RÉPERTOIRE CRITIQUE - COR
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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CORELLI Arcagello (1653-1713)
ORCHESTRE
L'œuvre de Corelli, malgré l'encensement général dont bénéficia le compositeur, ne présente guère à mon avis de particularités marquantes. Le violon ne s'éloigne jamais, me semble-t-il, d'un jeu sans surprise qui devait représenter effectivement le style de l'époque. On constatera par exemple, selon moi, le manque de lyrisme de ces œuvres par rapport aux sonates de Biber écrites pourtant quelques décennies plus tôt. L'intérêt - mais est-il bien réel?- dont jouit le Concerto pour la nuit de Noël me paraît peu compréhensible. Il faut reconnaître sans doute à Corelli son art de la simplification et son refus des lourdeurs polyphoniques pourtant très répandues encore à la fin du XVIIème siècle. On retrouve le style de Corelli particulièrement dans les sonates de Giovanni Batista Tibaldi.
Concerto grosso ré op 6 n°1 (*/-/*/-/-/*)
Concerto pour la nuit de Noël (-/-/-)
TRIO
Sonate d'église à trois en la mineur (-)
CORNET Pieter (1562-1633)
ORGUE
Courante in A (*)
Cette courante est une suite de motifs variés, d'un tonalisme très affirmé pour l'époque
CORRETTE Michel (1709-1795)
ORGUE ORCHESTRE
Concerto n°1 sol majeur (*/**/*)
Concerto n°2 la mineur (*/*/-)
Concerto n°3 ré majeur (**/-/-**)
Concerto n°4 do majeur (-/-/**)
Concerto n°5 fa majeur (**/*/-)
Concerto n°6 ré mineur (***/*/**)
Ces concertos présentent un mélange de caractéristiques archaïques comme la pulsion rythmique régulière, et de caractéristiques modernes comme les effets symphoniques mêlant orgue, violon, flûte et orchestre, particulièrement dans l'Allegro (4ème mouvement) du Concerto n°3. Le violon seconde très efficacement l'orgue dans de nombreux mouvements (2ème mouvement du Concerto n°1, 2ème mouvement du Concerto n°4) ou même intervient comme soliste (2ème mouvement du Concerto n°5), parfois, c'est la flûte qui joue ce rôle (2ème mouvement du Concerto n°6), de sorte que ces œuvres correspondent autant à des symphonies concertantes qu'à des concertos. Malgré, à mon avis, la modernité de ces compositions sur le plan symphonique, elles ne portent nulle marque du style galant. La thématique, qui utilise notamment les marches d'harmonies, se réfère uniquement à la musique baroque de la première moitié du XVIIIème siècle. De ce point de vue, ces concertos rappellent le Concerto pour violon en ré M de Myslivecek. La meilleure pièce me paraît être le premier mouvement du Concerto n°6, traversé par un souffle lyrique très intense. Les effets symphoniques et solistiques de l'orgue, du violon et de la flûte, à mon avis, y sont particulièrement saisissants.
CORYN (1938-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto op 38 (-/-)
Œuvre moderne qui ne se veut pas toutefois provocatrice. De longues tenues alternent avec des passages plus rythmiques.
COUPERIN François (1668-1733)
CLAVECIN
Les suites pour clavecin de François Couperin (si m et ré m) se caractérisent par une absence de thématique nette sans pour cela qu'il s'agisse de contrepoint complexe. Les très nombreux agréments de la mélodie lui communiquent un aspect à mon avis heurté, peu mélodique et détruit la logique même du discours musical. En contraste, la Gavotte de Mr Hardel et double de la gavotte par Mr Couperin (?) possède une véritable structure thématique (voir COUPERIN/HARTEL).
Suite en si mineur (-/-/-/-)
Suite en ré mineur (-/-/-/-/-/-/-/-/-)
Prélude et passacaille en sol mineur (-/-)
3 sarabandes en do M
M28 (-)
M23 (-)
M20 (-)
ORCHESTRE
Le Parnasse (-/-/-/-/-/-/-)
Cette composition me semble présenter un rythme systématique et une thématique très rudimentaire, caractéristique de l'époque. Le rythme est cependant moins heurté que dans les œuvres orchestrales de Rameau. Couperin manifeste cependant un tonalisme beaucoup plus affirmé que dans ses œuvres pour clavecin. On peut noter parfois quelques traits plus volubiles du violon principal.
ORGUE
Trio à 2 dessus de crémone et la basse de tierce (-)
COUPERIN L./HARTEL
CLAVECIN
Suite en la mineur (-/-/-/-/-/-/-/-/)
CRAMER Jean-Baptiste (1771-1858)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°5 ut mineur op 48 (**/-/*)
Ce concerto pseudo-classique contient dans l'ensemble de nombreux effets inspirés de Beethoven et préfigurant Chopin. Sa caractéristique la plus originale est cependant qu'il reste par certains aspects très proche de la manière des clavecinistes et donc assez démarqué de celle de Mannhein, ce qui lui confère à mon avis un charme et un cachet indéniables. On trouve en germe quelques-uns des procédés propres à Hummel: motifs en tierce, thèmes mélodiques timides et expressifs, qui font de ce concerto une œuvre caractéristique du pianisme de l'époque.
CRAS Jean (1879-1932)
PIANO
L'œuvre pour piano solo de Cras ne semble pas témoigner d'une verve créative comparable à celle du Concerto pour piano. Touffues, alourdies d'accords glauques, les Danze ne s'évadent pas à mon avis d'un style impersonnel. Paysages apparaît très marqué par l'impressionnisme debusséen, sans pour autant affirmer, à ce qu'il me semble, d'effets très saillants. La première des deux pièces, Maritime, relativement simple, est sans doute la seule qui offre une thématique digne d'intérêt. Poèmes intimes , mis à part la première pièce En Irlande abandonne l'impressionisme marqué de Paysages pour un style classico-romantique, simple, assez mélodique. Pièce longues, ennuyeuses à mon goût, même si la dernière La maison du matin présente une certaine animation.
Danze
Danza morbida (-)
Danza scherzosa (-)
Danza ténera (-)
Danza animata (-)
Paysages
Maritime (**)
Terrestre (-)
Poèmes intimes
En Islande (*)
Preludio (-)
Au fil de l'eau (-)
Recueillement (-)
La maison du matin (-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (**/****/***)
Œuvre impressionniste dans la lignée des concertos de Massenet, Albeniz, Constantinescu, Stenhammar, ce concerto nous offre une palette de mélodisme suave très chantant, voluptueux. Les interventions du piano révèlent une virtuosité très spéciale : dense, concentrée, feutrée (différente de la virtuosité romantique, beaucoup plus extériorisée), en cela elle rappelle le Concerto pour piano de Novak. On y rencontre des effets de modulation, tonalités fuyantes, dans une grande mobilité thématique avec absence de transitions marquées. On remarque dans l'orchestration de nombreux effets debussystes.
QUINTETTE
Quintette HARPE FLÛTE VIOLON ALTO VIOLONCELLE (**/***/-/**)
Cette œuvre de style pseudo-impressionniste affirme des motifs teintés d'orientalisme. Adoptant une structure rythmique assez dynamique, Cras se rapproche ici beaucoup moins de Debussy que dans son Concerto pour piano et orchestre. La flûte s'exprime largement, notamment dans le second mouvement (Animé), s'épanchant en particulier en un motif d'une extraordinaire douceur sur fond d'arpèges à la harpe. Ce mouvement développe également des effets rythmiques à mon avis très réussis, des variations piano-forte saisissantes. Le dernier mouvement, de style plus résolument moderne, débute par une série de pizzicati très originale.
CRŒS Henri-Jacques de
VIOLON ORCHESTRE
Concerto VIOLON CORDES CONTINUO (**/*/*)
Comme dans les œuvres de Jacques Aubert, le style vivaldien transparaît nettement : même souplesse violonistique, mais dans une virtuosité plus limitée. Les soli à mon avis sont plus attractifs et dynamiques dans le premier mouvement que dans le dernier. Curieusement, aucune allusion au style mannheimien n'est perceptible dans cette œuvre, qui date pourtant de 1775.
CUI César (1835-1918)
VIOLON ORCHESTRE
Suite concertante op 25 (**/**/-/-)
Cette œuvre d'un mélodisme charmeur, légèrement hispanisante, rappelle quelque peu la symphonie espagnole de Lalo, notamment le 1er mouvement. Sans virtuosité caractérisée, le violon apparaît très souple et volubile. L'orchestration demeure très intégrée au soliste.
CZERNY Carl (1791-1857)
PIANO ORCHESTRE
Concerto la mineur (-/*/*)
Divertissement de concert op 204 (**)
Nul doute que Czerny (1791-1857), en cette aube du 19e siècle, maîtrise déjà la haute virtuosité, une virtuosité qui s'appuie encore essentiellement sur des gammes et arpèges, surtout des gammes dans le cas du Divertissement de concert (1818) - mais capable de traduire un sentiment lyrique très romantique. Néanmoins, plus encore que pour le Concertstück de Macfarren, l'intérêt de l'œuvre semble circonscrit à la brillante introduction. La suite, à mon sens, n'entretient guère l'illusion: piétinement sur une thématique limitée, absence de motifs suffisamment percutants, timidité d'une orchestration passe-partout. L'œuvre, à ce qu'il me semble, sombre vite dans l'inconsistance et la banalité. La reprise finale selon le mode de la fantaisie virtuose ne suffit pas à me convaincre. L'ensemble demeure brillante, significatif des avancées de la technique virtuose au début du 19e siècle, mais à mon avis ne dépasse pas ce stade de la démonstration.
Concerto ut majeur [PIANO 4 MAINS ORCHESTRE] (*/*/*)
Les mouvements rapides de cette œuvre, peu contrastés, sont rythmés de façon uniforme. Le pianisme est assez brillant, mais sans virtuosité. Curieusement, le thème principal du premier mouvement rappelle celui du premier mouvement du Concerto n°6 de Paganini. La mélodie du second mouvement, à l'extrême-aigu me paraît assez belle.
Variations sur un thème de Haydn op 73 [PIANO 4 MAINS ORCHESTRE] (-)
Le début de l'œuvre, dans un tempo moderato, me semble assez varié, nuancé, parfois pathétique, mais très vite la suite adopte un rythme uniforme, plutôt lent, ce qui contraste avec l'impétuosité du concerto en ut du même compositeur.
CZIBULKA
PIANO
Songe d'amour après le bal (***)
Cette pièce simple imite à mon avis merveilleusement le piano mécanique en communiquant un sentiment intense de tristesse et de nostalgie.
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