RÉPERTOIRE CRITIQUE- I
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait
IBERT Jacques (1890-1962)
DUO
Entracte (FLÛTE HARPE) (***)
Superbe fantaisie de style ibérique reprenant un thème déjà utilisé par Rimski dans son "Capriccio espagnol". L'oeuvre est en même temps très mélodique et rythmique, extrêmement variée et dense sur le plan thématique. Elle met en valeur particulièrement bien les deux instruments solistes.
FLÛTE ORCHESTRE
Concerto (1932-33) (-/-/-)
Cette oeuvre très tonale, à mon avis de faible intérêt, se caractérise par un soliste assez volubile. Seul le 3e mouvement semble imposer quelques motifs plus marquants. Les contrastes y sont plus importants ainsi que les cadences solistes. L'orchestration, sans être bruyante, apparaît assez rudimentaire.
HARPE
Scherzetto (*)
IBRAHIMI Feim (1935-1997)
PIANO
Ce compositeur est sans doute, avec K. Lara, le meilleur représentant de l'école albanaise. Son style éminemment rhapsodique, recèle une originalité, une pugnacité, une puissance rares, dans l'esprit de Liszt et d'Albeniz, maîtres qu'il égale à mon avis, au moins dans les quelques pièces représentées ici. Il semble qu'Ibrahimi se soit inspiré du folklore de son pays, mais qu'il ait peut-être ajouté des effets hispanisants issus d'Albeniz notamment, peut-être aussi des effets issus de Moussorgski (dans la "Marche"). Sa palette harmonique, particulièrement riche, atteint des sonorités hallucinantes, et son modernisme dépasse celui d'Albeniz avec toutefois une thématique moins nette constitueé plutôt d'une suite d'effets plus sporadiques.
Motifs pour la légende de Gjergj Elez Alia
Prélude (***)
Marche (***)
Toccata (****)
INDY Vincent d' (1851-1931)
PIANO ORCHESTRE
Symphonie cévénole (*/-/*)
L'oeuvre est essentiellement composée de longues périodes statiques en crescendo et decrescendo à l'allure très massive. Cette densité, à mon avis peu convaincante, est caractéristique d'un certain post-wagnérisme. Le piano, qui ne joue qu'un rôle secondaire, ne procède souvent que par gammes chromatiques rapides ou par motifs mélodiques lents. Dans le troisième mouvement, plus dynamique, de nombreux effets orchestraux ne sont que des reprises d'oeuvres connues comme le "Baba-Yaga" de Moussorgski. Le style rappelle parfois Respighi (Pins de Rome).
Jour d'été (-/-/-)
PIANO VIOLON VIOLONCELLE ORCHESTRE
Concerto (-/-/-)
IPPOLITOV-IVANOV Mikhail Mikhailovitch (1859-1935)
ORCHESTRE
Esquisses caucasiennes Suite n°1 op 10 1894 (***/***/***/***)
Cette magnifique suite dans la lignée de Rimski-Korsakov se caractérise par son orientalisme très prononcé, grâce notamment à une instrumentation originale, l'utilisation du cor anglais et des flûtes. L'oeuvre présente au cours de ses 4 mouvements une palette d'effets très variés. L'ouverture, assez wagnérienne, rappelle quelque peu l'ouverture de Tannahauser. Le second mouvement expose une mélodie insinuante très orientale à la flûte. Le troisième mouvement est un motif lent subtilement varié tandis que le dernier mouvement dévoile une orchestration flamboyante, toujours sur un motif très orientalisé. On notera certains aspects du symhonisme rappelant le style tchaikovskien des ballets, mais aussi de la Pathétique (dans le premier mouvement). D'une manière générale, malgré son orientalisme particulièrement marqué, l'oeuvre s'inscrit largement dans le symphonisme classique et ne saurait être considérée comme reflétant une inspiration purement rhapsodique.
Esquisses caucasiennes Suite n°2 op 42 Iveria 1896 (*/-/**/-)
Cette seconde suite ne semble pas présenter la même perfection que la première, tant sur le plan thématique de l'intérêt des motifs que sur le style qui dérive dangereusement, dans le dernier mouvement, vers la musique facile. On remarquera le troisième mouvement qui est une danse endiablée très rhapsodique à grand renfort de batteries, particulièrement originale.
Marche turque op 55 1932 (-)
Fragments turcs op 62 1930 (-/-/-/-)
Ces fragments de musique rhapsodique, comme la Marche turque, illustrent la fâcheuse tendance d'Ippolitov-Ivanov à la musique folklorisante facile.
IRELAND John (1879-1962)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (-/-/-)
Style à mon avis insipide, tonal, mais sans aucune thématique. Le rythme est uniforme (en particulier dans le troisième mouvement). Ce style rappelle Roland-Manuel ou Prokofiev.
IRGENS-JENSEN ludwig(1894-1969)
ORCHESTRE
Bol's song (1938) (***)
On appréciera particulièrement dans cette oeuvre le violon pianissimo qui induit une atmosphère mystérieuse et désolée, quoique la thématique, sans doute volontairement, demeure relativement uniforme. Une oeuvre très nordique dans son affect.
IVANOVS Janis (1906-1983)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto in E m 1951 (**/**/*)
Cette oeuvre manifeste une tendance à la ritournelle et à la simplicité mélodique qui la rapproche de l'esthétique du Groupe des Six. On y discerne également une touche assez nette d'expressionnisme russe. Ainsi, elle se situerait dans la mouvance du "Concerto" de Kabalevski et du "Concerto" de Glazounov. Plus sommaire cependant, cette oeuvre ne me semble pas atteindre le lyrisme et l'élaboration thématique de ces deux oeuvres. Le thème principal du premier mouvement bénéficie à mon avis d'un beau thème rhapsodique. Le second mouvement, composé de sections d'intérêt variables, contient peut-être les meilleurs moments de l'oeuvre et témoigne à mon avis du génie réel d'Ivanovs. Le dernier mouvement m'apparaît très sommaire, notamment par son l'orchestration.
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