LÉGENDE DES APPRÉCIATIONS SUR LES
ŒUVRES
- :
peu intéressant * :
assez bon ** :
bon *** :
excellent **** :
exceptionnel Appréciation d'une œuvre en plusieurs mouvements : ex
: Concerto (***/-/**)
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TCHAIKOVSKI Piotr Illitch (1840-1893)
ORCHESTRE TCHAÏKOVSKI
Hérité en partie de la "Fantastique"
(Berlioz), et en partie de l'orchestration plus traditionnelle de la première
moitié du dix-neuvième siècle, le symphonisme de Tchaïkovski, à mon avis,
n'atteint son apogée qu'avec "Fatum", le "Voïevode" la
"Symphonie pathétique", la "Symphonie n°3", la
"Symphonie n°5 d'une part, le ballet "Casse-noisette" d'autre
part. En revanche, l'"Ouverture 1812", "Danse russe",
"Francesca da rimini", le "Capriccio italien",
"Hamlet", les symphonies "n°1", "n°2",
"n°4"... ne me semblent que des exploitations grossières d'un
symphonisme un peu primitif, très en-deçà de celui de la "Symphonie
fantastique". C'est essentiellement l'utilisation des cuivres et des
percussions qui m'apparaît très rudimentaire, leur alliance souvent peu
harmonieuse. Avec "Fatum", le "Voïevode", la
"Symphonie pathétique", Tchaïkovski me paraît atteindre un niveau de
subtilité orchestrale très élevé, bien qu'il reste totalement démarqué du style
de Rimski. Le compositeur explore les sonorités spéciales, étouffées,
plaintives, évoquant la déliquescence, une douleur paroxysmique résignée. A
l'opposé, les ballets, dont surtout "Casse-noisette", inaugurent un
style, en partie hérité de certains poèmes symphoniques de Saint-Saëns, en même
temps très coloré et très mélodique par une large utilisation de la flûte et
des instruments spéciaux (harpe, xylophone), style qui évoque une atmosphère de
féerie, un sentiment de bonheur et d'équilibre, rares chez Tchaïkovski. Plus
que les incertitudes sur la forme, on peut sans doute reprocher à Tchaïkovski
ses incertitudes stylistiques entre le nécessaire pathétisme de la symphonie et
la légèreté inhérente au ballet. Méprisé des musicographes du début du XXème
siècle, Tchaïkovski devait prendre une juste revanche grâce à l'idolâtrie qui
s'est emparée des Russes à son sujet en Union Soviétique. Le "vieux
pleurnichard" qu'on jugeait dépassé, rétrograde, a cependant inspiré des
compositeurs comme Glazounov (les Saisons) et Kabalevski (Symphonie n°2).
L’origine du style tchaikovskien des ballets semble également référer aux
symphonies de Ries (notamment la 11) et aux deux symphonies de Volkmann,
notamment la seconde.
Symphonie n°1
Rêves d’hiver 1868 (*/**/*/*) TCHAÏKOVSKI
Il me paraît remarquable que
dans cette première symphonie, Tchaïkovski trouve immédiatement certains
aspects de son style orchestral tel qu'on le retrouvera jusque dans ses
dernières oeuvres. En revanche, cette partition, bien que très variée, me
semble d'un intérêt assez moyen. Le second mouvement développe une assez belle
mélodie, à mon avis, de style rhapsodique, sur un fond orchestral subtil. La
même mélodie est reprise au cor en forte avec accompagnement de cordes d'une
manière très prenante. Le dernier mouvement présente en seconde partie un thème
rhapsodique très entraînant.
L'orage (***) TCHAÏKOVSKI
Cette oeuvre manifeste à mon avis
la maîtrise orchestrale de Tchaïkovski, et, en dépit des idées reçues, elle
illustre son modernisme spécial, totalement éloigné des effets
"impressionnistes" ou préimpressionniste ou même wagnériens. Nous
dirons plutôt que le compositeur a poussé le plus loin possible la subtilité
mélodique et harmonique à l'intérieur d'une conception classique; il faut
entendre ici par classique une conception mélodique. Mais le mélodisme peut
être traité lui aussi de manière moderne. C'est ce que montrera brillamment
Stravinski dans "Petrouchka". Un autre effet "moderne" chez
Tchaïkovski me paraît être la densité des idées mélodiques, leur brièveté, le
passage de l'une à l'autre sans transition comme dans ce "liébig
musical" qu'est l'ouverture de "Gwendoline" de Chabrier. L'œuvre
est figurative par l'évocation du tonnerre et de la foudre, mais ces éléments
sont évoqués en évitant, me semble-t-il, les recettes faciles de la musique à
programme. Et il y a naturellement à mon avis comme dans toute oeuvre de
Tchaikovski une sensibilité, une expressivité, une affectivité, une générosité
qui nous pénètre dans les fibres les plus intimes de notre être.
Le Voïévode
(****) TCHAÏKOVSKI
Par son inspiration pessimiste,
et par l'un de ses thèmes majeurs, cette oeuvre préfigure la "Symphonie
pathétique". On remarquera aussi, évoquant cette symphonie, un immense
crescendo strident, morne, étouffé qui s'enfle par une force intérieure non pas
ascendante, mais descendante. On croirait que la musique descend au fond de
l'enfer, au fond de la douleur. L'orchestre manifeste à mon avis une
remarquable densité, il faudrait dire même une compacité qui est bien la marque
des dernières oeuvres orchestrales du maître avec le pessimisme définitif qui
ne le quittera plus. La structure de l'œuvre correspond à une succession de
motifs dont le mélodisme étonne, à mon avis à la fois simple et très élaboré.
Il semble qu'au delà du pessimisme, nous atteignons une expression où le
compositeur disparaît presque. L'âme vaincue finit par s'évanouir, il reste une
musique morte qui se développe d'elle-même, où la douleur semble dépassée. Nous
pénétrons en des terres musicales hallucinantes où la matière orchestrale
atteint une sorte de tétanisation. Tout en refusant les nouveautés du
wagnérisme et des Cinq, mais en intégrant les apports de la révolution
berliozienne, Tchaïkovski exploite plus qu'aucun autre, pousse plus loin
qu'aucun autre, me semble-t-il, les possibilités de l'orchestration du mélodisme
classiques.
Fatum (****) TCHAÏKOVSKI
Une fois de plus, Tchaïkovski
m'étonne par sa subtilité mélodique et orchestrale, ceci malgré des thèmes
d'une déconcertante simplicité. Comme dans le "Voïévode", l'œuvre
correspond à une succession de motifs mélodiques où toute transition est
bannie. Doit-on interpréter cette structure (qui apparaît aussi chez Schubert)
comme une incapacité à élaborer la moindre forme ?Quoi qu'il en soit, l'œuvre
me paraît bouleversante. Il me semble difficilement imaginable, à l'écoute de
cette oeuvre, que Tchaïkovski ait pu être considéré comme un musicien
sentimental superficiel. Mais on sait ce que vaut une telle accusation de la
part d'intellectuels de la musique qui à mon avis pervertissent la
reconnaissance de l'art et oeuvrent contre le génie.
Symphonie n °4 (1877) (**/**/*/-)
L'orchestration de cette
symphonie, colorée, variée, à mon avis manque parfois de subtilité. Les
passages en forte me paraissent plus bruyants que lyriques, notamment dans le
dernier mouvement. La richesse thématique des deux premiers mouvements
m'apparaît cependant certaine. L'utilisation des pizzicati notamment ne me
paraît pas posséder ici la beauté qu'elle revêt dans le "Casse-noisette".
Casse-noisette
Suite d'après Ballet (****)
TCHAÏKOVSKI
Dans cette oeuvre, le meilleur de
ses ballets assurément, Tchaïkovski adopte un style très spécifique dont
l'origine, si l'on excepte certains aspects des poèmes symphoniques de
Saint-Saëns ("Le rouet d'Omphale", la "Jeunesse d'Hercule"),
nous échappe. Ce style sera magnifiquement exploité dans les ballets de
Glazounov, notamment "Les Saisons". Tchaïkovski semble être
l'initiateur d'un colorisme orchestral très différend de celui de Rimski,
adapté à une thématique plus mélodique, plus classique. Il affectionne les
petits motifs à la flûte (Danse chinoise), les épanchements à la harpe
(introduction de la "Valse des fleurs"), au célesta (Danse de la fée
dragée). La suite comprend des morceaux de genre: danse chinoise, arabe, russe,
une valse.
Capriccio italien (**)
Ce capriccio qui débute dans une
atmosphère pathétique se termine dans la gaieté. Rappelant quelque peu une
ouverture de Verdi, l'œuvre utilise des motifs de nature très populaire développés à mon avis sans grande subtilité.
Ouverture 1812 (***)
L'empreinte pathétique et le
caractère grandiose qu'évoquent l'œuvre compensent quelques effets
d'orchestration à mon avis un peu grossiers, des fanfares un peu rudimentaires.
Marche slave
(***) TCHAÏKOVSKI
S'appuyant à mon avis sur une thématique
solide, cette oeuvre ne manifeste pas, me semble-t-il, une utilisation
outrancièrement subtile de l'orchestre.
Francesca da rimini (*)
Bien que Tchaïkovski dans cette
oeuvre exploite le symphonisme berliozien comme dans la "Symphonie
pathétique", rien dans ce déploiement pourtant fastueux ne me convainc.
"Francesca da Rimini" me paraît une partition vide de toute
thématique, un pur exercice symphonique.
Symphonie
pathétique n°6 (****/*/**/****) TCHAÏKOVSKI
Cette oeuvre est l'expression du pessimisme
absolu et définitif, d'un désespoir ayant atteint son dernier degré. Nous avons
l'impression de parcourir les terres inexplorées de l'enfer où tout est
douleur, deuil et angoisse. Certaines parties correspondent manifestement à un
programme que le compositeur n'a jamais voulu révéler. On serait tenté d'y voir
l'épisode de son essai raté de mariage qui se termina par une fuite, la
désolation du dernier mouvement pourrait aussi évoquer l'épisode du suicide
manqué ou, plus secrètement, l'œuvre pourrait traduire des épisodes du drame de
l'homosexualité mal vécue par Tchaïkovski. L'ombre de la
"Fantastique", référence fondamentale de toute la musique russe,
plane sur cette symphonie. Elle comporte plusieurs mouvements de valse (premier
et second mouvement) et le troisième mouvement rappelle la fameuse "Marche
au supplice". Le premier mouvement impose dès l'abord cette atmosphère
angoissante évoquée par des sonorités étouffées ou stridentes. Au centre
apparaît un mouvement de valse triste dont la signification échappe, il est
suivi par un nouveau passage véhément se terminant par une impressionnante
plongée dans un vide sans fond. Le second mouvement nous présente comme par
dérision un mouvement de valse vaguement enjoué. Avec le troisième mouvement
s'exprime un nouvel accès de pessimisme sous forme d'un passage à mon avis très
dense où se mêlent les pizzicati des cordes. Il évolue vers un motif haché
sourd, indéfiniment martelé, vite lassant comme une marche au supplice. Le
dernier mouvement nous transporte au seuil de la mort comme une dernière
méditation sur soi-même, sur une vie d'échecs, de honte, de désillusions. Le
thème confié au tutti de cordes divisées rappelle celui du troisième mouvement
de la "Fantastique". Le mouvement se termine par un motif grave aux
cordes comme le dernier râle d'un mourant.
Manfred
symphonie (**/**/*/**) TCHAÏKOVSKI
Roméo et Juliette (**)
La première partie lente de
cette œuvre contient de nombreuses sonorités assez hallucinantes, inédites chez
Tchaïkovski, rappelant Sibelius et même Host. Malgré cette originalité, cette
partie ne m’apparaît guère convaincante. La suite, plus classique, présente un
orchestre rutilant, parfois un peu lourd et sans finesse à mon goût, notamment
dans l’emploi des percussions. En revanche, les progressions thématiques me
paraissent très élaborées. De nombreux motifs très contrastés, sublimes, sont
exposés, leur impact est malheureusement diminué par des transitions lentes à
mon avis inopportunes. On admirera les longs tutti de cordes très
impressionnants.
La Belle au Bois dormant
suite de ballet (*/*/*/***/*)
Cette suite, beaucoup plus
courte que le "Casse-noisette", présente la même atmosphère féerique
et le même style orchestral. "Pas d’action", notamment, débute par un
épisode à la harpe. En revanche, l’œuvre me semble beaucoup moins inspirée, si
l’on excepte la "Valse". C'est sans doute cette œuvre qui doit le
plus, par son atmosphère angoissante et mystérieuse aux poèmes symphoniques de
saint-Saëns.
Symphonie
n°2 Petite Russie 1873 (*/-/-/-) TCHAÏKOVSKI
Cette œuvre se caractérise
essentiellement par une orchestration traditionnelle, assez pesante à mon avis,
même si certaines singularités tchaïkovskiennes apparaissent parfois. Les
motifs me semblent presque toujours simplistes et de faible intérêt.
Symphonie n°3 Polonaise
1875 (***/***/***/***/-)
Cette symphonie marque chez
Tchaïkovski l'avènement d'un art symphonique complexe, subtil, même si le
compositeur ne renonce pas à certains procédés hérités de la première moitié du
19e siècle qui alourdissent encore certaines parties. La fin du 3e
mouvement notamment, évoquant "La jeunesse d'Hercule" de Saint-Saëns
atteint, me semble-t-il, une dimension quasi impressionniste. Le premier
mouvement contient déjà les sonorités "diaboliques", étouffées,
déliquescentes qui caractériseront la "symphonie Pathétique". Ce
mouvement, par sa finale (Allegro brillante), préfigure également les longues
progressions insistantes, obsessionnelles de cette symphonie. Le quatrième
mouvement, bâti sur une succession rapide des instruments où domine la flûte,
rappelle l'atmosphère mystérieuse du "Lac des cygnes" et du
"Casse-noisette". Le second mouvement est une sublime mélodie confiée
le plus souvent à la flûte, sans doute un peu trop répétée, mais à mon goût
irrésistible. Enfin, le dernier mouvement n'est à mon avis qu'une fanfare
bruyante, assez peu convaincante. Malgré les insuffisances thématiques qui me
paraissent caractériser certaines parties de cette symphonie, elle contient à
mon avis de nombreuses nouveautés stylistiques qui lui permettent de s'imposer.
Hamlet (-) TCHAÏKOVSKI
Après un début pathétique –
peu convaincant à mon avis – suivent plusieurs longs passages au hautbois
alternant avec des épisodes plus mouvementés. Cette œuvre me paraît
essentiellement un déploiement gratuit d'instrumentation - souvent grossière à
mon avis - ne comportant guère de thématique efficiente.
Symphonie n°5 1888
(***/***/*/-)
Le premier mouvement de
cette œuvre , après un début lent très pathétique offre un crescendo
particulièrement impressionnant permettant d'admirer une utilisation très
subtile des cuivres, contrairement à ce qu'il en est généralement chez
Tchaïkovski, notamment dans "Roméo et Juliette". Le second mouvement
se caractérise par un motif très mélodieux du trombone en pianissimo. Le
troisième mouvement, en forme de valse, m'apparaît plus rudimentaire ainsi que
le dernier mouvement qui se manifeste à mon avis par une orchestration bruyante
assez sommaire après une introduction très pathétique.
Suite n°1 op 43 (1883)
(**/***/***/***/***/*)
Suite n°2 op 53 (1878-1883)
(*/***/*/****)
Préfigurant la Pathétique et le Casse-noisette, ces deux suites en
présentent sans doute toutes les qualités et quelques insuffisances. Il nous
faut insister, me semble-t-il, particulièrement sur l'intérêt et l'originalité
de ces oeuvres qui, à mon sens, ne le cèdent guère aux partitions les plus
connues et les plus appréciées du compositeur. Qualité supérieure, la marque
rhapsodique omniprésente en des thèmes d'un mélodisme et d'une teinte
nostalgique sans égale. De ce point de vue, on s'émerveillera de cette mélodie
triste développée dans le 3e mouvement de la Suite n°1, simple,
extraordinairement émouvante comme seul peut en composer Tchaïkovsky. Qualité
supérieure également la maîtrise orchestrale qui atteint son maximum. Les
lourdeurs de l'ouverture 1812 sont loin. Tchaïkovsky, bien que dans un style
très différent de ses collègues du groupe des Cinq, manifeste une rare
sensibilité à la couleur orchestrale. De ces deux superbes suites, dont presque
tout serait à retenir, on pourra particulièrement s'extasier sur le dernier
mouvement de la seconde, dont la seconde partie témoigne d'une inspiration
expressionniste sur quelques réminiscences de la Symphonie fantastique
(Scène aux champs). On peut également signaler le 4ème mouvement de la Suite
n°1 qui est une prémonition de la Danse de la fée Dragée. Défaut dommageable et
navrant, les longs passages en style fugué que Tchaïkovsky a laborieusement
développés dans le premier mouvement de chaque suite. Saura-t-on jamais pour
quelle raison le compositeur s'est adonné à cet exercice assommant si éloigné
de son style naturel et de son tempérament?
PIANO TCHAÏKOVSKI
L'influence de Schumann me paraît
nettement perceptible dans de nombreuses pièces pour piano de Tchaïkovski,
présentant une grande simplicité ainsi qu'un mélodisme chantant, cependant le
compositeur dépasse à mon avis amplement cette esthétique dans certaine pièces
de haute virtuosité comme "Dumka" où l'on retrouve cette véhémence
romantique désespérée qui s'exprimait dans les deux concertos. On remarquera
que l'inspiration rhapsodique est partout présente chez Tchaïkovski, notamment
dans les dernières pièces de l'op 40. L'oeuvre pour piano seul de Tchaïkovski,
presqu'entièrement ignorée des interprètes, sauf peut-être pour "Les
Saisons", mériterait, me semble-t-il, une résurrection au même titre que
sa musique pour piano et orchestre.
op 1 n°1 Scherzo à la russe (*)
op 2
n°1 Ruines d’un château (***)
n°2 Scherzo (*)
n°3 (*)
Valse-caprice op 4 (***) TCHAÏKOVSKI
Romance op 5 (-/**)
Capriccio op 8 (*)
Sonate op 37 (**/**/-/***)
Scherzo valse op 7 (***)
op 19
n°1
Rêverie du soir (***)
n°2 Scherzo humoristique (**)
n°3 Feuillet d’album (-)
n°4 Nocturne (*)
n°5 Capriccioso
n°6 Thème et
variations (*)
op 40 TCHAÏKOVSKI
n°1
Étude en sol (-)
n°2
Chanson triste (-)
n°3
Marche funêbre (-)
n°4
Première mazurka (*)
n°5
Deuxième mazurka (-)
n°6
Chant sans paroles (-)
n°7
Au village (-)
n°8
Valse en la b (**)
n°9 Valse en fa d (***)
n°10 Danse russe
(***)
n°11 Scherzo (*)
n°12 Rêverie (**)
op 21 TCHAÏKOVSKI
n°1 Marche funêbre (*)
n°2 mazurka (-)
n°3 Scherzo (-)
n°4 (**)
n°5 (**)
n°6 (**)
op 10
n°1 Nocturne
(***)
n°2
Humoresque (*)
op 59 Dumka (****)
op 9
n°1 Rêverie (*)
n°2
Polka de salon (-)
n°3
Mazurka de salon (*)
13 pièces op 72 TCHAÏKOVSKI
n°
1 (***)
n°
2 (*)
n°
3 (-)
n°
4 (-)
n°
5 (*)
n°
6 (-)
n°
7 (-)
n°
8 (-)
n°
9 (**)
n°
10 (***)
n°
11 (-)
n°
12 (-)
n°
13 (-)
Les saisons op
37 TCHAÏKOVSKI
n°
1 (-)
n°
2 (-)
n°
3 (*)
n°
4 (-)
n°
5 (-)
n°
6 (**)
n°
7 (-)
n°
8 (**)
n°
9 (-)
n°
10 (**)
n°
11 (***)
n°
12 (-)
6 pièces op 51 TCHAÏKOVSKI
n°
1 (***)
n°
2 (***)
n°
3 (**)
n°
4 (***)
n°
5 (*)
n°
6 (****)
5 pièces sans numéros d’opus
n° 1 (-)
n° 2 (**)
n° 3 (*)
n° 4 (-)
n° 5 (*)
op 72 TCHAÏKOVSKI
n° 1 (***)
n° 2 (-)
n° 3 (-)
n° 4 (*)
n° 5 (-)
PIANO ORCHESTRE TCHAÏKOVSKI
Les concertos "n°1" et
"n°2", et, dans une moindre mesure, le
"Concerto-fantaisie", me paraissent des oeuvres magistrales, caractérisées
par leur pianisme à la fois d'un mélodisme charmeur et d'une intensité sauvage,
dans la lignée directe de Grieg et de Scharwenka. L'orchestration n'est sans
doute pas un moindre aspect de ces oeuvres. Très originale dans ses effets,
elle est nettement moins tributaire de Berlioz que ne le sont les symphonies
jusqu'à la "Pathétique". Quant au "Concerto n°3", rien, ou
presque, n'y rappelle Tchaïkovski. L'orchestration de Tanéïev me semble assez
banale. L'écriture solistique (en partie seulement de Tchaïkovski) me paraît
confuse. Le compositeur lui-même avait dû abandonner des ébauches dont il ne
pouvait que sentir l'insuffisance. Bien que Tchaïkovski n'ait guère fait école
auprès des musiciens post-romantiques ou modernes, on doit cependant signaler
son influence sur Macdowell, et postérieurement sur Kabalevski, lequel est
probablement un des seuls musiciens modernes à s'être insiprés du style
tchaïkovskien avec Bortkievitch. De manière unique, le célèbrissime
"Concerto n°1", qui est sans doute le plus beau concerto pour piano
jamais écrit avec celui de Sgambati, exprime à mon avis l'idéalisme romantique
dans ses aspirations les plus exacerbées. Tchaïkovski a su utiliser, notamment,
me semble-t-il, dans le magnifique thème d'ouverture, son sens de la mélodie
hérité du bel canto. L'œuvre est parsemée de cadences délirantes d'une
expressivité inouïe aux accents désespérés. La marque rhapsodique est
naturellement omniprésente. Le "Concerto n°2", de structure plus
systématique que le "Concerto n°1" contient à mon avis des cadences
pathétiques aussi impressionnantes, sinon parfois plus encore. On ne trouve
l'équivalent de cette puissance de virtuosité lyrique que dans le
"Concerto" de Sgambati. Moins lyrique, plus détendu, le
"Concerto-fantaisie" affirme à mon avis des thèmes superbes. Le
premier mouvement est construit sur deux sections orchestrales encadrant une
partie solistique. La seconde partie, sans plan rigoureux, est plus
fantaisiste. Quant à l'"Allegro", qui ne dure que deux minutes, il me
paraît animé d'un mélodisme agréable.
Allegro 1864 (**) TCHAÏKOVSKI
Concerto n°1 1875 (****/***/***)
Concerto n°2 1881 (****/*/***)
Concerto n°3 1895 (*/-/-)
Concerto-fantaisie (**/***)
QUATUOR
QUATUOR n°1 D M op 11 (1871) (*/***/*/-)
L'écriture robuste,
incisive, originale de cette oeuvre m'apparaît plutôt comme la recherche d'une
froide perfection. Tchaïkovski multiplie les dissonances, prêtant une certaine
richesse harmonique à son œuvre, au détriment cependant, à ce qu'il me semble,
de la mélodie. La thématique est généralement elliptique, condensée, abhorrant
l'effusion et le développement, ce qui communique une certaine dureté à
l'oeuvre, rare chez ce compositeur. On différentiera le premier mouvement, très
homogène du 3e mouvement présentant une grande indépendance des
parties. C'est le 2e mouvement lent qui allie, le mieux , à mon
avis, l'originalité des procédés d'écriture avec le mélodisme. Des motifs très
orientaux, de teinte chinoise caractéristique, sont développés, notamment sur
fond de pizzicatti. Un rare moment de beauté pure auquel nous convie
Tchaïkovski.
TRIO
Trio en la m op 50 (PIANO
VIOLON VIOLONCELLE) 1882 (***/-/-/-/-/-/-/-/-/-/*/*/-/**)
Ce trio, écrit dans un style
très dépouillé, répond à son argument (honorer la mémoire de Nicolas
Rubinstein) par son expression funèbre. La structure de l'œuvre ne semble
répondre, me semble-t-il, à aucune logique musicale. Après le premier
mouvement, très pathétique, suivent un thème et une suite de variations très
scholastiques, sans intérêt à mon avis, jusqu'au retour du thème principal de
l'œuvre dans la variation finale. Le premier mouvement correspond à une
succession de thèmes simples où souvent les 3 instruments se répondent sur le
même motif, mais le mélodisme de Tchaïkovski, comme toujours, fait merveille.
Dans le retour du thème principal (coda de la "Variation finale"),
Tchaïkovski atteint une expression particulièrement douloureuse, jusqu'à une
sorte de désespoir total, notamment dans la partie de violoncelle.
VIOLON ORCHESTRE
TCHAÏKOVSKI
Seul le concerto, écrit dans la
conception d'une oeuvre de virtuosité, me paraît s'imposer véritablement dans
la production violonistique de Tchaïkovski.
Concerto
(***/*/**) TCHAÏKOVSKI
Les oeuvres pour soliste et
orchestre conviennent décidément bien à Tchaïkovski, me semble-t-il, il y
exprime son égotisme avec une théâtralité vaine et grandiloquente, pourtant
toujours sincère. Dans cette oeuvre, Tchaïkovski affirme à mon avis une
écriture violonistique magistrale de haute virtuosité dont il est difficile de
rechercher la source. La tessiture assez grave du soliste semble faire
référence au style des violonistes-compositeurs polonais, français ou belges de
la fin du siècle, peut-être plus particulièrement Saint-Saëns. On remarquera
dans la seconde partie de ce mouvement un immense crescendo très complexe qui
serait de style plutôt paganinien ou une transposition de crescendos identiques
dans les concertos pour piano de Tchaïkovski lui-même (dont l'origine première
pourrait être Paganini). Il faut admirer à mon avis le caractère pathétique du
magnifique thème principal, surtout dans sa reprise à l'orchestre après la
cadence solistique centrale. Celle-ci, non moins magnifique, exprime une
affectivité puissante en utilisant toutes les ressources de la virtuosité
transcendante, notamment les effets de glissandi. On remarquera que les oeuvres
concertantes permettent aussi à Tchaïkovski d'atteindre à mon avis une
orchestration plus subtile et plus légère que certaines de ses oeuvres
orchestrales. Elle me paraît ici particulièrement colorée, nerveuse et
incisive. Le dernier mouvement, à mon avis, ne parvient pas à s'imposer par son
thème principal rhapsodique, mais trop laborieux.
Souvenir d’un lieu cher 1878
transcription (**/*/-)
Sérénade
mélancolique 1876 (*) TCHAÏKOVSKI
Valse-Scherzo op34 (**)
TCHEREPNINE Alexandre
(1899-1977)
PIANO ORCHESTRE
Dix bagatelles (-)
Bien qu'empreintes d'un tonalisme
très diffus, ces bagatelles me paraissent très mélodiques, à l'inverse du
"Concerto n°5". Un certain dépouillement à mon avis concourt à créer
une atmosphère de sérénité. Malheureusement, aucune thématique digne de ce nom,
me semble-t-il, ne le soutient. L'orchestration, très parcimonieuse, me paraît
monotone. On surprend quelques sonorités proches des pièces d'Albéniz, le
mélodisme rappelle parfois Poulenc.
Concerto n°5 (-/-/-)
PIANO VIOLON VIOLONCELLE ORCHESTRE
Triple concertino (-)
Oeuvre totalement moderne, dans
la lignée de Prokofiev, c'est-à-dire avec une certaine apparence classique.
TELEMANN Georg Philipp
(1681-1767)
FLÛTE PICCOLO
Ces fantaisies, constituées
d'une alternance de sections lentes et rapides, n'apparaissent jamais à mon avis
comme une démonstration de virtuosité gratuite, mais ma contiennent au
contraire une réelle richesse thématique alliée à une expressivité certaine.
Les effets de virtuosité sont amplifiés par une grande eurythmie. Ce sont les
parties rapides qui paraissent les plus caractéristiques alors que l'intérêt
semble diminuer lors des parties lentes, pourtant très mélodiques. Le style
thématique semble curieusement plus apparenté à la musique médiévale qu'au
langage baroque, sauf pour la fantaisie "n°1" et la fantaisie
"n°12" dont la marque baroque, voire vivaldienne (un passage de la
"Fantaisie n° 1" rappelle "Il gardellino"), est plus
évidente (répétition de courtes cellules, marches d'harmonies, agréments). Les
fantaisies "n°1", "n°2" et "n°4" me paraissent les
plus marquantes alors que les fantaisies "n°5", "n°8",
"n°9" présentent à mon avis des périodes plus monotones au rythme
uniforme. C'est cependant la fantaisie "n°12" qui m'apparaît la plus
admirable, et c'est d'ailleurs la plus virtuose, la plus dynamique, la plus
brillante, celle dont le contenu thématique est sans doute le plus caractérisé.
Sept fantaisies (1732)
n°1 la M (**)
n°2 la M (**)
n°4 la M (**)
n°5 la M (*)
n°8 la M (-)
n°9 la M (*)
FLÛTE ORCHESTRE
Ces oeuvres pour flûte et
orchestre de Telemann, dont la composition s'étale probablement de 1708 à 1730
environ reflètent dans l'ensemble un style assez archaïque par rapport aux
oeuvres de Vivaldi contemporaine, en revanche, elles sont peut-être plus
proches, du point de vue langage, des oeuvres de du compositeur vénitien que de
celle de Hotteterre datant de la même époque. Certains mouvement trahissent des
vivaldismes assez net (le second mouvement du Concerto en fa M par exemple) et
une utilisation des marches d'harmonie (le second mouvement du Concerto en fa
M, mais aussi le 1er mouvement de la Suite en la m). Curieusement, le mélodisme
est parfois plus orienté vers le style galant que dans l'opus 3 ou même l'opus
8 de Vivaldi, ce qui peut suggérer une date relativement tardive pour certaine
de ces oeuvres (1830 environ et peut-être plus). Volubile parfois, comme
particulièrement dans le 4e mouvement du Concerto en do M, l'instrument soliste
n'atteint jamais la haute virtuosité comme dans l'opus X de Vivaldi ou les sept
Fantaisies pour flûte de Telemann lui-même. Toutefois, la flûte est traitée par
Telemann avec une grande maîtrise, une inventivité, un dynamisme, et même un
certain modernisme par rapport à un orchestre souvent très archaïque, et même
très pauvre, et pesant comme dans le 3e mouvement de la Sinfonia en fa M.
Telemann développe cependant de véritables motifs d'un instrument de
l'orchestre en arrière-plan comme dans le second mouvement du Concerto en fa M
ou le 4e mouvement du Concerto en do M). On notera que la même différence de
maturité, toutes proportions gardées, apparaît entre le soliste et l'orchestre
chez Vivaldi, notamment dans l'opus III.
Suite en la m (*/-/-/-/*/-/-)
Concerto fa M (1708-1712) (-/*/*/-/-)
Concerto ut M (1720-1730)
(-/-/-/-/-)
Sinfonia fa M (-/-/-)