RÉPERTOIRE CRITIQUE - KBA
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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
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KHATCHATURIAN Aram (1903-1978) ORCHESTRE Startacus ballet 1956 (***/****/***/***/**/**/**) Cette oeuvre traduit exactement le mélange de puissance, de triomphe, de dureté impitoyable, voire de cruauté, liés à l'argument. L'on ne trouve aucune trace du style expressionniste russe dont Khatchaturian est pourtant l'éminent représentant avec le second mouvement de son "Concerto pour piano", notamment. Sur le plan stylistique, fidèle à l'esthétique du "Groupe des Six", l'orchestre se réduit presque à une perpétuelle fanfare martelée par les percussions. Les parties lentes ne se départissent pas de cette manière à mon avis simpliste. Khatchaturian, comme dans la "Danse du sabre" montre qu'il préfère la veine mélodique populaire aux savantes subtilités de l'impressionnisme finissant. L'oeuvre ne manque pas, me semble-t-il, d'effets saisissants et d'excellents thèmes, mais à mon avis son traitement symphonique, qui confine parfois à la vulgarité, reste sommaire, même si l'on veut bien considérer qu'il s'agit d'un ballet. Le triomphe de Rome se réduit à une parade de cirque. En revanche, le thème des esclaves, qui revient sporadiquement comme un léitmotiv, me paraît sublime (Acte I scène 1, puis Acte2, scène 1, puis Scène IV). On remarquera dans l'Acte I scène 3 des thèmes hispanisants. L'oeuvre est sauvée à mon avis par la puissance émotionnelle qu'elle contient. La meilleure partie est sans doute La "Scène d'orgie à la villa de Crassus" avec la "Variation d'Aegina" et la "Bacchanale finale" (Acte I, scène III) où Khatchaturian marie les effets rhapsodiques russes et ibériques. La scène II présente un passage de pur effet de percussions impressionnant qui traduit bien l'esprit de l'oeuvre. Dans la plainte de Phrygia, les voix féminines me paraissent utilisées judicieusement dans un esprit très instrumental par Khatchaturian comme le fit Holst dans "Les planètes". Suite Mascarade 1944 (*/-/-) Cette suite exploite le mélodisme populaire simple, voire simpliste me semble-t-il, dans une orchestration homogène, sans couleur ni originalité à mon avis, assez cuivrée dans le style du Groupe des Six. Le premier mouvement rappelle vaguement la thématique de "Spartaccus". Le second mouvement est une mélodie au violon à mon avis peu caractéristique. Suite de ballet "Gayaneth" 1943 (-/***/**/*/*/*/*/*) Cette suite se développe selon le style mélodique populaire inspiré du Groupe de Six. La plupart des parties me paraissent peu imaginatives et monotones, même la fameuse "Danse du Sabre", qui constitue le dernier mouvement. "L'éveil et la Danse d'Ayesha" et dans une moindre mesure la "Berceuse" font exception et nous dévoilent à mon avis tout le génie de Khatchaturian. La première de ces deux pièces illustre le style expressionniste russe si caractéristique. On y retrouve la clarinette basse et un motif rappelant le deuxième mouvement du "Concerto pour piano et orchestre". Ces deux mouvements sont fortement emprunts d'orientalisme. PIANO ORCHESTRE Concerto 1935 (*/****/**) Oeuvre écrite dans un style proche de celui du Groupe des Six : thèmes mélodiques colorés, vigoureusement rythmés. Le second mouvement fait exception en adoptant une manière résolument différente où prime l'expressivité (favorisée naturellement par le tempo lent). Ce mouvement est à mon avis empreint d'un lyrisme bouleversant. On trouve ces caractéristiques particulièrement dans le "Concerto" de Yardumian, mais aussi dans le "Concerto n°1" de Galynine. Rhapsodie de concert (-) VIOLON ORCHESTRE Concerto (**/*/*) Ce concerto très vivant, varié, à mon avis sacrifie quelque peu à une certaine facilité mélodique héritée du groupe des Six. Le premier mouvement comporte, me semble-t-il, un très beau thème lent, qui sera prétexte au développement de la cadence centrale. Dans le second mouvement, l'orchestre créé une atmosphère rêveuse et nostalgique, puis apparaît une mélodie à l'alto dans un style plus hispanique que slave. Dans le dernier mouvement apparaissent encore mieux, me semble-t-il, les insuffisances de l'oeuvre: facilité, rythme constamment vif, développements fastidieux du soliste malgré la réexposition du thème initial du premier mouvement. KHRENNIKOV Tikhon (1913-) PIANO ORCHESTRE Concerto n°1 (-/-/-) Concerto n°2 (-/-/-) KOECHLIN Charles (1867-1950) PIANO ORCHESTRE Ballade (-) Oeuvre à mon avis de faible musicalité, très dissonante. KIEL Friedrich (1821-1885) PIANO ORCHESTRE Piano Concerto in B flat major op 30 (1864) (-/-/*) La partie pianistique de cette oeuvre est composée uniquement de figurations athématiques. Cette volubilité incessante, à mon avis, devient vite plus fatigante qu'intéressante: virtuosité qui ne prend quelque consistance que dans le dernier mouvement. KOCH Erland von (1910-) PIANO ORCHESTRE Concerto lirico (*/-/-) L'oeuvre, peu lyrique malgré son titre, se présente comme une succession de passages figés et de passages animés d'une pulsion rythmique systématique. L'orchestration est bruyante, le piano dissonant. KOCHAN Günter (1930-) PIANO ORCHESTRE Concerto op 16 (-/-/-) Oeuvre moderne. Le piano est dissonant, confus, l'orchestration plus discrète, peu cuivrée. KODALY Zoltan (1882-1867) ORCHESTRE Kodaly n'est pas à mon avis uniquement un folkloriste, c'est un véritable compositeur de musique rhapsodique. Ses "Galanta dances", ses "Marosszék dances" le montrent magistralement, me semble-t-il. Ces deux oeuvres témoignent d'une extraordinaire réutilisation du folklore pour la création d'œuvres autonomes qui ne sont en rien des variations sur des thèmes folkloriques ou des traductions classiques. Les "Variations sur un air folklorique hongrois", malgré leur titre, le montrent encore mieux. Kodaly atteint dans cette dernière œuvre, me semble-t-il, des effets impressionnistes qui dépassent le folklore, même si l'œuvre, par ailleurs, n'a peut-être pas la densité thématique des "Marossék dances". Son style est alors plus proche de Sibelius avec quelques traces de l'impressionnisme debusséen. "Galanta dances" et "Marosszék dances" contiennent peut-être les effets orchestraux les plus poussés qui se soient osés dans le domaine de la "musique savante". Le sens de la couleur et du rythme de Kodaly me paraissent étonnants, ainsi que la subtilité des nuances. Ces deux oeuvres représentent une suite de thèmes (danses) très variés à travers lesquels apparaît souvent de larges passages à la flûte ou à la clarinette. Galanta Dances (****) Marosszék Dances (***) KODALY Variations sur un air de folklore hongrois Le paon (**) Dans cette oeuvre où Kodaly se rapproche manifestement (et avec beaucoup d'art à mon avis) du style de Sibelius, on remarquera plusieurs passages impressionnants de profondeur et d'une intensité presque angoissante, par exemple une suite de doubles accords aux trompettes alternant avec un motif de la basse. Les cordes conservent un rôle important. Malheureusement, on doit déplorer à mon avis de nombreux passages plus faibles, notamment un passage à la flûte pianissimo en partie finale rappelant quelque peu le "Daphnis et Chloé" de Ravel. Hary Janos Suite (*/*/*/***/**/***) De style très rhapsodique comme on le conçoit, cette oeuvre est une démonstration d'effets orchestraux originaux, inégalement réussis, me semble-t-il. La bataille et la défaite de Napoléon présentent des effets de percussions très modernes. Dans le même esprit, "L'entrée de l'Empereur et sa cour" utilise un thème très oriental, d'allure presque chinoise. On remarquera aussi l'"Intermezzo" utilisant la cithare hongroise. DUO Sonate (PIANO VIOLONCELLE) op 4 1910 (-/-) oEuvre d'un style vigoureux, contrasté, mais sans thématique précise, à ce qu'il me semble. Les mouvements commencent de manière animée, puis se terminent en style vaguement impressionniste (touches parsemées de silence). VIOLONCELLE Sonate op 8 1915 (-/-/-) Cette oeuvre d'aspect très original, très contrastée, exploite toutes les possibilités du violoncelle: doubles cordes, bariolages, pizzicati, extrême-aigus (notamment dans le troisième mouvement). Il s'agit à mon sens d'une démonstration de virtuosité très impressionnante, mais dépourvue de toute thématique marquante. KORNGOLD Erich Wolfgang (1897-1957) PIANO ORCHESTRE Concerto ut dièse (MAIN GAUCHE) op 17 1917 (-/-/-/-/-/-/-/-/-/-) Oeuvre à tendance moderniste athématique, sauf le 4ème et l'avant-dernier mouvement, plus classiques, qui bénéficient d'un thème simple. L'orchestration est claire, parcimonieuse tandis que le soliste s'exprime souvent en cadence solo comme dans le dernier mouvement. L'écriture pianistique se caractérise par un recours à l'aigu, voire à l'extrême-aigu qui évoquerait paradoxalement un concerto pour la main droite. KOZELUCH Leopold (1747-1818) PIANO ORCHESTRE Concerto n°7 (-/-/-) Concerto typiquement de style mannheimien. Par rapport à Mozart, le mélodisme me paraît moins souple, mais la richesse des agréments supérieure, tout en demeurant relativement limitée. Le piano à mon avis apparaît dense, sans thématique précise. Concerto B flat major (PIANO 4 MAINS) (185-) (-/-/*) On a l'impression que l'esprit glisse sans pouvoir s'accrocher sur ces gammes trop lisses. L'audition paraît au premier abord attrayante, mais l'on finit vite par s'enliser dans cette musique comme en un marais. Ce qui en ressort, c'est la fadeur, l'inconsistance. Comment noyer la virtuosité dans l'insignifiance? C'est ce à quoi semble répondre ce style trop huilé où le compositeur cherche à se faire oublier lui-même, où la musique semble s'annihiler dans l'inconsistance? PIANO VIOLON ORCHESTRE Symphonie concertante (-/-/-/-) Oeuvre de style identique au concerto pour piano. Il faut noter l'intervention des cors, relativement importante, en soliste. KÖHLER Siegfried (1927-) PIANO ORCHESTRE Concerto op 46 (-/-/-/-/-) Oeuvre moderne. Style clair, mais ultra-rapide. |