LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES
ŒUVRES
- : peu
intéressant * :
assez bon ** :
bon *** :
excellent **** :
exceptionnel Appréciation d'une œuvre en plusieurs mouvements : ex
: Concerto (***/-/**)
Si l'intitulé de l'œuvre présente un
lien, vous pouvez écouter un extrait
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SCOTT Cyril
PIANO ORCHESTRE
Le "Concerto n°1"
présente un soliste assez virtuose, évoluant souvent dans l'extrême-aigu, mais
peu dissonant bien que l'oeuvre soit d'un tonalisme assez lâche. L'orchestration,
plutôt discrète, utilise souvent les cordes. Dans le "Concerto n°2",
plus moderne, le piano apparaît nettement plus dissonant.
Concerto n°1 1913-14 (*/*/*)
Concerto n°2 (-/-/-)
Poème (-)
SCRIABINE Alexandre
(1872-1915)
PIANO
Préludes SCRIABINE
Sans être résolument moderne, le
style de Scriabine se caractérise par une absence totale de mélodisme sinon de
thématique. On n'y retrouve aucune trace de l'influence de Chopin qui
imprégnait le "Concerto". Le pianisme oscille entre des moments
d'agitation froide, sans véhémence véritable, et des moments de calme sans
tonus.
op 13 n°1 (-)
op 13 n°2 (-)
op 13 n°3 (-)
op 15 n°5 (-)
op 15 n°1 (-)
op 16 n°2 (*)
op 16 n°4 (-)
op 9 n°1 (**)
op 11 n°2 (-)
op 11 n°4 (-)
op 11 n°5 (-)
op 11 n° 6 & 8 (*)
op 11 n°9 (-)
op 11 n°10 (*)
op 11 n°11 (-)
op 11 n°12 (-)
op 11 n°13 (-)
op 11 n°14 (-)
op 11 n°16 (-)
op 11 n°18 (-)
op 11 n°20 (-)
op 11 n°22 (-)
op 11 n°22 (-)
Sonate n°3 (-) SCRIABINE
Étude op 2 n°1 (**)
Étude op 8 n°9 (-)
Étude op 8 n°12 (*)
Étude op 42 n°3 (-)
Étude op 65 n° 3 (-)
Poème op 32
n°1
(-)
n°2
(-)
Pièce op 57
n°1
Désir (-)
n°2
Caresse dansée (-)
Poème op 72 Vers la flamme (-)
Sonate n°5 op 53 (-)
Étude op 2 n°1 C239 (-)
Poème satanique op n 6 (-)
Prélude ut d m.g. (-)
Egoroff
variations op post (-) SCRIABINE
Allegro appassionato op 4 (-)
Masques op 63 n°1 (-)
Étrangeté op 63 n°2 (-)
PIANO ORCHESTRE
La "Fantaisie", le
"Concerto" témoignent d'un style timide, évoquant Chopin. Dans le
"Concerto", Scriabine fait preuve à mon avis d'invention mélodique,
malgré un lyrisme très tempéré, une absence de thèmes très marquants et surtout
de contraste. A l'inverse, l'"Acte préliminaire",
"Prométhée" ne me paraissent être qu'une suite de dissonances bruyantes.
Acte préliminaire (-)
Concerto 1897 (**/**/**)
Fantaisie (*)
Prométhée 1909 (-)
SEMENOFF Ivan (1917-)
PIANO VIOLON ORCHESTRE
Double Concerto 1952 (**)
Cet étonnant concerto,
tonal, se caractérise cependant par des caractéristiques modernistes d'une
grande pugnacité, se référant parfois au style simpliste du Groupe des Six.
D'entrée, le piano s'impose par un contraste saisissant entre une main gauche
dans l'extrême grave et une main droite dans l'extrême aigu. Semenoff use
parfois d'effets à la limite d'une cacophonie cependant toujours maîtrisée,
engendrant parfois des motifs expressionnistes très intenses qui peuvent
rappeler le Concerto de Khatchaturian. L'orchestre, imposant des motifs
rythmiques au mélodisme simpls constitue à mon sens la partie la plus
attractive et la plus inventive de cette œuvre.
SEVERAC Déodat de 1873-1921)
HARPE
Valse romantique
(-)
PIANO
Séverac, à mon avis, ne se
départit pas d'un pianisme simpliste, tombant souvent dans l'insignifiance
("En vacances"). "En Languedoc" présente sans doute plus de
matière musicale, notamment avec "À cheval dans la prairie".
"Coin de cimetière", pièce totalement plate à mon avis, est
caractéristique des prétentions d'un certain impressionnisme tardif qui
s'oriente en fait vers le réductionnisme comme c'est le cas chez Satie, Monpou
et Liadov.
En Languedoc
Vers
le mas en fête (-)
Sur
l’étang, le soir (-)
A
cheval dans la prairie (**)
Coin
de cimetière au printemps (-)
Le
jour de la foire au mas (-)
En vacances SÉVERAC
Invocation
à Schumann (-)
Les
caresses de grand-maman (-)
Les
petites voisines en visite (-)
Toto
déguisé en Suisse d’église (-)
Mimi
se déguise en marquise (*)
Ronde
dans le parc (-)
Où
l’on entend une vieille boîte à musique (-)
Valse
romantique (*)
Le retour des muletiers (*)
SGAMBATI Giovanni (1841-1914)
PIANO
Vecchio menuetto (*)
Les pièces pour piano qui
suivent, à mon avis d’un style simpliste, assez peu mélodique, lourd,
n’évoquent en rien le pianisme si subtil et si virtuose du
"Concerto " du maître romain, ni même celui du
"Quintette n°2". "Rappelle-toi op 23 n°1", première pièce
des "Pièces lyriques", le "Nocturne op 31" relèvent quelque
peu l’ensemble. "Landler", avant-dernière pièce des
" Pièces lyriques " évoque curieusement une pièce de Chopin, dans un style beaucoup
plus sommaire.
Pièces lyriques op 23
n°1 Rappelle-toi (**)
n°2
A la fontaine (-)
n°3
Vox populi (-)
n°4 Do-do (-)
n°5 Landler (*)
n°6 Gigue (-)
Nocturne
op 3 Per l'album di Bellini (-)
Nocturne
op 20 n°1 B m (-)
Nocturne
op 20 n°2 G M (*)
Nocturne
op 20 n°3 C m (-)
Nocturne
op 31 (**)
Nocturne
op 33 (-)
PIANO ORCHESTRE
Concerto (****/**/***) SGAMBATI
Maîtrise pianistique et compositionnelle
supérieure, lyrisme intense, pathétique grandiose me semblent caractériser
cette oeuvre, peut-être un des plus beaux et des plus monumentaux concertos
romantiques, qui pourrait à lui seul représenter et résumer tous les grands
concertos du XIXème siècle. On y décèle également, outre l'influence de
Saint-Saëns et de Dvorak, une densité prérachmaninienne étonnante (surtout dans
le troisième mouvement). Les passages les plus intenses à mon avis sont la rutilante ouverture avec l'emploi
des cors du premier mouvement, les superbes cadences pianistiques qui parsèment
le mouvement. La longue cadence qui termine le premier mouvement est sans doute
une des plus belles et des plus inspirées qui aient été imaginées, avec ses
contrastes puissants, ses crescendos et ses silences pathétiques. Le troisième
mouvement, d'une remarquable densité à mon avis, est également parsemé de
cadences éblouissantes. La parenté thématique avec les concertos de Tchaïkovski
est étonnante, depuis les brusques sursauts du soliste en longues cadences
jusqu'aux motifs mélodiques de l'orchestration. Il faut y ajouter un discret
rhapsodisme slave. Du point de vue style, la marque d'affectivité romantique
est cependant moindre que dans les concertos de Tchaïkovski.
PIANO VIOLON
Deux pièces pour piano et violon
op 24
Andante
cantabile (***)
Serenata
napoletana (***)
Gondoliera op 29 (1894) (*)
L’"Andante cantabile"
se caractèrise par une thématique très complexe, traduisant la maîtrise de Sgambati
sur le plan de l’écriture mélodique. La "Serenata napoletana", plus
conventionnelle, exploite magnifiquement la thématique ibérique (et non
napolitaine malgré le titre). Sgambati y utilise admirablement les effets de
pizzicati. L’œuvre se rapproche de certaines œuvres de Sarasate.
ORCHESTRE
Cola di Rienzo Ouverture
1866 (***)
Cette
très longue ouverture, sombre, pathétique, aux accents funèbres, se caractérise
par un lyrisme très intériorisé. Elle se présente comme une succession de
sections traversées de crescendos wagnériens, s'enflant insensiblement comme
s'ils étaient mus par une force incoercible. Le style semble prendre ses
racines à des sources contradictoires: Liszt, Wagne, Tchaïkovski, et s'épanouir
vers un pré-impressionnisme préfigurant Debussy ou Sibelius. L'œuvre pourrait
également être rapprochée de la "Symphonie n°2" de Franck. Sgambati
développe des motifs avec une lenteur très concentrée et selon une répétitivité
calculée. La couleur orchestrale demeure limitée, même si le timbre particulier
de chaque instrument se trouve particulièrement mis en valeur. On remarquera
quelques soli de la clarinette émergeant d'une masse orchestrale dense aux
nombreux plan superposés. Une œuvre qui séduit malgré son caractère grave et le
refus de tout effet extériorisé.
Symphonie n°1 op 11
(1880-1881) (***/***/***/***/*)
Symphonie bizarre sur le
plan formel que cette oeuvre. Le maître semble avoir voulu briser le schéma
traditionnel de la symphonie classique que l’époque, déjà, ne supportait plus.
Bien que chaque mouvement puisse être jugé indépendamment, à mon sens, l’ouverture
de cette symphonie par un mouvement qui n’est ni un scherzo, ni typiquement un
premier mouvement de symphonie, laisse une impression curieuse, trop abrupte.
L’ensemble des cinq mouvements, correspondant à une succession de tempi très
divers, laisse dans l’expectative. Symphonie ratée, qui n’évacue pas un malaise
latent, une impression d’inachevé, voire de chaos, cette oeuvre n’en comporte
pas moins à mon avis de magistraux mouvements d’une grande densité thématique.
Un wagnérisme sans complexe s’y affirme, à peine orienté vers la tentative
d’une expression préimpressionniste. La fin du 2e mouvement, avant
la reprise du thème principal, communique un peu l’impression de s’enliser dans
les marécages wagnériens. Sgambati affectionne les longues et lentes mélodies
soutenues par une harmonie complexe, les crescendos massifs, parfois avortés.
Quoique la palette instrumentale et son exploitation apparaissent très
élaborés, le compositeur paraît toujours refuser de s’abandonner à certains
effets plus extériorisés, à un certain éclat libérateur. Même dans les passages
les plus lyriques, Sgambati exprime une tension sourde et une concentration
grave. Le mouvement le plus accompli semble être le 2e par la
succession parfaitement harmonieuse de ses thèmes pourtant thématiquement
contrastés, par la lumière crépusculaire qui l’éclaire. le quatrième mouvement
se caractérise par un rhapsodisme mal défini (slavo-ibérique), pourtant assez
prégnant. La puissance thématique magistrale de son contenu efface à mon avis
les inconvénients liées à la structure de cette symphonie, ce qui la hausse au
niveau des grandes oeuvres orchestrales.
QUINTETTE SGAMBATI
Quintette n°1 avec piano F m
op 4 (1966) (**/***/-/**)
Cette œuvre à mon avis puissante,
riche, expressive, présente une nette conformation aux caractéristiques
historiques du genre de la musique de chambre: l'intimisme, la recherche d'une
émotion intense, mais contenue. Le piano, le violon, n'outrepassent jamais la
virtuosité limitée qu'ils adoptent généralement dans ce genre. On observera une
grande diversité des effets, contrastes thématiques de cellules rythmiques, de
motifs mélodiques fugitifs du violon, notamment dans le 1er et le 4e
mouvement). Les basses expriment un grand pathétisme, notamment dans la seconde
partie du dernier mouvement. On remarquera également comme dans le
"Quintette n°2" parfois une tendance à l'écriture contrapuntique, qui
n'apparaît pas toujours à mon avis convaincante. Il faut également déplorer des
hésitations et répétitions systématiques comme dans la première partie du
dernier mouvement. D'une manière générale, cette œuvre présente une utilisation
moins poussée des différents registres instrumentaux que le second quintette.
Le second mouvement (Vivacissimo) paraît s'imposer. Entre deux sections
(introductive et conclusive) d'un thème rythmique marcato s'épanouit une partie
centrale lente dont le motif, d'un remarquable mélodisme récitatif, se
distingue autant par sa simplicité que par son originalité. Dans ce mouvement
apparaissent de nombreuses affinités avec les trios de Saint-saëns, dont le
premier a été écrit l'année suivante, ce qui confirme certaines similarités
d'écriture entre les concertos des deux maîtres sur le plan symphonique.
Quintette
n°2 op 5 (PIANO, VIOLON, ALTO, VIOLONCELLE, CONTREBASSE)
(****/****/****/***)
C’est à mon avis une œuvre
majeure que signe ici Sgambati, empreinte d’une gravité, d’une intensité
bouleversantes. Les cordes sont magnifiquement exploitées, notamment dans leur
registre grave et dans le médium, ce qui engendre un style d'une âpreté
particulière, caractéristique des œuvres de musique de chambre. Une utilisation
aussi poussée des 5 instruments du quintette apparente l’œuvre au genre
symphonique, dont elle a parfois l’ampleur. Les instruments s’expriment en
tutti ou par substitution rapide selon une thématique très serrée, composée de
motifs ébauchés, courts, parfois d’apparence très simples, mais en réalité
selon une complexité, une subtilité suprêmement recherchée. L’œuvre adopte
souvent des accents douloureux, notamment dans le 3ème mouvement et les
parties en nuance forte traduisent un pathétisme très puissant (dans le second
et le 3ème mouvement notamment). Le piano, évitant toute virtuosité
(sauf dans la fin du 1er mouvement) se conforme parfaitement au
genre de la musique de chambre. On notera au milieu du 4ème
mouvement un essai d’écriture contrapuntique bien intégré au style romantique
de l’œuvre. Le dernier thème de ce mouvement est hispanisant.