SOMMAIRE


RÉPERTOIRE CRITIQUE - TAA



LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES OEUVRES


- : peu intéressant

* : assez bon

** : bon

*** : excellent

**** : exceptionnel


Exemple pour une oeuvre en plusieurs mouvements :

Concerto (*/*/-/*)

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TABAKOV Emil (1947-)

FLÛTE ORCHESTRE

Concerto [2 FLÛTES] (-/-)

Moderne, cacophonique, lancinante, plus ou moins tonale suivant les mouvements, cette œuvre ne me paraît guère devoir retenir l'attention.

PIANO ORCHESTRE

Concerto (-/-/-)

Cette œuvre bartokienne, outrancièrement exubérante et rythmique, semble nier tout sentiment musical.

TAFFANEL Paul/WEBER

DUO FLÛTE PIANO

Fantaisie on Weiber's Freischütz (**/**/***/*)

Cette œuvre de haute virtuosité trahit un caractère assez disparate sur le plan thématique. C'est à mon avis le troisième mouvement, bâti sur des figurations extrêmement volubiles en arrière-plan qui lui communique toute sa saveur.

Andante pastoral et Scherzettino (*/-)

Malgré un début sublime, l’œuvre me paraît se perdre en développements d’intérêt limité. La seconde partie , d’une volubilité permanente, me semble d’un brillant fatigant et artificiel.

TAILLEFERRE Germaine (1892-1983)

PIANO

Sicilienne (-)

PIANO ORCHESTRE

Ballade (-)

Cette ballade, relativement classique, ne suggère en rien le style du Groupe des Six. Il s'agit d'une œuvre de style post-impressionniste, qui me paraît sombrer dans une uniformité caractéristique, comme chez Liadov ou comme la Fantaisie pour piano et orchestre de Debussy.

TAKEMITSU Toru (XXème)

ORCHESTRE

Twill by Twilight in memory of Morton Feldman (-)

Moderne, atonal.

PIANO

Rien à mon avis n’accapare l’intérêt dans ces œuvres qui ne me semblent que des notes et accords souvent dans l’aigu, stridents, sans âme, entrecoupées de silences. Le style rappelle vaguement Messiaen et parfois Debussy. Corona dérive vers la musique concrète (cordes du piano frappées directement).

Rain tree sketch (-)

Les yeux clos (-)

For away (-)

Uniterrupted rests (-)

Corona et Crossing (-)

TAKTAKISHVILI Otar (1924-)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°1 (***/***/***/***)

Ni post-classique, ni moderne, ce concerto indéfinissable se rapprocherait cependant des œuvres expressionnistes russes comme celle de Kabalevski, Galynine, et plus encore de Novak, dont il possède l'ampleur, la densité, une expression pathétique diffuse. Ces effets sont obtenus par un pianisme d'une grande densité. Le troisième mouvement, lent, est une mélodie dépouillée, très troublante à mon avis.

VIOLON ORCHESTRE

(*)

Ce concerto assez monocorde à mon avis m'apparaît d'un style nettement plus classique, surtout plus mélodique que le second concerto. Le jeu violonistique dans la tessiture aiguë demeure peu varié, sans virtuosité. L'orchestration est parcimonieuse. Seule la partie lente centrale à mon avis préfigure par ses sonorités le superbe second concerto.

Concerto n°2 (***/****/***/****)

Le Concerto n°2 de Taktakichvili représente sans doute une des meilleures œuvres du répertoire. Œuvre dans le style expressionniste russe, elle se rapproche peut-être plus parfois du style de Holst et parfois de celui de Messiaen, très précisément les deux mouvements lents du Quatuor pour la fin du temps. Dans un dépouillement extrême, Taktakichvili atteint à mon avis un sentiment profond de sérénité, une angoisse existentielle qui est peut-être celle de l'Homme devant l'Infini. Le premier mouvement présente une mélodie qui se déroule sur un fond d'échos déstructurés, de bribes de motifs: harpe, pizzicati de cordes, basson, flûte... Le second mouvement, rappelant le célèbre Ballet des poussins dans leur coquille des Tableaux d'une exposition de Moussorgski, me paraît une hallucinante partie composée de glissandi, de pizzicati, de doubles cordes dans un extrême-aigu strident et sur un rythme haché auquel participe le piccolo. Le troisième mouvement reprend la même structure que le premier sur un fond plus fondu, plus indistinct. Le quatrième mouvement, le plus varié, présente notamment une cadence centrale du soliste très virtuose avant la reprise à mon avis magistrale du thème principal à l'orchestre sur fond de mélismes dessinés par le soliste. Un accelerando final auquel participent orchestre et soliste termine cette œuvre, à mon avis, une des plus magistrales qui aient été écrites.

TANEIEV Sergueï (1856-1915)

ORCHESTRE

Parfaitement tonal, le style symphonique de Tanéïev se caractérise à mon avis par son absence de lyrisme et de coloration. J'y déplore encore une certaine lourdeur, un manque de subtilité joints à une régularité rythmique dont le compositeur se départit rarement. Ce style impersonnel à mon avis, sans jamais aucune marque rhapsodique, demeure identique, quelle que soit l'œuvre. L'Oracle d'Apollon à Delphes, pas plus coloré, s'assimile, me semble-t-il, à un continuum statique.

L’oracle d’Apollon à Delphes (-)

Symphonie n°2 (-/-/-)

Symphonie n°4 (-/-/-/-)

VIOLON ORCHESTRE

Suite de concert (-/-/-/**)

Dans le dernier mouvement, le soliste manifeste à mon avis un style plus incisif, plus imaginatif. Un bel accelerando, me semble-t-il, termine l'œuvre.

TANGUY Eric (1968-)

ORCHESTRE

Les trois œuvres sous-nommées m'apparaissent comme un galimatias de sonorités hasardeuses et désagréables, une succession de déchaînements et de calme plat. Œuvres atonales issues peut-être d'un post-impressionnisme très interprétatif.

Intrada (-/-/-)

TANSMAN Alexandre (1897-1986)

HARPE

Suite très pittoresque de courts tableautins au charme indéniable. Disque évoque subtilement le style jazzé.

Pour les enfants

Petite rêverie (*)

Cheval mécanique (-)

Disque (*)

Le petit oiseau (*)

Le petit nègre (-)

Leçon de danse (-)

Parade (-)

TARREGA Francisco/ANONYME

GUITARE

Introduction thème et variations sur le Carnaval de Venise (***)

Un traitement remarquable du célèbre thème qui utilise toute la panoplie de la virtuosité guitaristique.

TARTINI Giuseppe (1692-1770)

DUO BASSE CONTINUE VIOLON

Ces compositions, hors la Sonate Trille du Diable généralement dépourvues de virtuosité, développent à mon avis une thématique simpliste dans un rythme très compassé. Le 2ème mouvement de la Sonate op 1 n°10 fait, me semble-t-il, quelque peu exception. Rien ne me paraît cependant comparable, dans ces œuvres de style assez corellien, aux œuvres pour violon et orchestre de Tartini lui-même. Au lieu d'étoffer la composition, la basse continue se comporte plutôt comme un boulet encombrant que le violon doit traîner, ce qui me paraît le cas, il est vrai, de presque toutes les œuvres appartenant à ce type de composition, par exemple celle de Tibaldi.

Sonate op 2 n°7 (-/-/-)

Sonate Staggion bella (-/-/-)

Sonate Didone abbandonata op 1 n°10 (-/-/-)

Sonate op 1 n°9 (-/-/-)

Sonate op 1 n°4 (-/-/-)

Sonate Trille du diable (**/-/***)

Rien dans cette œuvre ne rappelle le style baroque, post-baroque ou classique de la seconde moitié du 18e siècle. L'œuvre semble se mouvoir dans une dimension qui nie ces classifications. Ainsi en est-il des œuvres caractérisant les virtuoses-compositeurs au 18e siècle et qui s'apparenteraient assez grossièrement à la musique préromantique. La virtuosité semble avoir imposé sa propre logique indépendammnent des modes. Cette particularité est sensible notamment au niveau des résolutions mélodiques. Aucun vivaldisme n'apparaît dans cette œuvre et elle ne comporte aucun élément de style galant contrairement, par exemple aux concertos de Viotti composés quelques décennies plus tard. C'est le 4e mouvement de la sonate qui mérite sans doute l'appellation de Trille du diable. Ce mouvement tire admirablement partie à mon avis du mélodisme cantabile et de la virtuosité violonistique conquérante s'imposant au fur et à mesure que se déroule le mouvement. Une œuvre qui révèle, contrairement aux concertos, la véritable dimension de Tartini. L'opus 4 ne semble pas marquer une évolution stylistique perceptible par rapport à l'opus 1, et il apparaît une différence de maturité considérable entre la Trille du Diable et ce présent opus. Une écriture plutôt guindée, systématique, sans virtuosité (sauf dans une certaine mesure l'Allegro de la Sonate n°2, qui assimile plutôt ces œuvres à des études. Curieusement, la tessiture est relativement grave. C'est l'Andante con variazioni, naturellement, qui confine le plus à ce style pédagogique à mon sens sans imagination. Quant à la Sonate n°6, c'est sans doute la plus archaïque. On retiendra cependant l'Adagio de la Sonate n°1, à mon avis relativement élaboré, quoique sans aucune virtuosité, l'Adagio de la Sonate n°2, plus virtuose et d'une complexité mélodique certaine. La date extrêmement tardive de cette publication, dépassant largement l'avènement du style galant, peut étonner par rapport au développement de la virtuosité violonistique atteinte à cette époque, dont les œuvres de Locatelli et certaines œuvres tardives de Vivaldi témoignent. Ce qui est encore plus étonnant est l'absence totale de toute allusion à la thématique galante.

Sonate op 4 n°1 (**/-/-)

Sonate op 4 n°2 (**/-/*)

Sonate op 4 n°3 (*/-/-)

Sonate op 4 n°4 (-/-/-)

Sonate op 4 n°5 (-/-/-)

Sonate op 4 n°6 (-/-/-)

VIOLON ORCHESTRE

Beaucoup moins dynamique que Vivaldi et moins virtuose que Locatelli, le style de Tartini se caractérise à mon avis par une densité remarquable. Il semble que ses derniers concertos ne présentent aucune particularité relevant du style galant comme l’opus XII de Vivaldi, cependant le rythme notamment m'apparaît moins assujetti à la régularité rythmique qui caractérisait le style baroque. C’est ce qu’on observe en particulier dans le Concerto D115. Les tutti sont également à mon avis plus variés, plus complexes. Le D125 témoigne d’une virtuosité plus tempérée, traduisant peut-être l’évolution spirituelle de Tartini vers le mysticisme philosophique. On doit signaler souvent une structure moderne de la forme dans laquelle le violon principal répète le thème de l'orchestre comme dans le concerto classique.

Concerto D96 (***/**/*/**)

Concerto D67 (-/*/*)

Concerto D125 (*/-/*)

Concerto D2 (*/*/-)

Concerto D56 (*/**/***)

Concerto D82 (****/-/-)

Concerto D48 (-/-/*)

Concerto en ré majeur D15 (**/-/*)

Concerto en sol majeur D78 (*/**/**)

Le second mouvement est une mélodie lente avec une expressivité âpre, très particulière.

Concerto en si mineur D123 (-/-/*)

Concerto en sol majeur D80 (-/*/-/-)

Concerto en la mineur D115 (-/*/*)

Concerto D50 (-/**/-)

Concerto D28 (**/*/-)

TAUBERT Charles (1811-1891)

PIANO ORCHESTRE

Concerto n°2 (**/*/**)

Cette œuvre se caractérise par un mélodisme simple imprégné d'une grande douceur. Le piano témoigne toujours d'une grande limpidité. L'orchestration (surtout représentée par les bois), qui se limite souvent à un accompagnement, m'apparaît très légère. De nombreuses particularités évoquent Chopin, malgré une évidente différence de style. Le soliste, presque toujours dans la tessiture aiguë, accuse cependant à mon avis une certaine uniformité rythmique.

TAUSIG Carl (1841-1871)

PIANO

Hungarian gypsy airs (***)

Impressionnant, Tausig, dans cette œuvre, et on comprend que ses contemporains l'aient considéré comme supérieur à Liszt. Un pianisme foudroyant, notamment dans le registre extrême-grave, une exploitation du rhapsodisme percutante. On est à mille lieux des grands classiques, un autre monde. La transcendance dans sa plénitude.




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