RÉPERTOIRE CRITIQUE - GRA
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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GRAINGER Percy (1882-1961)
PIANO
Bien que les pièces de Grainger soient, pour la plupart, présentées comme des transcriptions d'airs irlandais, écossais, américains, voire classiques (R. Strauss) ou encore d'œuvres de l'auteur lui-même à partir d'un autre genre instrumental, leur élaboration, leur originalité de style, leur spécificité pianistique à mon avis, conduit à les considérer comme des pièces autonomes. Ces pièces à mon avis témoignent d'une écriture pianistique éblouissante, moins fulgurante cependant que les pièces de Gottschalk avec lesquelles elles ont une affinité. Certaines, dans le style de ce maître, adoptent un style légèrement jazzé ou rag-time comme Country gardens ou In Dahomey qui rappelle un peu les pièces sud-américaines de Gottschalk Ojos criollos ou La gallina. On retrouve aussi (par exemple dans In Dahomey) des traits extrêmes-aigus, comme les notes répétées rappelant le créateur de El cocoye. En revanche Ramber on love, présenté comme une transcription du Chevalier à la rose de R. Strauss ou la belle mélodie lente Walking tune me paraissent plus purement classico-impressionnistes.
Jutish Medlez (-)
Colonial song transcription (*)
Molly on the shore (*)
Harvest hymn (-)
A reel (*)
Spoon River (***)
Country Gardens (-)
Walking Tune transcription (**)
Mock morris (*)
Ramble on Love from Rosenkavalier by Richard Strauss (***)
Sheperd's Hey (-)
Irish Tune from Country Derry transcription (-)
Handel in the Strand (-)
A march-Jig (*)
The Hunter in his Career transcription (-)
Scotch Strathspey and Reel (***)
The Gum-Suckers'March from In a nutshell'Suite (-)
The Merry King transcription (-)
In Dahomey Cakewalk Smasher (***)
GRANADOS Enrique (1867-1916)
PIANO
Peu lyrique, peu rhapsodique, peu virtuose à mon avis, l'œuvre pour piano de Granados rappelle la simplicité mélodique de nombreuses œuvres de Schumann. Le compositeur, me semble-t-il, affirme peu d'originalité et semble se restreindre à un style très rétrograde par rapport à son époque. Les Goyescas, procédant du même style assez insipide à mon avis, ne font pas exception. Les meilleures pièces sont peut-être les Valses poétiques et la Carezza.
Goyescas
n°1 Los requiebros (*)
n°2 Coloquio en la reja (-)
n°3 El fandango de Candil (*)
n°4 Quejas o la maja y el Ruisenor (**)
n°5 El amor y la muerte (**)
n°6 Epilogo Serenata del especto (*)
Seis estudios expresivos
Tema, variationes et Final (**)
Allegro moderato (**)
El caminante (*)
Pastoral (*)
Ultime pavane (*)
Maria Romance sans paroles (-)
Danza lenta (-)
Allegro de concierto (-)
Cuentos de la juventud
Dedicatoria (*)
La mendinga (*)
Cancion del Majo (*)
Cuento viejo (-)
Viviendo de la fuente (-)
Recuerdos de la infancia (*)
El fantasme (*)
La hierfana (**)
Marcha (**)
Barcarola (-)
Prélude y seis Piezas sobre cantos populares espanoles
Preludio (*)
Anoranza (*)
Ecos de la rarranda (**)
Vescongada (*)
Marcha oriental (*)
Zambra (**)
Zapateado (-)
Impromptus
n°1 (-)
n°2 Impromtu de la Coroniz (-)
CapriConcertoio espanol (*)
Danzas espanolas
1 Allegro (*)
2 Andante : Oriental (**)
3 energico Sarabanda (*)
4 Allegretto alla pastorale (-)
5 Andantino quasi poco aelerando ()
6 Rondalla aragonese (*)
7 Allegro airoso Valenciana (*)
8 Assai moderato : Asturiana (-)
9 Mloto allegro : mazurca (*)
10 Allegretto : danza triste (*)
11 Largo a placer Sambra (-)
12 Andante Arabesca (**)
Valses pœticas
1 Melodioso (**)
2 Valse noble (**)
3 Valse lente (**)
4 Allegro umoristico (**)
5 Allegretto (**)
Quasi ad libitum (**)
7 Vivo (**)
Paisaje (-)
Cartas de Amor
Cadenciosso (*)
Suspirante (*)
Dolente (*)
Appasionato (*)
Escenas pœticas
Berceuse 1ère série (-)
Eva y Walter (-)
Danza de la rosa (-)
Recuerdo de paisages lejanos 2ème série (*)
El angel de los claustros (-)
Cancion de Margarita (*)
Sueno del pœta (*)
Escenas romanticas
Mazurka (**)
Berceuse (*)
Lento con extasi (**)
Allegretto (**)
Allegro appasionato (*)
Epilogo (-)
Moresca cancion arabe (**)
Libro de horas
En el jardin (-)
El invierno (-)
La muerte y el Ruisenor (-)
Al suplicio (*)
Carezza (***)
Rapsodia aragonesa (**)
A la pradele (-)
El pelele (*)
GRANDJANY Marcel (1891-1975)
HARPE
Automne (**)
GREEF Arthur de (1862-1940)
PIANO ORCHESTRE
Concerto ut mineur (-/*/-/*)
Œuvre assez confuse dans l'ensemble, me semble-t-il,, surtout à la fin du premier mouvement. Parfois, le piano émerge de manière plus nette, affirmant alors une certaine virtuosité (début du troisième mouvement). Le style évoque parfois Macdowell (longues gammes chromatiques).
GRIEG Edvard (1843-1907)
DUO PIANO VIOLON
Les trois sonates pour piano et violon de Grieg me paraissent chacune receler des qualités distinctives. On retiendra d'une manière générale, à mon avis, une virtuosité limitée, la prédominance presque absolue du violon. Le piano demeure le plus souvent dans son rôle d'accompagnement, se risquant rarement (dans l'Allegro animato : 3e mouvement de la Sonate n°2 à quelques effets virtuoses. Chaque mouvement de ces sonates contient sans doute au moins un thème principal marquant (sauf peut-être le second mouvement de la Sonate in F m op 8), mais dans la deuxième, et surtout la première sonate apparaissent une floraison de motifs secondaires ou d'intermèdes particulièrement captivants, notamment dans l'Allegro animato (3ème mouvement) de la Sonate en C m op 45, peut-être le plus riche thématiquement. La première et la seconde sonates se caractérisent à mon avis par une utilisation importante du matériau rhapsodique dans lequel semble dominer singulièrement des motifs hispanisants. Grieg n'est pas le seul ni sans doute le premier a avoir fondu au folklore nordique des motifs de folklore étrangers, slaves et ibériques. C'est le cas également de Sibelius, sans compter les compositeurs russes. La proximité de ces folklores permet naturellement une synthèse homogène. Ces motifs hispanisants sont les plus caractérisés dans le 3ème mouvement de la Sonate en C m op 45 (Allegro animato) et dans le second mouvement de la Sonate en G M op 13 (Allegretto tranquillo). À ces deux première sonates, on peut également associer parfois un ton dramatique, notamment au premier mouvement de la première. Quant à la troisième sonate (en F M op 8), le style en est plus traditionnel et l'empreinte rhapsodique moins nette. Les 3 sonates pour violon et piano constituent certainement un des réussites majeures de Grieg et de la littérature dans ce genre instrumental. On ne peut qu'admirer l'extraordinaire densité thématique de toutes les parties, la quasi-absence de temps morts pouvant trahir une baisse temporaire de l'inspiration (seule la partie centrale du 1e mouvement Allegretto tranquillo de la Sonate n°2 marque à mon avis une légère faiblesse). C'est donc à mon sens un modèle de densité sur le plan des idées et d'intensité, un modèle de thématique puissamment caractérisée à laquelle s'ajoute une imprégnation rhapsodique omniprésente. Grieg adopte une tessiture très aiguë pour les deux instruments, fusionnant plus qu'ils ne s'opposent.. La partie la plus passionnée, la plus pathétique, et comportant un grand nombre de motifs très divers, est certainement le Lento doloroso (1er mouvement) de la Sonate n°2. La partie grave, lente, également remarquable du 3e mouvement de la Sonate n°3 évoque étonnement l'envoûtement si intense de la fameuse Malaguena des Danses espagnoles de Sarasate. Malgré la limitation des moyens liés au genre instrumental choisi, Grieg a su communiquer à ces pièces une étoffe qui les rend captivantes et inoubliables.
Sonata n°1 in F mineur op 8 (***/***/***)
Sonata n°2 in G majeur op 13 (***/**/***)
Sonata n°3 in C mineur op 45 (***/***/****)
DUO PIANO VIOLONCELLE
Sonate op 36 (***/**/***)
Sans atteindre la puissance, l'intensité lyrique et l'expression nostalgique du concerto, cette sonate représente sans doute l'une des meilleures manifestations des qualités de Grieg. A la manière d'un concerto, le premier mouvement se caractérise par sa véhémence alors que le dernier mouvement apparaît plus rythmique, notamment par son thème principal. L'œuvre, dans l'ensemble, est très contrastée. La marque rhapsodique, sans être absence, demeure moins perceptible que dans le Concerto ou les suites Peer Gynt.
ORCHESTRE
La première suite de Peer Gynt op 46 m'apparaît largement supérieure à la seconde. Grieg utilise avec bonheur le style nordique, notamment dans la première partie (Au matin). Danse d'Anitra témoigne d'un style plus dynamique, de même Dans le hall du Roi de la Montagne qui se déroule selon, à mon avis, un magnifique crescendo, savamment préparé. Dans la Suite n°2 op 55, il semble que Grieg se contente d'effets symphoniques plus faciles.
Peer Gynt suite n°1 op 46 (***/-/***/***)
Peer Gynt suite n°2 op 55 (**/**/-/*)
Jour de noces à Trodhaugen (**)
Dernier printemps transcription (***)
Malgré la lenteur de cette mélodie presque figée, Grieg est parvenu à lui communiquer une grande intensité. L'orchestre intervient par des effets à mon avis très subtils, notamment de cordes divisés.
Suite lyrique 1er mouvement transcription (***)
Le premier mouvement (Le petit berger) est représenté par une mélodie exposée au violon, désolée, angoissante de style purement nordique comme saura le faire aussi Halvorsen.
Danses symphoniques op 64 (**/*/-/-)
Stylistiquement proches des Danses norvégiennes du même compositeur, ces danses n'en ont pas à mon avis l'intérêt thématique ni l'originalité. Le plus souvent, l'inspiration de Grieg semble se restreindre à un mélodisme quelque peu facile. On retiendra cependant dans la première un motif où la trompette prend une part importante.
PIANO
Ballade op 24 (*)
Dix pièces lyriques
Ces pièces lyriques - assez peu lyriques ont, me semble-t-il, pâle figure à côté du magistral Concerto pour piano. Elles se caractérisent par un mélodisme chantant à mon avis un peu étriqué et l'absence de dynamisme. Ces caractéristiques ne s'appliquent pas à la célèbre Valse en la m qui constitue, me semble-t-il, une remarquable exception : c'est à mon avis une sublime page empreinte de nostalgie rêveuse.
Sérénade française (-)
Danse des sylphes (-)
Papillon (-)
Feuille d'album (*)
Au printemps (*)
Marche nuptiale norvégienne (-)
Jours de noces à Trodlhauden (**)
Valse la m&*** (***)
Arietta (-)
Au berceau (-)
Sonate in mi mineur op 7 (**/-/-/**)
L'originalité de Grieg à mon avis ne se discerne pas nettement dans cette œuvre. On ne retrouve en aucune façon, me semble-t-il, ces harmonies envoûtantes évoquant le rêve du Concerto pour piano et même de la Sonate pour piano et violoncelle, néanmoins l'œuvre, dans le premier et le dernier mouvement, conserve à mon avis un intérêt marqué grâce à sa richesse harmonique et ses thèmes très contrastés.
Danses norvégiennes des paysans op 72.
Comme dans les pièces lyriques, le pianisme de Grieg, très sage, se limite à des motifs, à mon avis, d'envergure limitée. On exceptera la Danse Halling au mélodisme très original, notamment dans sa partie centrale.
n° 3 Marche nuptiale de Telemark (-)
n° 4 Danse Halling (**)
n° 8 Marche nuptiale selon T. Ugundsons Mullarguten (-)
n° 9 Nils Revkes Halling ()
n° 14 Danse numtiale des souterrains&- (-)
n° 16 Les filles de Kivle&- (-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (****/***/****)
Cette œuvre à mon avis magistrale séduit par une alliance subtile entre son caractère nostalgique, rêveur et une intensité lyrique s'exprimant par une virtuosité magistrale. Le concerto présente sans doute une des premières grandes cadences pianistiques d'une allure pathétique tels qu'on les rencontrera dans les concertos de Scharwenka et surtout de Tchaïkovski, puis Sgambati. La coda me paraît particulièrement exultante et d'une gaieté expressive rarement atteinte en musique. Mais c'est encore la teinte mélancolique du mélodisme qui me ravit le plus, dans le second mouvement et dans la partie lente du troisième mouvement.
QUATUOR
Quatuor n°1 G mineur op 27 après (-/-/-/-)
D'une écriture austère, spartiate, rude, impérieuse, cette œuvre semble délibérément en opposition avec la prodigalité généreuse dont témoigne la manière habituelle de Grieg. Et rien ne semble à mon avis traduire son génie, pas la moindre bribe de motif mémorable, pas le moindre effet susceptible d'accaparer l'attention de l'auditeur malgré un ensemble contrasté, varié, jouant sur les alternances de registres.
Quatuor n°2 F majeur inachevé (-/***/-/***)
Plus mélodique, moins austère que le premier quatuor, ce second quatuor trahit à mon avis une grande variabilité de l'inspiration. Le mouvement le plus remarquable m'apparaît être le second, alternant des motifs rythmiques et des bribes de motifs d'une profonde intensité mélodique selon des ruptures absolument stupéfiantes. Ce mouvement, ainsi que le dernier qui, à mon sens se distinguent des deux autres par leur qualité supérieure sont aussi ceux dont l'empreinte rhapsodique est la plus évidente.
GRIEG Edward/SEIDL Anton
ORCHESTRE
Suite lyrique 3ème, 4ème, 5ème mouvement transcription (***/***/***)
Cette suite lyrique dont les 3ème, 4ème et 5ème mouvements ont été orchestrés par Seidl avec une révision due à Grieg lui-même m'apparaît assez comparable à la suite Harry Janos de Kodaly en ce sens qu'elle transcende l'utilisation du matériau folklorique jusqu'à engendrer des effets orchestraux d'une originalité et d'un modernisme très prononcé. Il me semble peu de dire que le troisième mouvement (Notturno)se trouve à la base de presque tous les effets de la musique impressionniste debussyste et ravélienne pour orchestre. Quant au dernier mouvement, il oppose un ouverture en rythme de danse cosaque très lyrique avec une partie lente centrale violonistique empreinte à mon avis d'un mystère particulièrement prenant.
GRIGNY Nicolas (1671-1703)
ORGUE
Duo du Veni Creator Spiritu (-)
Premier livre d'orgue
Le Premier livre d'orgue de Nicolas de Grigny révèle un compositeur qui a très tôt intégré le tonalisme et le thématisme de la première moitié du 18e siècle. Il apparaît remarquable que son œuvre comporte peu de tours stylistiques caractéristiques de la musique baroque. La manière de Grigny évoque plutôt la simplicité. En cela il apparaît proche de la musique galante de la seconde moitié du 18e siècle, dont il ne présente par ailleurs aucune caractéristique spécifique. Souvent légères, claires, animées, volubiles, dynamiques, ces pièces ne me paraissent pas le fruit d'une inspiration supérieure. La messe apparaît à peine plus pathétique. On notera le n°4 des Hymnes, le n°18 de la Messe, mélodies récitatives rappelant le Concerto italien de Bach (composition elle-même établie sur un thème emprunté d'origine italienne). Le n°19 des Hymnes, qui comporte des effets d'échos (comme dans de nombreux concertos de Vivaldi), la n°21 de la Messe sont certainement les pièces les plus audacieuses sur le plan du langage.
Tome I Messe (-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/-/*/-/-/-/-/-)
GRINBLATS Romuald (1930-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (-)
Œuvre à mon avis incohérente et bruyante.
GROFE Ferdé (1892-1972)
ORCHESTRE
Exceptionnelles, magistrales, fascinantes, géniales, sublimissimes, aucun superlatif ne semble trop fort pour qualifier les suites de Ferdé Grofé. Une musique qui évoque la vie elle-même, qui saisit l'atmosphère, le paysage, les éléments du monde extérieur en utilisant toutes les ressources du symphonisme, du mélodisme et de l'harmonie, tous les styles: impressionniste, romantique, expressionniste, jusqu'à la musique concrète: le galop d'un cheval, une sirène, un train, une chute d'eau. Un exemple de musique concrète qui s'élève au-dessus de l'anecdote ou du modernisme gratuit. Ces effets produisent en nous une griserie indéfinissable. Niagara Suite, c'est de la musique géologique, atmosphérique, météorologique. Une puissance lyrique prodigieuse alliée à une originalité des sonorités unique. La tempête de Grand canyon Suite (5e mouvement Cloudburst) représente sans doute un des modèles du genre dans les annales de la musique pastorale, un sommet inégalé parmi les multiples tempêtes illustrées par l'art sonore. Grofé ajoute à d'impressionnants crescendo un sens du dramatisme inouï (notamment dans le 4e mouvement du Niagara falls Suite: Power of Niagara). Le dernier mouvement de cette suite présente quelqu'analogie avec le style symphonique du ballet Spartaccus de Khatchaturian, un aspect brut, brutal, un caractère sommaire intentionnel, pourtant éloigné de toute concession à la facilité ou à la vulgarité. Intégrant peu l'influence du jazz, Grofé privilégie au contraire la veine mélodique, justement dans le 3e mouvement de cette suite (Honeymooners), et même il amalgame la mélodie la plus vibrante aux effets orchestraux les plus farouches dans la finale du dernier mouvement (Power of Niagara). Grofé, sans doute un des plus grands inventeurs de sonorités nouvelles du XXe siècle avec Banctock.
Mississipi Suite (***/****/***/***)
Mississipi Suite, une véritable leçon d'orchestration, une démonstration magistrale en ce qui concerne les cuivres. Les cuivres, débarrassés de tout effet tonitruant. Des bizarreries symphoniques: interjections, des épanchements récitatifs, des trépidations rythmiques qui s'intègrent en souplesse dans le tissu thématique classique. Artiste jusqu'au bout des doigts, Grofé. Contrastes saisissant entre des passages apparentés au jazz et des mélodies suaves. Une exploration des sonorités qui n'a jamais effleuré les Bartok ou les Chostakovitch, et notamment chez Grofé l'utilisation des cuivres dans la nuance pianissimo. Une inspiration du jazz tellement expurgée, tellement purifiée de toute vulgarité. Et pas une seconde où la tension musicale ne se relâche en cette trame thématique très dense. Grofé, assurément, a élaboré admirablement cette évocation dans le sens du rhapsodisme, un rhapsodisme dans lequel le rythme n'est pas l'élément essentiel, mais plutôt la mélodie. Il nous fait rêver, nous transportant sur les rives du grand fleuve américain.
Grand Canyon Suite (*/**/****/***/***)
Niagara Falls Suite (****/****/****/***)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (*)
Ce concerto en un mouvement présente à mon avis un beau thème principal, remarquablement réexposé au début de l'œuvre, et à nouveau à la fin. L'orchestration me paraît assez dynamique, sans outrance. Le pianisme comprend de nombreux accords dissonants dans l'aigu qui introduisent à mon avis une certaine richesse harmonique rappelant Christoff, Ravel, Britten. La thématique s'inscrit dans le style typiquement américain, fort bien classicisé C'est le style de musique de western qui domine, sans aucune allusion au jazz.
GROVEN Eyrind (1901-1977)
ORCHESTRE
At evening op 60 (**)
Hjalarjod ouverture op 38 (**)
At evening est une belle page très mélodique présentant une utilisation très classique de la flûte, sur une thématique à mon avis un peu limitée. Hjalarjod ouverture se présente comme une mélodie attrayante, très rhapsodique, parfois peut-être un peu répétitive.
GUARNIERI Mozart Camargo (1907-1993)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°1 (-/-/-)
Concerto n°2 (-/-/-)
Concerto n°3 (-/-/-)
Exemple parfait de modernisme tonal alla Chostakovitch. Une structure dans laquelle tout motif se trouvé noyé dans un continuum rythmique que les dissonances incessantes ne parviennent pas à rendre attrayant (du moins pour moi).
GUERAU Francisco (1649-)
GUITARE
Canario (*)
Pasacalles de 7° tono (-)
Marionas (-)
Villano (-)
Passacalles de I° tono (-)
Jaracas de la Costa (-)
Mariazapalos (-)
Pasacalles de Patilla 8° punto alto (-)
Jaracas (-)
Ayant perdu tout caractère systématique, notamment sur le plan rythmique, l'écriture de Guerau pourrait presque évoquer l'esthétique romantique. Elle me paraît surpasser sur ce plan celle de Dowland et même de Sor. Ces œuvres témoignent d'une certaine virtuosité qui rapprocherait plutôt Guerau de Biber. Le Jacanas de la Costa contient des séries d'accords plaqués rares dans la musique de ce temps. L'ensemble demeure cependant assez morne à mon avis par suite d'une certaine absence de tonicité. Ce caractère d'arythmie, plutôt moderne, apparaît excessivement rare, me semble-t-il, dans les œuvres antérieures au XIXème siècle. La Marionas contient un thème assez net, mais à mon avis beaucoup trop répété. Mis à part le Canario et le Mariazapalos qui contiennent un motif que Rodrigo exploitera magnifiquement dans sa Fantaisie pour un gentilhomme, l'intérêt thématique m'apparaît assez mince.
GYROWETZ Adalbert (1763-1850)
QUATUOR
Il paraît indispensable de distinguer le Quatuor op 44 n°1, d'une grande densité thématique des 2 suivants, beaucoup plus pâles à mon avis. Le style de Gyrowetz se caractérise par un mélange d'effets romantiques dans un reliquat d'effets afférents au style galant. Le Quatuor op 44 n°1 atteint sans aucun doute un pathétisme intense sans effusion exagérée, mais par de petits motifs s'inscrivant parfaitement dans le style typique de la musique de chambre. Grande économie et grande intériorisation. Malheureusement, les 2 autres quatuors semblent dériver vers la facilité et m'ont pas laissé une impression très profonde.
Quatuor in G major op 44 n°1 (***/***/**/-)
Quatuor in B flat major op 44 n°2 (*/*/-)
Quatuor in A flat major op 44 n°3 (*/-/-/-)
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