu dynamique, sans marque folklorique particulière malgré le titre.
CHAUSSON Ernest (1855-1899)
ORCHESTRE
Dans cette symphonie, l’originalité instrumentale des effets se révèle surprenante, malgré le “lissage” de l’ensemble, ce qui démontre, comme l’expérimenteront le siècle suivant Bantok, Grofé, Rodrigo, Holst... que l’on peut inventer des sonorités nouvelles sans pour cela agresser l’auditeur par des fanfares tonitruantes. Chausson, c’est l’art du pianissimo et des demi-teintes. Restriction tout de même que j’apporterais à ce discours laudatif, Chausson, dans son excès de subtilité, n’impose pas de thèmes suffisamment saillants sur l’ensemble d’un mouvement. La thématique apparaît parfois trop lâche et diffluente. Le premier mouvement, malheureusement, après une introduction pathétique et un crescendo bien maîtrisé, se perd quelque peu dans des développements d’intérêt mineur. C’est un peu l’inverse dans le second mouvement. Enfin, c’est le dernier mouvement, plus dynamique, qui parvient à maintenir l’intérêt jusqu’à la coda. J’ai hésité également à accorder la mention d’excellence au 1er ou au 3ème mouvement. Le poème symphonique Viviane, enfin, présente des effets orchestraux d’une grande originalité, notamment pour les cordes dans l’extrême-aigu, Le début est malheureusement assez laborieux avant l’épanouissement final.
Symphonie si bémol majeur op 20 (**/*/***)
Viviane poème symphonique op 5 (*)
PIANO VIOLON ORCHESTRE
Concert ré majeur op 21 (-/-/-/-)
Cette œuvre me paraît morne, peu dynamique. Le piano est restreint au rôle d'accompagnement. L'orchestre, très diffus, intervient peu et uniquement lui aussi en accompagnement.
VIOLON ORCHESTRE
Poème (*)
Rien de très marquant à mon avis dans cette œuvre au mélodisme très classique. L'orchestration rappelle parfois la Symphonie du Nouveau Monde et parfois se teinte d'une coloration debussyste. Le sentiment exprimé par l'ensemble me paraît effectivement poétique, mais les motifs me semblent tous médiocres.
CHAVEZ Carlos (1899-1978)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (-/-/-)
Cette œuvre hypermoderne me paraît bruyante, atonale, rappelant parfois Bartok et parfois Stravinski.
CHEDRINE
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°1 (-/-/-/-)
Œuvre moderne animée d'une dynamique perpétuelle (1er et 3ème mouvement) qui rappelle vaguement Taktakichvili (Concerto pour piano) ou Constantinescu, mais en plus moderne.
Concerto n°2 Carillon (-/-/-)
Concerto n°3 Variations (-)
CHERUBINI Luigi (1760-1842)
PIANO
Sonate n°1 fa majeur (-)
CHOPIN Frédéric (1810-1849)
PIANO
Tout a été dit sur Chopin, depuis les premières critiques imposant l'image d'un compositeur nostalgique, rêveur, maladif apte à faire entrer en pâmoison les jeunes filles jusqu'à la nouvelle critique révélant la dimension virile, presque brutale du maître polonais. Une synthèse s'impose. C'est justement par la cœxistence de ces deux aspects, de ces deux réactions, d'une part de découragement, d'apitoiement et d'autre part d'affirmation que l'œuvre de Chopin exprime à mon avis sa grandeur. Il faut particulièrement insister sur le tempérament aristocratique du compositeur, opposé à toute vulgarité. Plus que Schumann, Liszt ou Albeniz, Chopin est artiste jusqu'au bout des doigts, ciselant ces bijoux que sont à mon avis les valses (Valse du petit chien, Valse de l'adieu). Malgré cela, la composition chez Chopin ne peut se concevoir, me semble-t-il, indépendamment des mouvements de l'âme et l'on ne peut nier à mon avis l'extrême inégalité de ses œuvres, toujours tributaires de l'inspiration. On remarquera notamment l'échec, selon moi, des Préludes qui me paraissent limités à des pages d'écriture formelle sans intérêt. Le lyrisme de Chopin s'exprime toujours d'une manière concentrée, âpre, évitant toute grandiloquence. Bien qu'on ait voulu le nier pour ne pas assimiler son art au rhapsodisme et à l'argument nationaliste, ses meilleures pièces sont bien, me semble-t-il, les grandes polonaises (notamment la Polonaise héroïque) dans lesquelles la grandeur d'inspiration permet au compositeur de dépasser le cadre du classicisme-romantique et d'atteindre des effets mélodiques, des harmonies totalement originaux. La fameuse Étude Tristesse, loin à mon avis de témoigner d'une édulcoration qu'on pourrait attendre d'une telle pièce (ou que certains croient y voir uniquement parce qu'elle est devenue populaire), est peut-être parmi les courtes pièces pour piano la plus achevée et celle qui résume le mieux l'art chopinien. Avec Vieuxtemps, Bériot, Berlioz, et parfois Paganini, Chopin a représenté la première génération romantique ivre d'idéalisme et de nostalgie.
Mazurka op 30 n°4 (***)
Mazurka op 7 n°3 (****)
Polonaise militaire (***)
Polonaise héroïque (****)
Polonaise op 44 (***)
Étude op 10 n°12 la Révolution (****)
Étude op 10 n°3 Tristesse (****)
Étude op 25 n°2 (***)
Mazurka op 7 n°2 (***)
Valse op 70 n°1 (***)
Valse du petit chien (***)
Valse brillante op 18 (***)
3 valses op 34
n°1 (**)
n°2 (**)
n°3 (**)
Valse op 42 (***)
3 valses op 64
n°1 (**)
n°2 (**)
n°3 (**)
2 valses op 69
n°1 Valse de l'adieu (***)
n°2 (***)
3 valses op 70
n°1 (**)
n°2 (**)
Valse en mi mineur posthume (***)
Nocturnes
op. 9 n°1 (****)
op. 9 n°2 (****)
op. 9 n°3 (**)
op. 15 n°1 (**)
op. 15 n°2 (***)
op. 15 n°3 (**)
op. 27 n°1 (**)
op. 27 n°2 (***)
op. 32 n°1 (**)
op. 32 n°2 (***)
op. 37 n°1 (*)
op. 37 n°2 (*)
op. 48 n°1 (*)
op. 48 n°2 (*)
op. 55 n°1 (***)
op. 55 n°2 (-)
op. 62 n°1 (-)
op. 62 n°2 (-)
op. 72 n°1 (-)
Polonaise en ut d mineur op 26 n°1 (***)
Polonaise en mi bémol mineur op 26 n°2 (*)
Polonaise en ut mineur op 40 n°2 (**)
Polonaise-fantaisie lab majeur op 61 (*)
Ballade n°1 (***)
Ballade n°2 (*)
Ballade n°3 (*)
Ballade n°4 (**)
Fantaisie fa mineur op 49 (-)
Rondo à la mazur (-)
24 préludes
n°1 (-)
n°2 (-)
n°3 (-)
n°4 (**)
n°5 (-)
n°6 (-)
n°7 (-)
n°8 (-)
n°9 (-)
n°10 (-)
n°11 (**)
n°12 (*)
n°13 (*)
n°14 (-)
n°15 (-)
n°16 (-)
n°17 (-)
n°18 (-)
n°19 (-)
n°20 (-)
n°21 (-)
n°22 (-)
n°23 (-)
n°24 (-)
PIANO ORCHESTRE
Malgré la volonté de Chopin d'inscrire son œuvre sous le sceau de l'intimité, il illustra le genre de l'œuvre pour piano et orchestre de compositions à mon avis essentielles où son génie s'exprime pleinement. L'Allegro de concert ne présente pas, me semble-t-il, de particularités stylistiques très affirmées, La Fantaisie pour piano et orchestre demeure d'inspiration très mozartienne, de même les Variations sur le Don Giovanni de Mozart et la Ci darem la mano. Les œuvres pour piano et orchestre de Chopin s'inspirent de Hummel, Ries, Moschelès. On en retrouve le style dans les œuvres pour piano et orchestre de Balakirev (Concerto n°1, de Scriabine, de Taubert, d'Arenski (Concerto). La Krakoviak est construite sur une alternance assez sage de parties orchestrales et de parties pianistiques. La partie pianistique de cette œuvre apparaît à mon sens excessivement développée par rapport aux idées qu'elle contient, en revanche on y remarquera, à mon avis, un beau thème accompagné au violoncelle par des pizzicati. Les concertos, d'une grande ampleur lyrique, sont marqués (surtout le n°2) par une certaine douceur voluptueuse qui caractérise aussi Hummel et Moscheles. Le piano déploie d'immenses gammes évanescentes. Le Larghetto du Concerto n°2 , remarquable, me semble-t-il, est traversé d'une émotion intense qui évoque l'apitoiement de l'âme sur elle-même. On remarquera également les troisièmes mouvements des deux concertos, d'une densité et d'une souplesse pianistique qui me paraissent étonnantes. Chopin y utilise particulièrement les agréments à la manière des clavecinistes. Mais c'est dans l'Andante spianato et la Grande polonaise brillante qu'éclate le mieux, me semble-t-il, le génie et le modernisme de Chopin. L'orchestration de cette polonaise, bien qu'écrasée par la partie solistique, me paraît toujours très judicieuse, supérieure à celle des concertos, et surtout très bien adaptée à la fonction d'accompagnement que lui a assignée le compositeur. Passant souvent inaperçue, elle rehausse en fait très efficacement les effets lyriques du soliste. Le pianisme paraît remarquable : contrastes rythmiques, crescendos lyriques, motifs mélodiques, agréments, touches subtiles, modulations hardies se succèdent de façon étourdissante. L'intensité, le pathétisme, atteignent leur paroxysme, cependant avec une tension, une sévérité peut-être moindre que dans les autres polonaises pour piano seul. Un final très brillant en accelerando termine l'œuvre, une des plus belles à mon avis de toute la musique.
Allegro de concert (**)
Concerto n°1 (***/*/****)
Concerto n°2 (***/****/****)
Andante spianato et Grande polonaise brillante (***/****)
Krakoviac Grand rondo de concert (**)
Variations sur La ci darem la mano (*)
Fantaisie sur des airs polonais (**)
CHOSTAKOVITCH Dimitri (1906-1975)
ORCHESTRE
Symphonie n°1 (-/*/*/*)
Symphonie n°5 (**/**/**/**)
Une bonne surprise, cette symphonie- relative tout de même. Aucun rapport avec les dérapages incontrôlés de cette tête brûlée du modernisme musical qu'est Chostakovitch. Même rien qui en rappelle les aspects négatifs: ni hyperdynamisme stérile, ni tendance à l'atonalisme. Quelques vulgarités, mais on est loin des provocations habituelles dont Chostakovitch nous abreuve si souvent sans le moindre complexe. Du vrai lyrisme, même, oui, mais en aucun cas cet épanouissement lyrique caractérisant les œuvres romantiques, voire post-romantiques. Et puis, à mon sens, une orchestration assez rude, sans grande finesse, défauts qui ne sont pas compensés vraiment par des avancées sur le plan de l'originalité, ni thématique, ni instrumentale. Du déjà vu bien souvent, sans aller tout de même vers le passe-partout, n'exagérons rien. Ce qui est vraiment frappant, c'est ce manque d'enthousiasme, cette morosité qui étend sa chape sans induire de sentiment expressif, malgré une teneur à mon avis incontestable et, finalement, une certaine égalité de l'intérêt du début à la fin.
Symphonie n°6 (*/*/*)
Symphonie n°10 (-/-/-/-)
D'un affect siniste, sombre, cette œuvre, à mon sens, n'engendre aucun pathétisme réel. Quasiment rien qui ressemble au style expresionniste russe sinon un style sans couleur. A part le scherzo, l'ensemble apparaît bien plat, monocorde, à l'opposé su style habituel que nosu connaissons du compositeur.
Symphonie n°11 op 103 L'année 1905 (-/-/-/-)
En rupture totale avec la Symphonie n°9, cette symphonie présente un caractère dramatique réel, qui n'exclut pas, à mon sens (malheureusement) les effets primaires, tapageurs, voire vulgaires, représentés notamment par le tambour à la baguette. L'œuvre, fort contrastée, se présente comme une succession de moments figées et de moments exaltés constituant de vastes crescendos. Ensemble tonal malgré les outrances instrumentales auxquelles Chostakovitch mêle sans complexe des tchaikovskismes. Si l'on ne retrouve pas dans cette œuvre le mélodisme simpliste du Groupe des Six, on peut y déceler quelques échos de l'expressionnisme russe. Malgré la tension réelle dont l'œuvre est traversée, sa pauvreté thématique (à mon avis) ne lui communique guère d'attrait.
Symphonie n°15 op 141 (-/-/-/-)
Cette œuvre, s'apparentant à une symphonie avec violon obligé, apparaît comme un mélange de motifs mélodiques hypertonaux, et d'effets modernistes (surtout dans l'instrumentaition) dérivant vers la musique concrète (notamment la fin du 4e mouvement). Il s'y ajoute des motifs en fanfare, pour mon goût, assez triviaux. Chostakovitch oscille entre la jovialité simpliste dans le style du Groupe de Six et la recherche de l'hyperpathétisme sombre proche de l'expressionnisme russe. Rien de vraiment tapageur ou de provocant dans cette eouvre, mais rien, à ce qu'il me semble, qui puisse susciter le moindre émoi chez l'auditeur.
Symphonie n°9 op 70 (-/-/*/-/-)
De tout autre style que la 11, cette symphonie s'apparente plutôt au style mélodique du Goupe des Cinq avec parfois quelques accents rappelant Prokofiev. Les flûtes dominent dans l'extrême-aigu sur des motifs volubiles, un peu simplistes à mon goût, mais expressifs, adoptant parfois des accents comiques. On peut déplorer les outrances instrumentales et les inévitables roulement de tambour à la baguette dont Chostakovitch nous gratifie presque inévitablement. Cette œuvre, me semble-t-il, culmine à un certain degré de vulgarité. Malgré son mélodisme très affirmé, son tonalisme, il s'agit à mon sens d'une œuvre moderniste.
PIANO ORCHESTRE
Le Concerto n°1 op. 35 avec trompette et cordes (1933), écrit 25 ans avant le second, se caractérise par une exubérance appuyée par la présence de la trompette comme deuxième instrument soliste. Malgré son style enjoué, l'œuvre selon moi n'affirme aucun thème très marquant. Le Concerto n°2 op. 102 (1957), écrit dans un but pédagogique, laisse du compositeur, semble-t-il, une impression plus favorable. Paradoxalement plus classique que le Concerto n°1, son mouvement lent, rêveur, me paraît d'une écoute agréable. On retrouve l'exubérance habituelle du compositeur dans le dernier mouvement.
Concerto n°1 &*/*/-)
Concerto n°1 (*/*/-)
Concerto n°2 (*/*/*)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto n°1 op 99 (-/*/**/***)
Cette œuvre très tonale peut s'inscrive dans la mouvance du style expressionniste dont la marque apparaît incontestablement dans les deux derniers mouvements. Le premier mouvement, lent, mélodique me paraît peu marquant. Le second mouvement est plus caractéristique du style habituel de Chostakovitch, c'est, me semble-t-il, un déferlement cacophonique où dominent des effets outrés d'un tel mauvais goût, d'une telle vulgarité qu'on peut les qualifier de moderne au sens négatif du terme. Le rythme y rappelle parfois Prokofiev. C'est le troisième mouvement qui frappe le plus, à mon avis, par la recherche d'expressivité et de lyrisme dont fait preuve le compositeur, notamment dans une très longue cadence à nu du soliste, très impressionnante et très virtuose, magnifique à mon avis et d'une véhémence rare par moments, mais parfois malheureusement d'un moindre intérêt. Dans la finale en forme de scherzo, de style vaguement orientalisant, à mon avis dense, riche, d'une orchestration sans outrance, très colorée notamment avec l'emploi du xylophone, Chostakovitch se révèle manifestement proche de Khatchaturian et de Kabalevski, dont il n'a pas cependant, à mon avis, ni la subtilité ni l'inventivité. Quelques similarités thématiques avec le concerto pour violon de ce dernier compositeur peuvent être signalées.
Concerto n°2 in C bémol mineur op 129 (-/-/-)
Le Concerto n°2 marque, par rapport au premier, une nette évolution vers l'atonalisme. Nous y mentionnerons des effets d'orchestration qui nous paraissent pour le moins bruyants et inutilement agressifs. Le début du premier mouvement ainsi que le second mouvement sont représentés par de longues périodes monotones faiblement accompagnées rappelant quelque peu le Concerto pour violon de Glazounov, avec cependant, à notre avis, beaucoup moins de caractère. Comme le Concerto n°1, cette œuvre comporte des cadences solistiques, à mon avis, peu inspirées et qui m'apparaissent plutôt comme des simulacres vides de sens. Quel contraste, à mon avis, avec la sublime cadence du 3ème mouvement du Concerto n°1. Le dernier mouvement, adoptant quelque peu le rythme d'une danse cosaque, témoigne, me semble-t-il, d'une grande faiblesse thématique.
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