RÉPERTOIRE CRITIQUE- F
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait
FALLA Manuel de (1876-1946)
CLAVECIN
Concierto (-)
Le "Concierto", oeuvre sans lyrisme ni mélodisme, me paraît un essai peu convainquant de Falla vers un modernisme très faiblement personnalisé.
PIANO
Peu séduisante, l'œuvre pour piano seul de Falla ne rappelle en rien, à mon avis, le lyrisme bouillonnant des "Nuits dans les jardins d'Espagne". Le pianisme m'apparaît souvent assez confus et touffu, la thématique peu consistante comme dans la longue "Fantaisie bétique". D'autre part, le caractère rhapsodique demeure assez peu marqué, ce qui semble une volonté manifeste du compositeur. Il faut excepter la très belle "Serenata andaluza" qui exploite bien, à mon avis, les sonorités cristallines du piano, et surtout la célèbre transcription de la "Danse rituelle du feu", véritable pyrotechnie pianistique à la violence sourde et entêtée, si caractéristique du maître, pièce qui marie magistralement, me semble-t-il, des effets de rythme et d'harmonie d'une nouveauté réelle.
Serenata andaluza (***)
Nocturno (*)
Vals (-)
Capricho (*)
Cancion (-)
Aragonesa (-)
Cubana (-)
Montanesa (*)
Andaluza (**)
Fantasia bética (*)
Homenaje a Dukas (-)
Danse rituelle du feu de "L'Amour sorcier" (transcription) (****)
PIANO ORCHESTRE
Nuits dans les jardins d'Espagne (****/****/***)
Oeuvre de style très typiquement impressionniste qui dégage, me semble-t-il, une extraordinaire atmosphère de mystère, de passion et de rêve. L'orchestration me paraît éblouissante, dans une tessiture plutôt grave avec de brusques pointes vers l'aigu. Le piano y est traité de façon très remarquable à mon avis, il faut admirer son intégration à l'orchestre, non seulement par la thématique, mais aussi par sa couleur propre. Il procède par petits thèmes chantants, lents en solo ou en effets rapides se fondant à l'orchestre. La première partie est celle qui évoque le plus intensément une nuit toute frémissante de bruits de sources et de cascades. L'impression d'espace sonore est rendue de façon saisissante. Cette partie se compose d'une succession de sections juxtaposées, selon la conception lisztienne. La seconde partie est une danse frénétique, entêtée. La troisième partie est une longue cadence orchestrale rappelant Wagner, Sibelius (Symphonie n°1) ou Rimski-Korsakov.
FANELLI Ernest (1860-1917)
ORCHESTRE
Tableaux symphoniques d'après le Roman de la Momie (1883-1886)
Harmonie sombres, mystérieuses caractérisent cette oeuvre de Fanelli. Le compositeur atteint un certain modernisme grâce à une instrumentation originale, sans jamais déraper vers l'atonalisme. Si le 2e mouvement de "Thèbes" (Sur le Nil) m'a paru possèder une certaine force suggestive, mais j'avoue que l'ensemble n'apparaît pas à la hauteur du tableau que l'oeuvre est censée représenter. On remarquera cependant l'excellente intégration de la voix dan le 1er mouvement de Thèbes (Devant le palais de Tahoser). La suite de l'oeuvre, extrêmement fatigante à mon goût, dérive vers un dynamisme pseudo-moderne, qui me semble vide de toute substance musicale.
Thèbes
Devant le palais de Tahoser (-)
Sur le Nil (*)
Rentrée triomphale du Pharaon (-)
Fête dans le palais du Pharaon (-)
Dans une salle du Palais (-)
Danse grotesque de bouffons égyptiens (-)
Chants triomphaux - Orgie (-)
Rhapsodie Cambodgienne (1882)
Cette oeuvre affirme un langage beaucoup plus strictement tonal et renoue avec une veine plus lyrique, notamment par certaines sonorités évoquant Berlioz. Le Second mouvement (Fête des Eaux) suggère beaucoup plus une danse russe dans le style classico-romantique. Une partie qui me paraît recéler un contenu thématique plus convaincant que les recherches plus modernes des "Tableaux symphoniques".
Introduction - Légende (*)
Fête des Eaux (**)
FARRENC Louise (1804-1875)
ORCHESTRE
Les deux symphonies ci-dessous se caractérisent par l'utilisation du style très spécifique de l'époque, issu du symphonisme post-viennois ou post-mannheimien qu'on peut retrouver chez Moscheles, Hummel, Chopin, Kullak...: ensemble très homogène dans lequel rien de saillant n'émerge. Le corollaire positif de ce défaut principal est la parfaite intégration des différents registres d'instruments, cordes, bois et même timbale, les cuivres intervenant assez peu. Ceci n'exclut pas une certaine lourdeur issu de ce même symphonisme post-viennois qui, bizarrement ignore les nouveautés de Dittersdorf et Beethoven. L'intention d'originalité et de lyrisme n'est pourtant pas exclu de ces pages, les derniers mouvements de chaque symphonie semblent vouloir affirmer une certaine véhémence, qui, à mon sens, ne se traduit par aucun effet réel en raison des moyens symphonquies très limités mis en œuvre ainsi que d'une thématique peu lisible.
Symphonie n°1 op 32 en C m (1841) (-/-/-/-)
Symphonie n°3 op 36 en m (1849) (-/-/-/-)
QUINTETTE
Le style de Louise Farrenc dans ces œuvres, d'un romantisme discret, se réfère au classicisme de la fin du 18e siècle. On peut admirer le caractère énergique, incisif, contrasté de ces pages d'une clarté remarquable et à mon avis d'une densité thématique appréciable. La compositrice excelle également dans les motifs mélodiques des parties lentes. Ce sont essentiellement le piano et le violon qui s'individualisent, les autres parties formant généralement un continuum homogène en arrière-plan. Les instruments principaux, piano et violon, sans jamais adopter un style virtuose, affirment cependant une belle volubilité. L'adagio du "Quintette n°1" me semble se détacher particulièrement, notamment par son thème principal.
Quintette n°1 op 30 1840 (*/***/**/*)
Quintette n°2 op 31 1840 (*/*/**/*)
FAURÉ Gabriel (1845-1924)
DUO PIANO VIOLON
Sonate en la majeur (-/-/-/-)
Rien ne me paraît émerger de cette oeuvre à mon avis sans style orriginal et sans thématique identifiable.
DUO FLÛTE HARPE
Berceuse op 16(***)
Cette berceuse, me semble-t-il, vaut essentiellement par le mélodisme de la flûte, d'une originalité particulièrement prononcée. On notera le style thématique indéfinissable alliant le charme de la mélodie classique à l'ondoyance de la mélodie impressionniste. Fauré fait ici preuve d'un style mélodique très éloigné de celui de Debussy. La harpe se restreint à un rôle d'accompagnement.
PIANO
Nocturnes 1881-1821
Le mélodisme chantant et les chromatismes rappelant la "Ballade" du même compositeur ne suffisent pas à communiquer un intérêt suffisant, à mon avis, à ces nocturnes. Le pianisme apparaît souvent plus animé qu'il n'est dans ce type de compositions, bien qu'il n'atteigne jamais la virtuosité (cas du "n°5" et du "n°8" par exemple). Le "n°8" est le seul bénéficiant d'un véritable thème, bien qu'il me paraisse très pauvre.
n°1 (*)
n°2 (-)
n°3 (-)
n°4 (*)
n°5 (-)
n°6 (-)
n°7 (-)
n°8 (*)
n°9 (-)
n°10 (-)
n°11 (-)
n°12 (-)
n°13 (-)
HARPE
Impromptu (-)
Une châtelaine en sa tour (-)
PIANO ORCHESTRE
Ballade en fa d M 1881 (***)
Dans cette page admirable, Fauré s'exprime, me semble-t-il, avec infiniment de grâce et de délicatesse en un style d'une virtuosité volontairement très tempérée, sans contrastes dynamiqu, Mes marqués, qui met en relief la recherche des effets nuancés et des touches subtiles. On retiendra en particulier dans la première partie une très belle mélodie, à mon avis, habilement variée au violoncelle, puis au piano. La partie solistique, d'un mélodisme très chantant est largement prédominante par rapport à un orchestre qui conserve une fonction d'accompagnement. On remarquera cependant les petits motifs confiés à la flûte. L'œuvre est très caractéristique du style pré-impressionniste qui fleurit avec Castillon : "Concerto" (1872), Albeniz : 3e mouvement du "Concerto" (1887), mais surtout Massenet : "Concerto" (1902), puis par la suite Turina : "Rhapsodie symphonique" (1935). On en trouve aussi quelques traces chez Draesecke: "Concerto" (1887). Par rapport à Massenet, le style de Fauré est ici plus simple, surtout en ce qui concerne les harmonies et les effets impressionnistes.
ORCHESTRE
Pélléas et Mélisande (-/-/**/-)
Mélodisme récitatif très suave , timidité des effets bannissant tout contraste, caractérisent cette suite qui s'appesantit, me semble-t-il, dans l'affadissement le plus total. La "Sicilienne", belle mélodie à mon avis, évoluant sur un fond d'arpèges égrenés à la harpe, relève quelque peu l'ensemble.
Fantaisie (-)
Cinquième barcarolle (-)
VIOLON
Berceuse op 16 (**)
FERNANDEZ Heraclio
PIANO
El diablo Suelto (***)
FESCH Willem de
VIOLON ORCHESTRE
Le style de De Fesch, où perce l'influence vénitienne, présente des traits de grande virtuosité, dans les soli traités à la manière de cadence (le premier mouvement du "Concerto op II n°5" par exemple), mais ces passages éblouissants, à mon avis, se brisent souvent sur des transitions heurtées au rythme systématique, notamment en ce qui concerne les tutti. On remarquera cependant le très beau tutti, à mon avis, du "Concerto op 5 n°5", tout à fait dans le style vivaldien. Les concertos grosso de l'opus X ("n°4", "n°5") ressortissent, me semble-t-il, de la musique baroque la plus primitive, renvoyant à Corelli, Lully ou Marais: il s'agit d'un style qui me paraît rigide, sans imagination. On ne décèle donc pas chez De Fesch d'évolution vers un style plus virtuose, plus solistique, ni vers le style galant.
Concerto op II n°5 (*/**/*)
Concerto op II n°2 (-/-/**)
Concerto op III n°6 (*/-/**)
Concerto op V n°5 (**/-/-)
ORCHESTRE
Malgré leur dénomination de "concerto grosso", certaines de ces oeuvres comportent des parties solistiques de basson, hautbois, flûte. Le style, dans un rythme assez alerte, n'affirme cependant, à mon avis, aucune originalité par rapport à la thématique du genre.
Concerto grosso op II n°6 (-/*/-)
Concerto grosso op III n°3 (-/-/-)
Concerto grosso op III n°4 (-/-/-/-)
Concerto grosso op V n°2 (-/-/-/-/-)
Concerto grosso op X n°4(-/*/-/-)
Concerto grosso op X n°5 (-/*/-)
FIBICH Zdenek (1850-1900)
ORCHESTRE
Symphonie n°2 (*/-/-/*)
Symphonie n°3 (-/-/-/-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto (*)
Le soliste, très fondu avec l'orchestre, présente un jeu varié, peu contrasté, très mélodique. Une cadence (libre ou écrite?) termine l'oeuvre.
PIANO
Le style de Fibich dans ces oeuvres, souvent très courtes, n'apparaît pas monolithique et ne permet guère de dégager de particularités remarquables, ce qui ne signifie pas à mon sens une absence d'intérêt musical. Si de nombreuses pièces, comme les 7 premières de la Suite Nalady op 47(IV) par exemple, témoignent d'un style simple, mélodique et peu saillant à mon avis, l'on trouve à l'antipode des pièces comme le Moderato, de Nadaly op 47, l'Andante grazioso, l'Allegro leggiero, "l'Allegro (77) de l'op 47 Dojmy", d'une étoffe plus affirmée voire même d'une écriture virtuose comme" l'Allegro leggiero de l'op 47 Dojny, sans affirmer toutefois la recherche de la bravoure instrumentale ni du lyrisme passionné. La marque rhapsodique, d'autre part, demeure très succincte dans l'ensemble. Signalons quelques autres particularités ponctuelles. Le Moderato de l'op 47 Nadaly, illustrant l'Andalouse, possède effectivement une empreinte rhapsodique très marquée, l'Allegro (79) de l'op 47 Dojmy présente un style légèrement prérahmaninien. Le mélodisme plus que l'impressionnisme (malgré le titre de la 1ère partie de l'op 47 Impressions (Dojmy)). L'Andantino de l'op 47 Dojmy obéit à la structure typique d'une mélodie accompagnée.
Nalady humeurs op 47 IV (1897-1898)
56 Andante (-)
57 Semplice (-)
58 Andante molto grazioso (-)
59 Vivace (-)
60 Tempo d'una gavotta (-)
61 Andantino (-)
62 Con fuoco e vivace (-)
63 Senza tempo ma lento (*)
64 Moderato (***)
65 Andante (**)
66 Vivace (*)
67 Moderato ad pesante (**)
Dojny Impressions op 47 I (1892-1893)
68 Allegro moderato (-)
69 Andante mosso (-)
70 Andante grazioso (**)
71 Allegro leggiero (***)
72 Allegro (-)
73 Andantino (***)
74 Allegro con fuoco (-)
75 Andante (-)
76 Allegretto molto moderato (-)
77 Allegro (**)
78 Vivo (-)
79 Allegro (*)
80 Moderato assai (-)
FIELD John (1782-1837)
PIANO ORCHESTRE
Des sept concertos, le second, le troisième, et surtout le quatrième me paraissent plus intéressants que les quatre autres, moins inspirés, et de style assez décousu. Si l'on compare en définitive le style de Field dans ses concertos à celui de ses contemporains Hummel, Ries, Moschelès, on doit constater à mon avis en fait que l'apport de ces derniers apparaît nettement plus important. Les concertos de Field, me semble-t-il, ne parviennent jamais à se départir d'une certaine uniformité.
Concerto n°1 (1799 (-/-/*)
Concerto n°2 1814 (*/*/*)
Concerto n°3 1816 (*/*/*)
Concerto n°4 1816 (*/*/*)
Concerto n°5 1817 (*/*/-)
Concerto n°6 1823 (*/-/*)
Concerto n°7 1833 (*/-)
FISER Lubos (1935-)
GUITARE ORCHESTRE
La Sonate per Leonardo moderne tonale présente une excellente intégration du soliste et de l'orchestre. Ce qui apparaît particulièrement étonnant est le voisinage, à mon avis réussi entre des effets très modernes (au sens positif du terme), impérieux, originaux, osés même, et des motifs d'un mélodisme suave, classique sans qu'aucun déphasage n'apparaisse. La guitare montre en outre sa capacité d'exprimer, tout autant que l'orchestre, des effets de couleur instrumentale moderne, des accords presque menaçants. La seconde sonate Pastorale dédiée à Tartini, moins marquante à mon sens, s'inscrit dans une veine plus classique et mélodique.
Sonata per Leonardo per chitarra solo ed erchestra d'archi (1994) (***)
Pastorale per Giuseppe Tartini per chitarra solo ed orchestra d'archi (1995) (*)
FIORENZA Niccolo (-1764)
FLÛTE ORCHESTRE DE CHAMBRE
Modernes autant qu'archaïques selon les aspects considérés, les concertos pour flûte de Fiorenza se distinguent essentiellement par l'expressivité rare qui s'en dégage, haussant certaines pages parmi les plus belles du genre, sinon les plus virtuoses. Archaïques tout d'abord, les parties orchestrales, contrastant avec des effets symphoniques pourtant très poussés dans l'accompagnement du soliste et la participation du soliste aux tutti. Fiorenza compense parfois cette pauvreté des tutti par une rythmique entraînante, comme par exemple dans le 4e mouvement "Allegro" du "Concerto F m" , mais de nombreux tutti m'apparaissent poussifs et d'intérêt thématique très réduit, comme dans le 3e mouvement "Grave" du "Concerto G m". Il faut ajouter paradoxalement une richesse harmonique étonnante contrastant curieusement avec les archaïsmes signalés précédemment. Les soli témoigne d'une recherche motivique et surtout d'un mélodisme expressif particulièrement riche. La virtuosité, parfois très élevé, n'atteint toutefois pas celle des soli des concertos vivaldiens les plus virtuoses. Structurellement, Fiorenza manifeste une prédilection pour la répétition par le soliste du thème orchestral, caractéristique qui deviendra quasiment la règle pendant la seconde moitié du 18e siècle. En raison de la faiblesse particulière des tutti (à ce qu'il me semble), c'est le mouvement lent ("Largo" 3e mouvement du "Concerto F m") qui permet à Fiorenza d'atteindre un intérêt soutenu tout au long du mouvement, magnifique mouvement imprégné d'un expression très poétique et sereine. Signalons le "Largo" 1e mouvement du "Concerto C m", induisant une atmosphère dramatique particulièrement étonnante, ce qui nous introduit directement vers les prémisses de l'expression romantique.
Concerto A m [FLÛTE 2 VIOLONS CONTINUO] (1726-1728) (***/**/-/-)
Concerto G m [FLÛTE 3 VIOLONS CONTINUO] (1726-1728) (**/*/-/-)
Concerto C m [FLÛTE 3 VIOLONS ALTO CONTINUO] (1726-1728) (***/*/***/***)
Concerto F m [FLÛTE 3 VIOLONS ALTO CONTINUO] (1726-1728) (*/*/***/***)
FIORILLO Federigo (1755-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto n°1 (*/**/*)
Fiorillo, me semble-t-il, ne s'évade guère des formules de la musique galante dans les premier et troisième mouvement de cette oeuvre, rythme enjoué permanent, résolutions mélodiques ultra-simplistes... En revanche, il me semble trouver une mélodicité, un sentiment de sérénité plus authentique dans le mouvement lent où le soliste intervient dans une tessiture relativement grave.
FRANCAIX Jean (1912-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 1936 (-/-/-)
Concerto moderne, très monotone à mon avis
Concerto (2 PIANOS ORCHESTRE) 1965 (*/-/*)
Ce concerto m'apparaît plus confus, plus moderne que le concerto pour piano. Le rythme est uniformément rapide. Aucun dessin mélodique ne semble se dégager.
Concertino 1932 (-/-/*/*)
Variations 1976 (-)
FRANCK César (1822-1890)
ORCHESTRE
Symphonie ré m 1888 (**/-/-)
Marquée incontestablement par le wagnérisme, cette œuvre se rapproche cependant beaucoup plus du style de Dvorak. De Wagner, elle tient la lenteur calculée des progressions, de Dvorak l'effusion lyrique, la grandeur et certains tours thématiques. Ce qui frappe le plus à mon avis, c'est le caractère sombrement romantique de l'œuvre, d'une coloration parfois funèbre. La meilleure partie semble être l'introduction et le thème principal du premier mouvement, celui-ci comporte malheureusement à mon avis une longue partie centrale d'intérêt médiocre. Les deux autres mouvements, dans un style moins caractérisé, ne présentent pas, me semble-t-il, de thèmes marquants. On notera l'utilisation des pizzicati qui éloigne Franck du pur wagnérisme pour le rapprocher du style orchestral post-berliozien. Dans l'ensemble, l'orchestration conserve un caractère massif, puissant, mais ne manifeste jamais aucune lourdeur.
Le chasseur maudit, poème symphonique d'après Bürger 1874 (*)
Cette oeuvre présente une orchestration claire, subtile, très colorée, possédant cet accent mystérieux qui rappelle les poèmes symphoniques de Saint-Saëns. On remarquera l'ouverture somptueuse aux cors, l'utilisation des clochettes, du xylophone. La thématique est bien caractérisée, mais assez pauvre à mon avis, se limitant à un seul thème.
ORGUE (intégrale)
Très inégale à ce qu'il me semble, l'œuvre pour orgue de César Franck contient à mon avis quelques pièces essentielles (les 2 fantaisies et surtout la "Grande Pièce symphonique"). Dans ces œuvres, l'inspiration du maître me paraît lyrique, inventive, malheureusement elle demeure souvent encombrée par des développements ou des expansions inutiles. L'écriture de Franck, à mon avis, malgré de réelles subtilités mélodiques et harmoniques, demeure classico-romantique. En contraste, "Prière", "Cantabile" me paraissent s'évanouir dans l'insignifiance tandis que des pièces comme le "Choral n°3", la "Pièce héroïque" sombrent à mon avis dans une virtuosité vaine et artificielle. Le "Final", oserais-je dire contient même à ce qu'il me semble quelques vulgarités. Quel contraste à mon avis avec la hauteur d'inspiration des pièces de Lefébure-Wély auquel cette dernière pièce est dédiée.
Fantaisie en la 1878 (***)
Malgré sa trompeuse pâleur, cette fantaisie à mon avis affirme une thématique très riche. Il faut une écoute très attentive, me semble-t-il, pour capter le charme discret des mélodies de Franck. Comme chez Wagner, la lenteur, permettant la délectation musicale suprême, y devient une qualité supérieure. En première partie sont exposés deux thèmes lents, presque figés jusqu'à un motif central impérieux précédant la reprise des thèmes initiaux.
Fantaisie en ut 1862 (**)
Prière 1862 (-)
Cantabile 1878 (-)
Grande Pièce symphonique 1862 (***/**/**/**/**)
Cette pièce de grande ampleur se révèle à mon avis d'une grande richesse thématique malgré son inégalité. Elle peut avantageusement être décomposée en 5 parties. Après l'introduction, quelques accords dramatiques introduisent le thème principal, lapidaire et très lyrique, habilement varié dans la suite du mouvement à ce qu'il me semble. Le second mouvement est une mélodie lente dans l'aigu, d'un charme à mon avis certain, mais peut-être un peu trop monocorde. Le troisième mouvement est un scherzo, le quatrième une mélodie lente dans le medium. Enfin, le dernier mouvement permet le retour du thème principal qui sera développé en un final sous la forme d'une apothéose radieuse. Franck atteint incontestablement à mon avis un sentiment de grandeur qui hausse cette pièce magnifique au niveau des plus grandes compositions pour orgue. On peut malheureusement y déplorer, me semble-t-il, des passages plus faibles, souvent des intermèdes inutiles, dont Franck à mon avis aurait pu avantageusement faire l'économie.
Prélude, Fugue et Variations 1862 (-)
Pièce héroïque 1890 (-)
Choral n°1 en mi M 1890 (-)
Choral n°2 en si m 1890 (-)
Choral n°3 en la m 1890 (-)
Final 1862 (-)
PIANO
L'absence de dynamisme, de contraste dans ces pièces à mon avis très statiques, ajoutée à leur thématique qui me paraît peu marquante leur donne l'apparence de musique morte. Le brillant créateur du "Concerto n°2" écrit à 17 ans, qui était promis à une belle carrière de concertiste, est vraiment loin. Je ne peux m'empêcher de penser que Franck s'est stérilisé par parti-pris anti-romantique et anti-lyrique.
Prélude, choral et fugue (-)
Danse lente (-)
Canon et fuguette (-)
Prélude, fugue et variation (-)
La plainte de la poupée (-)
Chant de la Creuse (-)
Andantino quasi allegretto en mi m (-)
Chant de l'automne (*)
Chant béarnais (-)
Canon en mi M (-)
Poco allegretto en sol b M (-)
Amabile en la M (-)
Leggiero e grazioso en fa m (-)
Berceuse en fa d m (-)
Andantino en la M (-)
Danse en fa m (*)
PIANO ORCHESTRE
Le "Concerto n°2", oeuvre de jeunesse, est écrit dans un style très chopinien, ce qui n'exclut pas, me semble-t-il, un brio et une fraîcheur que l'on ne retrouve guère dans les oeuvres postérieures du maître. Les "Djinns" et les "Variations symphoniques" s'inscrivent dans le style de l'époque (Fauré, Pierné...). Les "Djinns" doit principalement son intérêt, me semble-t-il, à une admirable mélodie lente, subtilement variée. Les "Variations symphoniques" me paraissent brillantes, malgré un pianisme à la virtuosité très tempérée.
Variations symphoniques (**)
Concerto n°2 (***/*/***)
Les Djinns (**)
FREDERIC LE GRAND (1712-1786)
FLÛTE ORCHESTRE
Concerto en ut M (*/-/*)
Concerto typiquement mannheimien.
FUCHS Robert (1847-1927)
PIANO ORCHESTRE
Piano Concerto B flat minor op 27 (1879-1880) (***/-/*)
Oeuvre de transition sans doute si on la juge rétrospectivement par rapport à la production milieu de siècle et la lignée des concertos où dominent l'expansion solistique en cadences virtuoses délirantes et crescendos impressionnants comme dans le célèbre et tardif "Concerto n°1" de Tchaïkovsky, le "Concerto op 27" de Fuchs est révélateur de la grande synthèse où le raffinement des effets se surajoute aux contrastes et aux effets virtuoses. C'est la tension lyrique qui caractérise avant-tout cette oeuvre, quoique les passages virtuoses demeurent circonscrits, une tnesion lyrique qui n'est pas obligatoirement liée à la virtuosité. De simples accords ou motifs dialoguant avec l'orchestre sont imprégnés de cet élan qui traverse le premier mouvement. Orchestration aboutie, dénuée de toute pesanteur, quoique restreinte à des effets dépourvus de couleur instrumentale. Sur l'ensemble, contrairement à un grand nombre de ses contemporains, Fuchs cultive un style qui élimine la recherche de puissance et atteint un lyrisme éthéré, très pur. Le très long premier mouvement, sans réelle partie faible à mon avis, contraste avec les deux suivants qui me paraissent contenir assez peu de substance musicale.
HOLBROOKE Joseph (1878-1958)
PIANO ORCHESTRE
Piano Concerto n°1 The Song of Gwyn ap nudd op 52 (1908-1920) (-/-/-)
Cette oeuvre représente pour moi un continuum de virtuosité qui n'accroche pas, disperse l'attention au lieu de la concentrer. Et j'y déplore une absence totale d'esprit lyrique. Une oeuvre qui me paraît très décousue; sans aucune unité.
FUX Johann Joseph
ORGUE
Adagio per organo (-)
Cette pièce statique me paraît très monocorde et pâle.
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