SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE - CHR



LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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CHRISTOFF Dimiter (1933-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (**/**/**)

Œuvre très curieuse et déroutante qui se présente comme un amalgame de motifs d'un mélodisme très classique et de motifs de style plus moderne, certains de type ravélien me paraissent très réussis, d'autres plus atonaux déprécient, me semble-t-il, beaucoup l'ensemble. On remarquera un motif très lyrique teinté d'hispanisme dans le premier mouvement, de très beaux motifs à la flûte dans le second mouvement. L'œuvre s'inscrit dans le style expressionniste russe.

CIBBINI-KOZELUCH Katharina (1790-1858)

PIANO

Six Waltzes (**)

CILENSEK Johann (1913-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Cette œuvre me paraît moderne, incohérente. Le soliste évolue souvent dans un extrême-aigu dissonant.

CIMAROSA Domenico (1749-1801)

FLÛTE ORCHESTRE

Sinfonia concertante en sol majeur 2 FLÛTES (-/-)

Concerto écrit typiquement dans le style galant où les solistes ne présentent aucune virtuosité.

PIANO

Les 32 sonates de Cimarosa représentent un pont peut-être unique entre le style baroque et le style galant dans la littérature pour piano. Certaines d'entre elles comme les sonates n°2, n°8 et n°17 sont plus proches du style galant, par leur simplicité harmonique et mélodique. Cimarosa évite cependant les cadences trop sommaires de ce style. D'autres comme la Sonate n°22 ou la Sonate n°30, d'un pianisme plus virtuose, rappellent d'assez près les soli violonistiques des concertos vivaldiens. Cette transcription pianistique assez rare qui, à mon avis, atteint ici parfois des effets sublimes, mérite d'être signalée et pose la question de la pérennité de ces effets pendant la période d'éclipse du Prete rosso. Cimarosa use d'autre part des notes redoublées rapides préfigurant ainsi les virtuoses-compositeurs américains comme Gottschalk ou Grainger. On remarquera aussi, autre signature du style baroque, des marches d'harmonie en particulier dans la Sonate n°1, procédé abandonné depuis longtemps à cette époque. Enfin, les sonates n°13, n°26, n°29 et surtout n°22, d'une grande expressivité à mon avis me paraissent empreintes d'un pathétisme troublant.

Sonate n°1 (*)

Sonate n°2 (-)

Sonate n°3 (-)

Sonate n°4 (*)

Sonate n°5 (-)

Sonate n°6 (-)

Sonate n°7 (***)

Sonate n°8 (-)

Sonate n°9 (-)

Sonate n°10 (-)

Sonate n°11 (*)

Sonate n°12 (*)

Sonate n°13 (*)

Sonate n°14 (-)

Sonate n°15 (-)

Sonate n°16 (-)

Sonate n°17 (-)

Sonate n°18 (*)

Sonate n°19 (*)

Sonate n°20 (*)

Sonate n°21 (***)

Sonate n°22 (***)

Sonate n°23 (*)

Sonate n°24 (-)

Sonate n°25 (*)

Sonate n°26 (-)

Sonate n°27 (-)

Sonate n°28 (-)

Sonate n°29 (**)

Sonate n°30 (**)

Sonate n°31 (*)

Sonate n°32 (-)

CLÉREMBAULT Louis-Nicolas (1676-1749)

ORGUE

Basse et dessus de trompette ou de cornet (*)

Caprice sur les grands jeux (-)

TRIO

La musique de chambre de Clérambault considérée ci-après (symphonies 2, 3, 5, 6, 7 en trios flûte, violon, basse continue) se limite à l'utilisation de la flûte, du violon et de la basse continue. Elle révèle une écriture musicale à mon avis guindée, au rythme compassé, limitée, sans aucun lyrisme, sans imagination et au caractère mélodique peu affirmé. Ce style semble plus proche de la musique de Bach (notamment les Suites) que des œuvres italiennes de l'époque. Dans le premier mouvement de la Symphonie n°8 l'Impromptu, sur un rythme aussi guindé, le violon présente un ambitus plus important et un jeu plus animé, contenant quelques italianismes.

Symphonie n°7 La Magnifique (-/-/-/-/-/-)

Symphonie n°6 L'Impromptu (-/-)

Symphonie n°5 Chaconne (-)

Symphonie n°2 La Félicité (-)

Symphonie n°3 L'Abondance (-/-/-/-)

CLEMENTI Aldo (1925-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Œuvre ultramoderne, à mon avis cacophonique, inaudible.

CLEMENTI Muzio (1752-1832)

PIANO

La Sonate WO14, la Sonate op 8 n°3 représentent le style galant le plus pur , le plus dépourvu de mystère et d'imprévu, aux thèmes transparents, à mon sens vides de tout intérêt. Clementi semble parfois se complaire inexplicablement dans l'évidence tonale la plus pauvre. Il en est tout autrement de la Sonate op 2 n°4, de la Sonate op 8 n°1 qui, sans renier le style galant, proposent une évasion vers une expressivité et une virtuosité très personnalisées, notamment dans les développements ou motifs annexes vers l'extrême-aigu. Clementi utilise aussi avec bonheur les thèmes en accords, notamment en tierces. On ne peut à mon avis qu'admirer ces pièces où l'invention, les contrastes, haussent l'art de Clementi au niveau de celui des plus grands maîtres du piano. Le Presto (3e mouvement de la Sonate op 8 n°1) ainsi que celui de la Sonate op 13 n°6 s'apparente plutôt à l'écriture beethovénienne avec des accords denses, fortement martelés. En revanche, l'Allegro agitato (2e mouvement de la Sonate op 13 n°6 offre une écriture où l'accompagnement est réduit au maximum. La main droite propose des figurations complexes, très fantaisistes et volubiles dans l'extrême-aigu, évoquant presque parfois certains aspect de l'écriture pianistique debusséenne à la manière d'une inprovisation. L'ensemble de la Sonate op 13 n°6 nous conduit déjà bien loin du style galant vers le romantisme, au sens large du terme. Curieusement, il ne semble pas que les grandes sonates de l'opus 40 de Clementi soient les plus marquantes malgré leur ampleur et leur intention romantique.

Sonate majeur WO14 (-/*)

Sonate A majeur op 2 n°4 (***/***)

Sonate G mineur op 8 n°1 (***/**/*)

Sonate B bémol majeur op n°3 (-/*/*)

Sonate op F mineur 13 n°6 (***/**/-)

Rondo en sol majeur (-)

Air suisse (**)

Rondo (***)

Sonatine en ut majeur (*/**/***)

Sonate op 40 n°3 (*/-/-)

Sonate op 25 n°5 (**/-/-)

Sonate op 24 n°2 (-/**/-)

Sonate op 40 n°2 (-/-/-/-/-/*)

Les pièces ci-dessous introduisent à des modes stylistiques très différents. Les Duettino révèlent la meilleure veine scarlatienne. L'écriture de ces pièces peut être rattachée au style galant, mais guère plus que l'écriture de Scarlatti elle-même. On remarquera que Clementi utilise peu le mélodisme cantabile, largement exploité par Diabelli ou Mozart par exemple, ce qui constitue de la part de ces compositeurs la marque la plus évidente du style galant. Peu d'évolution avec les meilleures pièces de Scarlatti, sans doute, mais une grande maîtrise, aussi bien en ce qui concerne des motifs ultra-simplistes (au bon sens du terme) obsédants que des développements proches du contrepoint, sans jamais cependant en présenter l'épaisseur gênante, mais plutôt une densité ne se départissant jamais de la clarté. Le Duettino en Do Majeur WO24 est caractéristique de ces motifs accrocheurs dont l'impact est garanti. Un style donc fortement charpenté, à la scansion nette et au dessin mélodique d'une grande limpidité, qui peut parfois laisser totalement indifférent comme dans le Finale in B-flat WO23. Les Musical characteristics nous introduisent dans un art totalement nouveau, qui n'a guère d'équivalent. Peut-être, dans ces pièces athématiques ponctuées de silences, Clementi a réussi là où Chopin avec ses Préludes a échoué. C'est un Clementi mystérieux, virtuose, révolutionnaire qui s'affirme. Si ces pièces n'atteignent pas encore de virtuosité transcendante, elles s'en approchent. Nous considérons ici la version de 1807, révision de la version antérieure de 1787, de sorte que l'on ne peut mesurer jusqu'où va le carcactère réellement révolutionaire de l'œuvre par rapport à son époque. Ce dont on peut témoigner c'est de l'émotion, de la puissance pathétique qui s'affirme dans ces pages, empruntant des effets pianistiques foudroyants d'une originalité étonnante, une virtuosité conservant certains tours thématiques scarlattiens, mais modernisés. Malgré les titres alla Haydn, alla Haydn, alla Kozeluch alla Vanhal, il semble difficile de n'y voir d'autres références que celles de Clementi lui-même.

Finale in B-flat WO23 (*)

Duettino in Do maggiore WO24 (***/***/***/***/**)

Duettino in Sol magiorre WO25 (***/***)

Duettino in Do maggiore WO26 (***)

Duettino Chasse Allegro in Do maggiore (*)

Duettino Allegro in Do maggiore (*)

Canone per Cherubini WO 29 (**)

Toccata in B-Flat major op 11 (**)

Musical Characteristics op 19 (****/***/****/***/***/***/**/***/**/*/*/***/***/***/***/*/****/*)

Op 34 n°1 à 4. 2 sonates et 2 caprices. Malgré le regroupement de ces œuvres dans le même opus, elles apparaissent diamétralement opposées sur le plan stylistique. Finalement, un bon condensé - en excellent et beaucoup moins bon - de l’œuvre clémentienne. Les 2 sonates tout d’abord. À mon avis, pas beaucoup de contenu musical dans la Sonate n°1: le culte de l’évidence tonale avec un abus des notes piquées, des notes redoublées, et surtout des banalités thématiques du style galant étalées sans le moindre complexe. Et cette sonate présente les défauts de ce style sans en présenter les qualités: rien de cet aspect charmeur et de cette naïveté séduisante que l’on pouvait rencontrer dans les œuvres de Diabelli, Mozart, Kulhau... La Sonate n°2 présente une plus grande maturité. Y apparaissent des effets de force comme dans les sonates de Beethoven, mais sans pour cela rompre l’évidence tonale. Des effets parfois très modernes, des crescendos, toutefois sur une thématique qui, à mon sens, peine à s’affirmer. Somme toute, cette sonate n’est pas fondamentalement différente d’une sonate de Scarlatti. C’est avec les 2 caprices que tout change. Très beethovénien, le Caprice op 34 n°3, comporte des effets étonnamment modernes. Le Caprice op 34 n°4 est plus composite. Très novateur dans sa première partie, il présente un thème central proche du style galant, lequel cependant se trouve métamorphosé par le traitement qu’il subit en seconde partie. Dans ces 2 œuvres, Clementi passe brusquement du registre ultra-classique au registre moderne sans exprimer de sentiment romantique - au sens de recherche d'idéalisme sentimental, de pathétisme - si ce n’est dans le sens de la virtuosité transcendante - lequel est cependant un aspect du romantisme. On admirera tout de même dans ces 2 caprices, malgré leur hétérogénéité stylistique, des envolées vers la transcendance absolument uniques.

Sonata op 34 n°1 (-/-/-)

Sonata op 34 n°2 (**/-/*)

Capriccio op 34 n°3 (***)

Capriccio op 34 n°4 (***)

PIANO ORCHESTRE

Concerto ut majeur (*/-/-)

Le pianisme de cette œuvre, à mon avis sans surprise, à peine plus souple et plus dynamique que dans les concertos de Mozart, ne fait aucune démonstration particulière de virtuosité. Aucun prémisse du romantisme n'apparaît dans cette œuvre. Ce sont encore certains effets d'orchestration, comme le petit motif à la clarinette à l'ouverture, qui me paraissent les mieux venus.

CLEVE Halfdan (1879-1951)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°4 op 12 (*/-/*)

COCHEREAU Pierre (1924-1984)

ORGUE

Introduction (-)

Moderne

COLERIDGE-TAYLOR Samuel (1875-1912)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto op 80 (***/*/**)

Hyperclassique, ce concerto pourtant composé tardivement en 1912. Plus que classique, une volonté, même, d'éviter toute aspérité trop anguleuse, tant dans le violonisme que dans l'orchestration. Une prédominance du legato et un staccato lui-même peu saillant, intégré dans le mélodisme. Une œuvre dominée par la fluidité. L'orchestration: quelques péroraisons, mais surtout des effets d'appoints accompagnant la partie violonistique. On pourra remarquer de nombreux motifs plus ou moins réutilisés par rapport au corpus motivique du 19e siècle (Tchaïkovsky, Sarasate, peut-être), mais, bien réutilisés, bien intégrés. Aucun passage vraiment exceptionnel, mais tout de même une inspiration constante dans le 1er mouvement, ce qui lui vaut, à mon avis l'excellence.

CONSTANTINESCU Pavel (1909-1963)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (***/****/***)

Cette œuvre à mon avis magistrale allie le style expressionniste russe ainsi que le style impressionniste français. Le premier mouvement présente, me semble-t-il, une superbe cadence pianistique, comprenant des motifs dans le suraigu. Le second mouvement déploie une multitude d'effets pianistiques et symphoniques: motifs solo aux hautbois, aux cordes subtilement divisées ou en unissons farouches. L'œuvre me paraît atteindre une intensité bouleversante. On retrouve ce style chez Palmgren notamment (Concerto pour piano et orchestre n°4)

VIOLON ORCHESTRE

(-)

Œuvre plus ou moins tonale composée d'une succession de passages lents ou rapides. L'orchestre intervient peu. Le violon demeure dans une tessiture grave.

CONUS

VIOLON ORCHESTRE

(*/-/-)

Malgré un violonisme élégant, d'une grande souplesse, cette œuvre exprime à mon avispeu d'idées, si l'on excepte la belle entrée au cor et aux violons. Le soliste n'émerge d'un ensemble figé que dans de rares passages plus dynamiques, et un dernier sursaut en guise de conclusion.




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