SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE - REA



LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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REGER Max (1873-1916)

PIANO ORCHESTRE

Concerto op 114 (*/-/*)

Ce concerto assez superficiel à ce qu'il me semble présente un manque total de dynamisme et surtout d'idées musicales.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Ce concerto, bien qu'il n'apparaisse pas moderne, ne recèle à mon avis aucune substance musicale. À peine le début du troisième mouvement, me semble-t-il, apporte un peu de variété dans un ensemble d'une insipidité mortelle.

REICHA Anton (1770-1836)

QUINTETTE

Quintette op 88 n°2 mi bémol majeur [FLÛTE HAUTBOIS CLARINETTE BASSON COR] (-/-/-/-)

Malgré sa tendance à utiliser les registres instrumentaux en alternance pour les mettre en relief, Reicha, dans cette œuvre, ne me paraît pas se départir d'un style galant sans surprise. Rien de saillant, à mon sens, ne se détache d'un ensemble extrêmement conventionnel

REINECKE Karl (1824-1910)

HARPE ORCHESTRE

Concerto op 182 (**/**/*)

Dans cette œuvre, Reinecke me paraît affirmer une originalité étonnante qui dépasse de loin le style purement romantique de son Concerto pour piano. La particularité sonore et les possibilités de la harpe me semblent bien exploitées. À mon avis, le compositeur a su communiquer à l'instrument des accents rêveurs, nostalgiques, voluptueux préfigurant le style impressionniste (notamment dans le second mouvement). Cet exemple montre de manière éclatante, me semble-t-il, l'influence considérable qu'imprime la conformité de l'instrument sur le style musical d'une œuvre.

PIANO ORCHESTRE

Le style de Reinecke dans le Concerto n°1 rappelle à mon avis celui de Raff et de Bronsart: pianisme exubérant, heurté, parfois confus. Dans cette œuvre, Reinecke atteint, comme par exemple dans la superbe introduction orchestrale du premier mouvement, un pathétisme romantique qui me paraît très prenant. Le second mouvement exploite à mon avis une belle mélodie à la manière tzigane au violon dans la tessiture grave. L'œuvre souffre cependant, à ce qu'il me semble, d'une thématique souvent mal affirmée. Le Concerto n°2, d'apparence assez brillante, ne contient à mon avis que peu de matière musicale. Les 3 autres concertos de Carl Reinecke ne semble pas receler la teneur du Concerto n°1, en particulier sa dimension romantique. Rien dans la partie soliste, pourtant très volubile, sinon virtuose, n'interpelle l'auditeur, me semble-t-il. Ce faux braillant ne me paraît générateur que d'uniformité. Grande insuffisance thématique et même thématisme peu perceptible, certainement dans cette œuvre, aussi bien dans la partie solistique que dans la partie orchestrale.

Concerto n°1 op 72 (**/**/*)

Concerto n°2 op 120 (-/*/*)

Concerto n°3 do majeur op 144 (-/-/-)

Concerto n°4 si bémol mineur op 254 (-/-/)

RESPIGHI Ottorino (1879-1936)

ORCHESTRE

La rutilance de l'orchestration de Respighi, bien que très cuivrée, ne me paraît jamais agressive. L'on y retrouve à mon avis aucune trace du dynamisme un peu primaire du Groupe des Six. En revanche, son colorisme demeure peut-être assez limité si on le compare à celui de son maître Rimski dont il ne semble guère avoir retenu les leçons. C'est ce qui apparaît dans Les pins de Rome, Fêtes romaines... En revanche, les Suites, à mon sens ultrasimplistes, volontairement archaïques, me paraissent d'un intérêt extrêmement restreint. L'argument du style médiéval-renaissant présenté par le compositeur, ne me paraît pas suffisant à parer ces pages à mon avis inconsistances d'un quelconque charme désuet. A peine le 3ème mouvement de la Suite n°1, très mélodique présente-t-il un passage légèrement plus pénétrant. Quant au 2ème mouvement de la Suite n°2, il se caractérise par une coloration légèrement russe - qui pourrait être un souvenir de Rimsky-Korsakov... Rien, même dans ces mouvements, ne me paraît hausser ces œuvres au-dessus d'un divertissement musical, une pièce de genre assez peu divertissant à mon gôut, d'une désolante platitude.

Les pins de Rome (*)

Malgré les passages de fanfares, l'œuvre comporte de nombreuses périodes statiques. On remarquera les chants d'oiseaux qui s'intègrent parfaitement à la composition.

Fêtes romaines (-)

L'orchestration apparaît plus éclatante et plus somptueuse que dans Pins de Rome On remarquera un passage à la mandoline dans Fête d'octobre.

Suite n°1 (-/-/*/-)

Suite n°2 (-/-/-/-)

Suite n°3 (-/-/-/-)

Suite n°4 (-/-/-/-)

PIANO ORCHESTRE

Rien ne peut ressembler moins à une œuvre d'un compositeur qu'une autre œuvre de ce compositeur. Surtout si les deux œuvres concernent deux genres instrumentaux différents. Rien dans Fontaines de Rome et autres Pins de Rome - œuvres symphoniques à mon sens relativement ternes et d'une originalité problématique - qui préfigure la recherche d'hypervirtuosité caractérisant les œuvres concertantes pour piano de Respighi. Virtuosité galvanisée, froide, pourrait-on dire. On est très loin de la virtuosité flamboyante et chaleureuse d'un Scharwenka ou d'un Tchaïkovsky, de la virtuosité ostensible et foudroyante d'un Liszt, loin de la virutosité souple, féline d'un Kullak ou d'un Herz, et même loin de la virtuosité mystérieuse, intériorisée d'un Novak. Une virtuosité bizarre, celle de Respighi, intériorisée elle aussi, mais qui n'exprime pas ce magnétisme magique chez Novak. Une virtuosité qui n'est pas un épanchement lyrique et dont on ne peut vraiment comprendre l'expression et la motivation. Un orchestre, de même, dont l'élaboration - incontestable - exclut toute couleur trop affirmée, toute rutilance trop voyante. J'ai toujours été étonné que Respighi ait choisi comme maître Rimski-Kosrsakov, si éloigné de lui, si opposé à son tempérament. La Toccata, dont le style rappelle la virtuosité propre à l'époque baroque, convient bien au style de Respighi, malgré, malheureusement, de longs temps morts dans la partie médiane de l'eouvre. En revanche, que penser de cette Fantasia slava? Œuvre excellente sans doute, mais peut-on écrire de la musique russe de manière aussi objective? De la fausse musique russe, d'une parfaite inauthenticité, mais réussie pourtant. Un autre rappel de Rimski qui pourrait être un désaveu plus qu'une adhésion. Ces œuvres de Respighi, par leur esprit, me rappellent un peu le Festin de l'araignée d'Albert Roussel. Une esthétique qui procède de la musique moderne, en ce sens qu'elle nie tout sentiment romantique et réduit l'expressivité à un contenu aseptisé. Je suis plus admiratif qu'enthousiaste, mais je ne peux cacher que j'ai tout de même écouté de très nombreuses fois cette Fantasia slava comme le Concerto. Alors, des œuvres que je conseille sans restriction. Elles exercent sans doute la fascination des cristaux glacés du givre et de la neige sur les hautes cimes désolées.

Concerto in A minor (***)

Toccata (**)

Fantasia slava (***)

RHEINBERGER Josef (1839-1901)

ORGUE

Ces œuvres pour orgue de Rheinberger ne comptent guère de remarquable, à mon avis, que quelques bribes de thèmes, effectivement très caractérisés, mais sporadiques. Généralement, la pièce débute par un motif incisif qui se dilue rapidement dans un ensemble homogène. Mis à part quelques pièces de contrepoint (la Fuga de la Sonate n°6 et la Finale de la Sonate n°7), l'écriture de Rheinberger demeure relativement aérée et tonique. La meilleure pièce me paraît être le Praeludium de la Sonate n°6, qui atteint une certaine grandeur. Le style de Rheinberger s'apparente au romantisme dans l'acception très générale du terme, son écriture demeure assez traditionnelle pour l'époque.

Sonate n°5 F d majeur op 111 (-/*/-)

Sonate n°6 E bémol mineur op 119 (**/*/-/-)

Sonate n°7 F mineur op 127 (-/-/-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto op 94 (-/*/*)

Œuvre typiquement dans la lignée de Bronsart, Raff, Henselt... Le style me paraît souvent confus, dynamique, contrasté. Le pianisme me semble surchargé d'accords, heurté, sans souplesse. Le premier mouvement présente à mon avis quelques passages plus mélodieux. Le second mouvement, très dynamique aussi, affirme quelques motifs orchestraux, aux cordes en partie centrale à mon avis d'un certain intérêt. Le troisième mouvement bénéficie d'un thème principal bien caractérisé, mais l'ensemble, me semble-t-il, reste un peu confus.

RICHTER Franticek Xaver (1709-1789)

DIVERS INSTRUMENTS

Sinfonia a quattro en c moll (-/-/-)

Adagio a fuga en g moll (-)

FLÛTE ORCHESTRE

Ces œuvres se caractérisent par un style marqué fortement par le baroque tardif et ne comportant que très peu d'éléments de style classique. C'est à mon sens le mérite de Richter d'avoir conservé la vivacité et la vitalité du baroque, particulièrement efficace dans le genre du concerto de soliste, et d'avoir refusé l'affadissement classique. Utilisation de la flûte assez volubile toutefois sans commune mesure avec les œuvres de virtuosité de l'opus 10 de Vivaldi, par exemple. Le seul mouvement remarquable dans ces deux œuvres me paraît être le 1er mouvement du Concerto in D M. Richter augmente l'intérêt de ce mouvement par de courtes interventions, très nerveuses, des basses de l'orchestre, rompant le jeu du soliste. Une certaine baisse d'intérêt, à mon avis, apparaît malheureusement vers la fin du mouvement. Orchestration très homogène.

Concerto D majeur (**/-/*)

Concerto E mineur (-/-/*)

HAUTBOIS ORCHESTRE

Œuvre de style baroque comparablement aux concertos pour flûte du même compostieur, mais dont le soliste ne présente à mon sens pas la même vivacité ni la même imagination.

Concerto F majeur (-/-/-)

ORCHESTRE

Le style de Richter apparaît dans ces œuvres entièrement apparenté au baroque dont il possède les qualités et la limitation. Peu de différence apparaît avec les concertos pour orchestre de Vivaldi par exemple. Richter exploite ici les possibilités de l'orchestre à cordes permettant une grande unité sur le plan instrumental, mais sans éviter la monotonie du genre. La dimension baroque au niveau thématique est illustré particulièrement par l'Andante de la Symphonie n°3, très mélodique, accompagné de la basse continu, le seul mouvement, à mon sens, qui relève le niveau assez fades de ces pages orchestrales. En revanche, les 1er et 3ème mouvement de la Symphonie n°2, dans un rythme heurté, sans souplesse, demeurent très rudimentaire sur le plan du traitement aussi bien thématique que symphonique. Ce ne sont certainement pas ces œuvres qui pourraient illustrer les avancées attribuées à Richter dans l'évolution musicale vers le classicisme.

Sinfonia 1 en G dur (-/-/-)

Sinfonia en C dur (-/-/-)

Sinfonia 3 en B dur (-/**/-)

RIES Ferdinand (1784-1838)

ORCHESTRE

Le style symphonique de Ries dans ces symphonies ne me paraît pas se distinguer fondamentalement du standard préromantique initié par Stamitz sur le plan du langage. Ries apparaît même largement en retrait par rapport à Dittersdorf. Il semble refuser tout colorisme et répugne à tout effet original comme Gernsheim. Malgré cette limitation du langage, Ries impose un pathétisme certain grâce à une structure thématique souvent solide. L'homogénéité de cette orchestration trouve sa contrepartie positive par les effets de puissance qu'elle engendre. Ries sait donner une ampleur lyrique à ses crescendos préfigurant parfois ceux de Rossini. C'est la Symphonie n°5 qui me paraît porter les qualités de Ries à leur sommet. Le compositeur exploite particulièrement dans le premier mouvement les oppositions entre les tutti rythmiques et les passages mélodiques. On remarquera l'ouverture du premier mouvement particulièrement sombre et pathétique. Les parties de violon solo dans le 3e mouvement apparentent l'œuvre à une symphonie concertante, ce qui contraste avec le style assez massif de Ries. Le dernier mouvement, aux accents parfois presque tchaikovskiens, contient un remarquable passage nostalgique. Un charme viennois un peu désuet empreint cette œuvre. Moins achevés, les symphonies 3, 4 et 6 expriment cependant un pathétisme toujours très senti, mais souvent, malheureusement, des thèmes trop répétés. Avec la Symphonie n°8, à mon sens d'un style souvent outré, parfois vulgaire, grandiloquent plus que lyrique, Ries ne termine pas brillamment sa série.

Symphonie n°1 (**/**/**/*)

Symphonie n°2 (*/-/**/-)

Symphonie n°3 (**/-/**/-)

Symphonie n°4 (**/*/**/*)

Symphonie n°5 (***/**/***/***)

Symphonie n°6 (*/-/-/-)

Symphonie n°7 (**/*/**/**)

Symphonie n°8 (**/*/-/-)

PIANO ORCHESTRE

Dans le Concerto n°3, Ries affirme à mon avis une thématique nettement plus précise et marquante que celle de Hummel et même Moschelès. Ses effets pianistiques sont sans doute moins originaux que ceux de Chopin, mais la partie orchestrale me paraît plus élaborée, mieux intégrée à la partie pianistique. On perçoit l'influence de Beethoven dans l'orchestration, notamment l'utilisation du cor en pianissimo. Le pianisme se caractérise par sa clarté et une certaine recherche de cristallinité dans les sonorités. Le troisième mouvement affirme un style encore plus libéré du classicisme.

Concerto n°3 (***/**/***)

QUINTETTE

Quintette B mineur op 74 (***/*/***)

Loin de demeurer en retrait de sa musique concertante comme on l'attend pour une œuvre de musique de chambre, Ries montre au contraire en ces pages particulièrement brillantes un pianisme d'une grande maturité, d'une souplesse étonnante. Le beethovénisme du Concerto n°3 semble avoir disparu, encore plus le conventionnalisme, sinon les pesanteurs des symphonies. Ce quintette est conçu plutôt dans l'esprit d'un concerto. Les cordes graves dominent dans la partie orchestrale, ce qui communique une certaine grandeur pathétique à l'œuvre, amplifiée par la dimension lyrique du piano. Le premier mouvement s'affirme par l'exploitation de figurations pianistiques sans thématique précise, bien que ce pianisme révèle une grande clarté. C'est en revanche un superbe thème bien scandé qui communiquent toute sa force au 3e mouvement. Lorsque l'on considère la date relativement précoce de cette œuvre au 19e siècle, on ne peut qu'être ébloui par la maîtrise de Ries.

SEXTUOR

Grand sextuor C majeur op 100 (***/*/-)

Pianisme complexe, dense, limpide, brillantissime caractérise le premier mouvement de cette œuvre. Certains tours thématiques ont parfois une résonance très gottschalkienne. En revanche, il me semble que ce brillant évolue à vide dans les mouvements suivants, surtout le dernier où la sève de l'inspiration semble tarie.

Sextuor G mineur op 142 (***/-/***)

Cette œuvre est empreinte d'une sensualité presque impressionniste que renforce la présence de la harpe, admirablement intégrée à la partie de piano. Cette caractéristique étonne eu égard à la date très précoce de cette œuvre. Les autres instruments évoluent sur un plan différent et communiquent malheureusement un certain sentiment de bizarrerie à l'ensemble. Cependant le piano et la harpe s'imposent et imposent leurs motifs très fondus et souples. D'une style différent, plus proche de la fantaisie, le dernier mouvement s'affirme par la virtuosité de ses motifs, que les autres instruments malheureusement n'amplifient guère. Encore une fois, c'est le piano qui emporte l'adhésion et parvient à nous faire oublier la relative faiblesse des autres instruments. Il me semble que la composition instrumentale de ce sextuor ne s'adapte pas foncièrement à l'inspiration et à l'esprit de l'œuvre.

RIMSKI-KORSAKOV Nicolaï (1848-1908)

ORCHESTRE

Véritable magicien de l'orchestre, Rimski a dépassé, me semble-t-il, dans le genre symphonique tout ce que l'on peut imaginer. Contrairement à Beethoven ou à Berlioz, il n'utilise pas sa science des sonorités pour exprimer sa révolte, sa passion, ses espoirs, mais pour créer un univers de beauté qui vaut pour lui-même, un kaléidoscope de merveilles devant lesquelles on reste ébloui. L'artiste s'efface devant son œuvre. Si Schéhérazade est sans doute sa réussite la plus éclatante, Skasska, Tsar Saltan nous introduisent plus loin encore peut-être dans les possibilités les plus secrètes, les plus inconcevables de la féerie orchestrale. Ce que nous évoque Rimski, c'est un véritable monde musical indicible. Son colorisme, sa rutilance ne sont jamais à mon sens des accessoires gratuits, ils sont générateurs d'émotions supérieures, créateurs d'une poésie subtile où les sons rejoignent le monde immatériel de la pensée. Sur le plan stylistique, on doit signaler en premier lieu la présence ubiquiste de Berlioz, par exemple dans l'utilisation de la harpe qu'il amplifie encore, l'exploitation des sonorités diaboliques issues du Songe d'une nuit de Sabbat. Rimski ne néglige pas, toujours dans la lignée de Berlioz, les effets de fanfares, l'exploitation des cuivres dans toutes les nuances depuis le pianissimo jusqu'au forte, dépassant à mon avis les exploits de Bruckner, dans la Symphonie n°4 Romantishe. A ce déploiement orchestral, Rimski ajoute les effets wagnériens qu'il amplifie également et développe dans le sens d'un impressionnisme original: par exemple le fondu orchestral à mon avis prodigieux de La tsarine au milieu des flots dans la suite Tsar Saltan, peut-être une des plus belles pages de l'histoire de la musique. Rimski me paraît un des rares compositeurs a avoir réussi la synthèse entre ces deux esthétiques opposées que sont celles de Berlioz et de Wagner.

Sintonietta sur des thèmes russes (-/-/-)

Œuvre de musique facile à mon avis, peu lyrique, très mélodique, sur un rythme tranquille, peu comparable à la production générale du maître.

Symphonie n°3 (*/**/**/*)

Cette symphonie témoigne d'une orchestration relativement traditionnelle par rapport aux poèmes symphoniques. Sans être dénués d'intérêt, sans être jamais monotones, à mon avis, les thèmes ne montrent aucune hardiesse, aucun contraste excessif. Est-ce la forme de la symphonie qui a poussé le compositeur à éviter tout effet trop original?

Le coq d'or (**/***/***)

Nous retrouvons dans cette œuvre les hardiesses symphoniques de Tsar Saltan, même si elles ne parviennent pas toujours à mon avis au même degré de puissance. Le début de chaque mouvement nous plonge dans cette atmosphère si envoûtante de la Tsarine au milieu des flots dont il n'y a peut-être aucun équivalent dans la musique symphonique. Le second mouvement présente un thème lent, voluptueux, rappelant quelque peu le thème de Schéhérazade. Rimski sait alterner magnifiquement à mon avis les passages langoureux, d'une remarquable souplesse et les passages apocalyptiques, d'une puissance de contraste inégalable.

Sadko (**)

Grande paques russe (**)

Cette œuvre pâtit, me semble-t-il, d'une relative pauvreté thématique, même si l'orchestration réalise une exploitation extraordinaire du thème principal. Celui-ci apparaît à mon goût trop répétitif, notamment à la fin de l'œuvre.

Capriccio espagnol (***)

Sans aucun complexe, Rimski réalise une utilisation très libre de la musique espagnole qu'il n'hésite à transformer en y important des effets propres à la musique russe. Le traitement symphonique concourt plus encore que la thématique à cette transformation.

Skasska (***)

Tsar saltan (**/****/****)

Mlada (-)

Cette œuvre très sommaire à mon avis se présente comme une succession de courtes sections. La première débute par un solo de flûte. La dernière fait intervenir à plusieurs reprise une fanfare qui me paraît un peu banale. Les autres sont constituées d'un tutti orchestral uniforme. Il semble que Rimski s'abandonne ici à un style de musique facile indigne de son art.

Kiteje (-)

The mad of Pskov Ouverture (***)

The tsar's bride Ouverture (***)

Shéhérazade (***/****/****/****)

C'est sans doute la création qui illustre le mieux la puissance des effets symphoniques à leur degré le plus élevé. Rimski applique la leçon berliozienne en y additionnant ses effets propres: le colorisme et la thématique particulière de la musique russe. Le premier mouvement, exploitant la puissance de la masse sonore, porte plutôt la marque wagnérienne. C'est dans le second mouvement qu'apparaît la résultante de la fusion entre les effets berlioziens et les effets wagnériens. Le troisième mouvement me paraît une extraordinaire variation sur le thème de la princesse, thème d'une rare sérénité, d'une rare élévation. C'est dans le dernier mouvement qu'éclate toute la magie symphonique rimskienne jusqu'à des sommets à mon avis inouïs, déploiement orchestral qui contraste avec le leitmotiv: un motif du violon en rosalie sur plusieurs octaves du grave à l'aigu.

PIANO ORCHESTRE

Concerto (***/***/***)

Ce concerto, d'un extraordinaire lyrisme à mon avis, est écrit dans un caractère très rhapsodique, aussi bien du point de vue tonal qu'instrumental. L'orchestration me paraît particulièrement originale et éblouissante. La partie pianistique conserve cependant la prééminence, particulièrement en ce qui concerne le brillant et la beauté des thèmes, me semble-t-il. L'œuvre, très courte malheureusement, se compose de trois mouvements enchaînés. Le premier mouvement utilise un motif dérivé du thème principal de Schéhérazade. Dans le troisième mouvement, le piano à mon avis demeure quelque peu noyé dans une masse orchestrale particulièrement rutilante.

Fantaisie op 33 (**)

L'ouverture, d'un style très lyrique, impose un thème lent remarquable à mon avis, mais la suite perd de l'intérêt jusqu'à l'exposition d'un thème rhapsodique rythmé. La dernière partie est à mon avis une sublime mélodie accompagnée par des trilles et pizzicati des violons, puis par les autres cordes en trémolo dans le grave. (procédé rappelant le mouvement lent de la Symphonie du Nouveau Monde). Rimski atteint là, me semble-t-il, une expression nostalgique d'une grande intensité. Comme dans Shéhérazade, l'instrument soliste exploite beaucoup plus le pianissimo que l'intensité sonore. L'écriture violonistique reste très legato. L'orchestration est assez légère, plus classique que dans les poèmes symphoniques les plus achevés de Rimski.




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