RÉPERTOIRE CRITIQUE - SAJ
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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
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SALIERI Antonio (1750-1825) PIANO ORCHESTRE Style galant assez typique, oeuvres ne se différentiant guère de la littérature concertante pour piano de l'époque. Quelques beethovénismes. Concerto Do (1773) (*/*/*) Concerto si b (1773) (*/*/*) FLÛTE HAUTBOIS ORCHESTRE Concerto en do M (***/***/***) Cette oeuvre, très typiquement dans le style mannheimien, n'en affirme pas moins une thématique originale et saisissante malgré l'extrême simplicité de certains thèmes. L'expression est celle d'une gaieté radieuse teintée parfois d'un lyrisme légèrement mélancolique. On remarquera dans le premier mouvement un thème de la flûte réduit à une interjection répétée que sous-tend un motif rythmique à l'orchestre. Ce thème est de nouveau réexposé en fin de mouvement selon une suite de modulations très expressives. Salieri exploite au maximum les contrastes d'intensité, de rythme et de couleur instrumentale. Le second mouvement, à cet égard, utilise particulièrement les motifs incisifs des cordes dans le grave. Le troisème mouvement contient de nombreuses modulations dans le mode mineur assez prenantes Cette oeuvre, qui présente l'apparence d'un aimable divertissement, à mon avis révèle en filigrane le sens lyrique et la puissance imaginative d'un grand compositeur. ORCHESTRE Les Horaces Ouverture (1786) (*) Semiramide Ouverture (1782) (*) Ces deux ouvertures, assez pathétiques, présentent une orchestration contrastée, nuancée, assez peu marquée par le style galant. On remarquera dans l'Ouverture Les Horaces un dialogue de la flûte avec l'orchestre. SALIERI Antonio (1750/1825)/ANONYME ORCHESTRE Variations sur La Follia di spagna (1815) (****) Ces Variations sont certainement une des oeuvres les plus fascinantes que j'aie pu découvrir. Une véritable anthologie des effets orchestraux en développement au début du 19e siècle et qui outrepassent, semble-t-il, les possibilités de cette époque. Effets romantiques évoquant Berlioz, Rimski-Korsakov, effets pseudo-impressionnistes (notamment dans la variation 25 avec l'utilisation de la harpe), intégration de courtes séquences solistiques (basson, violon notamment), effets lyriques hallucinants ne se rapportant, semble-t-il, à aucune tradition. Symphonisme limpide, d'un subtilité harmonique étourdissante, qui évacue totalement la compacité souvent inhérente au symphonisme post-viennois ainsi que toute trace de thématique galante dans laquelle pourtant le maître évolua pendant la plus grande partie de sa carrière. Mais ce qui frappe le plus est certainement l'affect dramatique, le pathétisme grandiose parcourant cette oeuvre du début à la fin. Salieri exploite magnifiquement l'intérêt propre du thème La Follia en une sorte de répétitivité obsessionnelle, à laquelle il mêle de nombreux motifs dérivés ou totalement nouveaux. On ne sort pas indemne à l'écoute de cette oeuvre bouleversante qui transforme un genre passablement scolastique pour l'amplifier à l'égal d'une symphonie. SALIERI Francesco (XVIIIè) ORCHESTRE Sinfonia en si b M La tempesta di mare (ORCHESTRE À CORDES) 1774 (*/-/-) L'argument de la tempête n'a pas réussi à briser le carcan mannheimien dans cette oeuvre où Francesco Salieri, sans démériter à mon avis, a cependant manifesté quelque intention lyrique. Il use dans le premier mouvement de quelques batteries suggestives s'inscrivant cependant dans le style foncièrement récitatif de l'oeuvre. Le dernier mouvement apparaît assez contrasté. Ces timides effets, me semble-t-il, demeurent très en-deça de ceux déployés par Vivaldi dans le concerto du même nom. La comparaison de ces deux oeuvres illustre assez bien la différence de conception musicale entre le baroque et le classique. On pourra regretter l'absence de couleur instrumentale consécutive de l'utilisation de l'orchestre à cordes. SALLINEN Aulis (XXe siècle) VIOLON ORCHESTRE Concerto (1968) (-) Cette œuvre débute dans le style expressionniste, développant de longues tenues mélodiques. L'intervention de l'orchestre, par les percussions essentiellement, introduit une touche moderne immédiatement perceptible (notamment par le xylophone) qui détruit, me semble-t-il, toute possibilité d'expression. L'œuvre se termine à mon avis dans une suite d'incohérences modernistes auquel participe le soliste et l'orchestre. SALOMON Siegfried (1885-1962) PIANO ORCHESTRE Concerto A m op 54 (1947) (*/*/-) Malgré quelques dissonances modernistes (à mon avis aussi disgracieuses d'inutiles) et une orchestration relativement cuivrée, cette oeuvre demeure dans le sillage du classico-romantique et se caractérise même par un mélodisme très affirmé. Malgré les limitations du style, on ne peut nier le lyrisme traversant parfois le premier mouvement. SAMMARTINI Giovanni Battista CLAVECIN Sonata la M (-/*/-) ORGUE Sonata VI do M (-/-) DUO VIOLONCELLE BASSE CONTINUE Sonata op 4,2 (-/-) SAMMARTINI Giuseppe ((1699-1770) DUO FLUTE TRAVERSIERE BASSE CONTINUE Sonata mi m (-/-/-) Sonata sol M op 13,1 (-/-/-/-) DUO FLUTE ET BASSE CONTINUE Sonata fa m (-/-/-/-) Sonata sol m (-/*/-) DUO HAUTBOIS ET BASSE CONTINUE Sonata sol M op 13,4 (-/-/-/-) SANCAN Pierre (1916-) HARPE Thème et variations (-) SANDAUER/STRAUSS PIANO ORCHESTRE Paraphrase sur une valse de Strauss (**) Cette paraphrase, loin de tomber à mon avis dans la facilité, comme aurait pu le faire présumer son titre, contient de nombreux effets de qualités, qui dépassent nettement les modèles de Johann Strauss. Les cordes imposent des motifs lents d'une certaine nostalgie, avec lesquels contraste le piano. La légèreté du soliste et ses harmonies relativement riches, à mon avis, contribuent à élever le style de l'oeuvre. On remarquera de très beaux arpèges descendant en arrière plan, me semble-t-il, ainsi que la clarté du piano, assez virtuose, dans l'ouverture. SARASATE Pablo de (1844-1908) VIOLON ORCHESTRE Navarra (2 VIOLONS ORCHESTRE) (**) Airs bohémiens (-/***) Les deux parties de l'oeuvre présentent en diptyque le folklore tzigane: lassan et friska. Le lassan, bien que très caractérisé avec son mélodisme chromatique, à mon avis, ne captive guère l'attention. A l'inverse, le friska, bien scandé par les coups d'archets et par l'accompagnement apparaît d'un dynamisme et d'une fluidité qui me semblent remarquables. Le violon, d'une grande virtuosité, réalise notamment, me semble-t-il, une utilisation magistrale des pizzicati. Cette partie n'a que le défaut d'être trop courte. Par rapport à Paganini, l'écriture violonistique de Sarasate se caractérise à mon avis par une grande densité compensant la moindre intensité lyrique. Habanera (transcription) (****) Cette version pour violon et orchestre me paraît surpasser la version pour piano et violon. L'oeuvre à mon avis est composée de motifs simples, mais toujours prenants, même s'ils ne requièrent pas une technique transcendante. En outre, Sarasate se révèle à mon avis un excellent symphoniste par l'originalité des timbres, l'à propos et la dynamique des cellules d'accompagnement: pizzicati, bois... La finale me paraît un modèle de superposition des mélodies avec répétition du motif principal en accompagnement. Romance andalouse (transcription) (**) Cette bonne mélodie folklorique, transcription de la "Romance pour piano et violon", est empreinte d'un ton très nostalgique. On remarquera un thème utilisé par Rimski dans son "Capriccio espagnol". DUO VIOLON PIANO Sommet de la musique de chambre à mon avis, les "Six danses espagnoles" de Sarasate haussent la littérature pour violon accompagné au niveau des oeuvres pour violon et orchestre. Nulles pièces ne présentent, me semble-t-il, un rhapsodisme si intense comme dans la magnifique "Playera". C'est dans la "Malaguena" que le mélodisme dans le grave atteint à mon avis sa dimension la plus troublante, la plus envoûtante. La virtuosité très particulière de Sarasate lui permet d'atteindre un jeu d'une souplesse infinie. Les nombreuses doubles cordes (legato et staccato) comme dans la "Jota navarra" et la "Danse op 26 n°2", ne sont jamais heurtées et se fondent merveilleusement dans le mélodisme. Sarasate atteint les limites de l'extrême-aigu, notamment dans le "Zapateado" et la "Jota navarra". Cette dernière pièce donne la meilleure idée des combinaisons différentes du jeu violonistique chez Sarasate, notamment l'emploi des pizzicati. Le piano, souvent dans l'aigu lui aussi, conserve un rôle d'accompagnement. Six danses espagnoles 1 Malaguena (***) 2 Habanera (****) 3 Romanza (***) 4 Jota navarra (***) 5 Playera (****) 6 Zapateado (**) 7 op 26 n°1 (**) 8 op 26 n°2 (***) SATIE Erik (1866-1925) PIANO L'oeuvre pour piano d'Erik Satie ne semble posséder aucune pièce marquante contrairement à ce que pourrait laisser penser la renommée du compositeur. Il faut cependant noter que celle-ci fut acquise beaucoup plus à mon avis par la personnalité du compositeur, ses relations avec les peintres, hommes de lettres plus que par ses succès au concert. C'est, me semble-t-il, un exemple typique de notoriété consécutive de caractéristiques extra-musicales, sans relation avec le contenu musical réel. Sur l'ensemble, l'œuvre pour piano de Satie, toujours très tonale, donne lieu parfois à des effets surprenants, à défaut d'être humoristiques (cela serait-il possible en musique?). Le compositeur agrémente parfois ses pièces d'emprunts parodiques comme "Espanana", et bien d'autres. Mais ce qui frappe le plus est certainement le caractère volontairement monocorde et ennuyeux de nombreuses pièces comme par exemple les "Quatre ogives". Avec Monpou et parfois Séverac, Satie a fait évoluer l'impressionnisme vers le minimalisme. Gymnopédies (*) Sonatine bureaucratique (*) Prélude en tapisserie (-) Passacaille (*) Croquis et agaceries d'un gros bonhomme en bois n° 1 Tyrolienne turque (-) n° 2 Puerta Maillot (*) n° 3 Espanana (*) Embryons desséchés n° 1 (-) n° 2 (-) n° 3 (*) 3 gnossiennes (1890) n° 1 (**) n° 2 (-) n° 3 (-) Vieux sequins et vieilles cuirasses (1914) (-) Trois petites pièces montées n° 1 (-) n° 2 (-) n° 3 (-) Avant-dernières pensées n° 1 Idylle (-) n° 2 Aubade (-) n° 3 Méditation (-) Menuet (1920) (-) Les trois valses du précieux dégoûté n° 1 (-) n° 2 (-) n° 3 (-) Véritables préludes flasques (pour un chien) (-) Pièces froides (-) Descriptions automatiques (-) Sarabandes (1887) (-) Heures séculaires et instantanées Obstacles venimeux (-) Crépuscule matinal de midi (-) Affolements granitiques (*) Sports et divertissements (-) 5 nocturnes (1919) n° 1 (-) n° 2 (*) n° 3 (-) n° 4 (-) n° 5 (*) Chapitres tournés en tous sens (*) Prélude de la porte héroïque du Ciel (1894) (-) 4 préludes (1893) n° 1 (-) n° 2 (*) n° 3 (-) n° 4 (-) Danses gothiques (-) Quatre ogives (1913-14) 1 (-) 2 (-) 3 (-) 4 (-) |