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RÉPERTOIRE CRITIQUE - GOA

LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES

- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel

Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (***/-/**)

Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait



GODARD Benjamin (1849-1895)

VIOLON ORCHESTRE

Oeuvres caractéristiques du violonisme propre à l'école franco-belge et encore imprégnées de la ferveur liée au premier romantisme malgré une date relativement tardive. Recherche évidente de lyrisme et de virtuosité qui s'affirment particulièrement dans le Concerto n°2, le Concerto romantique, notamment dans un magistral passage pathétique dans le 1er mouvement du Concerto romantique. Godard utilise une structure très libre où alternent les cadences internes virtuoses, sans nuire à la solidité thématique de l'ensemble. Une écriture souvent très chromatique traduisant une grande souplesse et, au contraire de Vieuxtemps et Saint-Saëns (mais à l'instar de De Bériot et Paganini), une tessiture très aigüë. L'orchestration, sans atteindre la richesse et la variété qu'elle revêt, à mon avis, chez Vieuxtemps ou Berlioz, demeure attractive, contrastée, colorée. Si le Concerto n°2 et le Concerto romantique s'affirment, à mon avis, comme des oeuvres majeures, les "Scènes poétiques" me paraissent des compositions bâclées, plutôt dans le registre de la musique facile.

Concerto n°2 op 131 (***/-/***)

Concerto romantique op 35 (***/**/**/***)

Scène poétiques op 46 (*/-/*/-)

FLÛTE ORCHESTRE

4 pièces pour flûte et orchestre

Allegretto (**)

Idylle (*)

Sérénade (*)

Légende pastorale (*)

Ces pièces d'un style romantique atténué présentent une flûte volubile qui ne vise jamais à la virtuosité et dont le pouvoir expressif me paraît limité. C'est la première de ces pièces, bâtie sur une thématique bien caractérisée, qui me semble la plus séduisante. La forme s'apparente plus souvent à celle de la mélodie accompagnée qu'à celle d'une véritable oeuvre concertante.

GOETZ Hermann (1840-1876)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (*/*/*)

Oeuvre de style romantique caractérisée à mon avis par la simplicité, la clarté, assez dynamique, bénéficiant d'une coda particulièrement triomphale. L'orchestration est souvent réduite à des fanfares. L'ensemble traduit malheureusement, me semble-t-il, une certaine insuffisance thématique.

GOLDMARK Karl (1830-1915)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (-/-/*)

Cette œuvre à mon avis se perd souvent en développements fastidieux, en particulier la cadence centrale du premier mouvement (mais est-elle autographe?), qui me paraît de faible intérêt. Le meilleur passage me semble être l'ouverture typiquement romantique du troisième mouvement. Certains accords rappellent le "Concerto" de Tchaïkovski.

GORECKI Henryk (1933-)

ORCHESTRE

Trois pièces dans le style ancien (-/-/-)

Cette œuvre pseudo-tonale présente dans le 1er et 3e mouvements de longs continuums de cordes engendrant une atmosphère vaguement angoissante. Le 2e mouvement, rythmé, présente une structure répétitive, à mon avis, très insupportable à l'écoute. Gorecki ne communique pas ici à son œuvre l'intérêt, pourtant très primaire, de la musique répétitive comme avait su le faire Glass.

ORCHESTRE VOIX

Symphonie n°3 op 36 Chants de deuil 1976

Œuvre lancinante, répétitive, cependant tonale. L'atmosphère évoquée par ces continuums statiques de cordes ou de voix, apparaît vaguement mystique. A mon sens, l'ensemble reflète une très grande pauvreté thématique.

GOTTSCHALK Louis MOREAU (1829-1869)

ORCHESTRE

Les deux oeuvres orchestrales ("Symphonie les Tropiques" et "Marche triomphale et final d'opéra" donnent malheureusement, me semble-t-il, une image affligeante du grand compositeur qu'est à mon avis Gottschalk. Ne se faisant aucune illusion sur sa symphonie "Les tropiques", Gottschalk la présente lui-même comme une symphonie "à effets", des effets qui me paraissent très douteux. En revanche, la "Marche", alternant fanfares et tutti de cordes peut passer à mon avis pour un honnête divertissement de concert.

Symphonie Les Tropiques (-)

Marche triomphale et final d’opéra (-)

PIANO

Malgré certaines réserves que l'on doit émettre, l'œuvre pour piano de Gottschalk doit à mon avis figurer aux côtés de celles de Chopin, de Liszt, de Saint-Saëns, de Tchaïkovski... parmi les plus importantes de l'époque romantique. Précisément, l'art de Gottschalk pourrait se définir comme une synthèse de l'art de Chopin et de Liszt à laquelle s'ajouteraient des effets originaux, notamment l'utilisation des notes redoublées dans l'extrême aigu. Plus encore que ses devanciers, Gottschalk atteint, me semble-t-il, une souplesse pianistique inégalée qui rejoint le style de l'école de Bélaïev (Liapounov, Arenski), il surenchérit sur Liszt dans l'utilisation des extrême-aigus; ses accélérations, ses glissandi me paraissent également remarquables. La seconde originalité de Gottschalk est la synthèse qu'il effectue dans le domaine rhapsodique: la musique sud-américaine, la musique nord-américaine, le jazz et même la musique espagnole (le remarquable, à mon avis, "Souvenir d'Andalousie"). Sa faiblesse réside sans doute dans l'adoption d'un rythme systématiquement jazzé dans certaines pièces qui confinent, me semble-t-il, à la facilité (comme dans le "Banjo", la "Gallina", "Pasquinade"...). Les exigences de la carrière virtuose du compositeur s'y font sans doute sentir, comme chez Gerschwin. En revanche, la fantaisie "El cocoye", sans doute son chef-d'oeuvre, se caractérise à mon avis par sa hauteur d'inspiration, son éblouissance et son pathétisme. "O ma charmante", "Suis-moi", dans le sillage de Chopin, sont des pièces plus purement romantiques et sentimentales. Gottschalk est sans doute un de ces pianistes-compositeurs pour lesquels la notoriété acquise sur les planches a provoqué le discrédit de la part des Intellectuels.

Les yeux créoles (***)

Minuit à Séville (*)

Dernière espérance (*)

Le cri de délivrance (***)

Danza (****)

Ô ma charmante (***)

Suis-moi (***)

Le banjo (**)

Souvenir de porto-Rico (***)

El cocoye (****)

Berceuse (**)

The Union (transcription) (***)

Grande valse radieuse de concert (***)

Polka ses yeux (***)

Danse cubaine la gallina (**)

Caprice Pasquinade (**)

Souvenir d’Andalousie (***) K

Orfa (**)

marche de nuit (**)

Le printemps d’amour (**)

Trémolo (**)

L’étincelle (**)

Le mancenillier (**)

Manchega (**)

Grand scherzo RO 114 (-)

Le bananier (*)

The dying poet (***)

Tournament galop (***)

PIANO ORCHESTRE

Les variations de Gottschalk sur les hymnes nationaux allient la dynamique, l'exubérance triomphale des fanfares à la subtilité du pianisme. Loin de sacrifier à la facilité à mon avis, ces oeuvres exploitent au contraire toute la panoplie des effets pianistiques, me semble-t-il, à leur plus haut degré de perfection, d'originalité, d'intensité, de nuance. Le registre aigu est à mon avis magistralement exploité par Gottschalk: en notes redoublées dans "The union", en accords arpégés dissonants dans la "Grande Fantaisie sur l'Hymne brésilien". Gottschalk exploite aussi magnifiquement, me semble-t-il, le pathétisme de certains motifs des hymnes nationaux comme dans les "Variations sur l'hymne national portugais". En revanche, la "Grande Tarentelle", d'un rythme à mon avis facile, ne me semble pas s'élèver au-dessus d'un bon divertissement de concert.

The union paraphrase de concert (***)

Grande fantaisie triomphale sur l’hymne brésilien (****)

Grande tarentelle (*)

Variations sur l’hymne portugais (***)

GOUNOD Charles (1818-1893)

PIANO ORCHESTRE

Fantaisie (*)

Fantaisie à mon avis peu dynamique et à l'orchestration pesante. Le pianisme me paraît rudimentaire. Gounod fait un usage exagéré, me semble-t-il, des suites d'accords orchestraux régulièrement ponctuées.

ORCHESTRE

La monotonie de la "Symphonie n°1", à mon avis superficielle et dépourvue de pathétisme, contraste avec le caractère de la seconde. Cette dernière oeuvre laisse percer des réminiscences de la "Symphonie n°1" de Beethoven (1er mouvement). Les 2ème et 3ème mouvement évoquent les poèmes symphoniques de Saint-Saëns ("Le Rouet d'Omphale", "La jeunesse d'Hercule") et la "Symphonie pathétique" de Tchaïkovski.

Symphonie n°1 ré M 1855 (-/-/-/-)

Symphonie n°2 mi b M 1855 (*/**/**/-)


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