SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE - ROS



LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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RÖSSLER Frantisek Antonin (dit ROSETTI) (1746-1792)

HARPE

Une écriture déliée, parfois virtuose, des motifs variés, dynamiques, contrastés, un style assez évolué pour l'époque qui utilise assez peu les recettes mannheimiennes, telles sont les caractéristiques des sonates pour harpe de Rössler. Malgré ces qualités, l'intérêt thématique de ces œuvres me paraît très limité.

Sonata in B bémol majeur (*/-/*)

Sonata in G majeur (*/-/-)

Sonata in B bémol majeur 2 (*/*/-)

Sonata in E bémol majeur (*/-/-)

Sonata in C majeur (-/-/-)

HAUTBOIS ORCHESTRE

Concerto D majeur (*/-/-)

Œuvre à tendance classique, mais présentant de nombreux aspects du baroque. Sans atteindre la virtuosité, le soliste se révèle très volubile.

ROSENFELD Gerhard (1931-)

VIOLON ORCHESTRE

Concerto n°2 (-/-/-)

Œuvre très moderne.

ROSSINI Giaccomo (1792-1868)

DUO BASSE VIOLONCELLE

Duetto (*/*/**)

DUO FLÛTE HARPE

Introduction et variations (****)

Aucune qualité ne semble manquer à cette œuvre : majesté de l'introduction, mélodisme charmeur du premier thème, pathétique de la partie centrale, virtuosité des solistes (la flûte notamment dans le second thème). C'est en définitive par la densité particulière de cette Introduction et Fantaisie que le génie de Rossini paraît le plus impressionnant ainsi que par sa capacité à trouver immédiatement le ton juste pour une écriture solistique qui sort de ses habitudes compositionnelles, en tant que compositeur d'œuvres orchestrales et théâtrales.

ORCHESTRE

L'œuvre orchestrale du Cygne de Pesaro présente une remarquable homogénéité de style, de forme et à mon avis de valeur, qualités qui ont risqué paradoxalement de desservir son image. Il est vrai que Rossini n'a pas emprunté les voies d'un art symphonique plus moderne comme l'a fait Beethoven, mais en revanche il a porté, me semble-t-il, l'art classique de l'ouverture d'opéra à un point de perfection inégalé. D'une ouverture à l'autre, on retrouve des thèmes correspondant par leur style, mais de contenu thématique différent (sauf s'il s'agit de reprise textuelle volontaire), de sorte que la similitude de style n'entraîne jamais de redite. On admirera également à mon avis chez Rossini la logique naturelle avec laquelle se succèdent les thèmes sans que nulle transition ne vienne diminuer la tension musicale. On ne peut dénier à Rossini, me semble-t-il, en plus de ses qualités mélodiques un sens très aigu de l'intensité lyrique. Rien ne me paraît plus impressionnant que ses crescendos lorsque la musique semble se soulever comme une mer pour nous emporter. Il est certainement difficile de privilégier une œuvre parmi ces pages d'égal intérêt, on remarquera cependant quelques effets plus modernes, plus rarement inusités par Rossini dans Mahomet II. D'autre part, Bianca e Fabiero contient un des plus beaux crescendos de Rossini, qui est d'ailleurs repris dans Eduardo e Cristina. Dans Guillaume Tell, Rossini a tenté de renouveler son inspiration dans le sens d'un symphonisme plus moderne, mais il retombe vite en seconde partie de cette ouverture dans le mélodisme récitatif dont il sait se départir. En cela, cette œuvre me paraît plutôt un demi-échec. Malgré toutes ces qualités, l'art de Rossini, me paraît atteindre une moindre envergure et une moindre inspiration que celui de Beethoven ou de Berlioz, lesquels en revanche, me semblent plus inégaux, surtout Berlioz.

Ouverture Towaldo et Doliska (***)

Ouverture Bianca e Fabiero (****)

Ouverture Eduardo e Cristina (****)

Ouverture Mahomet II (****)

Ouverture Œdipe à Cologne (***)

Ouverture Le voyage à Reims (***)

Ouverture L'échelle de soie (***)

Ouverture L'Italienne à Alger (***)

Ouverture le turc en Italie (***)

Ouverture La pie voleuse (***)

Ouverture Sémiramis (***)

Ouverture le barbier de Séville (***)

Ouverture Guillaume Tell (***)

Ouverture Cendrillon (***)

PIANO

Si l'on excepte le prélude inoffensif, d'une belle sérénité, l'inspiration de Rossini à mon avis ne se révèle guère dans ces pièces pour piano d'un style romantique impersonnel. L'on ne sent pas non plus, me semble-t-il, la fantaisie, voire l'humour que le compositeur semble avoir voulu évoquer si l'on en juge par les titres de ces pièces.

Petit caprice (**)

Prélude inoffensif (***)

Innocence italienne (*)

Candeur française (*)

Ouf les petits pois (*)

Une caresse innocente (*)

Un petit train de plaisir (*)

Spécimen de l'ancien régime (*)

ROUSSEL Albert (1869-1937)

ORCHESTRE

Les œuvres ci-dessous présentent un style d'un atonalisme diffus n'affirmant pas à mon avis d'idée musicale.

Le festin de l'araignée ballet-pantomine (-/-)

Cette œuvre présente un style tonal, largement impressionniste, dans lequel la flûte tient une place prééminente. Certains aspects rappellent parfois Debussy, parfois Holst. L'orchestration apparaît particulièrement souple et nuancée, jamais agressive. Malgré ces qualités, je ne vois guère de motif ou de thème dignes d'intérêt.

Sinfonietta pour cordes (-/-)

Bacchus et Ariane ballet (-/-)

Les symphonies de Roussel semblent marquées par deux influences antagonistes, le post-impressionnisme debusséen, nettement perceptible dans la première symphonie, l'expressionnisme russe apparaissant dans les trois autres symphonies. On ne peut dénier à Roussel l'extrême subtilité symphonique dans la Symphonie n°1, évoquant parfois Bantock, cependant avec une inventivité et un colorisme beaucoup moins affirmés. Cette symphonie, notamment le second mouvement, à mon sens le plus marquant, rappelle de nombreux tours thématiques de la littérature musicale du 20e siècle ou de la fin du 19e siècle, par exemple la Danse de Debussy pour piano transcrite pour orchestre. On y décèle également un léger rhapsodisme indifférencié. Le second mouvement, très proche de nombreuses pages de Debussy, présente un motif à l'alto en pianissimo, lui aussi un classique des effets post-impressionnistes. La partie centrale à la flûte évoque plutôt le style expressionniste russe. Ce mouvement est donc composite. Néanmoins le 3e mouvement de cette Symphonie n°1 est certainement la meilleure réussite orchestrale de Roussel, la plus dense thématiquement, la plus contrastée, la plus raffinée. Les 3 autres symphonies présentent une orchestration beaucoup plus rudimentaire, rappelant notamment le symphonisme primaire du ballet Spartaccus de Khatchaturian, œuvre dont les symphonies de Roussel présentent sans doute les défauts sans les qualités. Si l'on excepte la réussite très limitée d'un des mouvements de la Symphonie n°1, les symphonies de Roussel présentent à mon sens un ensemble peu convainquant, souvent froid, cependant la marque tonale et même mélodique y est toujours bien affirmée ainsi que la volonté de recourir une structure thématique parfaitement cohérente.

Symphonie n°1 op 7 Le poème de la forêt (-/-/**/***)

Symphonie n°2 op 23 si bémol majeur (*/-/*/-)

Symphonie n°3 op 42 sol mineur (-/-/*)

Symphonie n°4 op 53 la majeur (-/-/*/-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto (-/-/*)

Œuvre dynamique, cacophonique à mon avis. Le piano est dissonant, l'orchestration demeure relativement discrète, souvent fondue au soliste.

ROYER Pancrace (1705-1755)

CLAVECIN

Puissamment original à mon avis, Royer nous prouve, s'il était besoin, que le style des œuvres pour clavecin de la première moitié du dix-huitième siècle est loin de s'identifier à celui, à mon avis compassé, étroitement limité, de Jean-Sébastien Bach. Royer semble plus incisif que Balbastre et surtout évite les redites de ce dernier. À mon avis, les audaces rythmiques, thématiques de Royer (par exemple dans la fameuse Marche des Scythes rejoignent celles de Scarlatti et de Rameau, si elles ne les dépassent pas.

La majestueuse : courante (*)

La zaïde : rondeau - tendrement (**)

Les Matelots : modérément (-)

Premier tambourin (*)

Deuxième tambourin (*)

L'incertaine : marqué (-)

L'aimable : gracieux (***)

La bagatelle (*)

Suite de la bagatelle (**)

La remouleuse : rondeau modérément (*)

Les tendres sentiments : rondeau (*)

Le vertigo : rondeau modérément (**)

Allemande (-)

Le Sensible : rondeau (*)

La marche des Scythes : fièrement (***)

La chasse de Zaïde (*)

ROZSA Miklos (1907-)

PIANO ORCHESTRE

Spellbound Concerto (*)

Bien que cette œuvre me paraisse très imparfaite et même médiocre sur le plan thématique: manque de diversité, trop grande répétition des motifs, manque de contrastes, elle possède, me semble-t-il, une originalité certaine. Son style typiquement impressionniste, la rapproche de Debussy, ce qui est rare dans le genre de l'œuvre pour piano et orchestre, mis à part les Nuits des Falla et le Konzertstück de Cécile Chaminade. Par son orchestration souple, légère et voluptueuse, le Spellbound concerto rappelle encore plus le Prélude à l'après-midi d'un faune. Le piano, sans éclat de virtuosité, tient une place limitée, cherchant plus souvent à se fondre aux accents langoureux de l'orchestre. On notera parfois une certaine couleur beethovénienne, tant de la part de l'orchestre que du soliste.

VIOLON VIOLONCELLE ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Cette œuvre, qui apparaît beaucoup plus moderne que le concerto pour piano, se présente comme un amalgame souvent dissonant d'où émergent avec peine les solistes.

ROZYCKI Ludomir (1884-1953)

PIANO ORCHESTRE

Ballade (*)

Cette œuvre de style vaguement impressionniste se révèle à mon avis peu captivante en raison de son tissu thématique très disparate. L'ensemble me paraît donc sans consistance, terne, ce qui est amplifié par le tempo lent et la nuance pianissimo quasi constante. On ne doit cependant pas nier, me semble-t-il, les qualités de mélodisme, de souplesse et de clarté de cette œuvre

RUBBRA Edmund (1829-1894)

PIANO ORCHESTRE

Concerto op 85 (-/-/-)

Œuvre tonale, mais dont la thématique est à mon avis peu marquante. Le premier mouvement me paraît assez mélodique. Le dernier, plus animé, présente à mon avis un bon thème principal. La brève finale me paraît également remarquable.

RUBINSTEIN Anton (1829-1894)

ORCHESTRE

La symphonie n°1 (1850): une symphonie passablement post-viennoise aux effets stéréotypés. Malgré les formules bien éprouvées d'un symphonisme un peu désuet, le compositeur introduit des thèmes d'un appréciable intérêt, à défaut d'être novateurs. Une symphonie égale dans son inégalité, en dehors du premier mouvement, à mon avis d'une qualité nettement moindre. Il manque sans doute assez peu aux trois derniers mouvements pour atteindre l'excellence, néanmoins aucun, à mon sens, ne peut y prétendre. Rubinstein nous distille (ou nous inflige) cette musique parfois charmeuse, souvent un peu lourde et d'une subtilité douteuse, mais incontestablement génératrice de lyrisme. Tout change avec la symphonie suivante, pourtant écrite un an plus tard... Vaste symphonie que cette symphonie n°2. Trop vaste avec ses 7 mouvements, très inégale, et surtout très polymorphe: mouvements où cohabite la plus profonde originalité (notamment le 2ème mouvement) avec une écriture plus conventionnelle (les 3 derniers mouvements). Chez Rubinstein, une manière bien à lui de commencer son discours abruptement sans préambule, de brûler les transitions. Il ne connaît pas les subtilités de l'attente calculée des effets. Il ne s'embarrasse pas de formules rhétoriques gracieuses ou aguichantes. Rubinstein pouvait ainsi exceller dans un art constitué d'effets fluctuants, éphémères en dehors des zones balisées que représente la symphonie post-viennoise. En effet, rien, absolument qui rappelle une quelconque influence viennoise dans cette syntaxe et ce matériau sonore brut. Quasiment rien non plus qui soit significatif de la nouvelle musique russe émergente à l'époque. Rubinstein, moins post-viennois que Tchaïkovsky (qui l'est passablement, il faut bien l'avouer), mais moins russe, et même absolument pas russe sur le plan rhapsodique. Ce second mouvement, exceptionnel à mon avis, exploite jusqu'à une intensité paroxysmique les trémolos de cordes et les petits motifs à la flûte qui fusent, créant une instabilité permanente. Vraiment impressionnant ce mouvement. Et l'on ne voit pas où Rubinstein aurait pu trouver ces références symphoniques, sinon de lui-même. Tellement original, indéfinissable, indescriptible, même pas évocable, même pas suggérable. De la tension lyrique pour elle-même, épurée, dans son essence, dissociée de tout développement traditionnel, des effets constitués d'un matériau sonore désubstantialisé, des effets générateurs d'une atmosphère hallucinante de drame, de catastrophe évoluant vers une improbable résolution. Et pour ce mouvement, sans hésitation, j'attribue la mention exceptionnel: 4 étoiles.

Symphonie n°1 (-/**/**/**)

Symphonie n°2 (***/****/***/-/**/*/**)

PIANO

Valse fa majeur (**)

Staccato Étude op 25 (***)

PIANO ORCHESTRE

Les concertos n°3, n°4, n°5 manifestent à mon avis une maîtrise de l'écriture pianistique particulièrement élevée, mais aussi (si l'on excepte le 2ème mouvement du Concerto n°3 et le 3ème mouvement du Concerto n°5) une absence de vie et de lyrisme attribuables à l'insuffisance de la thématique. La virtuosité qui y est affirmée, ne s'appuyant pas toujours, me semble-t-il, sur des motifs suffisamment marquants, engendre une uniformité à rebours qui rend paradoxalement ces œuvres souvent ternes et sans dynamisme. Le style pianistique de Rubinstein, toujours très clair et très souple, se caractérise par l'absence de motifs mélodiques simples, l'exposition continuelle de motifs solistiques très virtuoses, complexes, créant à mon avis des effets très sporadiques, à défaut de constituer une véritable ossature thématique. Le Concerto n°4 apparaît moins virtuose ; le Konzertstück, quant à lui, se révèle nettement plus mélodique et comporte de nombreux effets lisztiens. C'est dans le 3ème mouvement du Concerto n°5 qu'à mon avis la richesse de la thématique rejoint la virtuosité et que le génie de Rubinstein éclate véritablement. L'orchestration de toutes ces œuvres me paraît légère, très aérée, peu colorée, utilisant souvent les cordes.

Concerto n°3 (*/**/*)

Concerto n°4 (*/-/*)

Concerto n°5 (*/-/***)

Konzertstück (*)

Concerto n°1 (**/*/*)

Le style de cette œuvre apparaît très différent suivant les mouvements. Le premier mouvement, de loin le plus marquant à mon avis sur le plan thématique est parcouru d'une trépidation rythmique un peu uniforme rappelant parfois Balakirev dans son second concerto pour piano. Ce dynamisme, que l'on retrouve d'ailleurs dans les autres concertos de Rubinstein, nuit quelque peu, me semble-t-il, à l'expressivité du mouvement. Par ailleurs, l'orchestration, très présente, bien intégrée à la partie soliste, colorée, contrastée, variée, se manifeste par des effets d'un intérêt certain. Le pianisme est virtuose, clair malgré la pulsion rythmique très marquée. Les autres mouvements, moins originaux à mon avis, apparaissent plus conforme au style romantique conventionnel, notamment le second mouvement dans lequel Rubinstein manifeste une recherche de pathétisme, plus rare dans ses autres concertos. Curieusement, le premier mouvement de ce concerto s'apparente plutôt à un troisième mouvement.

Concerto n°2 (**/**/**)

Belle œuvre, quoiqu'inégale à mon avis. Le pianisme, en partie relève du style propre au début du 19e siècle avec une exploitation des gammes et arpèges à la manière de Moscheles, Hummel, Chopin, Kullak... mais bien d'autres éléments trahissent une approche plus évoluée. Sur l'ensemble, Rubinstein montre un pianisme enlevé, abondant en séquences virtuoses d'une grande souplesse. La faiblesse me paraît constituée par les motifs lents mélodiques du premier mouvement. En revanche, on admirera la richesse harmonique de cette partie pianistique (notamment le thème central du 2ème mouvement). La partie symphonique apparaît parfois plus guindée, ce qui est curieux eu égard à la grande maîtrise et originalité et dont certaines symphonies du compositeur témoignent. On remarquera une longue introduction, mais à mon avis de grande qualité, précédant l'entrée du soliste. Au final, une œuvre que l'on ne doit pas négliger, qui offre plus de points positifs que négatifs. Chaque mouvement présente ses qualités et ses faiblesses. L'on se doit donc, à mon avis, d'écouter l'ensemble des 3 mouvements.

VIOLON ORCHESTRE

Concerto G majeur op 46 (-/-/-)

Cette œuvre, présentant une certaine apparence extérieure de romantisme et de lyrisme, ne contient guère, à mon avis, de motifs susceptibles d'accaparer l'intérêt. L'orchestration est légère, peu colorée, dynamique, de même que le soliste, très volubile.




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