RÉPERTOIRE CRITIQUE - CHA
|
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait
|
|
CHABRIER Emmanuel (1841-1894) ORCHESTRE Pétulantes, dynamiques, mais aussi parfois subtiles, telles sont les caractéristiques des oeuvres orchestrales de Chabrier. La joie domine naturellement dans "Joyeuse marche". La "Fête polonaise", la "Danse slave" sont des pièces mélodiques simples utilisant le folklore. "Espana" exploite à mon avis magnifiquement le caractère très prenant de la thématique ibérique auquel s'ajoutent des effets de couleur orchestrale qui me paraissent très originaux. C'est l'ouverture "Gwendoline" qui s'affirme selon moi comme l'oeuvre orchestrale maîtresse de Chabrier, joignant certains effets wagnériens totalement remodelés dans une dynamique inconnue du maître de Bayreuth. Chabrier atteint à mon avis une grande subtilité en condensant de très nombreux thèmes tronqués ou à peine ébauchés. "Habanera" me paraît une honnête pièce rhapsodique et la "Suite pastorale", bien qu'excellemment orchestrée, n'évoque pas, à mon avis, le charme des "Pièces pittoresques" dont elle est la transcription. Espana (***) Gwendoline Ouverture (****) Fête polonaise (**) Danse slave du Roi malgré lui (**) Joyeuse marche (***) Fête polonaise du Roi malgré lui(***) Habenera (**) Suite pastorale (transcription) Idylle (**) Danse villageoise (**) Sous-bois (**) Scherzo-valse (**) PIANO Le style pianistique de Chabrier cumule et marie l'art des clavecinistes du XVIIIème siècle avec le style pré-impressionniste, notamment celui d'Albeniz dont Chabrier est le plus proche par son tempérament. Sens de la couleur, du rythme, des contrastes puissants, des effets originaux caractérisent ce pianisme tonique. La dimension romantique n'y est pas exclue, notamment dans les "Trois valses romantiques". "Sous-bois" me paraît la pièce la plus impressionniste tandis que "Ronde champêtre" et "Danse villageoise" sont les plus baroques. Le baroquisme étonnant de Chabrier communique à ses pièces un caractère vieillot et rustique très reconnaissable. Pièces pittoresques Paysage (***) Mélancolie (***) Tourbillon (***) Sous-bois (***) Mauresque (***) Idylle (**) Danse villageoise (***) Improvisation (-) Menuet pompeux (***) Scherzo-valse (***) 5 morceaux pour piano Aubade (***) Ballabile (***) Caprice (***) Feuillet d'automne (***) Ronde champêtre (****) Impromptu (***) 3 valses romantiques n°1 (**) n°2 (***) n°3 (*) Bourrée fantasque (2 PIANOS) (***) Somme des effets pianistiques de l'art chabriéresque, cette "Bourée fantasque" se caractérise par de puissants contrastes entre le thème principal et la partie lente presque figée. La couleur instrumentale obtenue me paraît très surprenante. CHALLAN René (1910-) PIANO ORCHESTRE Concerto pastoral (-/-/-) Ce concerto à tendance moderniste, selon moi, présente des sonorités criardes et dissonantes, dans un continuum rythmique ennuyeux. CHAMINADE Cécile (1857-1944) FLÛTE ORCHESTRE Concertino (***) Cette magnifique œuvre, à mon avis, exploite particulièrement la sensualité propre à l'instrument en même temps qu'elle exprime un mélodisme rêveur, évanescent, subtil rappelant le célèbre "Prélude à l'après-midi d'un faune" de Debussy. PIANO L'œuvre pour piano de Chaminade ne me paraît atteindre en aucun cas la dimension lyrique du fameux "Konzertstück pour piano et orchestre". Il semble que la compositrice se conforme souvent à un style guindé, souvent heurté, sans souplesse, peu propre aux épanchements. Ainsi en est-il dans la "Tarentelle", la "Sonate", le "Scherzo", la "Fileuse". L'envoûtante "Lisongera" à la thématique hispanisante ainsi que l'"Idylle" me paraissent heureusement faire exception. Sonate do m op 21 (*/-/*) Pas des écharpes (**) Sérénade en ré M op 29 (*) La lisongera sol b M (***) Gavotte la m op 9 n°2 (*) Pierette sol b M op 41 (*) Valse-caprice ré b M op 33 (*) Arabesque op 61 (**) Impromptu op 35 n°5 (-) Automne op 35 n°2 (-) Tarentelle op 35 n°6 (*) Pièce dans le style ancien op 74 (**) Scherzo op 35 n°1 (*) Idylle op 76 n°3 (***) Chanson bretonne op 76 n°5 (*) Fileuse op 35 n°3 (*) PIANO ORCHESTRE Konzertstuck 1896 (****) Cette œuvre à mon avis magistrale, typiquement impressionniste, s'inscrit dans la lignée du "Concerto" d'Arenski et de la "Fantaisie" de Liapounov. La thématique est très représentative de la fusion slavo-ibérique des tonalités, devenue une pratique courante à cette époque (concertos "n°3" et "n°5" de Saint-Saëns). Le pianisme est particulièrement souple et vaporeux. On retiendra un thème rythmique de type "flamenco", un autre rappelle Rimski-Korsakov. La partie centrale à la flûte, pianissimo, purement impressionniste, atteint à mon avis une rare subtilité. CHARPENTIER Gustave (1860-1956) ORCHESTRE Impressions d'Italie (*/-/**/*/*) Ces impressions ne s'évadent pas à mon avis d'un romantisme banal, auquel fait exception le troisième mouvement. Le style est suave, presque timide, peu dynamique, sans marque folklorique particulière malgré le titre. CHAUSSON Ernest (1855-1899) VIOLON ORCHESTRE Poème (*) Rien de très marquant à mon avis dans cette oeuvre au mélodisme très classique. L'orchestration rappelle parfois la "Symphonie du Nouveau Monde" et parfois se teinte d'une coloration debussyste. Le sentiment exprimé par l'ensemble me paraît effectivement poétique, mais les motifs me semblent tous médiocres. PIANO VIOLON ORCHESTRE (ORCHESTRE À CORDES) Concert ré M op 21 (-/-/-/-) Cette oeuvre me paraît morne, peu dynamique. Le piano est restreint au rôle d'accompagnement. L'orchestre, très diffus, intervient peu et uniquement lui aussi en accompagnement. CHAVEZ Carlos (1899-1978) PIANO ORCHESTRE Concerto (-/-/-) Cette oeuvre hypermoderne me paraît bruyante, atonale, rappelant parfois Bartok et parfois Stravinski. CHERUBINI Luigi (1760-1842) PIANO Sonate n°1 fa M (-) CHEDRINE PIANO ORCHESTRE Concerto n°1 (-/-/-/-) Oeuvre moderne animée d'une dynamique perpétuelle (1er et 3ème mouvement) qui rappelle vaguement Taktakichvili (Concerto pour piano) ou Constantinescu, mais en plus moderne. Concerto n°2 Carillon 1966 (-/-/-) Concerto n°3 Variations (1973) (-) CHEVALIER DE SAINT-GEORGES (voir BOULOGNE Georges) CHOPIN Frédéric (1810-1849) PIANO Tout a été dit sur Chopin, depuis les premières critiques imposant l'image d'un compositeur nostalgique, rêveur, maladif apte à faire entrer en pâmoison les jeunes filles jusqu'à la nouvelle critique révélant la dimension virile, presque brutale du maître polonais. Une synthèse s'impose. C'est justement par la coexistence de ces deux aspects, de ces deux réactions, d'une part de découragement, d'apitoiement et d'autre part d'affirmation que l'œuvre de Chopin exprime à mon avis sa grandeur. Il faut particulièrement insister sur le tempérament aristocratique du compositeur, opposé à toute vulgarité. Plus que Schumann, Liszt ou Albeniz, Chopin est artiste jusqu'au bout des doigts, ciselant ces bijoux que sont à mon avis les valses ("Valse du petit chien", "Valse de l'adieu"). Malgré cela, la composition chez Chopin ne peut se concevoir, me semble-t-il, indépendamment des mouvements de l'âme et l'on ne peut nier à mon avis l'extrême inégalité de ses oeuvres, toujours tributaires de l'inspiration. On remarquera notamment l'échec, selon moi, des "Préludes" qui me paraissent limités à des pages d'écriture formelle sans intérêt. Le lyrisme de Chopin s'exprime toujours d'une manière concentrée, âpre, évitant toute grandiloquence. Bien qu'on ait voulu le nier pour ne pas assimiler son art au rhapsodisme et à l'argument nationaliste, ses meilleures pièces sont bien, me semble-t-il, les grandes polonaises (notamment la "Polonaise héroïque") dans lesquelles la grandeur d'inspiration permet au compositeur de dépasser le cadre du classicisme-romantique et d'atteindre des effets mélodiques, des harmonies totalement originaux. La fameuse Étude "Tristesse", loin à mon avis de témoigner d'une édulcoration qu'on pourrait attendre d'une telle pièce (ou que certains croient y voir uniquement parce qu'elle est devenue populaire), est peut-être parmi les courtes pièces pour piano la plus achevée et celle qui résume le mieux l'art chopinien. Avec Vieuxtemps, Bériot, Berlioz, et parfois Paganini, Chopin a représenté la première génération romantique ivre d'idéalisme et de nostalgie. Mazurka op 30 n°4 (***) Mazurka op 7 n°3 (****) Polonaise militaire (***) Polonaise héroïque (****) Polonaise op 44 (***) Étude op 10 n°12 "la Révolution" (****) Étude op 10 n°3 Tristesse (****) Étude op 25 n°2 (***) Mazurka op 7 n°2 (***) Valse op 70 n°1 (***) Valse du petit chien (***) Valse brillante op 18 (***) 3 valses op 34 n°1 (**) n°2 (**) n°3 (**) Valse op 42 (***) 3 valses op 64 n°1 (**) n°2 (**) n°3 (**) 2 valses op 69 n°1 Valse de l'adieu (***) n°2 (***) 3 valses op 70 n°1 (**) n°2 (**) n°2 (**) Valse en mi m posthume (***) Nocturnes op. 9 n°1 (****) op. 9 n°2 (****) op. 9 n°3 (**) op. 15 n°1 (**) op. 15 n°2 (***) op. 15 n°3 (**) op. 27 n°1 (**) op. 27 n°2 (***) op. 32 n°1 (**) op. 32 n°2 (***) op. 37 n°1 (*) op. 37 n°2 (*) op. 48 n°1 (*) op. 48 n°2 (*) op. 55 n°1 (***) op. 55 n°2 (-) op. 62 n°1 (-) op. 62 n°2 (-) op. 72 n°1 (-) Polonaise en ut d m op 26 n°1 (***) Polonaise en mi b m op 26 n°2 (*) Polonaise en ut m op 40 n°2 (**) Polonaise-fantaisie lab M op 61 (*) Ballade n°1 (***) Ballade n°2 (*) Ballade n°3 (*) Ballade n°4 (**) Fantaisie fa m op 49 (-) Rondo à la mazur (-) 24 préludes n°1 (-) n°2 (-) n°3 (-) n°4 (**) n°5 (-) n°6 (-) n°7 (-) n°8 (-) n°9 (-) n°10 (-) n°11 (**) n°12 (*) n°13 (*) n°14 (-) n°15 (-) n°16 (-) n°17 (-) n°18 (-) n°19 (-) n°20 (-) n°21 (-) n°22 (-) n°23 (-) n°24 (-) PIANO ORCHESTRE Malgré la volonté de Chopin d'inscrire son oeuvre sous le sceau de l'intimité, il illustra le genre de l'œuvre pour piano et orchestre de compositions à mon avis essentielles où son génie s'exprime pleinement. L'"Allegro de concert" ne présente pas, me semble-t-il, de particularités stylistiques très affirmées, La "Fantaisie pour piano et orchestre" demeure d'inspiration très mozartienne, de même les "Variations sur le Don Giovanni de Mozart" et la "Ci darem la mano". Les oeuvres pour piano et orchestre de Chopin s'inspirent de Hummel, Ries, Moschelès. On en retrouve le style dans les oeuvres pour piano et orchestre de Balakirev ("Concerto n°1", de Scriabine, de Taubert, d'Arenski ("Concerto"). La "Krakoviak" est construite sur une alternance assez sage de parties orchestrales et de parties pianistiques. La partie pianistique de cette œuvre apparaît à mon sens excessivement développée par rapport aux idées qu'elle contient, en revanche on y remarquera, à mon avis, un beau thème accompagné au violoncelle par des pizzicati. Les concertos, d'une grande ampleur lyrique, sont marqués (surtout le "n°2") par une certaine douceur voluptueuse qui caractérise aussi Hummel et Moscheles. Le piano déploie d'immenses gammes évanescentes. Le "Larghetto" du "Concerto n°2" , remarquable, me semble-t-il, est traversé d'une émotion intense qui évoque l'apitoiement de l'âme sur elle-même. On remarquera également les troisièmes mouvements des deux concertos, d'une densité et d'une souplesse pianistique qui me paraissent étonnantes. Chopin y utilise particulièrement les agréments à la manière des clavecinistes. Mais c'est dans l'"Andante spianato" et la "Grande polonaise brillante" qu'éclate le mieux, me semble-t-il, le génie et le modernisme de Chopin. L'orchestration de cette polonaise, bien qu'écrasée par la partie solistique, me paraît toujours très judicieuse, supérieure à celle des concertos, et surtout très bien adaptée à la fonction d'accompagnement que lui a assignée le compositeur. Passant souvent inaperçue, elle rehausse en fait très efficacement les effets lyriques du soliste. Le pianisme paraît remarquable : contrastes rythmiques, crescendos lyriques, motifs mélodiques, agréments, touches subtiles, modulations hardies se succèdent de façon étourdissante. L'intensité, le pathétisme, atteignent leur paroxysme, cependant avec une tension, une sévérité peut-être moindre que dans les autres polonaises pour piano seul. Un final très brillant en accelerando termine l'œuvre, une des plus belles à mon avis de toute la musique. Allegro de concert (**) Concerto n°1 1830 (***/*/****) Concerto n°2 1829 (***/****/****) Andante spianato et Grande polonaise brillante 1831 (***/****) Krakoviac Grand rondo de concert (**) Variations sur La ci darem la mano (*) Fantaisie sur des airs polonais (**) CHOSTAKOVITCH Dimitri (1906-1975) ORCHESTRE Symphonie n°10 (-/-/-/-) D'un affect siniste, sombre, cette oeuvre, à mon sens, n'engendre aucun pathétisme réel. Quasiment rien qui ressemble au style expresionniste russe sinon un style sans couleur. A part le scherzo, l'ensemble apparaît bien plat, monocorde, à l'opposé su style habituel que nosu connaissons du compositeur. Symphonie n°11 op 103 L'année 1905 (1957) (-/-/-/-) En rupture totale avec la Symphonie n°9, cette symphonie présente un caractère dramatique réel, qui n'exclut pas, à mon sens (malheureusement) les effets primaires, tapageurs, voire vulgaires, représentés notamment par le tambour à la baguette. L'oeuvre, fort contrastée, se présente comme une succession de moments figées et de moments exaltés constituant de vastes crescendos. Ensemble tonal malgré les outrances instrumentales auxquelles Chostakovitch mêle sans complexe des tchaikovskismes. Si l'on ne retrouve pas dans cette œuvre le mélodisme simpliste du Groupe des Six, on peut y déceler quelques échos de l'expressionnisme russe. Malgré la tension réelle dont l'œuvre est traversée, sa pauvreté thématique (à mon avis) ne lui communique guère d'attrait. Symphonie n°15 op 141 (1971) (-/-/-/-) Cette oeuvre, s'apparentant à une symphonie avec violon obligé, apparaît comme un mélange de motifs mélodiques hypertonaux, et d'effets modernistes (surtout dans l'instrumentaition) dérivant vers la musique concrète (notamment la fin du 4e mouvement). Il s'y ajoute des motifs en fanfare, pour mon goût, assez triviaux. Chostakovitch oscille entre la jovialité simpliste dans le style du Groupe de Six et la recherche de l'hyperpathétisme sombre proche de l'expressionnisme russe. Rien de vraiment tapageur ou de provocant dans cette eouvre, mais rien, à ce qu'il me semble, qui puisse susciter le moindre émoi chez l'auditeur. Symphonie n°9 op 70 (1945) (-/-/*/-/-) De tout autre style que la 11, cette symphonie s'apparente plutôt au style mélodique du Goupe des Cinq avec parfois quelques accents rappelant Prokofiev. Les flûtes dominent dans l'extrême-aigu sur des motifs volubiles, un peu simplistes à mon goût, mais expressifs, adoptant parfois des accents comiques. On peut déplorer les outrances instrumentales et les inévitables roulement de tambour à la baguette dont Chostakovitch nous gratifie presque inévitablement. Cette oeuvre, me semble-t-il, culmine à un certain degré de vulgarité. Malgré son mélodisme très affirmé, son tonalisme, il s'agit à mon sens d'une oeuvre moderniste. PIANO ORCHESTRE Le "Concerto n°1 op. 35 avec trompette et cordes" (1933), écrit 25 ans avant le second, se caractérise par une exubérance appuyée par la présence de la trompette comme deuxième instrument soliste. Malgré son style enjoué, l'œuvre selon moi n'affirme aucun thème très marquant. Le "Concerto n°2 op. 102" (1957), écrit dans un but pédagogique, laisse du compositeur, semble-t-il, une impression plus favorable. Paradoxalement plus classique que le "Concerto n°1", son mouvement lent, rêveur, me paraît d'une écoute agréable. On retrouve l'exubérance habituelle du compositeur dans le dernier mouvement. Concerto n°1 (*/*/-) Concerto n°2 (*/*/*) VIOLON ORCHESTRE Concerto n°1 op 99 (-/*/**/***) Cette œuvre très tonale peut s'inscrive dans la mouvance du style expressionniste dont la marque apparaît incontestablement dans les deux derniers mouvements. Le premier mouvement, lent, mélodique me paraît peu marquant. Le second mouvement est plus caractéristique du style habituel de Chostakovitch, c'est, me semble-t-il, un déferlement cacophonique où dominent des effets outrés d'un tel mauvais goût, d'une telle vulgarité qu'on peut les qualifier de moderne au sens négatif du terme. Le rythme y rappelle parfois Prokofiev. C'est le troisième mouvement qui frappe le plus, à mon avis, par la recherche d'expressivité et de lyrisme dont fait preuve le compositeur, notamment dans une très longue cadence à nu du soliste, très impressionnante et très virtuose, magnifique à mon avis et d'une véhémence rare par moments, mais parfois malheureusement d'un moindre intérêt. Dans la finale en forme de scherzo, de style vaguement orientalisant, à mon avis dense, riche, d'une orchestration sans outrance, très colorée notamment avec l'emploi du xylophone, Chostakovitch se révèle manifestement proche de Khatchaturian et de Kabalevski, dont il n'a pas cependant, à mon avis, ni la subtilité ni l'inventivité. Quelques similarités thématiques avec le concerto pour violon de ce dernier compositeur peuvent être signalées. Concerto n°2 in C b m op 129 (1967) (-/-/-) Le "Concerto n°2" marque, par rapport au premier, une nette évolution vers l'atonalisme. Nous y mentionnerons des effets d'orchestration qui nous paraissent pour le moins bruyants et inutilement agressifs. Le début du premier mouvement ainsi que le second mouvement sont représentés par de longues périodes monotones faiblement accompagnées rappelant quelque peu le "Concerto" pour violon de Glazounov, avec cependant, à notre avis, beaucoup moins de caractère. Comme le "Concerto n°1", cette œuvre comporte des cadences solistiques, à mon avis, peu inspirées et qui m'apparaissent plutôt comme des simulacres vides de sens. Quel contraste, à mon avis, avec la sublime cadence du 3ème mouvement du "Concerto n°1". Le dernier mouvement, adoptant quelque peu le rythme d'une danse cosaque, témoigne, me semble-t-il, d'une grande faiblesse thématique. |