RÉPERTOIRE CRITIQUE - TAA
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LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES - : peu intéressant * : assez bon ** : bon *** : excellent **** : exceptionnel Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements : Concerto (***/-/**)
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TABAKOV Emil (1947-) FLÛTE ORCHESTRE Concerto [2 FLÛTES] (2000) (-/-) Moderne, cacophonique, lancinante, plus ou moins tonale suivant les mouvements, cette oeuvre ne me paraît guère devoir retenir l'attention. PIANO ORCHESTRE Concerto (2003) (-/-/-) Cette oeuvre bartokienne, outrancièrement exubérante et rythmique, semble nier tout sentiment musical. TAFFANEL Paul/WEBER FLÛTE PIANO Fantaisie on Weiber's Freischütz (**/**/***/*) Cette oeuvre de haute virtuosité trahit un caractère assez disparate sur le plan thématique. C'est à mon avis le troisième mouvement, bâti sur des figurations extrêmement volubiles en arrière-plan qui lui communique toute sa saveur. Andante pastoral et Scherzettino (*/-) Malgré un début sublime, l’oeuvre me paraît se perdre en développements d’intérêt limité. La seconde partie , d’une volubilité permanente, me semble d’un brillant fatigant et artificiel. TAILLEFERRE Germaine (1892-1983) PIANO Sicilienne (-) PIANO ORCHESTRE Ballade (-) Cette ballade, relativement classique, ne suggère en rien le style du Groupe des Six. Il s'agit d'une oeuvre de style post-impressionniste, qui me paraît sombrer dans une uniformité caractéristique, comme chez Liadov ou comme la "Fantaisie" pour piano et orchestre de Debussy. TAKEMITSU Toru (XXème) PIANO (intégrale) Rien à mon avis n’accapare l’intérêt dans ces oeuvres qui ne me semblent que des notes et accords souvent dans l’aigu, stridents, sans âme, entrecoupées de silences. Le style rappelle vaguement Messiaen et parfois Debussy. "Corona" dérive vers la musique concrète (cordes du piano frappées directement). Rain tree sketch (-) Les yeux clos (-) For away (-) Uniterrupted rests 1952-59 (-) Corona & Crossing 1962 (-) ORCHESTRE Twill by Twilight in memory of Morton Feldman 1988 (-) Moderne, atonal. TAKTAKISHVILI Otar (1924-) PIANO ORCHESTRE Concerto n°1 1951 (***/***/***/***) Ni post-classique, ni moderne, ce concerto indéfinissable se rapprocherait cependant des oeuvres expressionnistes russes comme celle de Kabalevski, Galynine, et plus encore de Novak, dont il possède l'ampleur, la densité, une expression pathétique diffuse. Ces effets sont obtenus par un pianisme d'une grande densité. Le troisième mouvement, lent, est une mélodie dépouillée, très troublante à mon avis. VIOLON ORCHESTRE Concerto n°1 (*) Ce concerto assez monocorde à mon avis m'apparaît d'un style nettement plus classique, surtout plus mélodique que le second concerto. Le jeu violonistique dans la tessiture aiguë demeure peu varié, sans virtuosité. L'orchestration est parcimonieuse. Seule la partie lente centrale à mon avis préfigure par ses sonorités le superbe second concerto. Concerto n°2 (***/****/***/****) Le "Concerto n°2" de Taktakichvili représente sans doute une des meilleures oeuvres du répertoire. Oeuvre dans le style expressionniste russe, elle se rapproche peut-être plus parfois du style de Holst et parfois de celui de Messiaen, très précisément les deux mouvements lents du "Quatuor pour la fin du temps". Dans un dépouillement extrême, Taktakichvili atteint à mon avis un sentiment profond de sérénité, une angoisse existentielle qui est peut-être celle de l'Homme devant l'Infini. Le premier mouvement présente une mélodie qui se déroule sur un fond d'échos déstructurés, de bribes de motifs: harpe, pizzicati de cordes, basson, flûte... Le second mouvement, rappelant le célèbre "Ballet des poussins dans leur coquille" des "Tableaux d'une exposition" de Moussorgski, me paraît une hallucinante partie composée de glissandi, de pizzicati, de doubles cordes dans un extrême-aigu strident et sur un rythme haché auquel participe le piccolo. Le troisième mouvement reprend la même structure que le premier sur un fond plus fondu, plus indistinct. Le quatrième mouvement, le plus varié, présente notamment une cadence centrale du soliste très virtuose avant la reprise à mon avis magistrale du thème principal à l'orchestre sur fond de mélismes dessinés par le soliste. Un accelerando final auquel participent orchestre et soliste termine cette œuvre, à mon avis, une des plus magistrales qui aient été écrites. TANEIEV Sergueï (1856-1915) ORCHESTRE Parfaitement tonal, le style symphonique de Tanéïev se caractérise à mon avis par son absence de lyrisme et de coloration. J'y déplore encore une certaine lourdeur, un manque de subtilité joints à une régularité rythmique dont le compositeur se départit rarement. Ce style impersonnel à mon avis, sans jamais aucune marque rhapsodique, demeure identique, quelle que soit l'œuvre. L'"Oracle d'Apollon à Delphes", pas plus coloré, s'assimile, me semble-t-il, à un continuum statique. L’oracle d’Apollon à Delphes (-) Symphonie n°2 (-/-/-) Symphonie n°4 (-/-/-/-) VIOLON ORCHESTRE Suite de concert 1909 (-/-/-/**) Dans le dernier mouvement, le soliste manifeste à mon avis un style plus incisif, plus imaginatif. Un bel accelerando, me semble-t-il, termine l'œuvre. TANGUY Eric (1968-) ORCHESTRE Les trois œuvres sous-nommées m'apparaissent comme un galimatias de sonorités hasardeuses et désagréables, une succession de déchaînements et de calme plat. Œuvres atonales issues peut-être d'un post-impressionnisme très interprétatif. Intrada 1998 (-/-/-) TANSMAN Alexandre (1897-1986) HARPE Suite très pittoresque de courts tableautins au charme indéniable. "Disque" évoque subtilement le style jazzé. Pour les enfants Petite rêverie (*) Cheval mécanique (-) Disque (*) Le petit oiseau (*) Le petit nègre (-) Leçon de danse (-) Parade (-) TARREGA Francisco/ANONYME GUITARE Introduction thème et variations sur le Carnaval de Venise (***) Un traitement remarquable du célèbre thème qui utilise toute la panoplie de la virtuosité guitaristique. TARTINI Giuseppe (1692-1770) DUO VIOLON BASSE CONTINUE Ces compositions, hors la Sonate "Trille du Diable" généralement dépourvues de virtuosité, développent à mon avis une thématique simpliste dans un rythme très compassé. Le 2ème mouvement de la "Sonate op 1 n°10" fait, me semble-t-il, quelque peu exception. Rien ne me paraît cependant comparable, dans ces oeuvres de style assez corellien, aux oeuvres pour violon et orchestre de Tartini lui-même. Au lieu d'étoffer la composition, la basse continue se comporte plutôt comme un boulet encombrant que le violon doit traîner, ce qui me paraît le cas, il est vrai, de presque toutes les œuvres appartenant à ce type de composition, par exemple celle de Tibaldi. Sonate op 2 n°7 (-/-/-) Sonate Staggion bella (-/-/-) Sonate Didone abbandonata op 1 n°10 (-/-/-) Sonate op 1 n°9 (-/-/-) Sonate op 1 n°4 (-/-/-) Sonate Trille du diable (**/-/***) Rien dans cette œuvre ne rappelle le style baroque, post-baroque ou classique de la seconde moitié du 18e siècle. L'œuvre semble se mouvoir dans une dimension qui nie ces classifications. Ainsi en est-il des œuvres caractérisant les virtuoses-compositeurs au 18e siècle et qui s'apparenteraient assez grossièrement à la musique préromantique. La virtuosité semble avoir imposé sa propre logique indépendammnent des modes. Cette particularité est sensible notamment au niveau des résolutions mélodiques. Aucun vivaldisme n'apparaît dans cette œuvre et elle ne comporte aucun élément de style galant contrairement, par exemple aux concertos de Viotti composés quelques décennies plus tard. C'est le 4e mouvement de la sonate qui mérite sans doute l'appellation de "Trille du diable". Ce mouvement tire admirablement partie à mon avis du mélodisme cantabile et de la virtuosité violonistique conquérante s'imposant au fur et à mesure que se déroule le mouvement. Une œuvre qui révèle, contrairement aux concertos, la véritable dimension de Tartini. L'opus 4 ne semble pas marquer une évolution stylistique perceptible par rapport à l'opus 1, et il apparaît une différence de maturité considérable entre la "Trille du Diable" et ce présent opus. Une écriture plutôt guindée, systématique, sans virtuosité (sauf dans une certaine mesure "l'Allegro" de la "Sonate n°2", qui assimile plutôt ces oeuvres à des études. Curieusement, la tessiture est relativement grave. C'est "l'Andante con variazioni", naturellement, qui confine le plus à ce style pédagogique à mon sens sans imagination. Quant à la "Sonate n°6", c'est sans doute la plus archaïque. On retiendra cependant "l'Adagio" de la "Sonate n°1", à mon avis relativement élaboré, quoique sans aucune virtuosité, "l'Adagio" de la "Sonate n°2", plus virtuose et d'une complexité mélodique certaine. La date extrêmement tardive de cette publication, dépassant largement l'avènement du style galant, peut étonner par rapport au développement de la virtuosité violonistique atteinte à cette époque, dont les oeuvres de Locatelli et certaines oeuvres tardives de Vivaldi témoignent. Ce qui est encore plus étonnant est l'absence totale de toute allusion à la thématique galante. Sonate op 4 n°1 (1748) (**/-/-) Sonate op 4 n°2 (1748) (**/-/*) Sonate op 4 n°3 (1748) (*/-/-) Sonate op 4 n°4 (1748) (-/-/-) Sonate op 4 n°5 (1748) (-/-/-) Sonate op 4 n°6 (1748) (-/-/-) VIOLON ORCHESTRE Beaucoup moins dynamique que Vivaldi et moins virtuose que Locatelli, le style de Tartini se caractérise à mon avis par une densité remarquable. Il semble que ses derniers concertos ne présentent aucune particularité relevant du style galant comme l’opus XII de Vivaldi, cependant le rythme notamment m'apparaît moins assujetti à la régularité rythmique qui caractérisait le style baroque. C’est ce qu’on observe en particulier dans le "Concerto D115". Les tutti sont également à mon avis plus variés, plus complexes. Le D125 témoigne d’une virtuosité plus tempérée, traduisant peut-être l’évolution spirituelle de Tartini vers le mysticisme philosophique. On doit signaler souvent une structure moderne de la forme dans laquelle le violon principal répète le thème de l'orchestre comme dans le concerto classique. Concerto D96 (***/**/*/**) Concerto D67 (-/*/*) Concerto D125 (*/-/*) Concerto D2 (*/*/-) Concerto D56 (*/**/***) Concerto D82 (****/-/-) Concerto D48 (-/-/*) Concerto en ré M D15 1728 (**/-/*) Concerto en sol M D78 (*/**/**) Le second mouvement est une mélodie lente avec une expressivité âpre, très particulière. Concerto en si m D123 (-/-/*) Concerto en sol M D80 (-/*/-/-) Concerto en la m D115 (-/*/*) Concerto D50 (-/**/-) Concerto D28 (**/*/-) TAUBERT Charles (1811-1891) PIANO ORCHESTRE Concerto n°2 (**/*/**) Cette oeuvre se caractérise par un mélodisme simple imprégné d'une grande douceur. Le piano témoigne toujours d'une grande limpidité. L'orchestration (surtout représentée par les bois), qui se limite souvent à un accompagnement, m'apparaît très légère. De nombreuses particularités évoquent Chopin, malgré une évidente différence de style. Le soliste, presque toujours dans la tessiture aiguë, accuse cependant à mon avis une certaine uniformité rythmique. |