SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE- GAA


LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (***/-/**)

Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait


GADE Niels W. (1817-1890)

DUO PIANO VIOLON

Avec ces duos d'une écriture virtuose, tonique et mélodique en même temps, Gades signe ici incontestablement à mon avis des œuvres puissamment originales qui révèlent d'étoffe d'un grand compositeur. Les meilleurs parties sont peut-être les mouvements lents de la "Sonate n°1" et de la "Sonate n°2". Ces duos comportent également des passages mordants, puissamment contrastées, empreints d'un certain pathétisme. Il manque peut-être encore à Gades la capacité d'exploiter une idée initiale car presque tous les mouvements bénéficient d'un thème principal excellent et l'intérêt, à mon sens, se dilue souvent dans les développements.

Sonate n°1 la M op 6 (*/*/*)

Sonate n°2 ré m op 21 (*/**/-)

Sonata n°3 si b op 59 (**/**/*)

ORCHESTRE

La "Symphonie n°1", l'ouverture "Hamlet", l'ouverture "Échos d'Ossian" s'apparentent à un même style très caractérisé où l'on discerne la marque sensible du rhapsodisme nordique. Déjà, de nombreux effets qui apparaîtront chez Sibelius, Grieg, Halvorsen… se trouvent pleinement représentés dans ces œuvres. Nulle trace du style symphonique traditionnel de Mendelssohn ou de Schumann, et pas plus de Beethoven. Il semble également que Wagner y ait puisé car le "wagnérisme", notamment du 3ème mouvement de la "Symphonie n°1" ne saurait être un emprunt à ce compositeur, les œuvres symphoniques de Gade dont il est ici question étant antérieures à presque toute la production du maître de Bayreuth. Gade oppose généralement un thème puissamment lyrique du trombone (notamment dans l'ouverture "Échos d'Ossian" avec des scansions du tutti de violons, motif à mon avis absolument sublime) à des moments de dépression où s'expriment les bois et les cordes. L'utilisation des timbales en pianissimo (notamment dans l'introduction de l'ouverture "Hamlet" me paraît remarquable et constitue un des effets qui perdureront dans la musique post-romantique nordique. Au-delà des procédés, Gade nous suggère un sentiment de désolation, de mystère et de tristesse extraordinairement prenant. Néanmoins, ces effets thématiques semblent parfois un peu sommaires dans la fanfare tonitruante (à mon goût) du 4ème mouvement de la "Symphonie n°1". C'est dans l'ouverture "Écho d'Ossian" que le contraste dramatique atteint à mon avis sa plus haute expression entre le motif au trombone et la partie lente. Cette partie, d'autre part, comporte des interjections des bois étonnantes annonçant la musique impressionniste. Enfin, dans le 2ème mouvement (lent) de cette même symphonie, Gade démontre à mon avis tout son génie thématique.

Symphonie n°1 op 5 1943 (**/***/***/*)

Ouverture Hamlet (**)

Ouverture Échos d'Ossian (***)

ORCHESTRE [ORCHESTRE A CORDES]

Novelletter op 53 in F M (1874) (-/-/-/-)

Novelletter op 58 in E M (1883-1886) (*)

Dans cette oeuvre, Gade n'affirme à mon avis aucune des qualités qu'il avait montrées dans sa Symphonie n°1 ou son ouverture Echos d'Ossian. Cette Novelletter semble être l'enterrement et la négation de ce que le compositeur a pu représenter de force lyrique, de rhapsodisme, de couleur instrumentale. A peine surnagent quelques bribes de motifs gentiment développés. Un ensemble insipide caractérise à mon sens la Novelletter op 53 tandis que la seconde (op 58) paraît plus tonique, accorde un peu plus d'individualité aux différents registres. Le premier mouvement exprime même un certain pathétisme, toutefois limité.

GALUPPI Baldassare (1706-1785)

QUATUOR

Concerto a quatro n°2 (**/*/**)

L'œuvre présente un rythme dynamique, parfois heurté et, dans le premier mouvement, encore assujetti à la régularité des premières oeuvres baroques (comme dans l'"opus III" de Vivaldi). Les soli manifestent, à mon avis, beaucoup de verve et d'invention. Dans le mouvement lent, le soliste, dans le médium développe une mélodie pathétique.

GALYNINE Herman (1922-1966)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1 (*/*/***)

Cette oeuvre est écrite dans un langage pseudo-classique avec des thèmes caractérisés et un mélodisme clair qui confèrent à l'ensemble une trame tout à fait tonale. Galynine y insère une des caractéristiques modernes: une alacrité rythmique soutenue, une orchestration vigoureuse, très cuivrée. Le second mouvement s'inscrit dans la lignée des oeuvres expressionnistes russes. L'ensemble rappelle assez le "Concerto" de Christoff.

GAMARRA Manuel de (av 1753-ap 1772)

PIANO

Sonate en la m (*)

Verso (-)

GAROFALO Carlo Giorgio (1886-1962)

ORCHESTRE

Symphonie romantique (***/-*/***/**)

On remarquera particulièrement l'ouverture grandiose du premier mouvement, sombrement romantique, aux cuivres et à l'orgue dans une coloration d'une puissante originalité. Les longues périodes mélodiques qui suivent apparentent à l'évidence cette symphonie aux ballets tchaïkovskiens, notamment le "Lac des cygnes". La répétitivité un peu trop accusée des motifs y ajoute même un certain caractère lancinant qui n'est pas sans rappeler certains mouvements de la "Pathétique". Le troisième mouvement, sans doute le mieux réussi, affirme la même influence, notamment par son instrumentation, en particulier le xylophone. Garofalo rejoint ici le Glazounov des "Saisons". Sans pousser aussi loin l'exploitation du style des ballets tchaïkovskiens sur le plan de l'orchestration, il apporte des effets à mon avis réellement nouveaux. Le dernier mouvement débute par une ouverture pathétique révélant une utilisation magistrale des trombones à laquelle s'ajoute de subtils interventions du violon et du hautbois en petits motifs solo. La suite me paraît moins inspiré jusqu'à la coda qui termine l'oeuvre dans un déploiement de l'orgue assez luxuriant. Garofalo, dans l'ensemble, réussit mieux que Saint-Saëns à mon avis l'intégration de l'orgue avec le grand orchestre symphonique grâce à un sens de l'harmonie et de la nuance très poussés, néanmoins cet instrument n'intervient qu'aux moments stratégiques pour amplifier le discours.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (***/*/***)

Le style très purement néoclassique de Garofalo s'apparente à celui de Glazounov pour le traitement du soliste, notamment sa coloration particulière, cependant, me semble-t-il, avec une originalité moins évidente et une virtuosité moindre. Le premier mouvement demeure cependant à mon avis le plus inspiré. La maestria du violon en des motifs renouvelés permet de retenir sans faiblir l'attention de l'auditeur. L'orchestration, très mélodique, sans couleur instrumentale très marquée, s'inscrit dans la même volonté de néoclassicisme. Le dernier mouvement recèle une légère marque rhapsodique slave par son ouverture, qui se dissipe rapidement par la suite pour se rapprocher plutôt d'un 3ème mouvement paganinien, avec une bravoure moins affirmée cependant.

GATTI Luigi (1740-1817)

Les œuvres de musique de chambre pour divers instruments ci-dessous se caractérisent par une conformité sans surprise au style galant. L'écriture est variée, déliée, cependant sans virtuosité. A mon sens, aucune thématique n'est marquante dans ces œuvres.

QUATUOR

Quartetto ut m [ALTO HAUTBOIS VIOLON VIOLONCELLE] (1780-1790) (-/-/-)

SEXTUOR

Sestetto en mi b M [BASSON COR ANGLAIS CONTREBASSE VIOLON VIOLONCELLE] (1780-1790) (-/-/-/-)

SEPTUOR

Settimino concertante fa M [ALTO CONTREBASSE 2 CORS

HAUTBOIS VIOLON VIOLONCELLE] (1780-1790) (-/-/-/-)

GAUBERT Philippe (1879-1941)

FLUTE PIANO

Nocturne et Allegro scherzando (1906) (*/***)

Un thème principal bien caractérisé, un motif lent bien senti, communiquent tout son intérêt à la seconde partie de cette oeuvre.

GAUTIER Judith (XXème)

PIANO

Ecoutez le coucou (**)

Danse javanaise (*)

GEDALGE (1856-1926)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Le piano, dans un style, me semble-t-il, pesant, procède souvent par accords répétitifs. De même, l'orchestre à mon avis nous assène de longs accords dans des harmonies peu variées. L'œuvre me paraît témoigner d'un manque d'imagination affligeant.

GEITNER (XXème)

PIANO ORCHESTRE

Rhapsodie (*)

Cette oeuvre contient de nombreuses réminiscences romantiques (Liszt, Rimski) à peine teintées de modernisme. On peut regretter un thème principal à mon avis faible et trop répétitif. La partie centrale est peut-être la plus réussie. On peut rapprocher ce concerto de celui d'Addinsell.

GEMINIANI Francesco (1687-1762)

Les oeuvres de Geminiani, notamment les sonates, témoignent parfois d'une recherche de virtuosité et de lyrisme comme par exemple les deux premiers mouvements de la "Sonate n°3 en mi m op 1 n°3". Le rythme est souvent dynamique, entraînant. Ces qualités ne masquent pas un aspect systématique dans l'écriture qui me paraît encore souvent guindée. Les derniers mouvements obéissent presque toujours au rythme fugué. Le "Concerto grosso en sol M" est plus dynamique que ceux de Corelli et le jeu violonistique plus délié.

TRIO 2 VIOLONS BASSE CONTINUE

Sonate (transcription Sonate violon op 1 n°9) (-/-/-)

Sonate n°3 in mi m op 1 n°3 (*/**/-)

Le second mouvement adopte une forme de cadence courte comparable à celle du concerto "Par la san Lingua di San Antonio" de Vivaldi.

Sonate n°5 en la m (transcription Sonate violon op 1 n°11) (-/-/-)

Sonate en la M op 4 n°12 (*/-/-)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto grosso en sol M (-/-/-)

GEMINIANI/CORELLI

VIOLON ORCHESTRE

Concerto grosso "La Folia" d'après une sonate de Corelli en ré m op 5 n°12 (*)

Suite de sections lentes ou très rapides, parfois très virtuoses. L'une d'elle consiste en figurations rapides de la basse sur accompagnement de violon. Le thème de la "Folia" est notamment bien perceptible dans la première section.

GENIN Paul-Agricole

FLÛTE ORCHESTRE

Carnaval de Venise (***)

Ces variations de haute virtuosité répondent au genre proposé de la variation par leur caractère brillantissime. L'oeuvre se compose d'une succession de passages solistiques. L'accompagnement orchestral, léger, mais toujours judicieux, évoque une fête carnavalesque avec un tact accompli, sans jamais verser dans la vulgarité ni même la truculence. La thématique de l'ouverture évoque habilement la musique baroque vénitienne du 18e siècle.

GERNSHEIM Friedrich (1839-1916)

ORCHESTRE

Les 4 symphonies de Gernsheim présentent toutes un même style post-classique. Aucune évolution notable entre la première et la quatrième n’apparaît. Si Gernsheim, en cette époque tardive, a intégré certains aspects du symphonisme wagnérien, il n’a pas renoncé à la texture orchestrale de la première époque viennoise, voire même à certaines lourdeurs inhérentes à ce style. Aucune recherche de colorisme n’est perceptible, ni, il faut l’avouer, aucune recherche de style personnel. Malgré cela, la première symphonie m’apparaît comme un chef-d’oeuvre. Très pathétique et très lyrique, le premier mouvement, notamment, est parcouru de vastes crescendos alliant le style beethovénien et rossinien. On sent que Gernsheim a conçu ce mouvement pour l’expression de ces admirables amplifications dans lesquelles les registres se succèdent avec un art achevé. Le 3e mouvement de cette même symphonie est un scherzo trépidant, mais nuancé. Un thème central créé un contraste rythmique très puissant. Dans le dernier mouvement, Gernsheim montre sa capacité à développer d’amples mélodies. C’est encore la 3e symphonie qui me paraît présenter quelqu’intérêt dans un style comparable à la première. Le mélodisme domine dans la seconde. En revanche, l’intention pathétique semble totalement absent de la 4e symphonie, sombrant à mon avis dans un pittoresque étriqué.

Symphonie n°1 (1875) (***/**/***/***)

Symphonie n°2 (1882) (-/-/-/-)

Symphonie n°3 (1887) (*/-/*/-)

Symphonie n°4 (1895) (*/-/-/-)

GERSHWIN George (1898-1937)

PIANO ORCHESTRE

Le concerto utilise largement la musique folklorique américaine: jazz, musique de western, avec son mélodisme irlandais si particulier, et parfois une coloration ibérique. Gershwin ne cède jamais, me semble-t-il, à la facilité qu'on aurait pu attendre malgré une instrumentation peu commune où dominent les cuivres et la clarinette. Le style jazzé de Gershwin, loin d'adopter la pulsion rythmique continuelle du jazz, se caractérise par des motifs très mélodiques. Ce rhapsodisme est cependant plus prononcé que celui de Grofé, de Macdowell. Dans "Rhapsodie in blue", l'orchestration très jazzée de Ferdé Grofé s'accorde avec un piano virtuose qui multiplie à mon avis les harmonies subtiles en une série de belles cadences. C'est incontestablement, me semble-t-il, un chef-d'œuvre de musique rhapsodique, qui demeure d'un style profondément classique. Les variations sur "I got rythms" et la "Rhapsodie n°2" me paraissent des oeuvres plus modernistes et assez confuses.

Concerto (**/**/***)

Rhapsodie in blue (orchestration de F. Grofé) (***)

Variations sur "I got rythms" (-)

Rhapsodie n°2 (*)

GIORNOVICCHI Giovanni Mane (ou JARNOVIC) (1735-1804)

VIOLON ORCHESTRE

Les concertos de Giornovichi ci-dessous s'inscrivent typiquement dans la mouvance post-mannheimienne (Nardini, Fiorello, Rolla, Viotti…). Bien qu'il utilise l'écriture staccato en un jeu souple et délié nettement plus que les compositeurs de l'école de Mannheim. Le violonisme apparaît nettement moins libéré que celui de Viotti, dont il n'atteint pas à mon avis l'ampleur ni la virtuosité. En revanche, l'orchestration, dans laquelle les vents, peu représentés, servent presqu'uniquement de soutien aux cordes dans les tutti, demeure très proche du symphonisme mannheimien le plus élémentaire. Un caractère archaïque conservé par Giornovicchi me semble être une grande uniformité rythmique (notamment dans le "Rondo" 3e mouvement du "Concerto n° 3" par exemple ou l'"Allegro moderato" 1er mouvement du "Concerto n° 2"). On remarquera curieusement pour cette époque une longueur importante des mouvements (souvent plus de dix minutes) que l'on peut juger excessive, eu égard à une thématique, à mon avis, très insuffisante. En revanche, à l'occasion de certains mouvements lents (l'"Adagio" 1er mouvement du "Concerto n° 8" et le "Largo" 2e mouvement du "Concerto n° 9"), Giornovichi, montre, me semble-t-il, son réel génie et dans le 1er mouvement (Allegro) du "Concerto n°3", il nous donne, à mon avis, une preuve de son aptitude à un lyrisme plus élevé. Aucune évolution perceptible ne semble apparaître entre le "Concerto n°2" et le "Concerto n°10".

Concerto n° 2 D M (-/-/*)

Concerto n° 3 G M (**/-/-)

Concerto n° 6 F M (**/-/**)

Concerto n° 8 B d M (*/*/*)

Concerto n° 9 G M (1779) (-/*/-)

Concerto n° 10 F M (*/-/-)

GIAZOTTO Remo (XXème)

VIOLON ORCHESTRE

Adagio d’après Albinoni (****)

Cette oeuvre au pathétisme troublant est peut-être une des plus belles du répertoire. L'on y sent le mystère de l'Au-delà et l'insondable douleur de l'Homme devant l'Univers... Cette composition, largement due à Giazotto, musicographe de notre siècle, plus qu'à Albinoni, reflète en effet assez peu le style de la première moitié du XVIIIème siècle. Le passage le plus sublime à mon avis est peut-être celui représenté par les grandes envolées très expressives du violon ponctuées par des accords de l'orgue.

GIGOUT Eugène (1844-1925)

ORGUE

Scherzo-toccate (*)

Malgré à mon avis un très beau motif d'ouverture, l'œuvre, me semble-t-il, sombre vite dans une thématique disparate et confuse. Ce motif principal révèle le traitement très moderne que Gigout imprime à la composition pour orgue à l'instar de Widor.

GINASTERA Alberto (1916-1956)

HARPE ORCHESTRE

Concerto pour harpe et orchestre op 25 (-/-/*)

Oeuvre moderne dans laquelle Ginastera fait preuve d'une recherche évidente de virtuosité, notamment dans la première partie du troisième mouvement, virtuosité vaine, me semble-t-il, qui n'engendre aucun effet lyrique. La seconde partie de ce mouvement expose des variations sur un thème très tonal; l'accompagnement malheureusement y superpose, me semble-t-il, des effets rythmiques modernes aussi disgracieux que gratuits.

GIULIANI Mauro (1781-1829)

GUITARE ORCHESTRE

Cette oeuvre nous présente un compositeur relativement classique qui ne communique pas à l'instrument soliste la spécificité lui permettant de se distinguer. Aucun motif remarquable ne me paraît s'affirmer à l'intérieur de cette partie bien monocorde. C'est encore l'orchestration, classique elle aussi, qui ravive quelque peu l'intérêt ce cette œuvre. Le troisième mouvement nous gratifie d'une partie soliste mieux intégrée à l'orchestre. C'est encore à mon avis l'ouverture orchestrale assez pathétique du premier mouvement qui constitue le meilleur moment de l'œuvre.

Concerto op 30 (CORDES TIMBALES) 1808 (-/-/-)

DUO VIOLON GUITARE

Giuliani affirme un style violonistique proche de Paganini, dont il atteint , à mon avis, l’aisance et la souplesse. Comme l’illustre Génois, il évolue dans une tessiture très aiguë. Sa thématique, bien qu’empreinte aussi de chromatisme, se différentie nettement de celle de Paganini. L’expressivité de sa mélodie atteint des accents plaintifs, bien caractéristiques du premier romantique. On peut déplorer dans la "Sonate" quelques résolutions mélodiques assez archaïques. C’est l’admirable premier mouvement "Maestoso", à mon avis, qui représente le mieux l’art violonistique de Giuliani. On ne peut cependant le juger dans cette oeuvre sur l’écriture des motifs en doubles cordes, pour lesquelles Paganini excelle. Au contraire , le second mouvement "Thème et Variations" évoque plutôt une étude, rôle que lui a peut-être assigné le compositeur. On remarquera dans la première et la seconde variation l’utilisation du violon en pianissimo en accompagnement de la guitare, essai hardi et original d’accommodement des deux instruments. Malgré l’intérêt réel du thème à mon avis, il semble que son exploitation ne conduise qu’à son amoindrissement. Le quatrième mouvement "Rondo Allegretto" final présente la particularité de bien mettre en évidence la partie de guitare grâce à des motifs caractéristiques.

Sonata (***/-/**/**/*)

GIULIANI Mauro/ROSSINI

GUITARE

Rossiniana n°1 sur des thèmes d'opéras de Rossini (-)

GJERSTROM Gunnar (1891-1951)

ORCHESTRE

Legend (***)

Une ample mélodie mélancolique et âpre.

GLASS Philip (1937-)

L'ensemble des œuvres qui suivent s'inscrivent typiquement dans le style des œuvres répétitives. Les thèmes répétés sont généralement de courtes cellules de quelques notes. Ce type de musique porte le concept de répétitivité, déjà au cœur de toute musique, à ses limites extrêmes. Il communique, me semble-t-il parfois une angoisse lancinante qui le rapprocherait de la musique moderne, malgré le tonalisme assez franc adopté par Glass. On ne peut nier la séduction de la répétitivité en elle-même, d'autant plus que Glass a su, à mon avis, compenser la monotonie consécutive de ce style par un certain art de la variation orchestrale. De ce point de vue, on retiendra le "Prélude", premier mouvement d'"Akhnaten", extrêmement répétitif, mais manifestant à mon avis une réelle recherche symphonique. Dans le premier et le troisième mouvement du "Concerto pour violon", Glass utilise quelques effets violonistiques baroques très vivaldiens, des marches d'harmonies en les parant d'un déploiement orchestral assez fascinant. Le rythme, dynamique, est le second élément qui permet à Glass d'éviter, dans une certaine mesure, la torpeur qu'engendre la répétitivité. Malgré ces qualités, la pauvreté thématique inhérente au style répétitif, à mon avis, hausse rarement l'intérêt de ces œuvres au-dessus d'un effet de jouissance presque organique très primaire, vite lassant. C'est encore le concerto pour violon, qui, à mon avis, exprime le mieux, les qualités de Philip Glass.

ORCHESTRE

Company (1983) (-/-/-/-)

Akhnaten (1984) (-/-)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (1987) (*/-/*)

GLAZOUNOV Alexandre (1865-1936)

ORCHESTRE

Les ballets de Glazounov si situent dans la lignée des ballets tchaïkovskiens au style symphonique si spécifique. Les éléments en sont les suivants: courtes sections rythmiques très contrastées, instrumentation colorée (clarinette, xylophone, harpe, triangle...) évoquant une atmosphère féerique, mélodisme chantant des thèmes, base rythmique sous-jacente, utilisation de folklores divers: russe, espagnol, chinois, oriental, valses... Glazounov, malgré une thématique parfois simple, échappe, me semble-t-il, toujours à la facilité. Et quelle science de l’orchestration. "Les saisons" représentent sans doute un des meilleurs ballets jamais écrit. Les autres partitions orchestrales de Glazounov, plus inégales à mon avis, montrent un style aussi subtil, aussi raffiné et coloré, mais elles n'atteignent pas, me semble-t-il, un degré d'originalité comparable aux ballets. L'empreinte rhapsodique y est généralement moins forte.

Ouverture de fête D dur op 73 (**)

L’automne (*)

Scène dansante 1894 (***)

Oeuvre à mon avis d’un très grand raffinement orchestral se situant dans la lignée des fantaisies d’Arenski et Liapounov. Elle se caractérise par l’exploitation des extrême-aigus, l’utilisation de la harpe évoquant une atmosphère aérienne, subtile, pure.

À la mémoire de Gogol

Prologue symphonique op 87 (***)

Carnaval op 45 (**)

Le prologue évoque irrésistiblement une atmosphère de volupté supérieure, contrastant curieusement avec l'évocation supposée du personnage de Gogol. Le carnaval, bien que varié, vivant, conformément au style très policé de Glazounov, n'évoque pas, me semble-t-il, la truculence qu'on pourrait attendre d'une telle évocation.

Scène de ballet op 52 1894 (***/*/*/*/**/**/***/***)

La partie la plus marquante est à mon avis le "Préambule": une ouverture en fanfare extraordinairement complexe suivie par un thème mélodique hispanisant dont l’effet me paraît saisissant. "Pas d’action" est une mélodie voluptueuse au violoncelle sur un fond d’arpèges à la harpe. La "Valse" et la "Polonaise" terminant la scène me paraissent particulièrement séduisantes.

Les saisons (***/***/*/*/*/*/-/***/*/***/**/****/***/**/**) GLAZOUNOV

L’"Hiver Introduction", à l'orchestration complexe, comporte quelques échos des "Planètes" de Holst. Les parties les plus marquantes sont à mon avis le "Premier tableau", le "Troisième tableau: l’été" comprenant la "Barcarolle", et surtout la magistrale "Coda", le "Quatrième tableau: l’automne". "Les saisons" représentent sans doute un des plus beaux ballets jamais écrit dans le sillage de "Casse-noisette".

Deux préludes

A la mémoire de Stassov (-)

A la mémoire de Rimski-Korsakov (-)

Ces 2 préludes, écrits dans un style quelque peu funèbre, à mon avis, sombrent vite dans la monotonie.

Sketches finaux

n°1 Sur le Kalevala (*)

n°2 Procession (*)

Raymonda op 57

Acte I (-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/*/-/*/-/-/-/-/**/-/**/-/-/**/-/-/-/-/***/-/-/-/-/-)

Acte II (-/-/-/-/-/-/-/-/*/-/-/*/*/**/**/*/-/-/-)

Acte III (-/-/-/-/-/-/-/-/**/*/*/-)

Quelques grands passages, à mon avis, émergent, noyés dans les trop nombreux épisodes de ce trop long ballet. On retrouve l’atmosphère féerique des ballets tchaïkovskiens, l’utilisation particulière des percussions, la présence des thèmes folkloriques variés… dans une orchestration en même temps raffinée, colorée. On retiendra le thème nostalgique de la "Scène mimique" repris dans l’« Entracte » au premier acte, la belle mélodie lente du "Grand adagio" dans ce même acte rappelant quelque peu "Le cygne" de Saint-Saëns, le « Grand pas espagnol » dans le second acte repris quelque peu dans la "Bacchanale", la "Danse orientale", la "Variation IV" de l’Acte III, très orientalisante, au piano, superbement intégré. La meilleure partie est peut-être la "Coda" de l’Acte I, à l’allure de musique de cirque, très entraînante.

Fantaisie la Mer op 28 1889 (*)

Synthèse des styles débusséen, rimskien et wagnérien, cette oeuvre, bien que subtilement orchestré, n'offre guère, à mon avis, d'assise thématique suffisamment marquante. On remarquera au centre un grand passage en nuance forte très mouvementé. Seuls, quelques effets typiques de musique russe, notamment l'utilisation des flûtes piccolo dans l'extrême aigu communiquent, me semble-t-il, quelqu'intérêt à cette œuvre.

Rhapsodie orientale op 29 1889 (*/**/*/*/**)

Cette œuvre de style orientalisant comprend des épisodes variés rappelant Rimski (Shéhérazade) ou parfois Sibelius (notamment le premier mouvement (Soir, la ville dort, l'appel des veilleurs). On remarquera l'utilisation originale des bois, notamment les flûtes piccolo, dans un jeu chromatique de glissandi dans l'extrême aigu. L'œuvre se termine par un passage lyrique très appuyé par les cuivres et percussions, sans doute la meilleure partie (Célébration des guerriers, Apparition du jeune chanteur, Orgie débridée).

Ballade op 78 1902 (-)

Cortège solennel op 91 1910 (-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1 (-/-)

Oeuvre à mon avis assez confuse, comparativement au "Concerto n°2". La virtuosité m'apparaît totalement gratuite, le style est plutôt exubérant ou parfois sans dynamique. Aucune thématique précise, me semble-t-il, ne ressort de l'ensemble.

Concerto n°2 (-)

A part une bribe de motif provenant du "Concerto pour piano" de Rimski et une autre provenant du "Concerto n°2" de Macdowell (à moins qu'il s'agisse d'un emprunt à une œuvre commune) l'œuvre, à mon avis, ne recèle guère de thèmes marquants. Le pianisme, assez monotone, est plus proche d'un pianisme d'accompagnement, bien que l'orchestre demeure réservé dans l'ensemble. Ce concerto est très classique pour son époque.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (**/***)

Dans cette oeuvre courte à mouvements non séparés, deux parties sont apparentes: une partie de tempo relativement lent et une partie rapide. La première partie est construite sur un thème d'allure tzigane, lent, très expressif à mon avis; malheureusement, hors quelques passages plus rapides, le reste, me semble-t-il, se perd en développements de faible intérêt. La seconde partie présente des variations assez étonnantes sur un thème qui me paraît pourtant d'intérêt limité. On notera l'emploi judicieux des pizzicati et une virtuosité toujours justifiée par les nécessités de la thématique.

Méditation op 32 (-)

Cette oeuvre très courte est une mélodie assez animée soutenue par un fond orchestral intermittent, de style vaguement impressionniste (harpe). L'ensemble me paraît monotone.

Mazurka-oberek ré M 1917 (-)

Cette mazurka, écrite dans le registre aigu, malgré une certaine volubilité, n’impose à mon avis aucun thème digne d’intérêt

GLIERE Reinhold (1875-1956)

DUO VIOLONS

Évoluant dans une tessiture très aiguë, les deux instruments affirment un jeu dynamique à la virtuosité cependant limitée. Les passages mélodiques alternent avec de nombreux passages harmoniques en doubles cordes (dans le second "Andante", l'"Allegretto", le "Vivace" final), parfois des bariolages (dans le "Con moto"). Le "Poco allegro" exploite un thème mélodique très expressif, repris sous forme dérivée dans le "Con moto". Ces œuvres sont écrites dans un style purement romantique. Sur l'ensemble, il me paraît que Gliere n'exploite pas considérablement les possibilités instrumentales et surtout musicales de ce genre.

12 duos op 49 (1909)

1 Andante (-)

2 Andantino (-)

3 Andante (-)

4 Poco allegro (*)

5 Vivace (-)

6 Con moto (-)

7 Allegretto (-)

8 Con moto (-)

9 Andante (-)

10 Con moto (*)

11 Cantabile (*)

12 Vivace

DUO VIOLONCELLES

Les 2 instruments, qui exploitent souvent l'aigu, (par exemple dans le "Leggiero", le "Capriccioso") montrent une grande volubilité. Gliere évite le style si souvent morne lié à ce genre instrumental, cependant la limitation propre au violoncelle, à mon avis, ne permet pas de hausser l'intérêt musical de ces œuvre au-dessus de celui d'études scholastiques, ce qui fut probablement l'intention de l'auteur. Le style est romantique

10 duos op 53 (1912)

1 Commodo (-)

2 Leggiero (-)

3 Con moto (-)

4 Vivace (-)

5 Andante (-)

6 Energico (-)

7 Animato (-)

8 Giocoso (-)

9 Andantino (-)

10 Capriccioso (-)

DUO VIOLON VIOLONCELLE

Gliere ne se délivre pas, me semble-t-il, d'un style compassé, se limitant à un mélodisme un peu simpliste, parfois proche du prébaroque. Le violoncelle joue le rôle d'accompagnement, sauf dans le "Scherzo" où il alterne avec le violon. L'"Etude", très courte, se distingue par sa virtuosité et son rythme frénétique. L'écriture demeure classico-romantique.

10 duos op 53 (1912)

1 Commodo (-)

2 Leggiero (-)

3 Con moto (-)

4 Vivace (-)

5 Andante (-)

6 Energico (-)

7 Animato (-)

8 Giocoso (-)

9 Andantino (-)

10 Capriccioso (-)

HARPE ORCHESTRE

Concerto mi m op 182 (***/***/***)

Cette oeuvre rappelle très typiquement le style de la "Ballade" de Fauré ou de la "Raphsodie symphonique" de Turina avec ses thèmes d'une grande suavité. L'on atteint ici à mon avis un état de volupté presque orgastique. Gliere exploite naturellement les arpèges, si propres à l'instrument, mais ceux-ci ne se limitent jamais à créer un fond musical, une atmosphère, ils valent comme ligne mélodique. On ajoutera à cela comme dans la "Ballade" de Fauré les petits motifs aux bois, l'absence remarquable des cuivres dans un orchestre homogène recourant largement aux cordes. Le 2ème mouvement contient à mon avis un superbe crescendo ponctué par l'orchestre.

ORCHESTRE

Symphonie n°1 1900 (*/*/-/-)

Cette symphonie, par rapport à sa suivante, apparaît d'une facture beaucoup plus classique, d'un symphonisme moins subtil, moins coloré, moins rhapsodique. Dans le premier mouvement, un thème conducteur, en nuance forte, assez massif, s'épanouit entre des sections plus calmes. Le second mouvement, plus varié, apporte une plus grande diversité dans le traitement instrumental.

Symphonie n°2 C m op 25 1907 (***/*/**/*)

Dans cette oeuvre au style grandiose, puissant et raffiné, Gliere semble insensible aux hypersubtilités de l'impressionnisme finissant qui caractérise son époque. Il déploie sans complexe un style d'une parfaite maturité romantique qui semble un aboutissement insurpassé. Si l'ensemble de l'oeuvre se caractérise par un contenu thématique d'intérêt à mon avis très variable, elle contient de superbes pages d'une grandeur lyrique étonnante. Le premier mouvement affirme un thème sublime alliant paradoxalement un certain caractère grandiose et une tendance voluptueuse. C'est la recherche de puissance qui semble marquer ce mouvement par l'omniprésence du trombone doublé parfois par la timbale. On remarquera, en guise de coda, une réexposition dans un tempo lent du thème principal, particulièrement pathétique. Cette oeuvre très cuivrée n'est jamais désagréablement dissonante ni cacophonique comme le seront un grand nombre d’œuvres symphoniques écrites au cours des décennies suivantes. Il faut également signaler une utilisation merveilleuse du rhapsodisme, notamment au début du quatrième mouvement par un thème d'allure cosaque. Le troisième mouvement est composé de sections séparées dont la thématique évoque plutôt le style symphonique des ballets.

Le pavot rouge ballet 1927 (***/*/**/*/*/**/**)

Gliere adopte dans ce ballet, grâce à une instrumentation spécifique, le style coloré des ballets russes et une thématique simple, s'appuyant souvent sur les danses folkloriques. Sans doute utilise--il les séductions un peu faciles du rhapsodisme chinois dans la "Danse" et la "Danse chinoise", et même dans la "Scène". La "Danse héroïque des coolies", très orientalisante, doit être admirée par son originalité instrumentale.

Les cosaques zaporogues op 64 1921 (-/-/-/*/-)

Malgré l'originalité et la verve qu'on pourrait attendre d'un tel sujet (la fameuse lettre d'insulte envoyée au sultan), le style de Gliere à mon avis demeure assez terne, notamment sur le plan de la couleur instrumentale. Le quatrième mouvement, plus rhapsodique, affirme, me semble-t-il, des motifs plus captivants.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto G m op 100 1956 (***)

Cette oeuvre présente un caractère mélodique très prononcé, dont la teinte, légèrement nostalgique et angoissante, évoque précisément celui de Glazounov et parfois le violonisme du 19e siècle, par exemple dans le "Concerto" de White. Un violon au lyrisme contenu, mais très expressif, dont la virtuosité, pourtant appréciable, ne s'impose pas immédiatement. Les motifs en double cordes, au centre, se conforment au même style harmonieux et peu contrasté, fluide et ondoyant. L'orchestration de Lyatochinsky, souple, évanescente, dans le même esprit, s'amalgame parfaitement au soliste, notamment par de nombreux motifs à la flûte, mais aussi des développements de tutti. C'est le même caractère mélodique que présente cet orchestre, évoquant quelque peu le symphonisme de Garofalo. Une orchestration sublime et l'on ne saurait dire, dans cette oeuvre, si c'est Gliere ou Lyatochinsky qui se montre le plus subtil. L'ensemble de l'oeuvre évoque un épanchement sans heurt qui serait la paix de l'âme parvenue à son état parfait de quiétude. Le début du 3e mouvement, exceptionnellement, nous plonge, par un motif rhapsodique grave et rhapsodisme dans une expression plus inquiétante, mais qui se résorbe ensuite dans un mélodisme plus serein. Le "Concerto" de Gliere représente sans doute une des oeuvres les plus "néoclassiques" de son époque, il demeure pourtant marquée d'un empreinte originale issu du romantisme russe tardif dont on a sans doute trop vite déconsidéré l'importance et la valeur.

GLINKA Michaïl (1804-01857)

ORCHESTRE

L'orchestration dynamique et rutilante de Glinka, qui préfigure ce que sera celle du Groupe des Cinq, ne me convainc pas toujours. Il est paradoxal que les meilleures productions orchestrales de Glinka à mon avis concernent des oeuvres de rhapsodisme espagnol ("Nuit d'été à Madrid", la "Jota aragonaise") et non pas russe. Il est possible que les principaux effets du rhapsodisme russe n'aient pas encore été sondés et exploités à cette époque récente de la musique russe. L'ouverture de "Rousslan et Ludmilla" me donne une impression de feu d'artifice un peu inconsistant.

Nuit d'été à Madrid (***)

Karaminskaïa (*)

Rousslan et Ludmilla Ouverture (**)

Procession nuptiale (*)

Jota aragonesa (***)

Marche de Rousslan et Ludmilla (**)

Danses de Rousslan et Ludmilla (*)

GLINKA/BELLINI

PIANO ORCHESTRE

Variations sur "La sonnambula" de Bellini (*)

Ces variations sont conçues dans un esprit d'extrême simplicité. Le style est mélodique, à mon avis facile, d'intérêt, me semble-t-il, très restreint. Quelques sonorités rappellent Chopin, mais l'ensemble est plutôt mozartien.


SOMMAIRE


Site optimisé pour norme W3C sous Linux

Valid HTML 4.01 Transitional CSS Valide !