RÉPERTIRE CRITIQUE - SOR
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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
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SOR Fernando (1778-1839) GUITARE Les études de Sor se caractérisent par une virtuosité relativement réduite, une grande simplicité thématique, une absence quasi-totale de rhapsodisme. Par rapport à ce type de composition à but pédagogique, ces pièces sont exemptes de structure systématique, sauf peut-être certaines pièces de l'opus 6 et 29, par exemple n°3 op 6, la n°14 de l'op 29. En revanche, leur mélodisme apparaît nettement, notamment dans l'op 44 et l'op 60, comprenant des pièces plus courtes, plus animées. Paradoxalement, la technique particulière de la guitare, qui produit une écriture intermédiaire entre celle d'un instrument à clavier et celle d'un instrument à cordes frottées, s'exprime plus nettement dans les premières séries d'études : l'opus 6 et l'opus 29, notamment dans la n°19 de l'op 29 dans un jeu proche d'un perpétuel bariolage. L'exploitation de l'extrême-aigu est tenté dans quelques pièces comme la n°21 de l'op 29 ou la n°25 de l'op 60. Malgré quelques réussites relatives comme la n°22 de l'opus 29 ou la n°24 de l'opus 44, ces études recèlent, à mon avis, un intérêt proprement musical assez limité. Dans les autres pièces figurant ci-dessous (Trois pièces de société, Sérénade, Fantaisie pour guitare...), le style de Sor se révèle à mon avis rudimentaire, voire parfois simpliste et même scolaire. Sans présenter le thématisme du style galant, ces pièces n'ont pas à mon avis le charme de certaines œuvres d'une facture et d'un mélodisme pourtant très simple de Mertz ou Diabelli. Nulle virtuosité ne se dégage de ce discours pourtant varié qui ne dépasse pas, à ce qu'il me semble, le simple agrément. 12 Études op 6 (1815) n°1 (*) n°2 (-) n°3 (-) n°4 (-) n°5 (**) n°6 (-) n°7 (*) n°8 (-) n°9 (-) n°10 (-) n°11 (-) n°12 (-) 12 Études op 29 (1827) n°13 (-) n°14 (-) n°15 (-) n°16 (-) n°17 (-) n°18 (-) n°19 (-) n°20 (-) n°21 (-) n°22 (**) n°23 (-) n°24 (-) 24 Études op 44 n°1 (*) n°2 (-) n°3 (-) n°4 (-) n°5 (-) n°6 (-) n°7 (*) n°8 (-) n°9 (-) n°10 (*) n°11 (*) n°12 (-) n°13 (-) n°14 (-) n°15 (-) n°16 (-) n°17 (-) n°18 (-) n°19 (-) n°20 (-) n°21 (-) n°22 (**) n°23 (*) n°24 (**) 25 Études op 60 n°1 (-) n°2 (-) n°3 (-) n°4 (-) n°5 (-) n°6 (-) n°7 (*) n°8 (-) n°9 (-) n°10 (-) n°11 (-) n°12 (-) n°13 (-) n°14 (-) n°15 (-) n°16 (-) n°17 (-) n°18 (-) n°19 (-) n°20 (-) n°21 (-) n°22 (*) n°23 (-) n°24 (*) n°25 (-) Trois pièces de société op 36 (1828) n°1 (-/-) n°2 (-/-) n°3 (-/-) Sérénade op 37 (1828-29) (-/-/-) Fantaisie pour guitare sur un air favori écossais "Ye Banks and Braes" op 40 (1829-30) (-) Six petites pièces op 42 (1830-31) n°1 Cantabile (-) n°2 Valse (*) n°3 Andantino (-) n°4 Valse (-) n°5 Moderato (-) n°6 Valse (-) SOR Fernando/MOZART GUITARE Thème et variations sur La flûte enchantée de Mozart (**) SOSTOA Fray Manuel (env1749-ap1802) PIANO Allegro ré M (***) SPOHR Ludwig (1784-1859) DUO TRIO HARPE, VIOLON (VIOLONCELLE) Le style de Spohr dans ces œuvres apparaît très clair et mélodique, sans aucune virtuosité. D'une écoute agréable, ces pièces dépassent à mon avis rarement l'intérêt d'un divertissement de bon goût. Certaines parties, cependant, comme le 1er mouvement de la Sonata concertante op 115 et le 2ème mouvement (Andante con moto) du Trio en E m, malgré leur extrême simplicité, recèlent, me semble-t-il, un charme certain et montrent chez Spohr des qualités de mélodiste incontestable. Sonata concertante in D M op 115 (DUO VIOLON HARPE) (-/*/-) Sonata in C m (DUO HARPE VIOLON) (**/-) Trio in E m (TRIO HARPE VIOLON VIOLONCELLE) (-/**/*) Sonata in B M op 16 (DUO HARPE VIOLON) (*/-/*) VIOLON ORCHESTRE Les concertos de Spohr montrent un style très proche de Paganini, notamment en ce qui concerne le mélodisme, caractérisé par son chromatisme spécial. L'orchestration ne fait pas exception, avec ses envolées de cordes, mais parfois un peu plus pesantes à mon avis. Il manque cependant à Spohr, me semble-t-il, la puissance lyrique et cette élégance particulière du maître génois. De même, la virtuosité apparaît toujours plus tempérée que chez Paganini, notamment en ce qui concerne les staccatos en double cordes. A son corps défendant, Spohr prouve là qu'il existe bien un style thématique paganinien, qu'il s'est bien approprié, à moins que celui-ci ne provienne de Giuliani. Concerto n°8 1816 (***) L'œuvre, écrite en un mouvement, qui est la suite de quatre sections, est essentiellement composée de passages mélodiques lents. Concerto n°9 (**/*/*) Moins lyrique et moins inspiré à mon avis que le "Concerto n°8", ce concerto doit également son intérêt à l'exploitation du mélodisme paganinien. Le violon, qui s'évade rarement du legato, manque à mon avis de contraste. L'orchestre est lui-aussi paganinien avec à mon avis moins de souplesse et d'éclat. Le dernier mouvement se caractérise par l'utilisation quasi constante des doubles cordes par le soliste. Concerto n°7 E m op 38 (*/-/-) 1814 Cette œuvre apparaît très symphonique malgré une coloration instrumentale peu marquée. Le violon, très timide, se restreint à un jeu peu saillant, assez peu lyrique comportant presqu'uniquement du legato. Néanmoins aucune réminiscence du style galant ne demeure. Concerto n°12 A m op 79 (*/**/*) 1828 Ce concerto recèle le chromatisme mélodique caractéristique de Paganini. Le violonisme, de style assez affirmé, me semble-t-il, demeure néanmoins limité au jeu legato. L'orchestration est parcimonieuse. On remarquera une séquence solo de la clarinette comme dans le 1er mouvement du "Concerto n°2" de Paganini, dans un registre nettement moins lyrique. Quelques motifs très beaux à mon avis apparaissent dans le second mouvement. STAMITZ Karl (1745-1801) ORCHESTRE Les oeuvres ci-dessous reflétant le style des différentes périodes compositionnelles de Stamitz, révèlent, sinon son apport dans le domaine symphonique, tout au moins l'état de ce genre musical au milieu du 18e siècle avant Haydn et Mozart. Il apparaît avec évidence que toutes les caractéristiques du style galant sont acquises et demeureront quasiment inchangées jusqu'à la fin du siècle: thèmes sans surprise ultratonaux, crescendos timides (dans le "Presto" de l'"opus 3 n°2"), utilisation conventionnelle des bois et cuivres... traduisant une certaine répugnance à tout effet lyrique. Sur le plan de l'intérêt musical, ces symphonies, pas plus que les symphonies n°94 et n°96 de Haydn, ne me paraissent contenir de motifs susceptibles d'accaparer l'intérêt de l'auditeur. Les symphonies mannheimiennes les plus précoces de Stamitz présentent même une thématique à mon avis très rudimentaire, voire simpliste (par exemple l'"Allegro" de la "Symphonie en si bémol M"). Symphonie D M op 3 n°2 (vers 1750) (-/-/-/-) Symphonie en E b M op 11 n°3 (vers 1750) (-/-/-/-) Symphonie en A m (vers 1741) (*/-/-) Symphonie en B b M (vers 1750) (-/-/-) TRIO Trio en E m op 5 n°3 5 (-/-/-/-) PIANO ORCHESTRE Concerto (-/-/-) Oeuvre mannheimienne dont les limites, à mon avis, sont celles de ce style. L'ensemble me paraît assez enlevé. Le pianisme est clair, sans surprise. VIOLON ORCHESTRE Concerto (-) Concerto à la thématique très mannheimienne, à mon avis d'intérêt médiocre. STANDFORD Charles (1852-1924) PIANO ORCHESTRE Concerto n°1 G M op 59 (1894) (-/-/-) Cette oeuvre, très peu solistique, ne vise manifestement à aucune expression pathétique et semble se complaire dans un style vaguement primesautier, peu digne d'un concerto. Concerto n°2 1915 (*/-/*) Oeuvre assez tonale et parfois même mélodique, bien que parfois confuse à mon avis et un peu bruyante par son orchestration cuivrée, peu raffinée. La partie pianistique, me semble-t-il, apparaît de qualité plus soutenue. STAVENHAGEN Bernhard (1862-1914) PIANO ORCHESTRE Concerto n°1 (-/-/-) L'entrée du soliste sur un bon motif donne quelque espoir sur la qualité du mouvement, que dément rapidement la suite, à mon avis, confuse et insignifiante. L'orchestration du second et du troisième mouvement présente une certaine coloration wagnérienne, Le piano me paraît varié, parfois convaincant. Une belle idée, à mon avis, débute le dernier mouvement, vite dilapidée par la suite. STEIBELT Daniel (1765-1823) PIANO Landler (***) STENHAMMAR Wilhelm (1871-1927) PIANO ORCHESTRE Les deux concertos de Stenhammar, à mon avis d'un style dense et raffiné, manquent cependant de clarté et accusent une thématique très diffuse. Souvent, me semble-il, de bons thèmes sont dispersés dans un ensemble de développements ennuyeux. Le "Concerto n°2", par ses subtilités harmoniques, s'apparente à celui de Massenet. Concerto n°1 1893 (*/**/*/**) Concerto n°2 1907 (**/**/-/*) VIOLON ORCHESTRE Deux romances sentimentales op 28 (1910) n°1 (**) n°2 (**) Si le début de la première romance évoque à merveille la spécificité du violon nordique, traduisant un sentiment de désolation mystérieuse, la suite s'égare en développements à mon avis peu marquants. La seconde romance, plus animée, et où l'orchestre demeure aussi discret, ne m'apparaît pas thématiquement plus dense. |