RÉPERTOIRE CRITIQUE - LAA
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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L'HOYER Antoine de (1768-1852)
DUO 2 GUITARES
Un ensemble de pièces de bonne tenue qui manifestent une remarquable intégration des 2 solistes, ce qui a permis à L'Hoyer d'étoffer le jeu guitaristique par nature très grèle. La virtuosité de ces pièces est assez développée, en revanche, le style ne manifeste guère de propension à exprimer un sentiment romantisme, eu égard à la date de composition de ces pièces. On notera cependant le caractère assez pathétique des parties lentes, notamment celle du 2e mouvement du Duo concertant op 31 n°1, très émouvante.
Duo concertant in A major op 31 n°1 (*/**/-)
Duo concertant in E minor op 31 n°3 (*/**/**)
Duo concertant in C major op 31 n°2 (**/*/**/**)
Duo concertant in D minor op 34 n°2 (*/-/-/**)
LA PRESLE Jacques de (1888-1969)
PIANO ORCHESTRE
Concerto en 4 tableaux (-/-/-/-)
Œuvre qui me paraît cacophonique et bruyante.
LADMIRAULT Paul (1877-1944)
DUO CLARINETTE PIANO
LAJTHA Laszo (1892-1963)
ORCHESTRE
Les œuvres symphoniques de Lajtha considérées ci-dessous s'inscrivent dans la lignée des œuvres modernistes de Chostakovitch héritées de l'esthétique du Groupe des Six. Le tonalisme demeure très marqué, voire même accentué par rapport aux œuvres romantiques. Lajtha oscille entre un ultratonalisme simpliste et de fuyantes incursions pseudo-tonales. Il ajoute surtout, dans une orchestration pourtant peu bruyante, des effets grotesques de percussions (xylophone, célesta, triangle notamment), suffisants à mon avis pour disqualifier ces œuvres et les ravaler au rang de bouffonneries que l'on ne saurait considérer avec sérieux. Pourtant, certaines parties s'orientent vers la recherche - vaine, me semble-t-il - d'un pathétisme évoquant l'expressionnisme russe khatchaturien, notamment le premier mouvement de la Symphonie n°9 qui rappelle assez précisément le second mouvement du Concerto pour piano de Khatchaturian. L'orchestre de Lajtha apparaît très allégé, notamment dans la Sinfonietta, évitant dans cette œuvre les effets de tutti et réservant de larges passages mélodiques au violon ou à la flûte. Sur le plan rythmique, les symphonies me paraissent animées par un rythme facile, qui les apparente parfois à de la mauvaise musique de café-concert.
Symphonie n°4 op 52 Le printemps (-/-/-)
Symphonie n°9 op 67 Le printemps (-/-/-)
Sinfonietta op 43 (-/-/-)
LALO Ernest (1823-1892)
ORCHESTRE
Rhapsodie norvégienne (**)
Cette page au caractère grandiose préfigure quelque peu Grieg ou Sibelius. Lalo a effectivement introduit une certaine couleur rhapsodique (en fait peu différente de celle du folklore russe). On remarquera l'emploi du triangle dans cette orchestration qui me paraît très colorée et très contrastée.
PIANO ORCHESTRE
Concerto (**/-/**)
Cette œuvre, d'une maturité et d'une maîtrise évidente à mon avis, présente une orchestration un peu guindée ainsi qu'une partie pianistique dont l'individualité thématique me paraît incertaine. L'ensemble manque à mon avis d'élan et de dynamisme et l'on n'y retrouve pas la fraîcheur de la Symphonie espagnole.
VIOLON ORCHESTRE
Symphonie espagnole (***/**/**/*/**)
Cette œuvre très solistique, variée, manifeste un lyrisme et une virtuosité relativement tempérés, voire parfois une certaine timidité. Malgré la haute maturité dont fait preuve le violonisme à mon avis, l'œuvre manque peut-être un peu d'influx. Les influences de Saint-Saëns et Sarasate me paraissent manifestes, surtout dans l'orchestration. Le rhapsodisme est assez peu marqué, dans un probable souci de classicisme.
Concerto russe (*)
Cette œuvre très courte se révèle à mon avis peu lyrique et peu dynamique. Le violon se perd en développements mélodiques qui me semblent d'intérêt médiocre, L'orchestration m'apparaît sans éclat, pauvre. Il faut ajouter à ces caractéristiques une quasi-absence de rhapsodisme malgré le titre de l'œuvre.
LALO/SARASATE
VIOLONCELLE ORCHESTRE
Concerto (-/-/*)
Le seul intérêt de cette œuvre me paraît être le thème principal du troisième mouvement emprunté à la Habanera de Sarasate.
LANCEN Serge (1922-)
PIANO ORCHESTRE
Dans ses trois œuvres pour piano et orchestre, Lancen fait preuve à mon avis d'un style d'une grande originalité: style dynamique au pianisme souvent rudimentaire, me semble-t-il, mais aux thèmes pleins d'imprévu, d'imagination et de relief, bien rehaussés par une orchestration rutilante et colorée. Comme Milhaud, Lancen à mon avis a su dans ces œuvres exploiter la veine rhapsodique sud et nord américaine. Bien que n'appartenant pas au Groupe des Six, Lancen s'inscrit très typiquement dans le style de cette école.
Fantaisie créole (**)
Parade concerto (**/*/**)
Concerto rhapsodie (**/*/-)
LANGGAARD Rued (1893-1952)/LANGGAARD Siegfried (1852-1914)
PIANO ORCHESTRE
Konzert Fra Arild frit efter Siegfried Langgaard (-/-/-/-)
Rued est plus tenté que son père par les formules modernistes, mais, à mon avis, il n'en tire aucun intérêt supplémentaire.
LANGGAARD Siegfried (1852-1914)
PIANO ORCHESTRE
Konzert n°1 (-/-/-)
Un déploiement de formules à mon avis un peu vaines qui évitent l'attrait du mélodisme et n'aboutissent à aucun thème vraiment signifiant
LARA Kosma (1930-)
PIANO
Représentant sans doute le plus original de l'école albanaise avec F. Ibrahimi, d'après les quelques pièces qui suivent, Lara a développé un style particulièrement évocateur. Son rhapsodisme très marqué apparaît proche du rhapsodisme ibérique, sans que l'on puisse affirmer qu'il s'agisse d'emprunts. On notera la prédilection des suites d'accords martelés très riches comme dans la Ballade pastorale, l'exploitation prodigieuse à mon avis des extrême-grave et des unissons (Ballade n°3), des aigus dans les 2 miniatures :Pprélude en si b M et Danse, cette dernière évoquant quelque peu Moussorgski. Lara semble moins moderne qu'Ibrahimi, mais certainement plus impressionniste. Ainsi, certaines pièces comme la Danse rappelle également à mon avis les réussites de Debussy et Rodrigo dans ce genre. Les pièces qui suivent comptent sans doute parmi les plus envoûtantes écrites pour le piano.
Ballade pastorale (****)
Ballade n°3 (***)
Ballade n°2 (***)
Prélude en si bémol majeur (***)
Danse (***)
Prélude en la majeur (*)
Jeu en Fa majeur (**)
Danse en la mineur (***)
LARRANAGA Padre José (-1806)
PIANO
Bien que fort avancée dans le 18e siècle et peut-être touchant le début du 19e siècle, la production de Larranaga, d'après les quelques échantillons ci-dessous, me paraît très scarlattienne. Elle se caractérise par de nombreux agréments, la vivacité, une certaine virtuosité, l'absence de résolutions mélodiques ultra-tonales, qui différentient cette musique du style galant en vigueur, mais elle possède aussi le ton primesautier, une certaine utilisation de l'évidence tonale dans la mélodie, qui l'en rapprochent. Cette dernière caractéristique ne se trouve pas plus accusée que chez Scarlatti. On remarquera aussi, dans le sillage du compositeur italien de la cour de Madrid l'utilisation des notes piquées répétées en guise d'accompagnement et la quasi-absence de basse d'Alberti. Malgré ces qualités (relative complexité mélodique, virtuosité, richesse des agréments) élevant souvent ces pièces au-dessus du tout-venant galant, l'intérêt thématique de ces pièces me paraît limité. On retiendra cependant la belle mélodie très prenante de la Sonate en ré majeur, malheureusement un peu répétitive à mon goût. Le moine franciscain d'Aranzaru, incontestablement brillant, me paraît, d'après ces extraits moins remarquable que ses contemporains et compatriotes Joaquin de Oxinagas et Fray Manuel Sostoa.
Sonate en ré mineur (*)
Sonate en do majeur (*)
La Valenciana fa majeur (-)
Sonate en ré majeur (**)
Sonate en sol majeur (*)
LAURO Antonio
GUITARE
Dans ces quelques pièces, Lauro utilise le style folklorique sud-américain et ses rythmes parfois un peu faciles, me semble-t-il, comme dans l'entraînant Joropo. Ses qualités thématiques à mon avis apparaissent cependant dans Nelly.
Maria Luisa (-)
Cancion de cuna (-)
Joropo (*)
Carora (-)
Natalia (-)
Nelly (**)
LEBRUN Ludwig August (1746-1790)
HAUTBOIS
Concerto en C majeur (-/-/*)
Cette œuvre typiquement classique ne se départit pas du ton superficiel caractérisant souvent ce style. Néanmoins, un certain pathétique brise parfois le vernis d'amabilité. L'œuvre est très contrastée.
LECLAIR Jean-Marie (1697-1764)
DUO BASSE CONTINUE FLÛTE
Ces sonates se développent selon un rythme régulier, sans surprise, parfois très bachien. L'une des pièces (l'Allegro de la Sonate I) rappelle d'assez près la célèbre Badinerie de la Suite n°2 de Bach tandis que le Largo de la Sonate III rappelle quelque peu le mouvement lent du concerto Il gardellino de Vivaldi. La flûte est peu virtuose et utilise rarement les agréments. On peut noter cependant l'Allegro assai de la Sonate V, un peu plus volubile. Les motifs mélodiques apparaissent assez nettement, mais leur intérêt demeure à mon avis limité.
Sonate I (-/-/-/*)
Sonate II (-/-/-/-)
Sonate III (-/-/-/-)
Sonate V (-/-/-/-)
Sonate op 9 n°5 (***/-/**/-)
Cette sonate révèle une dimension insoupçonnée de Jean-Marie Leclair par rapport à ses concertos, assez pâles se détachant assez difficilement des effets vivaldiens. La thématique de Leclair dans ces œuvres ne rappelle en rien le style baroque pas plus que le style galant. C'est le premier mouvement, de virtuosité tempérée, qui s'impose à mon avis par une thématique d'une grande maturité. Les autres mouvements se caractérisent malheureusement à mon avis, par des effets beaucoup plus rudimentaires (4e mouvement) ou répétitifs et systématiques (1e mouvement).
VIOLON ORCHESTRE
Les œuvres pour violon et orchestre de Leclair témoignent, me semble-t-il, d'une thématique très largement inspirée (sinon empruntée) à Vivaldi, cependant avec une moindre complexité, une moindre imagination et une quasi-absence d'agréments. On ne retrouve pas, surtout à mon avis, l'alacrité rythmique particulière des œuvres vivaldiennes.
Concerto op 7 n°3 (-/-/-)
Concerto op 10 n°1 (*/-/*)
Concerto op 10 n°2 (*/-/*)
Concerto op 10 n°6 (*/-/*)
LEFEBURE-WELY Alfred (1817-1869)
ORGUE
Le style de Lefébure-Wély mêle certains effets très modernes: bruitages dans le grave, et longues tenues dissonantes dans l'aigu, à des effets très classiques, par exemple dans Verset. Son style peut être d'une grande suavité (Offertoire en ré) ou grandiose (Scène pastorale), ou encore sémillant (Communion). Rien n'est moins figé ou compassé que la musique pour orgue de ce compositeur.
Marche en ut majeur (*)
Verset en la majeur (***)
Prélude en fa (**)
Prélude en ré (*)
Offertoire en ré (***)
Communion (***)
Sortie en mi bémol (**)
Scène pastorale en sol majeur (***)
Marche en mi bémol (*)
Sortie en si bémol (*)
Fugue (-)
Pastorale en ut mineur (***)
Mélodie très expressive, récitative.
Élévation ou communion en la mineur (-)
LEKEU Guillaume (1870-1894)
DIVERS INSTRUMENTS
Les œuvres de musique de chambre de Lekeu répondent toutes aux mêmes caractéristiques : recherche de véhémence, volonté évidente d'affirmer un caractère dramatique - sans parvenir - à mon avis, à engendrer un réel pathétisme. Mis à part une brève envolée lyrique en ouverture, le Molto adagio demeure confiné dans un discours sans relief dans le grave. Le premier mouvement (Dans un emportement douloureux) du Quatuor avec piano présente un ensemble homogène dans lequel se fond le piano, en revanche, le violon se détache quelque peu. L'œuvre est traversée parfois d'une exaltation, qui n'atteint guère à mon avis de véritable efficacité musicale, sauf en quelques brefs passages mélodiques assez bienvenus. Le second mouvement de cette même œuvre (Lent et passionné) me semble monotone, uniforme. Le Larghetto apparaît particulièrement dépouillé, traversé par de nombreux silences et passages à découvert des instruments. Enfin, l'Adagio, dépouillé lui aussi, ne révèle qu'un piano, à mon avis , assez terne et timoré. Visiblement, Lekeu aborde ces œuvres plutôt comme compositeur pour le violon que comme compositeur pour le piano. On ne peut évidemment formuler aucun jugement définitif à partir de ces œuvres sur la valeur du compositeur lui-même, foudroyé à l'âge de 24 ans. Quelques passages, notamment dans le Quatuor, laissent percer des prémisses parfois troublants.
Molto adagio QUATUOR À CORDES (-)
Quatuor inachevé PIANO ALTO VIOLON VIOLONCELLE (-)
1 Dans un emportement douloureux (-)
2 Lent et passionné (-)
Larghetto VIOLONCELLE SOLO ET ENSEMBLE DE CHAMBRE (-)
Adagio QUATUOR (-)
LEMBA Arthur (1885-1963)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (-/-/-)
Œuvre de style post-romantique au mélodisme assez affirmé, notamment grâce à de larges passages confiés aux cordes. Le style est nuancé, aérien, tout en conservant un certain dynamisme. Le piano, assez volubile, évolue presque constamment dans l'extrême-aigu. L'ensemble de l'œuvre n'affirme cependant pas à mon avis de thèmes marquants. Le début du thème d'ouverture du premier mouvement ressemble curieusement à celui du troisième mouvement du Concerto n°3 de Scharwenka, c'est d'ailleurs, me semble-t-il, le seul motif intéressant de l'œuvre. Quelques sonorités rappellent Grieg dans le dernier mouvement.
Concerto n°1 (***/-/**)
Dans cette œuvre, Lemba s'est orienté vers le style pré-impressionniste qui pourrait rappeler l'atmosphère du concerto de Grieg, mais également la Ballade de Fauré ou le Concerto d'Albeniz... Pianisme aérien, éthéré virtuosité évanescente, recherche de nuance plutôt que de contraste... Le premier mouvement seul, affirmant un mélodisme particulièrement suave par son thème principal, me paraît émerger par rapport aux deux autres mouvements, de densité thématique à mon avis très faible. Sur l'ensemble, une marque rhapsodique très ténu, sinon perceptible par l'atmosphère de nostalgie imprégnant le premier mouvement.
LEONARD Hubert (1819-1890)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto n°4 (**/**/***)
Cette œuvre courte traduit la double influence de Paganini et de Vieuxtemps. L'atmosphère apparaît sombre et romantique. On reconnaît dans la première partie des réminiscences du premier mouvement du Concerto n°4 de Vieuxtemps (l'ouverture lente qui me paraît sublime). Dans la seconde partie, un passage rappelle le Concerto n°4 de Paganini. On remarquera la brève introduction lente de l'œuvre. En dépit de passages absolument sublimes à mon avis, on doit regretter une certaine inégalité d'inspiration de l'œuvre.
LEONTSKY (1970-)
PIANO
L'œuvre originale de Leontsky, oscillant entre le classicisme romantique et l'esthétique du minimalisme, manifeste le polymorphisme inhérent à toute œuvre moderne. Dans ses œuvres les plus dépouillées, Leontsky utilise de courtes mélodies à l'ambitus limité, d'une extrême simplicité, en évitant tout effet virtuose. À cette conception, le compositeur oppose des pièces d'une étoffe harmonique surchargée, mises en relief par une rythmique obsédante, souvent en suite d'accords statiques ou modulants. Une pièce de Leontsky développe généralement une suite de micro-effets introduits par de subtiles variations chromatiques que l'oreille doit déceler. La plus étonnante de ce point de vue est certainement Love (Tribute to Heifetz), pièce pourtant peu spectaculaire. Ces petites mélodies faussement insignifiantes s'insinuent en nous et nous conquièrent. Musique secrète qui s'épanche comme un pleur dans la solitude nocturne. Ainsi en est-il de la Miss Archer's ghost (Looping), mélodie véritablement magique, d'une force intériorisée bouleversante. Art d'un extrême raffinement, art abouti qui semble peu redevable à l'esthétique moderniste du 20e siècle, mais affirme sa propre originalité, loin des péroraisons démonstratives et tapageuses. Si une référence pouvait être évoquée, ce serait peut-être celle de Schubert, sur le plan stylistique, quoique l'affect exprimé nous semble très différent. Il faut ajouter également dans certaines pièces l'influence du rythme américain comme chez Louis Moreau Gottschalk, par exemple dans Lipari (Messina). Par sa manière de puiser sans complexe aux sources les plus classiques, mais de les renouveler pour forger une esthétique autonome, l'art de Leontsky me paraît mériter particulièrement l'appellation d'art post-moderne. L'univers intériorisé de Leontsky, constitue une synthèse hardie entre l'impressionnisme post-debusséen et le romantico-classicisme, avec parfois quelques discrètes réminiscences de rag-time. Le mélodisme le plus pur et le plus récitatif s'y mêle à une suite d'effets fugitifs, motifs inaboutis, retenus, elliptiques, ébauchés, tronqués. Parfois, l'œuvre se perd dans un développement d'accords massifs presque figés, évoluant imperceptiblement vers une improbable résolution. Il est difficile dans certaines pièces de tracer une frontière nette entre l'hypnotisme engendrée par ces effets et l'appesantissement consécuti d'une subtilité excessive. Les meilleurs albums de Leontsky, les plus aboutis, les plus denses, à mon sens, sont Princess Ligovskoï et The Gods, hallucinante réinvention musicale de l'univers mythologique, éclairé par la lumière triste et obsessionnelle de l'angoisse métaphysique. Et surtout peut-être les pièces bouillonnantes de Nietzsches musik.
Ego fatum ?
1 Les pions (-)
2 Oracles (-)
3 Positivisme (-)
4 Ego Fatum ? (***)
5 Questions au Sphinx (*)
6 Départ (*)
7 Autres étoiles (*)
8 Le voyageur (*)
9 Distances (*)
10 Lumière du passé (***)
Old et New
1 Old et New (***)
2 A perdre haleine (***)
3 les amours nouvelles (-)
4 le crépuscule d'or (-)
5 Eternité (*)
6 East Sun (***)
7 Pastiche brillant (***)
8 Fairytale (*)
9 only for U (-)
10 Tender words (***)
11 Lost Wings (**)
12 Le chant de la mer (*)
13 Onzième choral (-)
14 Grand prélude (-)
15 Prière (-)
16 One smile (*)
Princess Ligovskoï
1 Russie oubliée (***)
2 Les traîneaux (**)
3 Une Icône antique (*)
4 La danse de l'âme (***)
5 Morskaïa (***)
6 Pietchorine (***)
7 Krasinski (***)
8 La mazurque de Viera (***)
9 Duel (-)
10 Le chagrin et le départ (-)
Venit Nox
1 Venit Nox (***)
2 Gouffres amers (-)
3 Monde de Dieu (-)
4 L'enveloppe du temps (*)
5 Récollection (*)
6 La nuit de Dieu (-)
7 A Béthanie (***)
8 Amitié (-)
9 Agonie (*)
10 larme de Jésus (*)
11 Pierre de Tombeau (*)
Desideria
1 Sun waves (**)
2 Desideria (-)
3 Gardencourt (*)
4 Miss Archer (***)
5 Osmond (***)
6 Pansy (***)
7 Impossibles destins (**)
8 Rêverie de rue (***)
9 La foule (***)
10 Boulevard infini (***)
11 La femme qui passe (***)
12 Une contemplation (***)
13 Le désert de la solitude (***)
Oostende
1 Vagues du Nord (***)
2 Sur la plage (*)
3 Baraques (*)
4 Autres voiliers (-)
5 Danse des masques (**)
6 Enfances (-)
7 Oostende (-)
8 Regard vers la baie (**)
9 Le Retour et le Même (***)
Les Songes
1 Les sondes (***)
2 Saules pleureurs (-)
3 Le rêve d'Alban Berg (*)
4 Paraboles (***)
5 Jenn (***)
6 Les grands fonds (***)
7 Les songes (-)
Loon Point
1 Où le regard se perd (**)
2 Bungalows (**)
3 Anciens parapets (***)
4 Nostos Algos (**)
5 Moonfleet (*)
6 Une jetée (*)
7 Bastingage (***)
8 California'a sun (*)
9 Loon Point (*)
10 Miss Archer's ghost (****)
11 L'Océan au matin (***)
12 Les vagues (**)
13 Love Foam (***)
14 Tender ocean (***)
Gods
Aphrodite (***)
Apollon (**)
Arès (***)
Maïa (***)
Artémis (***)
Atlas (***)
Cronos (***)
Zeus (***)
Hadès (**)
Héphaistos (*)
Héra (****)
Hermès (****)
Poséidon (-)
Éros (***)
Faÿbad
1 A Marienbad (*)
2 les grandes étendues (*)
3 Douleur baroque (-)
4 Faÿbad (-)
5 Vue des bassins (*)
6 la colonnade Lazenka (-)
7 En carrosse (-)
8 Friedrichsbad (-)
Salons déserts
1 Je m'avance (*)
2 Marbres (-)
3 Couloirs interminables (***)
4 Salons déserts (*)
5 Salles silencieuses (***)
6 Glaces noires (***)
7 Lourdes tentures (**)
8 Une fois de plus (-)
Cité de cristal
3 Naissance d'une passion (*) 1
Vendôme
6 Grandes réminiscences (**) 1
7 à 15 Variations sur le chant du départ de Méhul&* (*)
ResurrecXio
9 Piazza Navona (**)
Flitcraft
1 Éternel combat (***)
2 Voyage des âmes (***)
3 la ville en sommeil (***)
4 Nostalgia (***)
5 Flitcraft (***)
6 Vagues de foule (***)
7 Le vagabond à la rose (***)
8 Une inconnue passe (***)
Firenze
1 Les Esclaves (*)
2 Villa Camerata (*)
3 Vénus d'Urbino (-)
4 Jardins Boboli (*)
5 Le David (*)
6 Firenze (*)
7 San Miniato (*)
8 Fiesole (-)
9 Parisina (-)
11 Santa Croce (*)
10 Amore (*)
LESCHETIZKY Theodor (1830-1915)
ORCHESTRE
Ouverture Eie erste Falte (-) 1
PIANO
Suite contes de jeunesse op 46
So tante Mama Menuet all antica (*) 1
Toccata hommage à Czerny (*) 1
Impromptu en souvenir de Henselt (-) 1
Gavotte all antica et Musette moderne (-) 1
Fantasiestück Hommage à Schumann (*) 1
PIANO ORCHESTRE
Leschitisky transcendé par le genre concertant. C'est ce que je serais tenté de croire. Car ni les pièces pour piano, ni l'ouverture Eie erste Falte pour orchestre du même compositeur ne me paraissent imprégnés du même souffle, de la même densité musicale. C'est le moins que l'on puisse en dire. Et quel contraste! Leschitizky transfiguré par la puissance lyrique. Autant on peut être enthousiasmé par ce déploiement orchestral et pianistique du concerto, autant on peut être ennuyé par cet étalage inconsistant de l'ouverture ou encore le manque d'originalité perceptible dans les pièces pour piano. Et j'ai le sentiment que c'est vraiment la forme lyrique, la vis lyrica, qui a saisi le compositeur et lui a insufflé toutes les idées mélodiques et harmoniques de son concerto. Une orchestration surtout sonore qui prend toute son ampleur lorsqu'elle est confronté au piano. Sur le plan stylistique, Leschitizki plus proche de Scharwenka que de Chopin. Même traitement des cuivres selon des motifs mélodiques ou des exclamations ponctuelles vigoureuses. Leschetizky affectionne également les suites d'accords dissonants à l'orchestre. Le pianisme: moins complexe, plus limpide que chez Scharwenka, lequel parfois, surtout dans son premier concerto, ne parvient pas toujours à dégager la clarté thématique de l'œuvre et à contenir les débordements motiviques. Signalons, au centre du Concerto de Leschitisky un grand passage où l'orchestre et le piano développent un grand crescendo. Sinon, l'ensemble témoigne d'une rare égalité d'inspiration, excepté un léger fléchissement à l'occasion d'une partie plus lente, mais très courte. À ce sujet, précisons que l'œuvre obéit à une structure très libre en s'affranchissant du tripartisme vif-lent-vif. C'est la thématique plutôt que la forme préétablie du genre qui commande la structure.
Concerto C minor op 9 (***)
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