LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES
ŒUVRES
- :
peu intéressant * :
assez bon ** :
bon *** :
excellent **** :
exceptionnel Appréciation d'une œuvre en plusieurs mouvements
: ex : Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'œuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait |
DOHNANYI Erno von
(1877-1960)
PIANO ORCHESTRE
Les oeuvres pour piano et orchestre
de Dohnanyi me semble témoigner d'une inspiration variable, souvent noyée dans
un virtuosisme gratuit, sombrant souvent dans la confusion On peut y déplorer,
me semble-t-il, le manque d'unité thématique, notamment dans les
"Variations sur une enfantine". De meilleure tenue, le "Concerto
n°1", à mon avis, s'affirme par son premier mouvement où l'orchestration
tient la place principale.
Variations sur une enfantine 1913
(*)
Concerto n°1 (**/-/*)
Capriccio fa m (*)
DOPPLER Franz
(1821-1883)
FLÛTE ORCHESTRE
Concerto en ré m (2 FLÛTES)
(**/-/*)
Cette oeuvre, très
originale, est caractéristique de le première période romantique. La partie
symphonique du premier mouvement, très lyrique, rappelle, par son style, les
concertos de Moscheles, Chopin, Kullak. La partie soliste affirme véritablement
une volonté de bravoure instrumentale bien qu'elle n'atteigne jamais la
virtuosité transcendante. La structure est assez proche d'un concerto
paganinien avec un premier thème mélodique, un second thème "staccato"
où les 2 flûtes ici simulent les doubles cordes. Le dernier mouvement impose un
thème qui serait celui d'une mazurka. On remarquera en dernier lieu
l'accompagnement à la harpe dans le mouvement lent. En définitive, cette
oeuvre, même si elle ne comporte à mon avis aucun thème absolument marquant,
est une des rares oeuvres pour flûte et orchestre où cet instrument est
considéré comme un soliste à part entière comme le sont le piano ou le violon
dans les oeuvres concertantes pour ces instruments.
FLÛTE PIANO
Andante
& Rondo (**/**)
C'est une oeuvre plutôt pâle
que nous présente ici Doppler, assez loin de son concerto pour flûte et
orchestre. Si l'intérêt thématique de certains motifs ne peut être contesté, il
me semble que l'ensemble s'appesantit parfois sans affirmer de caractère
suffisamment marquant.
DOSTAL Nico (1895-)
PIANO ORCHESTRE
Blues-Fantaisie (*)
Comme la plupart des compositeurs
classiques qui se sont inspirés du jazz, Dostal en a exploité la couleur
instrumentale, l'aspect rythmique sans renier le mélodisme. L'œuvre conserve en
fait un classicisme assez pur. On dénote également dans la teinte rhapsodique
une influence sud-américaine. Ce rhapsodisme est surtout sensible dans
l'orchestration, la partie de piano restant souvent dans un classicisme
beaucoup plus neutre. On remarquera le premier motif d'introduction, assez
voluptueux, ainsi que quelques allusions à la "Rhapsody in blue" de
Gershwin.
DOWLAND John (1563-1626)
LUTH
D'une extraordinaire modernité par rapport à son époque,
le style de Dowland est significatif du hiatus entre la musique instrumentale
virtuose profane et la musique religieuse jusqu'au XVIIIème siècle. Ces pièces
sont totalement affranchies du rythme systématique fugué qui deux siècles après
imprègnera encore la musique baroque. La thématique, d'un tonalisme affirmé
sans outrance, assez semblable à celui du XIXème siècle, rappelle celle des
cours renaissantes et médiévales, sans que cela apparaisse particulièrement
caractéristique. La liberté d'écriture, la virtuosité dominent, notamment la
pièce "A Fancy" qui contient un motif en bariolage et un accelerando
assez frappants. On notera également de nombreux accords arpégés très riches.
Malgré ces qualités générales, malheureusement, aucun thème à mon avis n'est très
marquant dans les pièces qui suivent (pièces dues à Dowland ou attribuées à
Dowland et répertoriées par Diana Poulton).
A
Fancy P73 (*)
Pavana
Dowlandi Angli (-)
Doulands
rounde battle galyarde P39 (-)
The
Erle of Dardies Galiard P44 (-)
Mistris
Norrishis Delight P77 (-)
A Jig P38 (-) DOWLAND
The
Earl of Essex Galliard P89 (-)
Galliard P76 (-)
Une jeune fillette P93 (-)
Galiarda P103 (-)
Squires Galliard (-)
A
fancy P72 (-)
Hasewoods
Galliard P84 (-)
Sir
Henry Umptons Funerall (-)
Captayne
Pipers Galliard P88 (-)
A
fantasie P1 (-)
DOWLAND Robert
LUTH
Sir
Thomas Monson his Pavin (-)
Sir
Thomas Monson, his Galliard (-)
DRAESEKE Félix (1835-1913)
ORCHESTRE
Symphonie n°3 Tragica op 40
(*/*/-/*)
Cette longue symphonie présente
une orchestration dense, massive, peu dynamique, peu cuivrée et peu contrastée
à mon goût. Certains motifs mélodiques simples me paraissent cependant
bienvenus.
PIANO ORCHESTRE
Concerto op 36 (*/**/*)
Concerto caractéristique du style
heurté, sans souplesse que l'on rencontre tout au long du XIXeme siècle depuis
Hiller, Kalkbrenner, Henselt, Dreyschock, Raff, Reinecke, jusqu'à Rheinberger,
Goetz, d'Albert au XXème siècle... L'originalité n'est cependant pas absente, à
mon avis, chez ce compositeur, elle apparaît à la faveur d'un bon mouvement
lent comportant des effets parfois étonnants, notamment de petits motifs
pianissimo à la flûte.
DREYSCHOK Alexandre (1818-1869)
PIANO ORCHESTRE
Konzertstück op 27 (**)
Oeuvre au pianisme peu nuancé,
dynamique conformément au style de l'époque: oeuvres de Bronsart, Hiller,
Goetz... Mais la partie lente est empreinte d'une coloration rhapsodique
tzigane, c'est une des rares compositions de la première moitié du XIXème
siècle à porter une marque rhapsodique.
Concerto en ré m op 137 1843 (**/-/**)
Beaucoup plus complexe et virtuose que le Konzertstück,
ce concerto cependant ne me séduit qu'en partie. Dreyschock adopte un style
incisif, véhément, dense, à base d'accords, notamment dans le troisième
mouvement, contrastant avec le pianisme souple, nuancé de la première moitié du
XIXème siècle (Moschelès, Kullak, Ries…) sans pour cela atteindre, à mon avis,
des effets musicalement plus intenses ni plus lyriques. D'autre part, sa
virtuosité atteint à peine celle des concertos de Chopin et se trouve nettement
en deçà du "Concerto" de Kullak. Le rythme du troisième mouvement est
rompu par des passages mélodiques lents qui ne me convainquent pas.
L'orchestration, assez originale dans ses effets, ne présente cependant à mon
avis aucun élément particulièrement remarquable du point de vue thématique.
L'art de Dreyschock semble dans cette œuvre discrédité par un certain caractère
gauche et inabouti.