RÉPERTOIRE CRITIQUE - MAS
LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES
- : peu intéressant
* : assez bon
** : bon
*** : excellent
**** : exceptionnel
Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :
Concerto (*/*/-/*)
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MASON Daniel (1873-1953)
PIANO ORCHESTRE
Prélude et fugue op 20 (-)
MASSENET Jules (1842-1912)
ORCHESTRE
Hérodiade paraît au premier abord une œuvre exploitant l'orientalisme avec un certain clinquant superficiel. Elle contient cependant à mon avis une matière musicale certaine témoignant d'un art de l'orchestration élaboré. Mais c'est dans le Nocturne de la Suite n°1 et le Mélodrame de la Suite n°3 que se révèle l'art symphonique de Massenet, à mon avis, merveilleusement raffiné, léger, tonique, élaboré. L'originalité des effets m'apparaît d'une surprenante modernité, notamment dans l'utilisation des timbres, et particulièrement celle des percussions à nu. Massenet atteint, me semble-t-il une magie orchestrale assez rare, bien plus puissante, que celle de Ravel dans Ma mère l'Oye. En revanche, les scènes hongroises (Suites n°2) me paraissent plutôt fades.
Scènes pittoresques (**/**/*/*)
Hérodiade Ballet suite
Les Égyptiennes (*)
Les Babyloniennes (*)
Les Gauloises (*)
Les Phéniciennes (**)
Final (*)
Suite n°1
Pastorale et fugue (-)
Variations (-)
Nocturne (***)
Marche et strette (*)
Suite n°2 Scènes hongroises
Allegro risoluto (-)
Allegro leggiero (-)
Allegro risoluto 2 (-)
Andante (*)
Allegro risoluto 3 (-)
Suite n°3 Scènes dramatiques
Prélude et divertissement (-)
Mélodrame (***)
Scène finale (*)
PIANO
C'est un pianisme d'une étonnante souplesse et d'une prodigieuse maîtrise compositionnelle que nous dévoilent ces pièces, parfois d'une virtuosité fulgurante (comme dans Papillons blancs ou Valse folle), parfois témoignant d'une richesse harmonique très poussée (comme dans la Toccata) ou animées d'un profond sentiment nostalgique (comme le Nocturne ou la Mélodie). Certaines pièces évoquent le style des clavecinistes, cependant avec moins d'efficacité musicale que celles de Chabrier, me semble-t-il. En dernier lieu, la vigueur, le tempérament ne manquent pas dans ces pièces, infirmant la réputation de mollesse et de volupté facile que l'on accorde à Massenet. Sans être impressionniste, le style de Massenet dans ces pièces manifeste une recherche de la nuance très poussée en référence plutôt au style pianistique du début du XIXème siècle (Moscheles, Hummel, Chopin, Kullak).
Papillons noirs (*)
Papillons blancs (***)
Eau dormante (*)
Eau courante (**)
10 pièces de genre op 10
1 Nocturne (***)
2 Marche (**)
3 Barcarolle (**)
4 Rigodon (*)
5 Mélodie élégie jouée dans les Erynies (**)
6 Saltarello (***)
7 Vieille chanson (**)
8 Légende (***)
9 Fughetta (*)
10 Carillon (**)
Valse folle (*)
Valse très lente (**)
Devant la Madone souvenir de la campagne de Rome, nuit de Noël (-)
Toccata (***)
Musique pour bercer les petits enfants (-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (***/****/***)
Massenet, me semble-t-il, a haussé aussi loin qu'il est possible l'esprit de suavité, de subtilité, de finesse propre à la musique pré-impressionniste. Il atteint une grande complexité dans les harmonies. Son style s'apparente à Pierné avec une maîtrise compositionnelle, une clarté supérieure à mon avis. La virtuosité très feutrée de cette œuvre la rapproche du concerto pour piano et orchestre de Novak. Le second mouvement, à mon avis d'une remarquable densité, introduit une atmosphère extraordinaire de merveilleux. Le troisième mouvement adopte des éléments de folklore russe ou slovaque sans cependant rompre avec la suavité habituelle du compositeur.
MATHIAS William (1934-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°3 (*/-/-)
Œuvre moderne, à mon avis cacophonique, bruyante. Le piano demeure souvent dans un extrême-aigu dissonant.
MATIELLI Giovanni Antonio (vers 1733-1805)
HARPE
Adagio (-)
MATSUMURA Teizo (1929-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°2 (-/-)
MATTHUS Siegfreid (1934-)
VIOLON ORCHESTRE
Concerto (-)
Concerto moderne, atonal, parfois stravinskien, dysharmonieux à mon avis. Au centre du premier mouvement se trouve une parodie d'un passage du Concerto pour violon de Tchaïkovski, du Concerto n°2 de Mendelssohn (3ème mouvement)! Tout cela ne me paraît avoir aucun sens.
MAYR Johann (1763-1845)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°1 ut mineur (-/-/-)
Concerto typiquement mannheimien, assez vif et enjoué. Quelques passages plus lyriques, légèrement beethovéniens.
MEDTNER Nicolaï (1880-1951)
PIANO
Le pianisme de Medtner, d'une remarquable homogénéité dans toutes ses sonates, se caractérise à mon avis par une surcharge d'accords d'une relative pauvreté qui s'allie à une ligne mélodique d'une grande netteté et simplicité. L'absence quasi-totale de chromatisme communique à ces compositions, me semble-il, un manque de souplesse et de nuance préjudiciable. Le style rappellerait Schubert ou Schumann en plus brillant, en moins riche harmoniquement et mélodiquement. Certaines pièces présentent sporadiquement des passages d'une certaine virtuosité, qui n'engendre cependant jamais, à mon sens, de lyrisme ni de pathétisme comme dans la Sonate op 25 n°1 ou dans l'Allegro de la Sonate Night Wind op 25 n°2. Cet ensemble considérable d'œuvres (plus de cinq heures de musique) me paraît révéler un contenu thématique bien mince si l'on excepte l'Allegro de la Sonate n° 5 et l'Allegretto de la Sonata reminiscenza op 38 dont le thème se retrouve quelque peu dans la Canzona serenata. Par rapport à son époque, Medtner semble se réfugier dans un traditionalisme désuet, peu convaincant.
Sonata op 5 (**/-/-/-)
Sonata Triad op 11
Sonata la bémol majeur (-)
Sonata Elegy ré mineur (-)
Sonata ut mineur (*)
Sonata op 22 (*)
Fairy Tale Sonata op 25 n°1 (-/-/-)
Sonata Night Wind op 25 n°2 (-/-/-/*/-)
Forgotten Melodies op 40
Danza col canto ()
Danza sinfonica ()
Danza jubilosa ()
Danza ondulata ()
Danza ditirambica ()
Sonate-Ballade op 27 (-/-/-)
Sonata op 30 (**/-/**)
Sonata romantica op 53 n°1 (-/-/-/-)
Sonata minacciosa op 53 n°2 (-/-/-/-/-/-)
Forgotten Melodies op 38
Sonata reminiscenza (-)
Danza graciosa (-)
Danza festiva (-)
Canzona fluviala (-)
Danza rustica (-)
Canzona serenata (*)
Danza silvestra (-)
Alla reminiscenza (-)
Forgotten Melodies op 39
Meditazione (-)
Romanza (-)
Primavera Frühlingsmärchen (-)
Canzona matinata (-)
Sonata tragica (-)
Sonata-Idylle op 56 (-/-)
PIANO ORCHESTRE
Les œuvres pour piano et orchestre de Medtner laissent à mon avis l'empreinte d'une originalité sonore révélant sans doute plus de divagations pianistiques et orchestrales, qu'une recherche thématique profonde. Une certaine évanescence et une réelle nouveauté rythmique permettent d'accorder quelque crédit à son Concerto n°3 Ballade
Concerto n°1 (-)
Concerto n°2 (-/-/-)
Concerto n°3 (*)
MEHUL Etienne-Nicolas (1763-1817)
ORCHESTRE
L'œuvre symphonique de Mehul témoigne chez ce compositeur d'un sens de la nuance et de la souplesse orchestrale assez développé. Style, assez coloré, contrasté, plutôt moderne pour l'époque, témoigne d'une étonnante maîtrise compositionnelle et d'un sens de la perfection très poussé. Le Final de la Symphonie n°3 témoigne notamment d'une grande virtuosité orchestrale, mais inexplicablement, pour moi, cette pièce ne recèle, comme bien d'autres de Méhul, aucun intérêt thématique. L'aspect le plus étonnant du symphonisme méhulien est l'absence totale de référence au symphonisme, au symphonisme post-viennois. La marque du symphonisme rossinien n'apparaît pas non plus certaine, hors, peut-être le magistral crescendo et decrescendo de l'ouverture La chasse du jeune Henri qui égale parfaitement, à mon avis, les meilleures réussites du maître de Pesaro. L'on remarquera également dans cette œuvre une utilisation magistrale, très moderne, des timbales et des cuivres, bien loin de leur utilisation, souvent plus ou moins fruste, dans le symphonisme post-viennois. L'on se trouve également très loin du symphonisme peu contrasté, timide de Hummel, Moscheles... Une certaine tendance à la répétitivité nuit sans doute à l'intérêt des meilleurs mouvements de la Symphonie n°1 (1er et 3e mouvement) bâtis en forme de scherzo, mais le thème de ces mouvements m'apparaît éblouissant. L'ensemble de l'œuvre symphonique de Méhul m'apparaît extrêmement inégal. Outre la Symphonie n°1, sa grande réussite est certainementLa Chasse du jeune Henri où l'on ne sait qu'admirer le plus, de la subtilité des effets, de la logique thématique qui sous-tend le discours ou encore du pouvoir suggestif discret contenu dans cette pièce, véritable poème symphonique.
Ouverture La chasse du jeune Henri (****)
Symphonie n°1 G majeur (***/-/-/***)
Symphonie n°2 D majeur (-/-/-/-)
Ouverture Le trésor supposé (*)
Symphonie n°3 C majeur (-/**/-)
Symphonie n°4 E majeur (-/-/-/-)
MELCER Henryk (1869-1928)
PIANO ORCHESTRE
Concerto n°1 (***/**/****)
Aussi bien par le pianisme que par l'orchestration de cette œuvre, Melcer affirme, me semble-t-il, une grande maîtrise compositionnelle. L'œuvre est empreinte d'un pathétisme puissant, que contribue à créer la virtuosité elle-même notamment par des plongées impressionnantes du soliste vers l'extrême-grave. Melcer possède l'art des lents mouvements d'amplification évoluant savamment vers leur résolution. Il use des gammes évanescentes en arrière-plan, des accords isolés. L'orchestration est en même temps dépouillée et puissamment colorée. Le premier mouvement est établi, après une ouverture au cor, sur un thème très rhapsodique. Le second mouvement débute sur un motif fugué qui se dilue rapidement, ponctué vers la fin par des solos de la flûte. C'est dans le troisième mouvement que Melcer atteint à mon avis cette apogée du génie où les idées se succèdent de manière étourdissante. A partir d'un solo de basson, le piano, éblouissant, expose une suite de motifs à mon avis sublimes, créant des contrastes thématiques puissants pour aboutir au centre à une partie lente, bouleversante d'émotion.
Concerto n°2 (***/*/***)
Le premier mouvement, sur une structure temporelle arythmique, développe des figurations pianistiques particulièrement envoûtantes, que réhausse une orchestration d'une grande originalité. En opposition, le troisième mouvement affirme une verve pianistique parfaitement épanouie dans un rythme très soutenu. Le style général est romantique, présentant peu d'affinité avec le style debussyste ou le style rachmaninien.
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