SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE - KAA



LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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KABAKEVSKI/SCHUBERT

PIANO ORCHESTRE

Fantaisie en fa d'après Fantaisie op 103 de Schubert (*)

Cette œuvre, loin de représenter, me semble-t-il, les hautes qualités de Kabalevski, n'apparaît tout au plus qu'une œuvre de circonstance.

KABALEVSKI Dimitri (1904-1987)

ORCHESTRE

Si la Symphonie n°2 exprime par l'expresionnisme musical la poursuite de la veine pathétique liée au genre de la symphonie post-romantique, les suites Nicolas Breugnon, Les Comédiens, Romeo et Juliette appartiennent au style post-tchaïkovskien du ballet russe que Kabalevsky, s'éloignant parfois considéralement de son modèle, a exploité dans le sens du mélodisme simple, sans dériver vers le simplicisme et la facilité (ou rarement). Dans le sens également de la rutilance orchestrale en évitant les effets trop faciles de fanfare ou plutôt en les transcendant. Dans le sens surtout d'un approfondissement de l'expressionisme qui s'exprime parfois avec une intensité bouleversante (comme dans la Pantomine des Comédiens ou The people calamity de Colas Breugnon ou encore Romeo et juliette, 9e partie de Roméo et Juliette. En revanche, la Tarantella apparaît plus proche du modèle tchaïkovskien. Kabalevsky: certainement un des rares à concilier les outrances cuivrées du 20e siècle avec la profondeur sans verser dans la laideur moderne. Et la dimension rhapsodique du compositeur apparaît encore plus nettement dans ces pages emplies d'une verve inépuisable.

Symphonie n°2 (***/***/****/****)

Cette symphonie, une des plus belles à mon avis parmi les œuvres du vingtième siècle, est caractéristique du style fortement classicisant de Kabalevski, mais aussi du nouveau style expressionniste russe qu'il a contribué à imposer avec Rachmaninov, Khatchaturian, Christoff, Novak, Constantinescu, Galynine, Taktakichvili... Dans les trois premiers mouvements, le compositeur a intégré des influences aussi contradictoires que celles de Tchaïkovski d'une part, Rimski et Stravinski d'autre part. L'influence du Groupe des Six apparaît très peu, contrairement à ce qu'il en est dans Le printemps ou l'Ouverture pathétique. Par ses sonorités sourdes, étouffées, ses stridences, le mouvement évoque plus particulièrement la Pathétique de Tchaïkovski avec cependant une rutilance orchestrale plus prononcée. Kabalevski réalise à mon avis une utilisation magistrale de tout le spectre instrumental. Le second mouvement, plus mélodique, crée une atmosphère désolée où règne une angoisse pesante. On remarquera une reprise à mon avis sublime du thème principal aux cordes sur un ostinato de trompette. Le troisième mouvement, plus rimskien, très dense, révèle, me semble-t-il, une science inégalée des sonorités. Les registres instrumentaux s'alternent avec une grande virtuosité. L'on y retrouve, omniprésentes, les sonorités déliquescentes du Tchaïkovski de Fatum et du Voïevode ainsi qu'un thème plus rythmé évoquant la Fête de la semaine grasse de Pétrouchka (Stravinski). C'est dans le quatrième mouvement que se révèle à mon avis le génie de Kabalevski dans toute son originalité. Le long thème développé aux cordes qui semble nous introduire dans l'antichambre de la mort est émouvant jusqu'aux larmes. Sur le plan thématique, la symphonie est traversée par un rhapsodisme puissant. On pourrait dire que toute la musique russe se trouve condensée dans cette œuvre magnifique.

Ouverture pathétique (*)

Le printemps (*)

Colas Breugnon

Ouverture (***)

The people'feast (**)

The people'calamity (***)

The people'insurrection (***)

The Comedians

Prologue (***)

Galop (***)

March (***)

Walz (***)

Pantomine (***)

Intermezzo (***)

Little lyrical scene (**)

Gavotte (***)

Sherzo (***)

Epilogue (***)

Romeo and Juliet

Introduction (**)

Morning in Verona (*)

Preparation for the ball (-)

Procession of the guests (***)

Quick dance (**)

Lyrical dance (***)

In the cell of Friar Laurence (***)

Tarantella (***)

Romeo and Juliet (***)

Death and reconciliation (**)

Symphonie n°1 (**/***)   1icone icone   2icone

Pas l’envergure de cette symphonie exceptionnelle que fut la 2ème symphonie - à mon avis. Néanmoins, malgré ses limitations - un traitement spartiate - voire rudimentaire - de l'orchestration, les effets simplificateurs parfois trop évidents du Groupe des Six... la marque expressionniste russe et la spécificité profondément kabalevskienne affleurent. En particulier, l’introduction lente dans le grave du 1er mouvement et le crescendo qui suit: un crescendo massif, aux sonorités sourdes, au développement complexe. En comparaison, il est surprenant de constater que la 2 apparaît plus tchaïkovskienne, plus rimskienne et surtout plus russe et plus expressionniste que la 1. Plus novatrice aussi. C'est en revenant à la tradition rhapsodique que Kabalevsky a rejoint la modernité, une modernité originale, efficiente, sans rapport avec les divagations des atonalistes et pseudo-atonalistes de l’époque. Dommage que cette première symphonie s’enlise parfois dans des développements un peu hasardeux. Mais quelle substance.

PIANO

Sonate n°3 op 46 (**/**/**)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°2 (*/*/*)

Le Concerto n°2 fait apparaître les mêmes caractéristiques que son successeur: motifs mélodiques en forme de ritournelle, mélodisme franc, rythmes marqués, dynamisme parfois agressif à l'image du Groupe des Six. La thématique cependant reste à mon avis d'un intérêt assez limité. Ce qui me paraît curieux, c'est que Kabalevski ait trouvé ici son style symphonique propre, mais sans l'intérêt thématique qui apparaîtra, me semble-t-il, dans le Concerto n°3. A l'instar de ce dernier concerto, l'œuvre présente une cadence centrale d'une certaine virtuosité.

Concerto n°3 (***/***/***)

Par son pianisme et même son orchestration, cette œuvre apparaît marquée par le style tchaïkovskien, secondairement modifié dans le sens de l'exubérance à la manière du Groupe des Six. En définitive, c'est le mélodisme qui domine, souvent en thèmes courts prenant une forme de ritournelle. Kabalevski atteint cependant à mon avis un haut niveau d'expressivité. La touche expressionniste russe paraît moins affirmée dans cette œuvre que dans les autres œuvres du maître, comme le Concerto pour violon et surtout la Symphonie n°2.

Concerto n°4 (-/-/-)

Beaucoup plus fruste et succinct m'apparaît ce concerto par rapport aux précédents. Kabalevski, me semble-t-il, recourt aux formules de facilité parfois inélégantes, le tout selon une thématique qui me paraît sans intérêt.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (***/****/***)

Ce court concerto illustre à mon avis magnifiquement l'alliance du style issu du Groupe des Six et de l'expressionnisme russe. L'orchestration me paraît riche, colorée, rythmée, usant de motifs simples, très ramassés et particulièrement efficaces. Le soliste, très volubile, déploie la même verve malgré une orchestration qui le supplante souvent. Le premier mouvement, dont le thème principal est en forme de ritournelle, à mon avis très belle, est écrit dans l'esprit d'un troisième mouvement. C'est dans le second mouvement que s'affirme, me semble-t-il, toute l'intensité de l'expressionnisme russe. La sublime mélodie du violon oscille entre un frémissement passionné et une sérénité détendue. L'orchestre, par ses interventions, appuie encor le pathétisme de ce mouvement, peut-être un des plus inspirés de toute la musique. Le dernier mouvement comporte une cadence terminale qui me paraît également d'une rare beauté.

VIOLONCELLE ORCHESTRE

Concerto n°2 (-/-/-)

Ce long concerto est dominé par un soliste très virtuose s'exprimant souvent à nu. L'orchestre au contraire demeure très diffus et figé. La thématique à mon avis limite malheureusement cette œuvre où se reconnaît pourtant le style expressionniste russe.

KALIWODA Johannes Wenzeslaus (1801-1866)

BASSON ORCHESTRE

Variations et Rondo B bémol majeur op 57 (-)

Cette œuvre présente à mon avis des aspects très romantiques mêlés à un mélodisme sommaire, parfois vulgaire. On discernera quelques effets rossiniens. C'est essentiellement l'introduction qui présente un certain pathétique, à mon avis, très peu efficient.

KALKBRENNER Frédéric (1784-1849)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1 ré mineur op 61 (-/-/-)

Le style de cette œuvre, malgré sa densité, apparaît sans aucun brillant, et aucune virtuosité. L'œuvre possède les caractéristiques des concertos de Hummel, par rapport auxquelles aucune évolution n'est visible. La partie pianistique, sauf rares moments, me paraît terne. L'orchestration reflète typiquement le style de l'époque.

Concerto n°4 (***/***/***)

Magnifique Kalkbrenner, impérial, magistral Kalkbrenner dans cette œuvre. Nous retrouvons la lignée Hummel, Moschelès, Chopin, Kullak... Kalkbrenner, lequel tient exactement sa place à la date exacte de 1835. Déjà, le premier style romantique nuancé, souple, évanescent est devnu plus incisif, plus contracté, sans toutefois perdre son chomatisme. Ces nouvelles qualités accentuent le brillant, les effets de virtuosité fulgurante, mais inévitablement contribuent à la perte de la nuance et du mœlleux. Oserait-on une critique à l'égard de Kalkbrenner dans cette œuvre? Sans doute parfois une certaine sécheresse induite par l'excès de brillant. Et c'est la partie orchestrale, de nature plus rythmique que mélodique, en partie composée de péroraisons cuivrées sans surprise, qui manifeste une relative pauvreté. Toutefois, Kalkbrenner a su atteindre des sonorités parfois étonnantes lors des courtes interventions symphoniques parsemant les développements pianistiques. En particulier, le deuxième mouvement témoigne d'une exploitation de l'orchestration dans le sens dramatique très réussie. Curieux mélange d'archaïsme et de nouveauté dans le style symphonique de Kalkbrenner. Également, sur l'ensemble du concerto, il me semble que Kalkbrenner n'assoit pas son œuvre sur des thèmes principaux suffisamment marquants. Mais quel chemin parcouru par rapport à Hummel et par rapport au Concerto n°1 du même Kalkbrenner, peu démarqué de Hummel. Et que de chemin parcouru encore chez Herz par rapport à ce Concerto n°4 de Kalkbrenner, Herz qui pourrait représenter le maillon suivant de l'évolution et l'idéal d'un pianisme ultrabrillant, d'une souplesse prodigieuse, d'une légèreté aérienne sans équivalent. Le point d'aboutissement d'une lignée qui aura évolué sans renier son origine, sans briser les apports du legato et du chromatisme, des gammes et des arpèges fondus. Dommage qu'en raison de l'orchestration, je ne puisse attirubuer 4 étoiles au premier mouvement de ce Concerto n°4 de Kalkbrenner qui le mériterait, eu égard à la partie pianistique, une partie où, à aucun moment, il n'est possible de redescendre au-dessous de l'excellence. Et ce concerto est-il le meilleur du compositeur?

KARAEV Kara (1918)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto G minor (-/-/-)

Pseudo moderne tonal confinant à un style uniforme.

KARAMANOV Alemdar (1934-)

ORCHESTRE

Symphonie n°3 (-/-/-/-)

Œuvre moderne, sans dissonances outrancières, mais dont le tonalisme demeure très précaire. Orchestration très cuivrée, souvent systématique, le plus souvent stagnante.

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°3 Ave Maria (-/-/-)

Un soliste souvent dissonant dans le suraigu, une orchestration souvent figée. L'ensemble paraît privé de vie. Le style évoque parfois Ravel.

KARLOVICZ

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Cette œuvre peu dynamique n'est à mon avis qu'une suite de longs développements sans thématique. Dans le premier mouvement, le violon s'exprime presque uniquement en doubles cordes, me semble-t-il, très fatigantes. L'orchestration, originale à mon avis dans sa composition, me paraît difficilement relever cet ensemble terne. Le second mouvement, qui présente un violon statique émergeant à peine d'un brouhaha orchestral, me paraît un véritable supplice. Le dernier mouvement bénéficie d'un thème principal plus animé, mais qui ne me convainc guère plus.




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