NOUVEAUTÉS - 01/01/2006
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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
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SCHARWENKA Xavier (1850-1924) MUSIQUE DE CHAMBRE (INTEGRALE) Les oeuvres de musique de chambre de Scharwenka ne représentent pas à mon avis les éminentes qualités qui m'apparaissent avec évidence dans le domaine de sa musique pour piano solo et pour piano et orchestre. La personnalité même du compositeur semble absente de cet ensemble, me semble-t-il, compassé, dépourvu de tout contraste ou de tout caractère virtuose. L'écriture pour piano de ces pièces me paraît édulcorée, pâle et rappelle rarement la fougue, le caractère flamboyant des concertos. Une écriture classique, à mon sens sans relief où le piano semble anesthésiée. Le jeu du violon, souvent, s'apparente au même style à mon avis bien étriqué. Le rhapsodisme y est peu sensible, sauf légèrement le 4e mouvement du "Trio n°2". L'on doit y déplorer en outre, les répétitions de motifs à mon avis sans envergure comme dans le 4e mouvement du "Trio n°1". A peine pourrait-on excepter le 1er mouvement de la "Sonate op 46a" pour contrebasse et piano où le soliste amorce un départ sublime sur une plongée impressionnante vers le grave. On peut également signaler la belle mélodie, à mon avis, du violon, très expressive, de la "Sérénade pour violon et piano op 70" et du 2e mouvement de "Sonate pour violon et piano op 2". Trio 1 F b m op 1 [TRIO PIANO VIOLON VIOLONCELLE] (*/-/-/-) Trio 2 A m op 45 [TRIO PIANO VIOLON VIOLONCELLE] (*/-/-/*/**) Sonate D m op 2 [DUO PIANO VIOLON] (*/**/*) Sonate E m op 46a [DUO PIANO VIOLONCELLE] (**/-/*) Sérénade op 70 (DUO PIANO VIOLON] (**) Quatuor M op 37 [QUATUOR CONTREBASSE PIANO VIOLON VIOLONCELLE] (-/-/-/*) PIANO Les première oeuvres pour piano solo de Scharwenka reflètent déjà ses caractéristiques stylistiques: pianisme puissant, souvent abrupt, coloré, dynamique, exubérant, contrasté, traversé par des passages très mélodiques. la Sonate présente également des caractéristiques plus systématique qui l'apparente à une étude. Les danses polonaises, très nettement rhapsodiques, dans une nuance parfois nostalgique, introduisent des thèmes particulièrement marquants tout à tour incisifs et mélodiques (sauf à mon avis la dernière), cette série représente certainement une des meilleurs recueils de mazurkas avec celles de Chopin. On décèlera de nombreux schumanismes ("Danse polonaise n°3 Vivace" et "Valse caprice op 31") et une curieuse allusion à Gottschalk par le rythme et les sonorités dans le deuxième mouvement de la sonate. Sonate n°1 en C b m op 6 (1871) (**/***/-/*) Impromptu en D m op 17 (-) Cinq danses polonaises op 3 (1869) 1 Con fuoco (***) 2 Non troppo allegro (****) 3 Vivace (***) 4 Appassionato (***) 5 Con fuoco (*) Polonaise en C b m op 12 (**) Églantine Valse op 84 (1913) (*) Polonaise en F m op 42 (-) Valse-caprice en A M op 31 (**) Romanzero op 33 1877 (*/-/*/***) Sonatine E m op 52 n°1 1880 (**/-/*) Deux danses polonaises 1876 op 29 n°1 (***) n°2 (***) Sonate n°2 E b M op 36 1878 (-/*/-/-) Quatre danses polonaises op 86 Scharwenka excelle dans ces Polonaises, comme dans celles, les plus brillantes de l'opus 3. Un pianisme fulgurant, dense, exploitant admirablement les contrastes entre un thème d'une particulière robustesse rythmique et un thème très mélodique (par exemple dans l'Allegro ma non tanto). Le thème mélodique (comme par exemple dans le Lento) peut exprimer une âpre mélancolie dans le médium. Moderato (***) Lento (***) Allegro non tanto (***) Moderato (**) Scherzo G M op 4 (***) Barcarolle E m op 14 (**) Novelette et mélodie op 22 Novelette (***) Mélodie (*) Variations op 48 (-) Ces variations, malgré le pianisme énergique de Scharwenka, n'échappe pas à mon avis au caractère conventionnel qui caractérise, semble-t-il, ce genre. PIANO ORCHESTRE Le style de Scharwenka s'apparente à celui de Tchaïkovski. On rencontre parfois à mon avis dans ces oeuvres des contrastes brutaux, des dissonances inutiles, et même parfois un manque de clarté, mais aussi de magnifiques cadences comme dans le "Concerto n°2". Ces défauts sont à mon avis compensés par le caractère à mon avis très lyrique de ces oeuvres, réservant parfois des moments de profonde nostalgie, notamment l'"Adagio" du "Concerto n°2" bâti sur une thématique rappelant l'"Andante spianato" de la "Grande Polonaise brillante" de Chopin. Le troisième mouvement du "Concerto n°2", utilisant de nombreux agréments, évoque plutôt Chopin. Le "Concerto n°3", échappant aux critiques formulées précédemment, me paraît être le concerto le plus achevé du compositeur alors que son inspiration, à mon avis, s'essouffle quelque peu dans le "Concerto n°4". Concerto n°1 1877 (***/***/***) Concerto n°2 1879 (***/**/***) Concerto n°3 1899 (****/**/****) Bien que l'oeuvre présente extérieurement 3 mouvements, Scharwenka fait ici éclater la structure traditionnelle du concerto, qui apparaît comme une entité organique de la première à la dernière note. L'inspiration guide la forme, mêlant thèmes mélodiques, épanchements lyriques, variations en rythme de scherzo. Le premier mouvement s'affirme par une entrée fracassante, fortement rythmée par les trombones et les timbales. Alternent ensuite de nombreux épisodes lents d'allure presque bucoliques, de brusques accélérations sur des accords scandés dans le grave, des pointes vertigineuses vers l'aigu. Le pianisme, heurté sans disgrâce, en même temps, vigoureux, souple et aérien, manifeste un dynamisme rythmique étonnant. Très différent, le second mouvement se présente comme un modèle de fluidité. Un thème pianistique alterne avec des motifs aux cordes en tutti. Le mouvement le plus original est sans doute le troisième, imposant deux thèmes principaux très mélodiques entrecoupés de motifs virtuoses. Le second de ces thèmes, de nature rhapsodique, se signale par de nombreux agréments et un pathétisme particulièrement troublant. La finale, à grand renfort de timbale et trombone, conclut magnifiquement l'œuvre sur une variante du thème d'ouverture, d'un lyrisme puissant et sauvage. Scharwenka signe ici, à mon avis, l'un de ses plus beaux concertos et l'une des plus belles œuvres pour piano et orchestre. Concerto n°4 1908 (**/**/-/***) Dans ce concerto, Scharwenka affine son style pianistique, l'assouplit, l'approfondit en même temps que, me semble-t-il, se tarit parfois son inspiration. Les passages de caractère brutal et impérieux alternent avec des passages plus élégant et vaporeux. On notera également dans le second mouvement une exploitation des graves assez saisissante. En dépit de motifs d'une virtuosité fulgurante préfigurant Tchaïkovski, le premier mouvement à mon avis ne parvient à convaincre, notamment la première partie dont l'assise thématique semble insuffisante. L'orchestration, originale par ses effets, me paraît manquer parfois de subtilité. Ce sont l'"Intermezzo" et l'"Allegro con fuoco" final qui recèlent, me semble-t-il, le plus de substance musicale et évoquent la transcendance des deux premiers concertos. On notera dans ce dernier mouvement des motifs en notes et accords redoublés. L'œuvre, écrite tardivement, semble redevable, aussi bien en ce qui concerne son pianisme que son orchestration, aux concertos de Tchaïkovski. SCHEIDT Samuel (1587-1654) ORGUE Variations on a Gaillard by John Dowland (-) Bergamasca (-) Style très tonal, mais très archaïque, simpliste sur le plan thématique. SCHYTTE Ludvig (1848-1909) PIANO ORCHESTRE Concerto C sharp m op 28 (1884) (-/-/*) Piano statique, orchestration pauvre me paraissent caractériser cette oeuvre. Le manque de dynamisme du premier mouvement appraît pour le moins surprenant. Le dernier mouvement, assez virtuose, ne me paraît pas imposer de thème très marquant SCHNITTKE Alfred (1934-) VIOLON ORCHESTRE Concerto n°2 (1936) (-/-/-) Hypermoderne. SCHOBERT Johann (1740-1767) Dans les oeuvres de Schobert qui suivent, l'écriture du clavecin, qui comprend peu d'agréments, me paraît plus soutenue que celle des cordes, à mon avis parfois indigente. Bien que distinct du style galant, le style de Schobert se caractérise, me semble-t-il, par la simplicité thématique, voire le simplicisme (par exemple dans le "Quatuor op 7 n°2"). On doit signaler des thèmes plus incisifs et caractérisés dans la "Sonate en ré m op 14 n°4", un passage lent très mélancolique dans le "Menuetto" de la "Sonate en la M op 14 n°5". DUO Sonate ré m op 14 n°4 (PIANO VIOLON) (*/*/-) Les passages dans la tonalité mineure me paraissent très prenants. Le second mouvement est construit sur une alternance de motifs se répondant du violon au violoncelle. Sonate la m op 14 n°5 (PIANO VIOLON) (-/-/*) Le passage central du dernier mouvement me paraît particulièrement troublant. QUATUOR Quatuor fa m op 7 n°2 (PIANO 2 VIOLONS VIOLONCELLE) (-/-/-) Quelques trilles de cordes agrémentent le premier mouvement. Quatuor mi b M op 14 n°1 (PIANO 2 VIOLONS VIOLONCELLE) (-/-/-) TRIO Trio si b M op 16 n°1 (PIANO VIOLON VIOLONCELLE) (-/-/-) Trio fa m op 16 n°4 (PIANO VIOLON VIOLONCELLE) (-/-/-/-) SCHÖENBERG Arnold (1874-1951) ORCHESTRE Symphonie n°1 op 9 (ORCHESTRE DE CHAMBRE) 1906 (-) Oeuvre atonale présentant parfois quelques bribes musicales tonales noyées dans un flot à mon avis totalement incohérent. Le style rappelle assez Mahler. Symphonie n°2 op 38 (ORCHESTRE DE CHAMBRE) 1939 (-/-) Contrairement à la "Symphonie n°1", l'orchestration de cette œuvre, peu cuivrée, me paraît parfois timide, le style est presque mélodique, sans agressivité, néanmois atonal. De manière inattendue, la fin du second mouvement plonge dans le pathétisme en retrouvant une structure quelque peu tonale. PIANO ORCHESTRE Concerto op 42 1942 (-/-/-/-) Cette "oeuvre", à mon avis, n'est qu'une suite d'interjections incohérentes de l'orchestre dans lesquelles le piano, dissonant, aigu se perd en divagations inconsistantes. DUO PIANO VIOLON Fanthasie op 47 (-) SCHOLTZ Bernt PIANO ORCHESTRE Trois caprices (-) Les "Trois caprices" de Scholtz sont écrits dans un style relativement classique. Le pianisme, simple, chantant, possède des accents schumaniens. L'orchestration, assez éclatante à mon avis, affirme un modernisme plus accentué. Le premier mouvement présente la caractéristique curieuse de posséder une orchestration dans un style rhapsodique chinois. SCHUBERT Franz (1797-1828) ORCHESTRE Symphonie inachevée (*/-) Malgré l'exemple de Beethoven, Schubert se restreint, me semble-t-il, à une utilisation de l'orchestre assez peu originale comme s'il avait voulu volontairement éviter tout colorisme. La marque pathétique de cette symphonie, à mon avis, se dilue dans les longueurs excessives d'une thématique sans relief. PIANO Les impromptus de Schubert recèlent à mon avis des pièces admirables, quelques-unes cependant se révèlent insipides et d'une longueur difficilement supportable. Ces oeuvres sont écrites dans un style typiquement préromantique, parfois préschumanien, qui s'inscrit plutôt dans la continuité classique que dans l'exploration du nouveau style développé notamment par Beethoven. Néanmoins, Schubert fait parfois beaucoup avec très peu, sans emphase ni grandiloquence. L'intimisme, l'utilisation d'une thématique très souvent simple, mais efficace, une harmonie riche, parfois un peu épaisse, un pouvoir d'invention mélodique incontestable caractérisent encore ce style. Schubert compense son absence de panache et d'élégance par de nombreux effets de modulations comme dans l'"Impromptu n°2 op 90" (D899). Il atteint parfois un pathétique troublant sans jamais toutefois atteindre la passion exacerbée, les accents de véhémence ou le grand lyrisme communs aux romantiques. L'"Impromptu n°4 op 142" (D935). se distingue à mon avis par un rythme particulièrement tonique et une certaine virtuosité (notamment des glissandi étonnants qui voisinent cependant avec des gammes classiques très sages). La virtuosité, quelquefois manifeste, se traduit essentiellement par la densité pianistique, les effets de puissance, les contrastes saisissants sans jamais viser aucun effet démonstratif, ni aucune envolée lyrique. On notera dans ce sens le confinement dans une tessiture plutôt grave et une certaine surcharge harmonique des accords, qui ne nuit cependant pas à la limpidité de la ligne mélodique. Schubert semble affectionner les tremolos, les séries d'accords redoublés, les notes obstinées en accompagnement ("Molto moderato" de la "Sonate en si b M D960"), propres à émouvoir. Le "2ème impromptu en ut m" dans sa partie centrale présente à mon avis une progression admirable d'accords de plus en plus dissonants et des contrastes d'intensité saisissants évoquant une montée vers un pathétisme désespéré. La répétition (est-ce volonté manifeste ou facilité ?) parfois presque insensée que Schubert réalise du même thème (même s'il est varié) comme dans le "Premier Impromptu en ut m" conduit à une sorte de sentiment d'hypnose assez singulier, comme un témoignage de la puissance thématique par elle-même de la part du compositeur. Impromptus op 90 (1827) D 899 n°1 (***) n°2 (***) n°3 (-) n°4 (-) Impromptus op 142 D 935 n°1 (***) n°2 (**) n°3 (**) n°4 (***) Klavierstücke (Impromptus) (1828) D 946 (-) n°1 (-) n°2 (-) n°3 (-) 16 German Dances D 783 (1823-1824) (-) 6 Moments musicaux D 780 (1828) n°1 (-) n°2 (-) n°3 (-) n°4 (-) n°5 (-) n°6 (-) 12 German Dances D 790 (1823) (-) Sonate si b M D 960 (***/-) Wandererfantasie D760 ut M (*/-) Sonate la m D537 (**/-/-) QUATUOR Quatuor n°14 La jeune fille et la mort 1824 (***/***/**/***) Dans cette oeuvre à mon avis d'une grande expressivité dramatique comme le suggère le titre, Schubert atteint souvent le sublime, mais ne s'affranchit jamais, me semble-t-il, de ses principales faiblesses: trop grande répétitivité des thèmes, incapacité à réaliser des transitions. L'œuvre se présente souvent comme une succession de motifs incessamment répétés, par exemple le second mouvement qui comporte 5 sections juxtaposées dont 2 absolument sublimes à mon avis, mais une beaucoup plus faible et répétitive. On remarquera l'équilibre entre les parties instrumentales, l'exploitation particulièrement judicieuses des timbres graves du violoncelle et de la contrebasse sans oublier le mélodisme du violon, qui parfois sait jouer le rôle d'accompagnement (3ème section du 2ème mouvement). Schubert évite les longues tenues mélodiques pourtant si naturelles à l'instrument et tire des effets merveilleux, à ce qu'il me semble, par de petites touches dans l'aigu. L'écriture très symphonique de cette oeuvre me paraît étonnante par rapport à la symphonie inachevée qui exploite, me semble-t-il, au contraire très mal les possibilités de l'orchestre. TRIO PIANO VIOLON VIOLONCELLE Dans ces trios se révèle à mon avis toute la dimension tragique de l'inspiration schubertienne, transcendée par une souffrance sans espoir. Il semble que le compositeur, lorsqu'il est privée de la source d'inspiration liée à son état désespéré, ne peut qu'aligner en vain des lignes d'écriture de moindre intérêt, sombrant dans une certaine insipidité. En revanche, dans le "Trio op 100", Schubert tire, me semble-t-il, un parti merveilleux de la contrebasse et du violoncelle pour nous émouvoir jusqu'au plus profond de nous-mêmes. Trio op 100 (*/***/-/***) Trio en 1 mouvement D Sonata (-) Trio op 99 (**/-/-/-) Adagio op 148 notturno (-) VIOLON ORCHESTRE Rondo (**) Cette oeuvre apparaît très déroutante du point de vue style. On discerne des influences post-mozartiennes, mais la haute tenue du violon évoque parfois le "Concerto n°6" de Paganini ou les concerti de l'"opus XII" de Vivaldi (totalement inconnus à l'époque). Le soliste paraît très dynamique, exposant de nombreux motifs dans l'extrême aigu d'une grande expressivité. L'orchestration, réduite aux cordes, ne joue qu'un rôle secondaire. Le soliste, à mon avis, s'impose notamment en finale par un beau thème en staccato. Polonaise (-) Oeuvre d'une écriture à mon avis simpliste. La mélodie, très bien mise en relief pourtant, me paraît vraiment d'une trop grande banalité. L'orchestre ne joue qu'un rôle d'accompagnement. SCHULHOFF Erwin (1894-1942) ORCHESTRE Tonales, thématiques, ces oeuvres de Schulhoff ne m'en paraissent pas moins modernistes par leur hyperdynamisme, leur orchestration primaire, grossière, très cuivrée. La structure thématique se caractérise à mon avis par son simplicisme outrancier. Un thème, cependant, est perceptible dans le dernier mouvement de la Symphonie n°5. L'Adagio de la Symphonie n°5 révèle, malgré sa lenteur, un symphonisme très bruyant et dissonant. Symphonie n°3 (1935) (-/-/-) Symphonie n°5 (1938) (-/-/-/-) SCHUMANN Robert (1810-1856) ORCHESTRE Symphonie n°2 (1845) (***/**/***/-) Romantique, sombrement romantique, ainsi pourrait-on définir l'affect de cette oeuvre, sans l'usage de crescendos fracassants ni d'effets particulièrement saisissants, mais par une succession des effets qui parviennent à entretenir la tension dès que celle-ci menacerait de se relâcher. Atmosphère rêveuse plus que tourmentée qui trouve son apogée dans les harmonies troublantes du 3e mouvement lent. Le scherzo, assez viennois, souffre d'un style parfois un peu fruste, mais parvient à enlever l'adhésion par l'intérêt propre de ses motifs. En revanche, le dernier mouvement, à mon avis passablement poussif et bruyant, n'ajoute rien à cette symphonie qui n'en demeure pas moins magnifique. Sans être novatrice sur le plan des solutions thématiques et harmoniques, cette oeuvre transmet dans sa plénitude l'expression de l'idéal romantique, le premier romantisme caractérisé par la sincérité des sentiments, et l'épanchement de l'égotisme PIANO Carnaval (***) Presque erratique à l'intérieur de son oeuvre, à mon avis, le spirituel "Carnaval" de Schumann s'impose par ses évocations brèves, contrastées. Le style est mélodique, chantant, simple. Si "Préambule", "Arlequin", "Valse", "Eusebius", "Papillon" me séduisent, en rechanche "Pierrot", "Coquette", "Réplique", "Chopin", "Pantalon et Colombine"... me paraissent des pages plus ternes. La "Marche des Davidbundler et des Philistins" récapitule quelques thèmes exposés précédemment. Scènes d'enfants 1838 (-/-/-/-/-/-/*/-/-/-/-/-/-) Pièces extrêmement pâles à mon avis et sans tonus d'où émerge à peine "Rêverie". Kreisleriana 1838 (-/*/-/-/*/-/-/-) La première pièce d'allure quelque peu virtuose, mais sans intérêt à mon avis, ne fait guère illusion sur une suite qui s'ankylose rapidement dans une certaine monotonie. PIANO ORCHESTRE Le style de Schumann dans ces oeuvres, ne présente pas à mon avis de particularités très marquantes. Le piano me paraît demeurer assez terne, dense, rehaussé parfois de motifs simples, cependant d'un beau mélodisme. L'orchestration me semble peu variée, sans entrain. Schumann s'inscrit typiquement dans la lignée de Beethoven, Dreyschock, Bronsart, Raff, Goetz, dont il n'a pas toujours à mon avis les qualités de contraste et d'intensité. Le premier "Introduction et allegro" ("Konzertstück") présente quelques thèmes très mélodiques d'intérêt limité, me semble-t-il, au milieu de longs développements. Le deuxième "Introduction et allegro", oeuvre dépourvue du moindre tonus, me paraît monocorde. C'est encore le "Concerto" qui, à mon avis, donne l'image la plus favorable de Schumann, bien qu'il se caractérise, par rapport à son époque, par un style très classique. Concerto 1841 (**/*/**) Wanderer Fantaisie 1841 (**) Introduction 1853 (*) Konzertstück 1849 (*) QUINTETTE Quintette B m OP 44 1842 [2 VIOLONS ALTO VIOLONCELLE PIANO] (*/*/-/-) Dans cette oeuvre, Schumann demeure fidèle à son style pianistique: écriture simple, sage, très mélodique, motifs bien caractérisés. On peut à mon avis reprocher à cette oeuvre des thèmes trop répétitifs, une exploitation bien faible des potentialités du quintette. Les instruments se doublent souvent, l'utilisation des basses reste à mon avis très rudimentaire. Curieusement, ce sont les motifs confiés aux cordes qui dominent un piano très pâle. La coloration romantique, le pathétisme m'apparaissent également peu marqués. De ce point de vue, c'est peut-être le second mouvement lent qui demeure le plus saillant. VIOLON ORCHESTRE Concerto Cette oeuvre, peu lyrique à mon avis, ne parvient jamais à convaincre. Le premier mouvement, peu solistique et à l'orchestration, me semble-t-il, sommaire, se développe sur un rythme lent. On peut relever quelques accents pathétiques dans le second mouvement. Le dernier mouvement bénéficie à mon avis d'un assez beau thème principal, mais les soli restent d'intérêt limité. L'ensemble me paraît sans dynamique. SCHUMANN Robert-WIEK Clara (1819-1896) PIANO Variations sur un thème de Robert Schumann (-) PIANO ORCHESTRE Concerto 1833 (*/*/*) Cette oeuvre se rapproche en fait beaucoup plus du style de Moschelès, Ries ou Chopin que de celui de Robert Schumann, surtout dans le troisième mouvement. On remarquera dans l'ouverture du premier mouvement et dans le second mouvement, à mon avis, de très beaux passages à la flûte. SCHUMAN William (1910-1992) ORCHESTRE Ces deux oeuvres d'écriture pseudo-tonale de William Schuman m'apparaissent modernes, incohérentes, alternant des épisodes cuivrés cacophoniques à des épisodes figés, privés de vitalité. The thee Old Cause (-) In Praise of Shahn (-) SCHUTT Edouard (1856-1933) HARPE Etude mignonne (-) |