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RÉPERTOIRE CRITIQUE - LIT

LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES

- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel

Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (***/-/**)

Si l'intitulé de l'oeuvre présente un lien, vous pouvez écouter un extrait



LITOLFF Henry (1818-1891)

PIANO ORCHESTRE

Dans ses concertos symphoniques "n°3" et "n°4", Litolff à mon avis déploie une virtuosité, une originalité et un brillant quasi insurpassables, bien que le pianisme de ces oeuvres ne soit pas encore comparable à celui de la fin du XIXe siècle et trahisse des procédés encore classiques. L'orchestration, pour sa part, montre principalement dans le premier mouvement du "Concerto symphonique n°4", une certaine influence de l'orchestration berliozienne, peu commune dans les oeuvres pour piano et orchestre, surtout à l'époque ou il fut écrit. L'influence de Berlioz est absente même dans les concertos de Tchaïkovski ou le "Concerto" de Rimski-Korsakov. Le Concerto-symphonique n°4 montre une maturité pianistique et symphonique particulièreemnt accusés par rapport à l'époque. Le style de Litolff est assez proche de celui de Scharwenka, toutefois avec plus de souplesse pianistique, des effets moins abrupts, mais tout aussi foudroyants. Le premier mouvement du "Concerto-symphonique n°3", alternant habilement motifs rapides et motifs lents, affirme un dynamisme inconcevable. Le scherzo consiste en un échange rapide de motifs dans un rythme presque hallucinant. Dans le quatrième mouvement, on retiendra un passage d'accompagnement par des pizzicati qui préfigure "Schéhérazade" de Rimski-Korsakov.

Concerto symphonique n°2 in B minor op 22 (1844) (**/***/*/***)

Concerto symphonique n°3 (****/****/**/***) LITOLFF

Concerto symphonique n°4 (****/***/*/***)

Concerto-symphonique n°5 do m op 123 (1870) (***/-/**/***)

Même si elle n'atteint pas la transcendance du "Concerto n°3", cette oeuvre, superbe à mon avis, affirme d'évidentes qualités ainsi que des nouveautés stylistiques par rapport aux concertos antérieurs du compositeur et peut-être par rapport aux œuvres qui lui sont contemporaines. La très longue introduction orchestrale, médiocre à mon avis, déprécie quelque peu le premier mouvement. En revanche, la partie pianistique se révèle éblouissante, d'une rare souplesse et incisivité. On y remarquera la prédilection pour les gammes descendantes rapides, des contrastes rythmiques beaucoup plus affirmés que dans le "Concerto n°3", notamment grâce à l'introduction d'un motif lent pathétique. Après un second mouvement d'allure passionné, à défaut de thématique marquante, à mon avis, Litolff nous prodigue sa spécialité caractérisant sa conception unique du concerto-symphonique, le scherzo. Celui-ci, sur un thème quelque peu rudimentaire, apparaît bien pâle et systématique par rapport son homologue du "Concerto n°3". Le dernier mouvement, le meilleur sans doute de l'œuvre sur le plan thématique, possède la particularité d'offrir une longue cadence pianistique centrale préfigurant celles des concertos de Scharwenka, Tchaïkovski, Grieg, Sgambati…, bien qu'elle soit établie sur des motifs beaucoup moins hardis et heurtés, s'apparentant parfois assez curieusement à l'écriture contrapuntique. En définitive, le caractère plus abrupt, plus sauvage du pianisme dans cette œuvre constitue certainement l'avancée la plus spectaculaire de Litolff par rapport au style concertant de l'époque. Il faut y ajouter, parfois, une coloration harmonique insaisissable et mystérieuse. En revanche, l'orchestration, largement dominée par les cordes, demeure relativement traditionnelle.

LIU Shi-kun (XXème)

PIANO ORCHESTRE

Concerto pour la jeunesse (**)

D'un style romantique assez pur, cette oeuvre se caractérise par un rhapsodisme atténué parfaitement intégré à la structure classique. La partie orchestrale apparaît à mon avis la plus marquante.

Concerto Typhon (***)

Cette oeuvre apparaît comme un véritable poème symphonique, témoignant d'une assimilation très poussée de la musique romantique et impressionniste. La marque rhapsodique est très nette. La recherche de la virtuosité à la manière de Liszt paraît évidente, de même la recherche d'effets orchestraux très contrastés. "Après la tempête, la victoire" rappelle plutôt le "Concerto" de Rimski.

LOCATELLI Pietro (1695-1764)

VIOLON ORCHESTRE

Le style de Locatelli apparaît très largement inspiré de celui de Vivaldi, mais contrairement à Leclair, Locatelli a su adopter un dynamisme proche des oeuvres du Prete rosso sans cependant atteindre à mon avis le même niveau de complexité thématique ni la même puissance des effets. Locatelli affirme cependant un modernisme qui lui est propre dans la simplification de la ligne mélodique, laquelle, me semble-t-il, atteint une intensité souvent supérieure à celle de Vivaldi, cela sans tomber dans la facilité du style galant. La virtuosité, à l'écoute, n'apparaît pas plus importante que celle de Vivaldi, probablement en raison d'un brillant moins affirmé. On notera que les doubles cordes sont à mon avis excellemment exploitées, notamment dans le "Caprice" du "Concerto op 3 n°6". Comme Vivaldi, Locatelli a su communiquer à certaines de ses pages un pathétisme troublant, des accents mélancoliques qui vont parfois jusqu'à l'angoisse, par exemple dans le premier mouvement du "Concerto op III n°8". Cette même oeuvre contient à mon avis un dernier mouvement d'une grande densité se terminant par une cadence impressionnante (autographe?). Le dernier mouvement du "Concerto op 3 n°9" contient de nombreuses réminiscences des "Quatre saisons" et des concertos "in due cori" de Vivaldi.

L'arte del violino op 3 LOCATELLI

Concerto op 3 n°1 (**/**/***)

Concerto op 3 n°2 (*/***/*)

Concerto op 3 n°3 (-/-/-)

Concerto op 3 n°4 (-/*/-)

Concerto op 3 n°5 (*/-/***)

Concerto op 3 n°6 (-/*/*)

Concerto op 3 n°7 (-/*/***)

Concerto op 3 n°8 (***/*/****)

Concerto op 3 n°9 (***/***/***)

Concerto op 3 n°10 (**/*/-)

Concerto op 3 n°11 (*/*/*)

Concerto op 3 n°12 (**/*/-)

VIOLON PIANO

Sonate op 6 n°12 (***/*/*/***)

Le dernier mouvement de cette sonate caractérise le style locatellien, proche de la virtuosité transcendante. La première partie du mouvement expose un thème qui laisse place ensuite à une envolée vers les hautes sphères de la virtuosité, en utilisant la thématique proposée par la première partie. On pourra admirer notamment la variété des effets qui ne laissent jamais la tension se relâcher. Le style de cette œuvre ne s'insère en aucun cas dans l'évolution de la musique retenu habituellement pour le 18e siècle. Nulle trace de style baroque ou galant.

LOEILLET Jacques (1685-1748)

FLÛTE ET ORCHESTRE

Concerto en ré M (*/-/*)

LOMBIDE Padre Juan Andres de (1745-)

PIANO

Sonate en ré M (**)

LONGUE

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (-)

Oeuvre assez tonale présentant quelques affinités avec le "Concerto pour violon" de Taktakichvili. Le violon se maintient souvent dans le medium. L'orchestration demeure parcimonieuse et diffuse.

LUBE

PIANO ORCHESTRE

Rêve sur Chopin (-)

Cette très courte rêverie présente à mon avis une bribe de motif intéressant de style effectivement chopinien.

LUTOSLAWSKI Witold (1913-)

ORCHESTRE

Petite suite (-)

Oeuvre à l'orchestration à mon avis bruyante beaucoup plus par son instrumentation très cuivrée que par son tonalisme qui demeure très classique.


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