LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES
ŒUVRES
- :
peu intéressant * :
assez bon ** :
bon *** :
excellent **** :
exceptionnel Appréciation d'une œuvre en plusieurs mouvements : ex
: Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'œuvre présente un
lien, vous pouvez écouter un extrait
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ROSA Carl
PIANO
Les échos de la forêt (**)
ROSENFELD Gerhard (1931-)
VIOLON
ORCHESTRE
Concerto n°2 (1973) (-/-/-)
Oeuvre très moderne.
ROSSINI Giaccomo (1792-1868)
DUO
Introduction et variations (FLÛTE HARPE) (****)
Aucune qualité ne semble manquer
à cette œuvre : majesté de l'introduction, mélodisme charmeur du premier thème,
pathétique de la partie centrale, virtuosité des solistes (la flûte notamment
dans le second thème). C'est en définitive par la densité particulière de cette
"Introduction et Fantaisie" que le génie de Rossini paraît le plus
impressionnant ainsi que par sa capacité à trouver immédiatement le ton juste
pour une écriture solistique qui sort de ses habitudes compositionnelles, en
tant que compositeur d'œuvres orchestrales et
théâtrales.
ORCHESTRE
L'oeuvre orchestrale du Cygne de
Pesaro présente une remarquable homogénéité de style, de forme et à mon avis de
valeur, qualités qui ont risqué paradoxalement de desservir son image. Il est
vrai que Rossini n’a pas emprunté les voies d’un art symphonique plus moderne
comme l’a fait Beethoven, mais en revanche il a porté, me semble-t-il, l’art
classique de l’ouverture d’opéra à un point de perfection inégalé. D’une
ouverture à l’autre, on retrouve des thèmes correspondant par leur style, mais
de contenu thématique différent (sauf s'il s'agit de reprise textuelle
volontaire), de sorte que la similitude de style n’entraîne jamais de redite.
On admirera également à mon avis chez Rossini la logique naturelle avec
laquelle se succèdent les thèmes sans que nulle transition ne vienne diminuer
la tension musicale. On ne peut dénier à Rossini, me semble-t-il, en plus de
ses qualités mélodiques un sens très aigu de l’intensité lyrique. Rien ne me
paraît plus impressionnant que ses crescendos lorsque la musique semble se
soulever comme une mer pour nous emporter. Il est certainement difficile de
privilégier une oeuvre parmi ces pages d’égal intérêt, on remarquera cependant
quelques effets plus modernes, plus rarement inusités par Rossini dans "Mahomet
II". D’autre part, "Bianca e Fabiero" contient un des plus beaux
crescendos de Rossini, qui est d’ailleurs repris dans "Eduardo e
Cristina". Dans "Guillaume Tell", Rossini a tenté de renouveler
son inspiration dans le sens d'un symphonisme plus moderne, mais il retombe
vite en seconde partie de cette ouverture dans le mélodisme récitatif dont il
sait se départir. En cela, cette œuvre me paraît plutôt un demi-échec. Malgré
toutes ces qualités, l'art de Rossini, me paraît atteindre une moindre envergure
et une moindre inspiration que celui de Beethoven ou de Berlioz, lesquels en revanche, me semblent plus inégaux,
surtout Berlioz.
Ouverture
Towaldo et Doliska (***) ROSSINI
Ouverture Bianca e Fabiero (****)
Ouverture Eduardo e Cristina
(****)
Ouverture Mahomet II (****)
Ouverture Oedipe à Cologne (***)
Ouverture Le voyage à Reims (***)
Ouverture L’échelle de soie (***)
Ouverture L’Italienne à Alger
(***)
Ouverture le turc en Italie (***)
Ouverture La pie voleuse (***)
Ouverture Sémiramis (***)
Ouverture le barbier de Séville
(***)
Ouverture Guillaume Tell (***)
Ouverture Cendrillon (***)
PIANO ROSSINI
Si l'on excepte le prélude
inoffensif, d'une belle sérénité, l'inspiration de Rossini à mon avis ne se
révèle guère dans ces pièces pour piano d'un style romantique impersonnel. L'on
ne sent pas non plus, me semble-t-il, la fantaisie, voire l'humour que le
compositeur semble avoir voulu évoquer si l'on en juge par les titres de ces
pièces.
Petit caprice (**)
Prélude inoffensif (***)
Innocence italienne (*)
Candeur française (*)
Ouf les petits pois (*)
Une caresse innocente (*)
Un petit train de plaisir (*)
Spécimen de l’ancien régime (*)
VIOLONCELLE BASSE
Duetto (*/*/**)
RÖSSLER Frantisek Antonin (dit
ROSETTI) (1746-1792)
HARPE
Une écriture déliée, parfois
virtuose, des motifs variés, dynamiques, contrastés, un style assez évolué pour
l'époque qui utilise assez peu les recettes mannheimiennes, telles sont les
caractéristiques des sonates pour harpe de Rössler. Malgré ces qualités, l'intérêt
thématique de ces œuvres me paraît très limité.
Sonata
in B b M (*/-/*)
Sonata
in G M (*/-/-)
Sonata
in B b M (*/*/-)
Sonata
in E b M (*/-/-)
Sonata in C M (-/-/-)
Sonata in F M (-/-/-)
HAUTBOIS ORCHESTRE
Concerto D M (*/-/-)
Oeuvre à tendance classique,
mais présentant de nombreux aspects du baroque. Sans atteindre la virtuosité,
le soliste se révèle très volubile.
ROUSSEL Albert (1869-1937)
ORCHESTRE
Les œuvres ci-dessous présentent
un style d'un atonalisme diffus n'affirmant pas à mon avis d'idée musicale.
Le festin de l'araignée
ballet-pantomine 1912 op 17 (-/-)
Cette œuvre présente un
style tonal, largement impressionniste, dans lequel la flûte tient une place
prééminente. Certains aspects rappellent parfois Debussy, parfois Holst.
L'orchestration apparaît particulièrement souple et nuancée, jamais agressive.
Malgré ces qualités, je ne vois guère de motif ou de thème dignes d'intérêt.
Sinfonietta pour cordes 1934 op
52 (-/-)
Bacchus et Ariane ballet 1930
op 43 (-/-)
Les symphonies de Roussel
semblent marquées par deux influences antagonistes, le post-impressionnisme
debusséen, nettement perceptible dans la première symphonie, l’expressionnisme russe
apparaissant dans les trois autres symphonies. On ne peut dénier à Roussel
l’extrême subtilité symphonique dans la Symphonie
n°1, évoquant parfois Bantock, cependant avec une inventivité et un colorisme
beaucoup moins affirmés. Cette symphonie, notamment le second mouvement, à mon
sens le plus marquant, rappelle de nombreux tours thématiques de la littérature
musicale du 20e siècle ou de la fin du 19e siècle, par exemple
la Danse de Debussy pour piano transcrite pour orchestre. On y décèle
également un léger rhapsodisme indifférencié. Le second mouvement, très proche
de nombreuses pages de Debussy, présente un motif à l’alto en pianissimo, lui
aussi un classique des effets post-impressionnistes. La partie centrale à la
flûte évoque plutôt le style expressionniste russe. Ce mouvement est donc
composite. Néanmoins le 3e mouvement de cette Symphonie n°1
est certainement la meilleure réussite orchestrale de Roussel, la plus dense
thématiquement, la plus contrastée, la plus raffinée. Les 3 autres symphonies
présentent une orchestration beaucoup plus rudimentaire, rappelant notamment le
symphonisme primaire du ballet Spartaccus de Khatchaturian, oeuvre dont les
symphonies de Roussel présentent sans doute les défauts sans les qualités. Si
l’on excepte la réussite très limitée d’un des mouvements de la Symphonie
n°1, les symphonies de Roussel présentent à mon sens un ensemble peu convainquant,
souvent froid, cependant la marque tonale et même mélodique y est toujours bien
affirmée ainsi que la volonté de recourir une structure thématique parfaitement
cohérente.
Symphonie n°1 op 7 Le poème
de la forêt (1906) (-/-/**/***)
Symphonie n°2 op 23 si b M
(1921) (*/-/*/-)
Symphonie n°3 op 42 sol m
(1930) (-/-/*)
Symphonie n°4 op 53 la M (1934)
(-/-/*/-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto 1927 (-/-/*)
Oeuvre dynamique, cacophonique à
mon avis. Le piano est dissonant, l'orchestration demeure relativement
discrète, souvent fondue au soliste.
ROYER Pancrace (1705-1755)
CLAVECIN
Puissamment original à mon avis,
Royer nous prouve, s'il était besoin, que le style des oeuvres pour clavecin de
la première moitié du dix-huitième siècle est loin de s'identifier à celui, à
mon avis compassé, étroitement limité, de Jean-Sébastien Bach. Royer semble
plus incisif que Balbastre et surtout évite les redites de ce dernier. À mon
avis, les audaces rythmiques, thématiques de Royer (par exemple dans la fameuse
"Marche des Scythes" rejoignent celles de Scarlatti et de Rameau, si elles
ne les dépassent pas.
La majestueuse : courante (*)
La zaïde : rondeau - tendrement
(**)
Les Matelots : modérément (-)
Premier tambourin (*)
Deuxième tambourin (*)
L'incertaine : marqué (-)
L'aimable :
gracieux (***) ROYER
La bagatelle (*)
Suite de la bagatelle (**)
la remouleuse : rondeau
modérément (*)
Les tendres sentiments : rondeau
(*)
Le vertigo : rondeau modérément
(**)
Allemande (-)
Le Sensible : rondeau (*)
La marche des Scythes : fièrement
(***)
La chasse de Zaïde (*)
ROZSA Miklos (1907-)
PIANO ORCHESTRE
Spellbound Concerto 1945 (*)
Bien que cette oeuvre me paraisse
très imparfaite et même médiocre sur le plan thématique: manque de diversité,
trop grande répétition des motifs, manque de contrastes, elle possède, me
semble-t-il, une originalité certaine. Son style typiquement impressionniste,
la rapproche de Debussy, ce qui est rare dans le genre de l'oeuvre pour piano
et orchestre, mis à part les "Nuits" des Falla et le
"Konzertstück" de Cécile Chaminade. Par son orchestration souple,
légère et voluptueuse, le "Spellbound concerto" rappelle encore plus
le "Prélude à l'après-midi d'un faune". Le piano, sans éclat de
virtuosité, tient une place limitée, cherchant plus souvent à se fondre aux
accents langoureux de l'orchestre. On notera parfois une certaine couleur
beethovénienne, tant de la part de l'orchestre que du soliste.
VIOLON VIOLONCELLE ORCHESTRE
Concerto (-/-/-)
Cette oeuvre, qui apparaît
beaucoup plus moderne que le concerto pour piano, se présente comme un amalgame
souvent dissonant d'où émergent avec peine les solistes.
ROZYCKI Ludomir (1884-1953)
PIANO ORCHESTRE
Ballade 1904 (*)
Cette oeuvre de style vaguement
impressionniste se révèle à mon avis peu captivante en raison de son tissu
thématique très disparate. L'ensemble me paraît donc sans consistance, terne,
ce qui est amplifié par le tempo lent et la nuance pianissimo quasi constante.
On ne doit cependant pas nier, me semble-t-il, les qualités de mélodisme, de
souplesse et de clarté de cette oeuvre
RUBBRA Edmund (1829-1894)
PIANO ORCHESTRE
Concerto op 85 (-/-/-)
Oeuvre tonale, mais dont la
thématique est à mon avis peu marquante. Le premier mouvement me paraît assez
mélodique. Le dernier, plus animé, présente à mon avis un bon thème principal.
La brève finale me paraît également remarquable.
RUBINSTEIN Anton
(1829-1894)
PIANO
Valse fa M (**)
PIANO ORCHESTRE
Les concertos "n°3",
"n°4", "n°5" manifestent à mon avis une maîtrise de
l'écriture pianistique particulièrement élevée, mais aussi (si l'on excepte le
2ème mouvement du "Concerto n°3"
et le 3ème mouvement du "Concerto n°5") une absence de vie et
de lyrisme attribuables à l'insuffisance de la thématique. La virtuosité qui y
est affirmée, ne s'appuyant pas toujours, me semble-t-il, sur des motifs
suffisamment marquants, engendre une uniformité à rebours qui rend
paradoxalement ces oeuvres souvent ternes et sans dynamisme. Le style
pianistique de Rubinstein, toujours très clair et très souple, se caractérise
par l'absence de motifs mélodiques simples, l'exposition continuelle de motifs
solistiques très virtuoses, complexes, créant à mon avis des effets très
sporadiques, à défaut de constituer une véritable ossature thématique. Le
"Concerto n°4" apparaît moins virtuose ; le "Konzertstück",
quant à lui, se révèle nettement plus mélodique et comporte de nombreux effets
lisztiens. C'est dans le 3ème mouvement
du "Concerto n°5" qu'à mon avis la richesse de la thématique rejoint
la virtuosité et que le génie de Rubinstein éclate véritablement.
L'orchestration de toutes ces oeuvres me paraît légère, très aérée, peu
colorée, utilisant souvent les cordes.
Concerto n°3 1856 (*/**/*)
Concerto n°4
(*/-/*) RUBINSTEIN
Concerto n°5 (*/-/***)
Konzertstück (*)
Concerto n°1 (**/*/*)
Le style de cette œuvre
apparaît très différent suivant les mouvements. Le premier mouvement, de loin
le plus marquant à mon avis sur le plan thématique est parcouru d'une
trépidation rythmique un peu uniforme rappelant parfois Balakirev dans son
second concerto pour piano. Ce dynamisme, que l'on retrouve d'ailleurs dans les
autres concertos de Rubinstein, nuit quelque peu, me semble-t-il, à
l'expressivité du mouvement. Par ailleurs, l'orchestration, très présente, bien
intégrée à la partie soliste, colorée, contrastée, variée, se manifeste par des
effets d'un intérêt certain. Le pianisme est virtuose, clair malgré la pulsion
rythmique très marquée. Les autres mouvements, moins originaux à mon avis,
apparaissent plus conforme au style romantique conventionnel, notamment le
second mouvement dans lequel Rubinstein manifeste une recherche de pathétisme,
plus rare dans ses autres concertos. Curieusement, le premier mouvement de ce
concerto s'apparente plutôt à un troisième mouvement.
VIOLON ORCHESTRE RUBINSTEIN
Concerto G M op 46 1857 (-/-/-)
Cette œuvre, présentant une
certaine apparence extérieure de romantisme et de lyrisme, ne contient guère, à
mon avis, de motifs susceptibles d'accaparer l'intérêt. L'orchestration est
légère, peu colorée, dynamique, de même que le soliste, très volubile.