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NOUVEAUTÉS - 01/01/2006

LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES

- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel

Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (***/-/**)

Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait



KABALEVSKI Dimitri (1904-1987)

ORCHESTRE

Si la "Symphonie n°2" exprime par l'expresionnisme musical la poursuite de la veine pathétique liée au genre de la symphonie post-romantique, les suites "Nicolas Breugnon", "Les Comédiens", "Romeo et Juliette" appartiennent au style post-tchaïkovskien du ballet russe que Kabalevsky, s'éloignant parfois considéralement de son modèle, a exploité dans le sens du mélodisme simple, sans dériver vers le simplicisme et la facilité (ou rarement). Dans le sens également de la rutilance orchestrale en évitant les effets trop faciles de fanfare ou plutôt en les transcendant. Dans le sens surtout d'un approfondissement de l'expressionisme qui s'exprime parfois avec une intensité bouleversante (comme dans la "Pantomine" des "Comédiens" ou "The people calamity" de "Colas Breugnon" ou encore "Romeo et juliette", 9e partie de "Roméo et Juliette". En revanche, la "Tarantella" apparaît plus proche du modèle tchaïkovskien. Kabalevsky: certainement un des rares à concilier les outrances cuivrées du 20e siècle avec la profondeur sans verser dans la laideur moderne. Et la dimension rhapsodique du compositeur apparaît encore plus nettement dans ces pages emplies d'une verve inépuisable.

Symphonie n°2 (***/***/****/****)

Cette symphonie, une des plus belles à mon avis parmi les oeuvres du vingtième siècle, est caractéristique du style fortement classicisant de Kabalevski, mais aussi du nouveau style expressionniste russe qu'il a contribué à imposer avec Rachmaninov, Khatchaturian, Christoff, Novak, Constantinescu, Galynine, Taktakichvili... Dans les trois premiers mouvements, le compositeur a intégré des influences aussi contradictoires que celles de Tchaïkovski d'une part, Rimski et Stravinski d'autre part. L'influence du Groupe des Six apparaît très peu, contrairement à ce qu'il en est dans "Le printemps" ou l'"Ouverture pathétique". Par ses sonorités sourdes, étouffées, ses stridences, le mouvement évoque plus particulièrement la "Pathétique" de Tchaïkovski avec cependant une rutilance orchestrale plus prononcée. Kabalevski réalise à mon avis une utilisation magistrale de tout le spectre instrumental. Le second mouvement, plus mélodique, crée une atmosphère désolée où règne une angoisse pesante. On remarquera une reprise à mon avis sublime du thème principal aux cordes sur un ostinato de trompette. Le troisième mouvement, plus rimskien, très dense, révèle, me semble-t-il, une science inégalée des sonorités. Les registres instrumentaux s'alternent avec une grande virtuosité. L'on y retrouve, omniprésentes, les sonorités "déliquescentes" du Tchaïkovski de "Fatum et du "Voïevode" ainsi qu'un thème plus rythmé évoquant la "Fête de la semaine grasse" de "Pétrouchka" (Stravinski). C'est dans le quatrième mouvement que se révèle à mon avis le génie de Kabalevski dans toute son originalité. Le long thème développé aux cordes qui semble nous introduire dans l'antichambre de la mort est émouvant jusqu'aux larmes. Sur le plan thématique, la symphonie est traversée par un rhapsodisme puissant. On pourrait dire que toute la musique russe se trouve condensée dans cette oeuvre magnifique.

Ouverture pathétique (*)

Le printemps (*)

Colas Breugnon (1938)

Ouverture (***)

The people'feast (**)

The people'calamity (***)

The people'insurrection (***)

The Comedians (1940)

Prologue (***)

Galop (***)

March (***)

Walz (***)

Pantomine (***)

Intermezzo (***)

Little lyrical scene (**)

Gavotte (***)

Sherzo (***)

Epilogue (***)

Romeo and Juliet (1956)

Introduction (**)

Morning in Verona (*)

Preparation for the ball (-)

Procession of the guests (***)

Quick dance (**)

Lyrical dance (***)

In the cell of Friar Laurence (***)

Tarantella (***)

Romeo and Juliet (***)

Death and reconciliation (**)

PIANO

Sonate n°3 op 46 (**/**/**)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°2 (*/*/*)

Le "Concerto n°2" fait apparaître les mêmes caractéristiques que son successeur: motifs mélodiques en forme de ritournelle, mélodisme franc, rythmes marqués, dynamisme parfois agressif à l'image du Groupe des Six. La thématique cependant reste à mon avis d'un intérêt assez limité. Ce qui me paraît curieux, c'est que Kabalevski ait trouvé ici son style symphonique propre, mais sans l'intérêt thématique qui apparaîtra, me semble-t-il, dans le "Concerto n°3". A l'instar de ce dernier concerto, l'œuvre présente une cadence centrale d'une certaine virtuosité.

Concerto n°3 (***/***/***)

Par son pianisme et même son orchestration, cette oeuvre apparaît marquée par le style tchaïkovskien, secondairement modifié dans le sens de l'exubérance à la manière du Groupe des Six. En définitive, c'est le mélodisme qui domine, souvent en thèmes courts prenant une forme de ritournelle. Kabalevski atteint cependant à mon avis un haut niveau d'expressivité. La touche expressionniste russe paraît moins affirmée dans cette oeuvre que dans les autres oeuvres du maître, comme le "Concerto pour violon" et surtout la "Symphonie n°2".

Concerto n°4 (-/-/-)

Beaucoup plus fruste et succinct m'apparaît ce concerto par rapport aux précédents. Kabalevski, me semble-t-il, recourt aux formules de facilité parfois inélégantes, le tout selon une thématique qui me paraît sans intérêt.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (***/****/***)

Ce court concerto illustre à mon avis magnifiquement l'alliance du style issu du Groupe des Six et de l'expressionnisme russe. L'orchestration me paraît riche, colorée, rythmée, usant de motifs simples, très ramassés et particulièrement efficaces. Le soliste, très volubile, déploie la même verve malgré une orchestration qui le supplante souvent. Le premier mouvement, dont le thème principal est en forme de ritournelle, à mon avis très belle, est écrit dans l'esprit d'un troisième mouvement. C'est dans le second mouvement que s'affirme, me semble-t-il, toute l'intensité de l'expressionnisme russe. La sublime mélodie du violon oscille entre un frémissement passionné et une sérénité détendue. L'orchestre, par ses interventions, appuie encor le pathétisme de ce mouvement, peut-être un des plus inspirés de toute la musique. Le dernier mouvement comporte une cadence terminale qui me paraît également d'une rare beauté.

VIOLONCELLE ORCHESTRE

Concerto n°2 (-/-/-)

Ce long concerto est dominé par un soliste très virtuose s'exprimant souvent à nu. L'orchestre au contraire demeure très diffus et figé. La thématique à mon avis limite malheureusement cette oeuvre où se reconnaît pourtant le style expressionniste russe.

KABAKEVSKI/SCHUBERT

PIANO ORCHESTRE

Fantaisie en fa d'après Fantaisie op 103 de Schubert (*)

Cette oeuvre, loin de représenter, me semble-t-il, les hautes qualités de Kabalevski, n'apparaît tout au plus qu'une oeuvre de circonstance.

KALIWODA Johannes Wenzeslaus (1801-1866)

BASSON ORCHESTRE

Variations et Rondo B b M op 57 1835 (-)

Cette œuvre présente à mon avis des aspects très romantiques mêlés à un mélodisme sommaire, parfois vulgaire. On discernera quelques effets rossiniens. C'est essentiellement l'introduction qui présente un certain pathétique, à mon avis, très peu efficient.

KALKBRENNER Frédéric (1784-1849)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1 ré m op 61 (-/-/-)

Le style de cette oeuvre, malgré sa densité, apparaît sans aucun brillant, et aucune virtuosité. L'œuvre possède les caractéristiques des concertos de Hummel, par rapport auxquelles aucune évolution n'est visible. La partie pianistique, sauf rares moments, me paraît terne. L'orchestration reflète typiquement le style de l'époque.

KARLOVICZ

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Cette oeuvre peu dynamique n'est à mon avis qu'une suite de longs développements sans thématique. Dans le premier mouvement, le violon s'exprime presque uniquement en doubles cordes, me semble-t-il, très fatigantes. L'orchestration, originale à mon avis dans sa composition, me paraît difficilement relever cet ensemble terne. Le second mouvement, qui présente un violon statique émergeant à peine d'un brouhaha orchestral, me paraît un véritable supplice. Le dernier mouvement bénéficie d'un thème principal plus animé, mais qui ne me convainc guère plus.

KARAMANOV Alemdar (1934-)

ORCHESTRE

Symphonie n°3 1956-1964 (-/-/-/-)

Oeuvre moderne, sans dissonances outrancières, mais dont le tonalisme demeure très précaire. Orchestration très cuivrée, souvent systématique, le plus souvent stagnante.

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°3 Ave Maria 1968 (-/-/-)

Un soliste souvent dissonant dans le suraigu, une orchestration souvent figée. L'ensemble paraît privé de vie. Le style évoque parfois Ravel.


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